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4 signes que l'IFS est fait pour vous (pas la psychanalyse)

Des indices simples pour reconnaître votre besoin.

TSThierry Sudan
25 avril 202610 min de lecture

Vous avez peut-être déjà consulté un psy. Ou vous y pensez depuis des mois, sans savoir vers quoi vous tourner. Vous lisez des articles, vous écoutez des podcasts, vous comparez les méthodes. Psychanalyse, TCC, EMDR, IFS… de quoi y perdre son latin.

Je reçois chaque semaine des adultes qui viennent me voir en me disant : “Je ne sais pas exactement ce dont j’ai besoin, mais je sais que ce que j’ai essayé jusqu’ici ne marche pas pour moi.” Parfois, ils ont fait des années de psychanalyse. Parfois, ils ont enchaîné les coachings. Et ils sentent qu’il leur manque quelque chose : une approche qui ne se contente pas de parler du problème, mais qui entre en relation avec ce qui souffre à l’intérieur.

C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) fait la différence. Mais comment savoir si cette approche est vraiment faite pour vous ? Voici 4 signes qui ne trompent pas.

Signe n°1 : Vous en avez assez de “parler pour ne rien changer”

Vous avez déjà eu cette impression de tourner en rond en séance ? Vous racontez votre enfance, vos parents, vos blessures. Vous faites des liens. Vous comprenez pourquoi vous réagissez comme ça. Et pourtant, le lendemain, vous refaites exactement les mêmes schémas.

Un exemple concret : Claire, 42 ans, cadre dans une collectivité territoriale, est venue me voir après trois ans de psychanalyse. Elle avait passé des heures à explorer sa relation avec sa mère, à comprendre son besoin de perfection, à analyser son angoisse de l’échec. Elle était devenue une experte de pourquoi elle était comme ça. Mais elle continuait à se réveiller la nuit en panique avant chaque réunion importante, à s’épuiser à vouloir en faire toujours plus, et à s’effondrer dès qu’un collègue émettait une critique.

Elle m’a dit : “Je sais tout ça. Mais ça ne change rien dans mon corps. Je continue à avoir peur.”

C’est le premier signe que l’IFS est fait pour vous : vous avez compris votre histoire, mais vous n’avez pas changé votre expérience intérieure. L’IFS ne vise pas à vous faire comprendre pourquoi vous souffrez. Il vise à entrer en contact direct avec les parties de vous qui souffrent, et à les décharger de leurs fardeaux.

“Comprendre pourquoi on souffre, c’est lire la carte. L’IFS, c’est marcher sur le terrain.”

En psychanalyse, on explore le passé pour éclairer le présent. En IFS, on va directement rencontrer les parties qui portent les blessures du passé, et on leur offre une nouvelle relation. Pas par l’interprétation, mais par la présence et le dialogue intérieur.

Si vous avez l’impression d’avoir déjà fait le tour de votre histoire sans que votre vie intérieure change vraiment, l’IFS vous propose autre chose : non plus parler de vos souffrances, mais parler avec elles.

Signe n°2 : Vous sentez que quelque chose en vous vous sabote – et vous ne comprenez pas pourquoi

Vous avez des objectifs clairs. Vous voulez arrêter de procrastiner, vous mettre au sport, dire non plus souvent, ou arrêter de vous engager dans des relations qui vous épuisent. Vous êtes conscient de ce qui serait bon pour vous. Vous avez même la volonté. Et pourtant, au moment de passer à l’acte, quelque chose se bloque.

Une force invisible vous freine. Vous repoussez encore une fois cette tâche importante. Vous acceptez une invitation que vous regretterez. Vous mangez ce que vous aviez décidé d’éviter. Et vous vous dites : “Mais pourquoi je fais ça ?”

C’est le deuxième signe. En IFS, on ne considère pas ces comportements comme des “échecs” ou des “faiblesses”. On les voit comme l’expression de parties protectrices qui essaient de vous éviter quelque chose de pire.

Prenons un exemple : J’ai accompagné Maxime, 34 ans, développeur web. Il venait pour une difficulté à s’affirmer avec son chef. Il savait qu’il devait poser des limites, mais à chaque fois, il se taisait, puis ruminait pendant des jours. En explorant cette partie qui le faisait taire, on a découvert qu’elle était terrifiée à l’idée qu’en s’affirmant, il se fasse rejeter, licencier, et se retrouve seul, sans ressources. Cette peur venait d’un événement d’enfance où il avait été puni sévèrement pour avoir exprimé un désaccord.

Cette partie protectrice n’était pas un ennemi. Elle faisait son job : le protéger d’une menace qu’elle percevait comme réelle, même si elle ne l’était plus. Une fois que Maxime a pu remercier cette partie, plutôt que de la combattre, elle a accepté de se détendre. Il a pu dire non à son chef, calmement, pour la première fois.

Si vous reconnaissez ce dialogue intérieur où une partie de vous veut avancer et une autre vous retient, l’IFS va vous donner les clés pour négocier avec cette partie, pas la forcer.

Signe n°3 : Vous êtes fatigué de vous juger en permanence

Vous avez un critique intérieur particulièrement actif. Cette voix qui vous dit que vous n’êtes pas assez bon, que vous auriez dû faire mieux, que les autres y arrivent, que vous êtes nul(le). Vous essayez de la faire taire, de la raisonner, de la contrer avec des affirmations positives. Mais elle revient toujours, parfois plus forte.

C’est épuisant. Ça vous pompe votre énergie. Ça vous empêche de prendre des risques. Ça mine votre confiance.

En psychanalyse classique, on pourrait analyser ce critique comme l’intériorisation d’un parent exigeant ou d’un contexte familial sévère. C’est intéressant, mais ça ne change pas grand-chose au rapport que vous entretenez avec cette voix.

En IFS, on ne cherche pas à éliminer le critique. On cherche à le connaître. Parce que sous cette voix dure, il y a souvent une partie extrêmement blessée, qui a dû devenir dure pour survivre.

Je pense à Sophie, 52 ans, professeure des écoles, qui venait pour une dépression récurrente. Son critique intérieur était impitoyable : “Tu es nulle, tu n’aurais jamais dû être prof, tu ne fais rien de bien.” Elle avait tout essayé pour le faire taire : méditation, recadrage, thérapies. Rien n’y faisait. En IFS, on a invité cette partie critique à s’exprimer. Elle nous a dit, avec rage : “Si je ne la pousse pas, elle va s’effondrer. Elle ne tient que parce que je suis là à la secouer.”

Derrière cette dureté, on a découvert une partie de Sophie, très jeune, terrifiée à l’idée de ne pas être à la hauteur, d’être abandonnée par ses parents si elle échouait. Le critique était en fait un protecteur maladroit, qui utilisait la seule méthode qu’il connaissait pour la maintenir en vie. Quand Sophie a pu remercier cette partie pour son intention, la pression a commencé à se relâcher.

Le signe que l’IFS est fait pour vous, c’est quand vous en avez assez de lutter contre vos parts critiques, et que vous êtes prêt à les accueillir avec curiosité plutôt qu’avec hostilité.

Signe n°4 : Vous sentez que vos émotions sont “trop fortes” ou “trop nombreuses” – et vous voulez les apaiser de l’intérieur

Vous êtes peut-être hypersensible. Vous ressentez les émotions des autres. Vous êtes submergé par des vagues de colère, de tristesse, ou d’anxiété qui semblent démesurées par rapport à la situation. Vous avez l’impression d’être une éponge émotionnelle, sans filtre.

Ou à l’inverse, vous avez appris à tout contrôler, à ne rien laisser paraître, mais vous sentez que ça vous coûte une énergie folle. Vous êtes calme en apparence, mais à l’intérieur, c’est le chaos.

Dans les deux cas, vous cherchez une manière de réguler vos émotions de l’intérieur, pas par des techniques de respiration ou de distraction qui ne marchent que temporairement.

L’IFS propose une approche unique : au lieu de chercher à calmer l’émotion, on va entrer en relation avec la partie qui la porte. Parce qu’une émotion forte n’est pas un problème en soi. C’est le signe qu’une partie de vous est activée, qu’elle porte une blessure ancienne qui demande à être écoutée.

Prenons l’exemple de Yann, 38 ans, joueur de football amateur que j’accompagne en préparation mentale. Il venait pour une tendance à “péter les plombs” en match dès qu’un adversaire le bousculait un peu fort. Il disait : “Je deviens fou, je vois rouge, je risque de me faire exclure à chaque match.” En explorant cette colère, on a trouvé une partie adolescente, humiliée sur un terrain de foot à 14 ans, et qui avait juré qu’on ne l’y prendrait plus. Cette colère était sa protection. Une fois qu’il a pu reconnaître cette partie et lui offrir une présence bienveillante, la colère a perdu de son intensité. Il a pu jouer avec plus de clarté, sans exploser.

“Une émotion forte n’est pas un ennemi à abattre. C’est un messager qui porte une histoire.”

Si vous sentez que vos émotions vous gouvernent, ou que vous passez votre temps à les réprimer, l’IFS vous offre une troisième voie : les accueillir, les écouter, et libérer ce qui est coincé derrière elles.

Ce que l’IFS ne fait pas (soyons honnêtes)

Avant de conclure, je veux être clair sur ce que l’IFS n’est pas.

Ce n’est pas une méthode miracle qui efface les souffrances en trois séances. Ce n’est pas une thérapie “douce” qui évite de toucher aux zones douloureuses. Au contraire, elle demande une certaine maturité émotionnelle pour aller au contact de parties blessées, parfois très jeunes, qui ont été protégées pendant des années.

Ce n’est pas non plus une thérapie de “reparentage” où le thérapeute comble vos manques affectifs. Le travail se fait à l’intérieur de vous, pas dans une relation de dépendance au thérapeute. C’est exigeant, mais aussi extrêmement libérateur à long terme.

Enfin, l’IFS n’est pas fait pour tout le monde, tout de suite. Si vous êtes en pleine crise aiguë, avec des idées suicidaires ou une dissociation sévère non stabilisée, un accompagnement plus structuré et contenant est d’abord nécessaire. L’IFS peut venir ensuite, une fois un minimum de stabilité retrouvée.

Mais si vous vous reconnaissez dans les quatre signes que j’ai décrits, il y a de fortes chances que cette approche résonne profondément avec ce que vous cherchez.

Comment savoir si c’est le bon moment ?

Vous n’avez pas besoin d’avoir un diagnostic, d’être “assez” conscient, ou d’avoir déjà fait des années de thérapie. Le seul vrai prérequis, c’est une certaine curiosité pour ce qui se passe à l’intérieur de vous. Et une lassitude des solutions qui ne marchent pas.

Si vous lisez cet article et que vous sentez une petite voix intérieure qui dit : “Oui, c’est ça, j’en ai marre de tourner en rond”, alors vous avez déjà un pied dans la porte.

L’IFS, c’est une invitation à devenir le leader bienveillant de votre propre système intérieur. Pas en contrôlant, pas en jugeant, mais en accueillant chaque partie avec la même compassion que vous offririez à un enfant qui a peur.

Ce que vous pouvez faire maintenant

Si vous voulez explorer par vous-même avant de prendre rendez-vous, voici une chose simple à essayer :

La prochaine fois que vous sentez une émotion forte (colère, tristesse, anxiété), au lieu de la juger ou de vouloir la faire disparaître, posez-vous ces questions intérieurement :

  • “Quelle partie de moi ressent cela en ce moment ?”
  • “Qu’est-ce que cette partie cherche à me dire ?”
  • “Est-ce que je peux simplement être présent avec elle, sans vouloir la changer ?”

Ne forcez rien. Observez. Vous découvrirez peut-être que cette émotion n’est pas vous, mais une partie de vous qui a besoin d’être écoutée.

Et si vous voulez aller plus loin, je vous propose un premier échange téléphonique de 20 minutes, gratuit et sans engagement. On parlera de ce qui vous amène, on verra si l’IFS peut répondre à votre besoin, et on décidera ensemble si c’est le bon moment pour commencer.

Parce que parfois, la seule chose qui manque, c’est un espace pour être entendu – vraiment entendu – là où vous en êtes.

Prenez soin de vous.

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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