3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Une solution pour faire taire la voix du jugement.
Vous êtes assis dans votre salon, le regard perdu sur votre téléphone. Vous venez de repousser une énième fois une tâche importante. Et là, cette voix s’élève. « Mais qu’est-ce que tu fous ? Tu es nul. Tu n’arriveras jamais à rien. Regarde les autres, eux ils avancent. »
Cette voix, vous la connaissez bien. Elle vous accompagne depuis des années. Parfois elle est violente, parfois elle est plus sournoise : « Tu es sûr que c’est une bonne idée ? Rappelle-toi la dernière fois que tu as essayé… »
Vous avez tout essayé pour la faire taire. Vous avez lu des livres sur la pensée positive, essayé de la contrer avec des arguments logiques, répété des mantras bienveillants. Peut-être même avez-vous consulté un thérapeute TCC. Et sur le moment, ça marchait un peu. Mais le lendemain, elle était de retour, aussi forte qu’avant.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes depuis 2014, et je reçois chaque semaine des adultes épuisés par ce dialogue intérieur. Si vous lisez ces lignes, il y a de fortes chances que vous aussi, vous cherchiez une vraie solution. Pas une technique de plus, pas un pansement. Une solution qui change la relation que vous entretenez avec cette voix.
L’IFS (Internal Family Systems) est cette solution. Et je vais vous expliquer pourquoi la TCC, malgré toute son utilité, n’a pas les outils pour calmer durablement votre critique intérieur.
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une approche sérieuse, validée scientifiquement. Je ne vais pas cracher dessus. Elle a aidé des milliers de personnes à sortir de l’anxiété, des phobies ou de la dépression. Son principe est simple : identifier les pensées automatiques négatives et les remplacer par des pensées plus rationnelles.
Prenons un exemple concret. Vous avez une présentation importante au travail. Votre critique intérieur vous dit : « Tu vas te ridiculiser, tu vas oublier tout ce que tu as préparé. » En TCC, votre thérapeute vous apprend à contester cette pensée : « Est-ce que c’est vraiment vrai ? Est-ce que j’ai déjà réussi des présentations avant ? Quelles preuves j’ai que ça va forcément mal se passer ? »
Sur le papier, c’est logique. Dans la réalité, ça ressemble à quoi ? Vous êtes en pleine réunion, le stress monte, et votre critique intérieur s’active. Vous essayez de vous souvenir de la technique : « Bon, je dois remplacer cette pensée par… euh… laissez-moi réfléchir… » Mais vous êtes déjà en train de perdre pied. Vous luttez contre votre propre esprit, et cette lutte vous épuise.
Le problème fondamental, c’est que la TCC traite votre critique intérieur comme un ennemi à combattre. Vous devez le déloger, le contrer, le remplacer. C’est une guerre intérieure. Et comme dans toute guerre, il y a des dégâts collatéraux. La voix ne disparaît pas, elle s’adapte. Elle devient plus subtile, plus perfide. Elle attend que vous soyez fatigué pour revenir en force.
J’ai reçu Élodie, 34 ans, cadre dans une entreprise de La Rochelle. Elle avait suivi six mois de TCC pour son anxiété sociale. Elle maîtrisait parfaitement la technique de restructuration cognitive. Mais elle me disait : « Thierry, je passe ma vie à me battre contre mes pensées. Le soir, je suis vidée. Et le pire, c’est que je n’arrive même plus à savoir ce que je pense vraiment. J’ai tellement l’habitude de tout contester que je ne sais plus qui je suis. »
La TCC a un angle mort puissant : elle ne s’intéresse pas à l’origine de cette voix. Pourquoi est-elle apparue ? Quel est son rôle ? Quelle fonction remplit-elle dans votre système psychique ? On ne peut pas pacifier un conflit en ignorant les causes profondes du conflit. On ne peut que le gérer temporairement.
Le point clé : Tant que vous traitez votre critique intérieur comme un problème à éliminer, vous restez dans un rapport de force. Et dans un rapport de force, vous perdez toujours à long terme, parce que vous combattez une partie de vous-même.
L’IFS, ou Internal Family Systems, a été développé par Richard Schwartz dans les années 80. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il ne s’agit pas de thérapie familiale classique. Le « famille » ici, c’est celle qui vit à l’intérieur de vous : les différentes parties de votre personnalité.
L’idée de base est simple et radicale : votre esprit n’est pas un bloc monolithique. Il est composé de plusieurs « parties », chacune avec sa propre perspective, ses émotions, son rôle et son histoire. Vous avez la partie qui veut tout contrôler, la partie qui procrastine, la partie qui se sacrifie pour les autres, et bien sûr, cette fameuse partie critique.
En IFS, on ne cherche pas à se débarrasser de ces parties. On cherche à comprendre ce qu’elles font, pourquoi elles le font, et surtout, à quel âge elles ont été créées. Parce que c’est là que se trouve la clé.
Imaginons que votre critique intérieur soit un gardien de prison. Depuis des années, vous le voyez comme un tortionnaire sadique qui vous pourrit la vie. En IFS, on va s’asseoir avec ce gardien, et on va lui demander : « Qu’est-ce que tu fais exactement ? Quel est ton boulot ? »
Et le gardien va répondre : « Mon boulot, c’est de t’empêcher de sortir de la cellule. Si tu sors, tu vas te faire tuer. Je te protège. »
Vous voyez le renversement ? Ce que vous preniez pour un ennemi est en réalité un protecteur. Un protecteur maladroit, fatiguant, excessif, mais un protecteur quand même. Il utilise la critique et la peur pour vous maintenir dans une zone de sécurité. Il a été créé à un moment de votre vie où vous aviez vraiment besoin de protection – une enfance difficile, un parent exigeant, un traumatisme, une pression scolaire insupportable.
Quand vous comprenez ça, votre rapport à cette voix change du tout au tout. Vous n’êtes plus en guerre. Vous êtes en dialogue.
Le point clé : Votre critique intérieur n’est pas un défaut de fabrication. C’est un pompier qui arrose votre maison avec de l’essence. Il croit bien faire. Votre travail n’est pas de le virer, mais de le remercier et de lui montrer que le feu est déjà éteint.
Je vais vous décrire concrètement comment on travaille avec cette voix en séance. Pas de théorie abstraite, juste le processus que je vis avec mes patients.
Étape 1 : La reconnaissance sans jugement
Quand la voix critique s’active, la première chose que je vous demande, c’est de ne pas la combattre. Ne cherchez pas à la faire taire, ne la contestez pas, ne l’ignorez pas. Au lieu de ça, vous dites simplement : « Ah, te voilà. Je t’entends. »
C’est tout. Vous reconnaissez sa présence. C’est un geste immense, parce que jusque-là, vous passiez votre énergie à la repousser. En la reconnaissant, vous cessez de lutter. Vous créez un espace.
Étape 2 : La curiosité au lieu de la colère
Ensuite, je vous invite à être curieux. Pas en mode interrogation policière, mais avec une vraie bienveillance. Vous posez des questions à cette voix :
Les réponses sont souvent surprenantes. Un patient, Julien, 42 ans, avait une voix qui lui répétait : « Tu n’es pas assez compétent, tu vas te planter. » Quand il a posé la question, la voix a répondu : « Si tu te plantes, les gens vont voir que tu es un imposteur. Je t’empêche de prendre des risques pour que tu ne souffres pas de l’humiliation. »
Julien a pleuré. Pour la première fois, il ne se sentait pas attaqué. Il se sentait protégé par une partie de lui-même qui avait pris un rôle de gardien, à un moment où il avait été humilié devant toute sa classe, à 8 ans.
Étape 3 : La connexion avec la partie blessée
En IFS, on découvre que derrière chaque critiqueur, il y a une partie plus jeune, plus vulnérable, qui a été blessée. Le critiqueur est un protecteur qui s’est mis en place pour que cette blessure ne soit plus jamais touchée.
Une fois que vous avez établi un dialogue avec la voix critique, vous lui demandez la permission de rencontrer la partie qu’elle protège. Et vous allez vers cette partie – souvent un enfant intérieur – avec tout votre Self, cette partie de vous qui est calme, curieuse, confiante, compatissante.
Vous n’essayez pas de la « guérir » avec des techniques. Vous êtes simplement présent. Vous l’écoutez. Vous lui dites : « Je te vois. Je suis là. Tu n’es plus seul(e). »
C’est à ce moment-là que la transformation a lieu. Pas dans la tête, pas dans les schémas de pensées. Dans le corps, dans la sensation. La charge émotionnelle se dissout. Le critiqueur, voyant que la partie blessée est maintenant en sécurité avec le Self, peut lâcher son rôle. Il n’a plus besoin de crier. Il peut se reposer.
Revenons à la comparaison. La TCC travaille au niveau des cognitions, des pensées conscientes. Elle suppose que si vous changez votre façon de penser, vous changerez votre façon de vous sentir.
L’IFS travaille au niveau des parts, des structures psychiques qui portent des émotions et des croyances souvent formées dans l’enfance, bien avant que votre cortex préfrontal soit mature.
Prenons une métaphore. La TCC, c’est repeindre les murs d’une maison qui a des fuites dans la plomberie. La peinture est fraîche, ça fait joli un moment. Mais l’humidité remonte, les cloques apparaissent, et vous devez repeindre encore et encore.
L’IFS, c’est aller dans la cave, couper l’arrivée d’eau, réparer le tuyau, puis remonter. C’est plus long, plus profond, plus exigeant. Mais les fuites ne reviennent pas.
C’est pour ça que je vois des patients qui ont fait de la TCC pendant des années, qui connaissent toutes les techniques, mais qui continuent à souffrir. La voix critique est devenue plus silencieuse, plus insidieuse, mais elle est toujours là. Elle a simplement changé de stratégie.
Une patiente me disait : « Avant, je me disais “je suis nulle”. Maintenant, après la TCC, je me dis “je ne suis pas nulle, j’ai juste échoué sur ce projet”. Mais la sensation dans mon ventre est exactement la même. »
La sensation, c’est ce qui compte. Et la sensation ne se change pas avec des arguments logiques. Elle se change avec de la présence, de la compassion, et une réelle connexion avec la partie qui porte cette sensation.
Le point clé : La TCC peut changer vos pensées. L’IFS peut changer votre relation à vos pensées. Et c’est cette relation qui détermine votre paix intérieure.
Il y a un concept central en IFS qu’on appelle le « déchargement » (unburdening). C’est le moment où la partie blessée, après avoir été entendue et validée, peut se libérer des croyances et des émotions qu’elle portait depuis des années, parfois des décennies.
Quand vous faites ce travail, vous ne vous contentez pas de « comprendre » pourquoi vous êtes dur avec vous-même. Vous ressentez physiquement le relâchement. La tension dans la poitrine se dissipe. La boule dans la gorge disparaît. La lourdeur sur les épaules s’allège.
Je me souviens de Claire, 38 ans, violoniste professionnelle. Son critique intérieur était un monstre. « Tu joues faux, tu n’as pas le niveau, tu vas te ridiculiser en concert. » Elle avait tout essayé : préparations mentales, visualisations, affirmations positives. Rien ne tenait.
En séance, on a dialogué avec ce critique. Il s’est révélé être un ancien professeur de conservatoire, sévère, qui l’avait terrorisée à 14 ans. Cette partie avait intégré sa voix pour la « préparer » au monde impitoyable de la musique classique. Elle croyait sincèrement que sans cette pression constante, Claire n’atteindrait jamais l’excellence.
On a rencontré la petite fille de 14 ans, terrorisée, humiliée après un cours où le professeur avait déchiré sa partition. On est resté avec elle. On l’a écoutée. Et à un moment, elle a dit : « Je n’ai plus besoin de cette peur. Je sais jouer. »
Ce jour-là, Claire a ressenti une libération physique. Elle m’a dit : « C’est comme si on avait enlevé un manteau de plomb que je portais sans m’en rendre compte. »
La TCC n’a pas accès à cette profondeur. Elle reste dans le cortex, dans le langage, dans la logique. L’IFS descend dans le système limbique, dans le corps, dans l’histoire. Et c’est là que les véritables transformations ont lieu.
Vous n’avez pas besoin d’attendre une séance pour commencer. Voici un exercice simple que vous pouvez faire seul, en 5 minutes, quand la voix critique se manifeste.
Pause : Quand vous entendez la voix, ne réagissez pas. Arrêtez-vous. Respirez.
Localisation : Où cette critique résonne-t-elle dans votre corps ? Dans la tête ? Dans la poitrine ? Dans la gorge ? Mettez votre main sur cette zone.
Reconnaissance : Dites à voix haute ou dans votre tête : « Je vois que tu es là. Je sais que tu essaies de faire quelque chose pour moi. »
Curiosité : Demandez-lui : « Quel est ton rôle exactement ? Qu’est-ce que tu veux m’éviter ? »
Écoute : Restez silencieux 30 secondes. Laissez une réponse émerger. Elle peut être une phrase, une sensation, une image. Ne forcez pas. Accueillez.
Cet exercice ne va pas dissoudre votre critique intérieur en un jour. Mais il va commencer à changer la relation. Chaque fois que vous le faites, vous envoyez un message à votre système nerveux : « Je ne suis plus en guerre. Je suis en dialogue. »
Et c’est ce changement de posture qui, avec le temps, permet à la voix de s’adoucir, de prendre sa retraite, de devenir une alliée discrète au lieu d’un tyran permanent.
Je ne vais pas vous promettre que l’IFS va faire taire votre critique intérieur du jour au lendemain. Ce n’est pas une baguette magique. C’est un processus. Un processus qui demande du courage, parce qu’il faut descendre dans ce qu’on a fui pendant des années.
Mais ce que je peux vous promettre, c’est que la guerre intérieure peut cesser. Vous n’êtes pas condamné à lutter contre vous-même pour le reste de votre vie. Il existe une autre voie.
Vous pouvez apprendre à écouter cette voix non plus comme un ennemi, mais comme un messager fatigué qui a besoin de repos. Vous pouvez retrouver un espace intérieur de calme, de confiance, de présence. Un espace où vous n’avez pas besoin d’être parfait pour être en paix.
Si ce que je viens de décrire résonne en vous, si vous sentez que cette approche pourrait être la clé que vous cherchez, je vous invite à prendre contact. On peut se rencontrer
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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