3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Un exercice simple pour accueillir votre partie enragée.
Vous êtes au volant, quelqu’un vous fait une queue de poisson, et en une fraction de seconde, votre sang ne fait qu’un tour. Votre cœur s’emballe, vos mâchoires se serrent, et une phrase cinglante vous traverse l’esprit. Ou alors, c’est un collègue qui vous interrompt en réunion pour la troisième fois, et vous sentez monter une vague brûlante dans votre poitrine. Peut-être même que c’est à la maison, devant un mot de votre conjoint qui tombe au mauvais moment, et vous explosez avant même d’avoir réfléchi.
Cette colère soudaine, vous la connaissez. Elle arrive comme un orage d’été, sans prévenir, et elle vous laisse parfois avec un sentiment de honte ou d’impuissance. « Pourquoi j’ai réagi comme ça ? Ce n’était pas si grave. » Vous avez peut-être essayé de la contrôler, de compter jusqu’à dix, de respirer profondément. Parfois ça marche. Parfois, ça ne fait qu’attiser le feu à l’intérieur.
Je reçois régulièrement des personnes qui viennent me voir pour cette raison. Des adultes responsables, compétents, qui se sentent dépassés par leurs propres réactions. Ils me disent : « Je ne suis pas quelqu’un de colérique, mais par moments, ça sort. Et je ne comprends pas d’où ça vient. » C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) peut offrir quelque chose de précieux : non pas une méthode pour supprimer la colère, mais une façon de l’accueillir en cinq minutes, sans la laisser prendre le volant.
L’idée centrale de l’IFS, c’est que nous ne sommes pas une seule personnalité uniforme. Nous sommes composés de différentes « parties » en nous. Il y a la partie qui veut toujours être parfaite, celle qui cherche à éviter les conflits, celle qui critique, et oui, cette partie enragée qui surgit dans les moments d’injustice ou de frustration. Ces parties ne sont pas des ennemis. Elles sont souvent des protecteurs, des gardiens qui essaient de nous aider, même si leurs méthodes sont explosives.
Dans cet article, je vais vous montrer comment, en cinq minutes, vous pouvez calmer cette colère soudaine. Pas en l’écrasant, mais en tendant la main à la partie de vous qui est en feu. L’exercice est simple, mais il demande une chose : la volonté de regarder votre colère avec une curiosité nouvelle, au lieu de la juger.
Avant de parler de l’exercice, prenons un instant pour comprendre ce qui se passe vraiment quand la colère surgit. Vous n’êtes pas « devenu fou » ou « faible ». Il y a un mécanisme en jeu, et le connaître, c’est déjà reprendre un peu de pouvoir.
Imaginez que vous avez en vous une partie que j’appelle le « pompier » — c’est un terme utilisé en IFS. Cette partie a pour mission d’éteindre les feux émotionnels. Quand quelque chose déclenche une douleur ancienne, une blessure de rejet ou un sentiment d’injustice, votre pompier réagit immédiatement. Sa méthode préférée ? La colère. Parce que la colère est puissante, rapide, et elle donne l’impression de contrôler la situation.
Mais voici le piège : la colère est presque toujours secondaire. Elle cache quelque chose de plus vulnérable en dessous. Par exemple, vous vous mettez en colère parce qu’on ne vous écoute pas. Mais si vous grattez un peu, vous trouverez peut-être une partie de vous qui se sent invisible, ou qui a peur de ne pas compter. Cette peur ou cette tristesse est souvent trop douce pour être montrée directement — alors votre colère prend le relais. Elle est comme un gardien qui dit : « Laissez-moi gérer, je suis plus fort. »
Quand vous essayez de supprimer la colère en comptant jusqu’à dix, vous vous adressez au pompier en lui disant : « Arrête de travailler. » Mais le pompier ne se calme pas vraiment ; il se sent incompris. Il peut alors redoubler d’intensité plus tard, ou se retourner contre vous sous forme d’auto-critique. C’est pourquoi les techniques de gestion de la colère classiques échouent parfois : elles tentent de museler une partie qui veut juste être entendue.
Avec l’IFS, on fait l’inverse. On ne combat pas la colère. On l’invite à s’asseoir, on lui offre un café, et on demande : « Qu’est-ce que tu veux me dire ? » C’est contre-intuitif, mais c’est ce qui permet de désamorcer la bombe en quelques minutes.
Voici maintenant le cœur de ce que je vous propose. Quand la prochaine vague de colère surgit — que ce soit dans une dispute, un embouteillage, ou après une remarque blessante — arrêtez-vous. Même une seconde suffit. Si vous êtes en sécurité (pas en train de conduire, par exemple), fermez les yeux ou baissez le regard. Et suivez ces quatre étapes. Chronométrez-vous : ça peut prendre moins de cinq minutes.
Étape 1 : Localisez la colère dans votre corps Ne pensez pas à l’histoire qui a déclenché la colère. Ne rejouez pas la scène. Portez toute votre attention sur les sensations physiques. Où est-ce que ça chauffe ? Dans la poitrine ? Les mâchoires ? Les poings ? Peut-être une boule dans l’estomac. Décrivez-la silencieusement : « C’est chaud, serré, comme une pierre. » Ne cherchez pas à la changer. Observez comme vous regarderiez un nuage passer.
Étape 2 : Reconnaissez que c’est une partie de vous Dites intérieurement : « Je remarque qu’une partie de moi est en colère. » Pas « Je suis en colère », mais « une partie de moi ». Cette nuance est cruciale. Elle crée un espace entre vous et l’émotion. Vous n’êtes pas votre colère ; vous êtes celui ou celle qui la remarque. Cela abaisse immédiatement l’intensité.
Étape 3 : Posez une question avec curiosité Adressez-vous directement à cette partie comme si c’était un être séparé, avec bienveillance. Demandez-lui : « Qu’est-ce que tu veux que je sache ? » ou « Qu’est-ce qui est si important pour toi ? » Ne forcez pas une réponse. Restez silencieux 30 secondes. Souvent, une phrase monte : « Je ne veux pas qu’on me manque de respect. » ou « J’ai besoin qu’on m’écoute. » Accueillez cette réponse sans la juger.
Étape 4 : Remerciez la partie Dites merci à cette partie pour son service. Elle essaie de vous protéger, de vous défendre. Même si sa méthode est brutale, son intention est positive. Vous pouvez ajouter : « Je comprends que tu veux m’aider. Je suis là avec toi. » Cela suffit souvent pour que la pression retombe.
« Quand j’ai arrêté de lutter contre ma colère et que je lui ai demandé ce qu’elle voulait, j’ai découvert qu’elle protégeait une petite partie de moi qui avait peur d’être rejetée. En une minute, la tempête s’est calmée. » — Témoignage d’un patient, anonymisé.
Cet exercice ne fait pas disparaître la colère comme par magie. Mais il change votre relation avec elle. Vous passez d’une réaction automatique à une réponse consciente. Et c’est là que le calme peut s’installer.
Il est important que je sois honnête avec vous. L’IFS n’est pas une baguette magique. Si vous espérez ne plus jamais ressentir de colère après cet exercice, vous serez déçu. La colère est une émotion humaine légitime. Elle signale une injustice, une frontière franchie, un besoin non respecté. L’objectif n’est pas de la supprimer, mais de la transformer.
Ce que l’IFS fait, c’est désamorcer la charge explosive. La colère peut encore survenir, mais elle ne vous submerge plus. Vous la ressentez sans être possédé par elle. Vous pouvez choisir comment agir, au lieu de réagir par impulsion. Beaucoup de personnes avec qui je travaille remarquent qu’après quelques semaines de pratique, les accès de colère deviennent moins fréquents et moins intenses. Mais surtout, ils se sentent moins coupables après.
Ce que l’IFS ne fait pas, c’est éviter le travail en profondeur. Une colère soudaine est souvent connectée à des blessures plus anciennes : une enfance où l’on n’était pas entendu, une trahison, un sentiment d’impuissance chronique. L’exercice en 5 minutes est une première aide, un pansement. Pour guérir la racine, il faudra explorer ces parties vulnérables avec un thérapeute ou en auto-pratique régulière. Mais ce premier pas est essentiel : il vous montre qu’il existe une autre façon d’être avec votre colère.
Certains me demandent : « Est-ce que ça marche pour tout le monde ? » Non. Si vous êtes dans un état de stress toxique permanent, ou si votre colère est liée à un traumatisme complexe, un simple exercice ne suffira pas. Il vous faudra un accompagnement plus soutenu. Mais pour la majorité des colères du quotidien — celles qui vous gâchent une soirée ou une relation — cette approche est étonnamment efficace.
Pour aller plus loin, je veux vous partager un schéma que je vois souvent dans mon cabinet. Un patient, appelons-le Marc, cadre dans une entreprise, vient me voir parce qu’il explose régulièrement en réunion. Il décrit sa colère comme un geyser : ça monte, ça chauffe, et il ne peut pas l’arrêter. Il a essayé la méditation, le sport, rien n’y fait.
Quand on explore avec l’IFS, on découvre que sa colère est pilotée par une partie pompier qui veut le protéger d’une autre partie, beaucoup plus jeune. Cette partie jeune est celle d’un garçon de 8 ans qui a été humilié par un professeur devant toute la classe. À l’époque, il n’a pas pu répondre, il s’est senti impuissant et invisible. Aujourd’hui, quand un collègue le coupe ou le rabaisse, la partie enragée surgit pour dire : « Plus jamais ça. Je ne le laisserai pas se faire écraser. »
La colère de Marc n’est donc pas « méchante ». Elle est fidèle. Elle essaie de protéger un enfant vulnérable qui vit encore à l’intérieur de lui. Quand Marc apprend à accueillir cette partie enragée et à rassurer la partie blessée de 8 ans, la colère perd de son urgence. Il peut dire à son collègue : « Je n’ai pas aimé la façon dont tu m’as parlé, j’aimerais qu’on en reparle calmement. » Sans explosion, sans honte.
C’est ça, le cadeau de l’IFS : voir que derrière chaque colère, il y a une fragilité qui cherche à être protégée. Et quand vous tendez la main à cette fragilité, la colère n’a plus besoin de crier.
L’exercice que je vous ai donné demande de la pratique. Ne l’attendez pas pour une grosse crise. Commencez par les micro-colères. La goutte d’eau qui fait déborder le vase, c’est souvent là que tout commence. Voici comment intégrer ça dans votre journée.
Choisissez un déclencheur banal : quand vous êtes dans une file d’attente lente, quand votre ordinateur rame, quand quelqu’un vous double sur la route. À ce moment-là, au lieu de vous laisser emporter, faites l’exercice en 30 secondes. Localisez la sensation, reconnaissez la partie, posez la question, remerciez. Plus vous le ferez sur les petites irritations, plus ce réflexe sera disponible pour les grosses tempêtes.
Vous pouvez aussi prévoir un moment dans la journée, le soir par exemple, pour revenir sur une colère passée. Prenez un carnet, écrivez : « Quelle partie s’est manifestée aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’elle voulait ? Y avait-il quelque chose de plus vulnérable en dessous ? » Cette introspection renforce votre capacité à accueillir sans réagir.
Un patient m’a dit un jour : « Avant, ma colère était comme un chien enragé. Maintenant, c’est un chien de garde que je peux appeler et qui se couche à mes pieds quand je lui parle. » C’est exactement ça. Votre colère n’est pas votre ennemie. Elle est une alliée maladroite qui a besoin d’être guidée.
Je ne vous demande pas de croire tout ce que je viens d’écrire. Je vous invite simplement à essayer. La prochaine fois que la colère monte, au lieu de la réprimer ou de l’exprimer, arrêtez-vous une minute. Localisez-la dans votre corps. Dites : « Une partie de moi est en colère. » Demandez-lui ce qu’elle veut. Et remerciez-la.
Vous n’avez rien à perdre. Si ça ne marche pas du premier coup, ce n’est pas grave. Les parties en nous sont parfois méfiantes. Elles ont besoin de sentir qu’on est sincère. Réessayez. Avec le temps, vous verrez un espace s’ouvrir entre le déclencheur et votre réaction. Un espace de calme, de choix.
Si vous sentez que vos colères sont trop fortes, trop fréquentes, ou liées à des douleurs anciennes, sachez que vous n’êtes pas seul. Je reçois des adultes à Saintes depuis 2014, en présentiel ou à distance, pour les accompagner avec l’IFS, l’hypnose ericksonienne et l’intelligence relationnelle. Parfois, quelques séances suffisent à dénouer ce qui semblait une fatalité.
Prenez soin de cette partie enragée en vous. Elle mérite d’être entendue, pas punie. Et si vous voulez explorer cela plus loin, je suis là pour en parler, sans engagement. Un simple message, un appel, et on trouve un moment pour vous.
Thierry Sudan, praticien à Saintes. thierrysudan.com
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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