3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Un pas-à-pas simple pour entamer la conversation.
Vous avez probablement déjà vécu ce moment étrange où, face à une situation anodine, vous réagissez de façon totalement disproportionnée. Un collègue fait une remarque un peu sèche, et soudain vous sentez une boule dans la gorge, une colère qui monte, ou au contraire une envie irrépressible de vous effacer, de vous faire tout petit.
Je reçois régulièrement des personnes qui me disent : « Je ne me comprends pas. Je sais que ça n’a pas de sens, mais je n’arrive pas à faire autrement. » Et si je vous disais que ce n’est pas vous qui réagissez ainsi ? Que cette réaction appartient à une partie de vous, une partie plus jeune, souvent blessée, qui a pris les commandes ?
C’est l’une des découvertes les plus puissantes que j’ai faites avec l’IFS (Internal Family Systems), ou Système Familial Intérieur. Et aujourd’hui, je vais vous montrer comment dialoguer avec cet « enfant intérieur » qui sommeille en vous.
L’enfant intérieur n’est pas une métaphore poétique ou un concept flou. C’est, dans le cadre de l’IFS, une « partie » de vous. Une partie qui s’est formée dans l’enfance, souvent pour vous protéger, pour vous aider à survivre à des situations émotionnellement difficiles.
Imaginez : vous avez 6 ans. Vous montrez fièrement votre dessin à un parent, et il vous répond : « Pas maintenant, je suis occupé ». Vous ressentez une déception, une honte légère. Pour ne plus jamais ressentir ça, une partie de vous décide : « Je ne montrerai plus jamais ce que je fais. Comme ça, je ne serai plus rejeté. » Cette décision, prise par un enfant de 6 ans, devient un programme automatique.
Aujourd’hui, vous avez 35 ans. Vous avez réalisé un super projet au travail. Votre patron vous félicite. Mais au lieu de ressentir de la fierté, vous vous entendez dire : « Oh, c’était rien… c’est l’équipe qui a fait tout le boulot. » Vous minimisez, vous vous effacez. Ce n’est pas vous, adulte compétent, qui parlez. C’est ce petit garçon ou cette petite fille de 6 ans, qui a pris le micro pour vous éviter une douleur qu’il croit encore imminente.
Cet enfant intérieur est « bruyant » parce qu’il est resté coincé dans le passé. Il n’a pas grandi. Il utilise les mêmes stratégies de survie qu’à l’époque, même si vous n’êtes plus dans un environnement menaçant. Il peut se manifester par :
Ces réactions ne sont pas des défauts de caractère. Ce sont des messages. Votre enfant intérieur essaie de vous dire quelque chose. Le problème, c’est que vous ne l’écoutez pas. Vous le réprimez, vous le jugez, vous lui dites de se taire. Et plus vous le faites taire, plus il crie fort, à travers des symptômes : anxiété, fatigue, irritabilité, addictions.
L’IFS propose une autre voie : au lieu de le combattre, vous allez apprendre à dialoguer avec lui. À devenir le parent attentif qu’il n’a jamais eu.
Certaines personnes me disent : « D’accord, je comprends le concept, mais à quoi ça sert vraiment ? Je ne vais pas parler à une version imaginaire de moi-même dans ma tête, si ? »
C’est une question légitime. Mais laissez-moi vous donner un exemple concret.
J’ai accompagné un coureur de fond, que j’appellerai Marc. Il avait un vrai potentiel, mais il « plantait » systématiquement lors des compétitions importantes. Il s’entraînait dur, il était en forme, mais au moment de la course, il ressentait une fatigue écrasante dès le 10e kilomètre, alors qu’il tenait le 30e à l’entraînement.
En explorant avec l’IFS, nous avons découvert une partie de lui, un petit garçon d’environ 8 ans. Ce petit Marc avait un père très exigeant, qui lui disait : « Si tu n’es pas premier, tu n’es rien. » Le petit garçon avait alors pris une lourde responsabilité : « Je dois être parfait, sinon je ne mérite pas d’être aimé. »
En course, cette partie prenait le dessus. Elle mettait une pression telle que le corps de Marc se bloquait, littéralement. Il ne s’agissait pas d’un problème physique, mais d’un mécanisme de protection. Son enfant intérieur disait : « Stop ! Si tu continues, tu risques d’échouer, et l’échec est trop dangereux. Mieux vaut s’arrêter maintenant. »
Le dialogue avec cet enfant intérieur a changé la donne. Marc n’a pas « supprimé » cette partie. Il l’a écoutée, remerciée pour sa protection, et lui a montré qu’il était désormais un adulte capable de gérer l’échec et l’approbation de son père. Il a pu rassurer cette partie, lui redonner sa place légitime : celle d’un enfant qui n’a plus à porter ce fardeau.
Les bénéfices pour Marc ? Il a non seulement amélioré ses chronos, mais il a surtout retrouvé le plaisir de courir. La course n’était plus une épreuve de survie, mais un jeu d’adulte.
Dialoguer avec votre enfant intérieur, c’est arrêter de vous battre contre vous-même. C’est comprendre pourquoi vous répétez les mêmes schémas relationnels douloureux. C’est apaiser l’anxiété chronique en identifiant sa vraie source. C’est arrêter de vous juger pour vos « faiblesses » et commencer à les voir comme des stratégies de protection qui ont peut-être sauvé votre vie émotionnelle.
« Ce que vous appelez votre ‘côté faible’ est souvent une partie de vous qui a pris un boulot très difficile il y a longtemps, et qui n’a jamais été relevée de sa mission. »
C’est un soulagement immense, je vous l’assure. On passe de « Je suis un nul, je n’y arriverai jamais » à « Ah, c’est cette partie de moi qui a peur. Elle a besoin que je la rassure. »
Alors, comment fait-on concrètement ? Voici une méthode simple que vous pouvez essayer chez vous, en prenant 10 à 15 minutes, dans un endroit calme. Ce n’est pas une thérapie complète, mais c’est une excellente façon d’ouvrir la porte.
Étape 1 : Identifier la partie qui réagit
La première chose est de repérer quand une réaction vous semble disproportionnée. Ce n’est pas une simple contrariété, c’est une tempête intérieure.
Prenez une situation récente : une dispute avec votre conjoint, une critique au travail, une frustration dans les embouteillages.
Posez-vous ces questions :
Souvent, la réponse est surprenante. Un cadre de 45 ans peut ressentir une peur panique qui semble venir de son enfance.
Exemple : Vous avez reçu un email de votre patron avec une demande un peu floue. Vous sentez une bouffée de panique, votre cœur s’emballe, vous avez envie de répondre immédiatement en vous excusant pour quelque chose que vous n’avez même pas fait. L’émotion, c’est la peur. La sensation corporelle, c’est une boule dans le ventre. L’âge ressenti ? 7-8 ans.
Bravo, vous venez d’identifier une partie. Ne cherchez pas à la comprendre ou à la juger. Contentez-vous de la remarquer.
Étape 2 : Accueillir la partie sans jugement
C’est l’étape la plus importante et la plus difficile. Notre réflexe est de vouloir nous débarrasser de cette émotion désagréable. « Je ne devrais pas avoir peur pour si peu, je suis ridicule. »
Arrêtez-vous. Au lieu de ça, portez votre attention sur cette partie, avec curiosité et bienveillance. Imaginez que vous vous adressez à un enfant qui a peur dans le noir.
Vous pouvez dire intérieurement (ou à voix haute, si vous êtes seul) :
Ne forcez rien. Si la partie ne veut pas se montrer, respectez-la. Vous pouvez simplement lui dire : « Je sais que tu es là. Je te laisse de l’espace. »
L’objectif ici n’est pas de résoudre le problème, mais de créer une relation de confiance. C’est comme si vous tendiez la main à un animal apeuré. Si vous foncez sur lui, il va s’enfuir. Si vous restez immobile, il finira par s’approcher.
Étape 3 : Poser des questions avec curiosité
Une fois que la partie se sent suffisamment en sécurité, vous pouvez commencer à dialoguer. Ne vous attendez pas à des réponses en mots, surtout au début. Les réponses peuvent venir sous forme d’images, de sensations, de souvenirs, ou d’impressions.
Posez des questions simples, comme si vous parliez à un enfant :
Écoutez la première réponse qui vient, sans la censurer. Elle peut être surprenante : « J’ai besoin que tu me dises que je suis en sécurité », ou « J’ai besoin que tu ne m’abandonnes pas ».
Exemple concret : En posant ces questions à la partie paniquée par l’email du patron, vous pourriez « entendre » une réponse comme : « J’ai peur de me tromper et que tout le monde se moque de moi. » En creusant : « Ça me rappelle quand la maîtresse m’a humilié devant toute la classe en CP pour une faute de calcul. Je ne veux plus jamais ressentir ça. »
Soudain, la réaction disproportionnée fait sens. Votre enfant intérieur a revécu une humiliation scolaire à travers un email professionnel.
Maintenant, vous pouvez répondre à cette partie. Vous pouvez lui dire, avec votre voix d’adulte : « Je te vois. Je comprends que tu aies eu très peur. Mais regarde autour de toi : nous sommes en 2024, nous sommes un adulte compétent, reconnu dans notre travail. Cette situation n’est pas la même. Je suis là, je te protège. Tu n’es plus seul face à la maîtresse. »
C’est tout l’art du dialogue. Vous ne niez pas sa peur, vous l’accueillez, et vous lui offrez une nouvelle réalité, celle d’aujourd’hui.
Le dialogue avec l’enfant intérieur est un apprentissage. Comme tout apprentissage, on y fait des erreurs. Voici les trois pièges les plus fréquents que je vois chez les personnes qui débutent.
Piège n°1 : Vouloir le « réparer » ou le « faire taire »
C’est le piège du « parent intérieur contrôlant ». Vous identifiez la partie triste et vous lui dites : « Bon, ça va, arrête de pleurer, on n’est plus un enfant, on a des choses à faire. » Ou pire : « Je vais te guérir, je vais te prendre dans mes bras et tout va s’arranger. »
L’enfant intérieur n’a pas besoin qu’on le répare. Il a besoin qu’on l’écoute, qu’on le valide. La guérison vient de la présence, pas de l’action.
Comment contourner : Au lieu de chercher à changer la partie, contentez-vous d’être présent. Dites-lui : « Je suis là. Je t’écoute. Tu peux rester aussi longtemps que tu veux. » C’est tout.
Piège n°2 : Confondre la partie avec tout votre être
« Je suis un anxieux, c’est ma nature. » Non. Vous n’êtes pas anxieux. Vous avez une partie anxieuse en vous. C’est une nuance fondamentale. Quand vous dites « Je suis anxieux », vous vous identifiez à cette partie. Vous perdez de vue que vous êtes bien plus que cela. Vous avez aussi des parties calmes, courageuses, joyeuses.
Comment contourner : Reformulez systématiquement. Au lieu de « Je suis en colère », dites « Une partie de moi est en colère. » Ce simple changement de langage crée un espace entre vous et l’émotion. Vous n’êtes plus submergé, vous observez.
Piège n°3 : Attendre des résultats immédiats et spectaculaires
Un premier dialogue ne va pas effacer 20 ou 30 ans de protection. C’est comme si vous n’aviez pas parlé à un ami depuis des années, et que vous espériez régler tous vos malentendus en une seule conversation.
Comment contourner : Fixez-vous des objectifs modestes. Le succès d’un premier dialogue, ce n’est pas de ne plus jamais avoir peur. C’est d’avoir réussi à rester présent avec la peur pendant 2 minutes sans la juger. C’est d’avoir entendu une réponse. C’est d’avoir dit « Je te vois » avec sincérité.
Soyez patient. La confiance se construit dans la durée.
Il arrive que vous vous asseyiez, que vous posiez les questions, et… rien. Le silence. Ou pire, une voix intérieure qui ricane : « N’importe quoi, tu parles tout seul, tu es ridicule. »
Ne vous inquiétez pas. C’est normal. Cela signifie souvent que d’autres parties de vous sont aux commandes. Il y a peut-être :
Ces parties ne sont pas vos ennemies. Ce sont aussi des protecteurs. Elles font leur boulot.
Que faire alors ? Vous pouvez dialoguer avec ces parties qui bloquent.
Dites-leur : « Bonjour à toi, partie qui trouve ça ridicule. Est-ce que tu peux me dire ce que tu crains qu’il se passe si je parle à la partie enfant ? »
La réponse peut être : « J’ai peur que tu t’effondres et que tu ne puisses plus travailler. »
Vous pouvez alors la remercier : « Merci de me protéger. Je comprends que tu veuilles m’éviter de la souffrance. Est-ce que tu accepterais de t’écarter un tout petit peu, juste le temps que je vérifie que je suis capable de gérer ce contact ? Je te promets que je te rappellerai si ça devient trop fort. »
Souvent, la partie accepte. Elle a juste besoin qu’on reconnaisse son rôle et qu’on la rassure.
Le silence n’est pas un échec. C’est une information sur l’écologie de votre système intérieur. C’est le début d’une conversation plus large.
Le dialogue avec l’enfant intérieur n’est pas réservé à des moments de méditation formelle. C’est une compétence de vie. L’idée est de créer un réflexe.
Voici comment l’int
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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