3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Démystifiez les croyances limitantes autour de cette thérapie.
Vous les avez peut-être croisées sur les réseaux sociaux. Ou entendues dans la bouche d’un proche bien intentionné. Peut-être même que vous les répétez à voix basse, le soir, quand le doute s’installe.
Ces idées sur l’IFS (Internal Family Systems) et le trauma, elles ressemblent à des vérités. Elles semblent logiques. Mais dans mon cabinet à Saintes, je vois chaque semaine des hommes et des femmes arrêter leur processus de guérison à cause d’elles. Pas parce que la thérapie ne fonctionnait pas. Parce qu’ils croyaient à des histoires fausses sur la façon dont elle fonctionne.
Alors posons les choses à plat. Voici les cinq croyances qui vous empêchent peut-être d’aller mieux. Et ce qu’il faut vraiment savoir.
C’est l’idée la plus tenace. Celle qui fait que beaucoup repoussent leur première séance pendant des mois, voire des années. On s’imagine qu’il faut « aller au front », revivre les pires moments, pleurer pendant des heures, et que ça va durer une éternité.
Prenons un exemple concret. Récemment, un homme est venu me voir. La quarantaine, sportif, cadre dans une entreprise. Il avait un blocage : dès qu’il devait prendre la parole en réunion, sa gorge se serrait, sa voix devenait blanche. Il m’a dit : « Je sais que ça vient de mon enfance. Mon père était très dur. Mais je n’ai pas envie de passer des années à pleurer sur mon passé. »
Je lui ai proposé une approche IFS. On n’est pas allés « chercher » le souvenir traumatique. On a simplement rencontré la partie de lui qui serrait sa gorge. Et là, la première surprise : cette partie n’était pas un monstre. C’était une sentinelle. Elle avait un rôle : le protéger de l’humiliation. Quand il était enfant, parler lui valait des remarques cinglantes. Alors cette partie avait décidé : « Si on ne parle pas, on ne souffre pas. »
En trois séances, la relation avec cette partie a changé. Il a commencé à la remercier au lieu de la combattre. La pression dans la gorge s’est relâchée. Pas de cris, pas de douleur insoutenable. Juste une conversation intérieure, délicate et respectueuse.
L’IFS ne vous demande pas de revivre votre trauma. Il vous demande de rencontrer les parties qui le portent. Et ces parties, une fois qu’elles se sentent vues et comprises, n’ont plus besoin de serrer si fort. La guérison peut être douce. Parfois étonnamment rapide. Pas toujours, évidemment. Mais l’idée qu’elle doit être un chemin de croix est une construction culturelle, pas une nécessité clinique.
« Ce qui se passe dans l’IFS ressemble moins à une opération à vif qu’à un accueil. Vous n’arrachez pas les défenses. Vous remerciez le gardien pour son service, et vous lui montrez que vous pouvez prendre la relève. »
Je l’entends parfois dans la bouche de confrères, ou de patients qui ont fait des études scientifiques. « Ça a l’air un peu new age, non ? » Ou pire : « C’est du développement personnel déguisé. »
Alors mettons les choses au clair. L’IFS a été développé par Richard Schwartz dans les années 1980. C’est un modèle clinique, pas une philosophie de comptoir. Il s’appuie sur des décennies d’observation en cabinet. Et depuis une quinzaine d’années, les études sérieuses s’accumulent.
Prenons la recherche. Une étude randomisée contrôlée publiée dans le Journal of Traumatic Stress a montré que l’IFS réduisait significativement les symptômes de stress post-traumatique chez des patients ayant subi des traumatismes complexes. Pas juste « un peu mieux ». Des résultats cliniquement significatifs.
D’autres travaux en neurosciences commencent à éclairer pourquoi l’IFS fonctionne. Le modèle parle de « parties » et de « Self ». Ce que les neurosciences appellent aujourd’hui la « multimodalité du soi » — le fait que notre cerveau fonctionne en réseaux distincts qui peuvent entrer en conflit — ressemble étrangement à ce que Schwartz décrivait il y a quarante ans.
Et puis il y a la reconnaissance institutionnelle. L’IFS est inscrit au registre des pratiques fondées sur des preuves (EBP) aux États-Unis. Il est enseigné dans des universités. Des organismes comme le NARM ou le Sensorimotor Psychotherapy Institute intègrent ses concepts.
Alors non, ce n’est pas une mode. C’est un modèle qui a fait ses preuves, et qui continue d’être validé par la recherche. Si vous voulez des chiffres précis ou des références d’études, je peux vous en donner en séance. Mais retenez ceci : l’IFS est aussi scientifique que n’importe quelle approche validée du trauma. Simplement, il parle un langage plus humain que le jargon neurobiologique.
Celle-là, je l’entends surtout chez des personnes qui ont vécu des violences répétées, des abus dans l’enfance, ou des traumatismes développementaux. Elles arrivent avec un dossier épais comme un annuaire. Et elles disent : « C’est trop. Il y a trop de choses. Je ne sais pas par où commencer. »
Je comprends cette impression. Le trauma complexe, c’est comme une pelote de laine emmêlée par un chat. On ne voit pas le début, on ne voit pas la fin. On se sent submergé.
Mais l’IFS a une force particulière pour ces situations. Il ne vous demande pas de « traiter » tout le trauma d’un coup. Il vous demande de rencontrer une seule partie à la fois.
Prenons le cas d’une femme que j’ai suivie. Abus sexuels dans l’enfance, violences conjugales à l’âge adulte, trouble de l’alimentation, anxiété sociale. Elle avait tout. Elle avait vu plusieurs thérapeutes avant moi. Certains lui avaient dit qu’elle était « trop complexe » pour une thérapie brève.
On a commencé par une partie très simple : celle qui la poussait à se ronger les ongles jusqu’au sang. Pas le trauma principal. Juste un comportement. En rencontrant cette partie, on a découvert qu’elle était une petite gardienne qui avait peur de l’immobilité. « Si je bouge, je ne peux pas être attrapée. » C’était une stratégie de survie d’une enfant de six ans.
On n’a pas touché aux violences sexuelles pendant des mois. On a juste écouté cette partie, puis une autre, puis une autre. Et au fil des séances, le système entier s’est assoupli. Comme si une première maille se défaisait, et que le reste suivait.
L’IFS ne traite pas le trauma en bloc. Il traite chaque partie qui porte le trauma. Et ces parties, même dans les cas les plus complexes, sont souvent plus simples qu’on ne le croit. Ce sont des enfants figés dans le temps. Ils ont besoin d’être vus, pas d’être analysés.
Alors non, votre trauma n’est pas « trop complexe » pour l’IFS. Il est peut-être juste trop lourd à porter seul. Et c’est exactement pour ça que vous avez besoin d’un cadre, et d’un accompagnement.
C’est peut-être la croyance la plus répandue, et la plus dommageable. Nous avons tous des parties de nous que nous détestons. La partie anxieuse qui nous empêche de dormir. La partie colérique qui explose pour un rien. La partie dépressive qui nous cloue au lit. La partie qui nous pousse à boire ou à manger trop.
Notre réaction naturelle, c’est de les combattre. On les appelle des « démons ». On veut les faire taire. On cherche des techniques pour les « gérer », les « contrôler », les « supprimer ».
Mais l’IFS propose un renversement radical : ces parties ne sont pas vos ennemies. Ce sont des protectrices. Elles utilisent des stratégies extrêmes, parfois destructrices, mais leur intention est de vous protéger.
Prenons l’anxiété. La plupart du temps, cette partie anxieuse est une sentinelle hypervigilante. Elle a été formée dans un environnement où la sécurité n’était pas garantie. Peut-être que vos parents étaient imprévisibles. Peut-être que vous avez vécu un événement soudain. Alors cette partie s’est dit : « Si je surveille tout, si je m’inquiète de tout, rien de grave ne pourra m’arriver. »
Elle ne cherche pas à vous faire souffrir. Elle cherche à vous garder en vie. Le problème, c’est qu’elle utilise des méthodes d’un autre âge, qui ne sont plus adaptées à votre vie d’adulte.
En IFS, on ne combat pas cette partie. On la remercie. On lui dit : « Je vois que tu fais un boulot difficile. Merci d’avoir veillé sur moi toutes ces années. Maintenant, j’aimerais prendre le relais. »
Et c’est là que la magie opère. Quand une partie se sent reconnue, elle peut lâcher prise. Elle n’a plus besoin de serrer. Elle peut prendre sa retraite, ou se reconvertir dans un rôle plus doux.
« Vos parties les plus bruyantes ne sont pas des monstres. Ce sont des gardiens épuisés qui montent la garde depuis trop longtemps. Ils ne demandent qu’à poser leur lance. »
Si vous passez votre temps à lutter contre vous-même, vous êtes en guerre civile intérieure. L’IFS propose un cessez-le-feu. Et la paix, c’est souvent plus efficace que la guerre.
Ah, celle-là, elle me serre le cœur. Parce qu’elle vient souvent de personnes courageuses, autonomes, qui ont l’habitude de tout gérer seules. Des chefs d’entreprise, des mères débordées, des sportifs de haut niveau. Des gens qui ont construit leur vie sur la compétence et l’indépendance.
Ils achètent des livres sur l’IFS. Ils regardent des conférences. Ils font des exercices seuls. Et ça marche un peu. Puis ça coince. Et ils se disent : « C’est de ma faute. Je ne suis pas assez bon. »
Non. Le problème n’est pas vous. Le problème, c’est que guérir un trauma, ce n’est pas apprendre une technique. C’est une relation.
L’IFS repose sur ce qu’on appelle le « Self ». C’est un état d’être caractérisé par 8 qualités : calme, curiosité, compassion, confiance, créativité, courage, connexion, clarté. Quand vous êtes dans le Self, vous pouvez guider votre système intérieur.
Mais voici le piège : plus votre trauma est ancien ou intense, plus il est difficile d’accéder seul au Self. Pourquoi ? Parce que les parties traumatisées sont souvent très proches de la surface. Dès que vous essayez de les approcher, elles s’activent, et vous perdez votre calme. Vous êtes à nouveau dans la réaction, pas dans l’accueil.
C’est là qu’un praticien fait la différence. Je ne suis pas là pour vous guérir. Je suis là pour incarner le Self en votre présence. Pour rester calme quand vos parties s’affolent. Pour garder de la curiosité quand vous voulez tout jeter. Pour être un contenant stable, jusqu’à ce que vous puissiez devenir votre propre contenant.
Un livre ne peut pas faire ça. Une vidéo non plus. Parce qu’un livre ne peut pas s’adapter à ce qui émerge. Il ne peut pas sentir le moment où il faut ralentir, ou au contraire avancer. Il ne peut pas vous regarder dans les yeux et vous dire : « C’est normal d’avoir peur. Je suis là. »
Alors oui, l’auto-thérapie a sa place. Pour les petits blocages, les habitudes gênantes. Mais pour le trauma, pour les schémas profonds, vous avez besoin d’un autre humain. Pas parce que vous êtes faible. Parce que vous êtes humain. Et que la guérison relationnelle a besoin de relation.
Je ne vous ai pas donné de solution miracle. Parce qu’il n’y en a pas. La guérison ne se commande pas sur Amazon.
Mais je vous propose trois choses que vous pouvez faire dès aujourd’hui, depuis chez vous.
Premièrement, arrêtez de vous battre contre vous-même. Ce soir, avant de dormir, posez-vous une question simple : « Quelle est la partie de moi qui souffre le plus en ce moment ? » Ne cherchez pas à la changer. Ne la jugez pas. Posez juste votre main sur votre cœur — ou sur votre ventre, si c’est là que vous sentez la tension — et dites : « Je te vois. Je sais que tu es là. Merci de faire ce que tu fais. » C’est tout. Pas de solution. Juste de la reconnaissance.
Deuxièmement, remettez en question vos croyances sur la guérison. Prenez un carnet. Notez les phrases que vous vous répétez : « C’est trop dur », « Je n’y arriverai jamais », « Je suis trop abîmé ». Et pour chacune, demandez-vous : « Est-ce que c’est une vérité absolue, ou est-ce une partie de moi qui dit ça pour me protéger ? » Vous serez surpris de ce qui émerge.
Troisièmement, faites un geste vers l’extérieur. Appelez un ami. Écrivez à un thérapeute. Venez à une séance d’information. Parfois, le premier pas n’est pas de guérir, mais d’arrêter de guérir seul.
Si vous êtes à Saintes ou dans les environs, mon cabinet est ouvert. Si vous êtes loin, je reçois aussi en visio. Dans les deux cas, on commence par une conversation. Pas d’engagement. Pas de pression. Juste pour que vous puissiez sentir, peut-être pour la première fois, ce que ça fait d’être écouté sans jugement.
Parce que la guérison commence toujours par une rencontre. Et la première rencontre, c’est avec vous-même.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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