3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Reconnaître les appels de vos parties protectrices.
Vous arrive-t-il de vous dire, en pleine semaine, que vous n’en pouvez plus ? Pas seulement fatigué, mais vidé, comme si vous portiez un poids invisible qui vous suit partout. Vous rentrez du travail, vous vous asseyez, et au lieu de souffler, votre esprit s’emballe : « Je n’ai pas été à la hauteur aujourd’hui », « J’aurais dû dire non », « Pourquoi est-ce que je réagis toujours comme ça ? ». Vous n’êtes pas seul. Depuis plus de dix ans que je reçois des adultes à Saintes, je vois ce schéma revenir : des gens intelligents, sensibles, qui se sentent prisonniers de leurs propres réactions. Ils viennent chercher des solutions, mais ils ne savent pas toujours par où commencer. L’IFS, ou thérapie des systèmes familiaux internes, offre une clé pour comprendre ce qui se joue à l’intérieur. Aujourd’hui, je veux vous parler de cinq signes qui pourraient indiquer que vos parties protectrices – ces voix intérieures qui vous poussent, vous freinent ou vous jugent – ont besoin d’être entendues. Et si vous reconnaissez ces signes, vous saurez quoi faire.
Vous vous levez, vous avalez votre café, vous enchaînez les réunions, les courses, les appels, et tout à coup, c’est le soir. Vous avez fait tout ce qu’il fallait, mais vous ne vous souvenez pas vraiment de la journée. Comme si vous étiez spectateur de votre propre vie. Vous n’êtes pas seul : beaucoup de mes patients décrivent cette sensation. « Je fais les choses par habitude, sans y penser », me confiait un jour un coureur que j’accompagne en préparation mentale. « Le problème, c’est que je ne ressens plus rien. »
Ce pilotage automatique n’est pas une faiblesse. C’est un mécanisme de protection. En IFS, on appelle ça une partie protectrice. Elle vous a appris, souvent très tôt, à rester en mouvement pour éviter de ressentir. Peut-être que, enfant, vous avez compris qu’il était plus sûr de ne pas s’arrêter – les émotions étaient trop fortes, trop menaçantes. Alors cette partie a pris le contrôle : elle vous garde occupé, productif, efficace. Mais à quel prix ? Vous perdez le contact avec vous-même.
Un signe concret : vous ne savez plus ce qui vous fait plaisir. Quand on vous demande « Qu’est-ce que tu aimerais faire ce week-end ? », vous répondez « Je ne sais pas, je vais voir ». Vous avez tellement l’habitude de répondre aux attentes des autres – votre patron, votre conjoint, vos enfants – que vous avez oublié d’écouter la vôtre. Cette partie protectrice ne vous veut pas du mal. Elle veut vous protéger de la sensation de vide, de la tristesse ou de la colère qui pourrait surgir si vous ralentissiez. Le problème, c’est qu’elle vous coupe aussi des moments de joie simple.
Que faire maintenant ? Ce soir, avant de vous coucher, prenez trois minutes pour vous poser cette question : « Quelle est la dernière chose que j’ai faite pour moi, sans obligation ? » Si la réponse est trop lointaine, c’est un signe. Vous n’avez pas besoin de tout changer. Juste noter. La prise de conscience est le premier pas pour rencontrer cette partie.
« Je n’aurais pas dû pleurer pour ça », « C’est ridicule d’être en colère pour si peu », « Je suis trop sensible, il faut que je me contrôle ». Ces phrases, vous les connaissez ? Moi, je les entends presque tous les jours. Un patient, la semaine dernière, m’a dit : « J’ai passé la journée à refouler une boule dans la gorge. Je me disais que c’était puéril. » Il avait une promotion difficile à gérer, mais il s’interdisait de ressentir la pression.
En IFS, on distingue les parties exilées – des émotions brutes, souvent anciennes, comme la peur, la honte ou la tristesse – et les parties protectrices qui les gardent à distance. Quand vous critiquez votre propre émotion, c’est une partie protectrice qui parle. Elle a été formée pour vous maintenir « fort » ou « raisonnable » aux yeux des autres. Peut-être que, enfant, on vous a dit : « Arrête de pleurer, un grand garçon ne pleure pas » ou « Sois gentille, ne fais pas d’histoire ». Alors cette partie a pris le relais : elle juge vos émotions avant même qu’elles n’émergent.
Mais voici le piège : plus vous critiquez, plus vous étouffez, et plus ces émotions s’accumulent. Elles ne disparaissent pas. Elles se transforment en tension musculaire, en maux de tête, en insomnie, ou en explosion soudaine – vous vous énervez pour un rien, et vous ne comprenez pas pourquoi. Vous entrez dans un cycle : vous ressentez une émotion, vous la jugez, vous la refoulez, et la prochaine fois, elle revient plus forte.
« Refouler une émotion, c’est comme pousser un ballon sous l’eau : il finit toujours par remonter, parfois plus violemment. »
Ce signe est subtil car il semble normal. La société valorise le contrôle émotionnel. Mais en réalité, c’est une forme de violence envers vous-même. Vos émotions ne sont pas des ennemis. Ce sont des messagers. En IFS, on apprend à dire : « Tiens, je ressens de la colère. Quelle partie en moi est en colère ? Que veut-elle me dire ? » Et non « Je suis en colère, c’est nul ».
Que faire maintenant ? La prochaine fois que vous vous surprenez à vous critiquer pour une émotion, arrêtez-vous cinq secondes. Respirez. Puis dites-vous, à voix basse si possible : « C’est normal de ressentir ça. Je peux juste l’accueillir sans agir. » Pas besoin de la résoudre. Juste l’accueillir. C’est un geste de douceur envers vous-même.
Vous voulez changer de travail, mais une voix vous dit : « Tu es trop vieux pour ça », « Tu vas perdre en stabilité », « Les autres vont penser que tu es instable ». Vous voulez prendre du temps pour vous, mais une autre voix insiste : « Tu es égoïste », « Tu dois d’abord t’occuper des autres ». Vous voulez dire non à une invitation, mais une troisième voix vous rappelle : « Si tu dis non, tu vas les décevoir. »
Ce conflit intérieur, c’est le quotidien de beaucoup de personnes que je reçois. Un footballeur que j’accompagne me disait : « Je veux être performant, mais en même temps, j’ai peur de me blesser. Et quand je pense à la compétition, une partie de moi veut tout arrêter. » Il se sentait paralysé, incapable de décider.
En IFS, on appelle cela la polarisation. Deux parties protectrices s’affrontent : l’une veut avancer, l’autre veut protéger. Chacune a une bonne intention. La partie qui vous pousse à changer veut vous offrir une vie plus alignée. Celle qui vous freine veut vous éviter l’échec, la critique ou l’insécurité. Le problème, c’est qu’elles ne se parlent pas. Elles se battent. Et vous, au milieu, vous êtes épuisé.
Ce conflit peut prendre des formes variées. Parfois, c’est une lutte entre « je dois » et « je veux ». Ou entre « sois parfait » et « laisse tomber ». Vous passez des heures à peser le pour et le contre, sans avancer. Vous ruminez, vous vous réveillez la nuit avec des scénarios. C’est un signe clair que des parties de vous sont en désaccord.
L’IFS offre une voie pour sortir de cette impasse. Au lieu de prendre parti pour l’une ou l’autre voix, on apprend à les écouter toutes les deux. On invite chaque partie à s’exprimer, à dire ce qu’elle craint vraiment. Souvent, derrière la partie qui freine, il y a une peur ancienne : peur de l’abandon, peur de l’échec, peur de ne pas être aimé. Quand vous entendez cette peur, le conflit s’apaise.
Que faire maintenant ? Prenez un papier et un stylo. Écrivez une phrase qui commence par « Une partie de moi veut… » et une autre « Une autre partie de moi veut… ». Par exemple : « Une partie de moi veut changer de métier » / « Une autre partie de moi veut rester par sécurité. » Ne cherchez pas à résoudre. Juste nommer. C’est déjà un acte de paix intérieure.
« Oui, bien sûr, je peux t’aider à déménager samedi », « Oui, je prends ce dossier supplémentaire », « Oui, je vais organiser le repas de famille ». Et après, vous regrettez. Vous êtes fatigué, frustré, et vous vous dites : « Pourquoi je n’ai pas été capable de dire non ? » Vous vous en voulez, mais la prochaine fois, vous refaites la même chose.
Ce signe est extrêmement courant. Il touche souvent des personnes empathiques, qui ont appris à mettre les besoins des autres avant les leurs. Une patiente, cadre dans une entreprise locale, me racontait : « Je dis oui à tout le monde, mais le soir, je suis vide. Je n’ai plus d’énergie pour ma famille, ni pour moi. »
En IFS, on trouve ici une partie protectrice que j’appelle le « faiseur de paix » . Elle a été formée pour éviter les conflits à tout prix. Peut-être que, enfant, vous avez appris que dire non provoquait des disputes, de la déception ou du rejet. Alors cette partie a pris l’habitude de dire oui, même quand vous êtes débordé. Elle vous protège de l’angoisse d’être jugé, de déplaire, d’être abandonné.
Mais cette protection a un coût. Vous accumulez de la rancœur. Vous vous sentez exploité. Et vous finissez par vous énerver contre vous-même : « Je suis trop faible, je devrais savoir dire non. » C’est une deuxième partie qui entre en scène, une partie critique qui vous juge pour ne pas avoir été capable de poser des limites. Vous êtes alors pris entre deux feux : l’une vous pousse à dire oui, l’autre vous reproche de l’avoir fait.
Le travail en IFS consiste à rencontrer cette partie « faiseur de paix » sans la juger. Que craint-elle vraiment ? Qu’arriverait-il si vous disiez non ? Souvent, la peur est démesurée : peur d’être rejeté, de perdre l’amour, de ne plus être utile. En prenant soin de cette partie, en la rassurant, vous pouvez progressivement lui apprendre à lâcher prise. Vous n’avez pas à devenir quelqu’un de froid. Juste à poser des limites avec douceur.
« Dire non à une demande, ce n’est pas rejeter l’autre. C’est dire oui à vous-même. »
Que faire maintenant ? La prochaine fois qu’on vous demande quelque chose, prenez une seconde avant de répondre. Dites : « Je vais vérifier mon agenda et je te reviens. » Cela vous donne le temps de consulter vos parties. Puis demandez-vous : « Est-ce que j’ai vraiment envie de faire ça ? » Si la réponse est non, entraînez-vous à dire : « Je ne peux pas cette fois-ci, mais merci de penser à moi. » C’est un petit pas, mais il change tout.
Vous repensez à une conversation d’il y a trois jours. « J’aurais dû dire ça », « Pourquoi j’ai réagi comme ça ? », « Il a dû penser que je suis nul ». Ou alors, vous anticipez un événement à venir : une réunion, un rendez-vous, une compétition. Votre esprit imagine tous les scénarios catastrophe. « Et si je rate ? », « Et s’ils se moquent ? », « Et si je ne suis pas à la hauteur ? ».
Ce signe est celui de la rumination et de l’anticipation anxieuse. En IFS, on voit souvent une partie protectrice que j’appelle la « sentinelle » ou le « planificateur ». Son rôle est de vous préparer au pire, de vous protéger de la surprise et de la déception. Elle scrute le passé pour trouver ce qui a mal tourné, et elle scanne le futur pour prévoir les dangers. Elle croit sincèrement que si elle arrête, vous allez être vulnérable, pris au dépourvu.
Le problème, c’est qu’elle vous maintient dans un état de vigilance permanent. Vous n’êtes jamais vraiment présent. Vous êtes soit dans le passé (regret, honte), soit dans le futur (peur, anxiété). Le présent, lui, vous échappe. Vous mangez sans goût, vous écoutez sans entendre, vous vivez sans vivre. C’est épuisant.
Un patient, coureur de fond, me disait : « Avant chaque course, je passe la semaine à imaginer tout ce qui pourrait mal se passer : une blessure, une crampe, la météo. Je suis vidé avant même de partir. » Sa sentinelle travaillait jour et nuit. En IFS, nous avons rencontré cette partie. Elle était issue d’une expérience d’échec à l’école, où il avait été humilié. Depuis, elle veillait à ce qu’il ne soit jamais pris au dépourvu. Mais elle lui volait sa joie.
L’IFS ne vise pas à faire taire cette partie. Vous avez besoin d’elle parfois – pour planifier un projet, pour être prudent. Mais vous pouvez l’inviter à se reposer. Vous pouvez lui dire : « Merci de veiller sur moi. Je sais que tu veux mon bien. Maintenant, je suis adulte, je peux gérer l’imprévu. Tu peux lâcher un peu. »
Que faire maintenant ? Quand vous vous surprenez à ruminer ou à anticiper avec anxiété, posez votre main sur votre cœur. Respirez trois fois lentement. Puis dites : « Je suis ici, maintenant. Je suis en sécurité. » Ce n’est pas magique, mais cela ancre votre attention dans le présent. Vous pouvez aussi noter sur un post-it : « Le présent est le seul moment où je peux agir. » Placez-le sur votre bureau.
Ces cinq signes – pilotage automatique, critique des émotions, conflit intérieur, difficulté à dire non, rumination – sont des appels. Vos parties protectrices vous parlent. Elles ne sont pas vos ennemies. Elles sont comme des gardiens un peu trop zélés, qui ont pris leur rôle très au sérieux, parfois depuis votre enfance. Elles veulent votre bien, mais elles utilisent des stratégies qui ne sont plus adaptées à votre vie d’adulte.
L’IFS n’est pas une méthode pour se débarrasser de ces parties. C’est une invitation à les rencontrer, à les comprendre, à les remercier. Et progressivement, à libérer la place pour votre Self – cette partie de vous qui est calme, curieuse, confiante et aimante. Le Self est toujours là, même si vous ne l’entendez plus. Il est comme un soleil derrière les nuages.
Vous n’avez pas besoin de tout résoudre aujourd’hui. Mais vous pouvez commencer par un geste simple. Choisissez l’un des cinq signes que vous avez reconnu en vous. Ce soir, prenez cinq minutes. Asseyez-vous tranquillement. Posez-vous cette question : « Quelle partie de moi se manifeste dans cette situation ? » Ne cherchez pas à la changer. Juste écoutez. Si une émotion monte, respirez avec elle. C’est déjà un pas immense.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes depuis 2014. Je reçois des adultes qui, comme vous, sentent que quelque chose doit changer. Nous travaillons avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle pour dénouer ces noeuds intérieurs. Je sais que faire le premier pas peut sembler intimidant. Mais c’est aussi un acte de courage envers vous-même.
Si ces lignes résonnent en vous, si vous reconnaissez ces signes dans votre quotidien, sachez que vous n’êtes pas seul. Vous pouvez me contacter pour un
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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