3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Apprenez à distinguer la voix du juge de celle du cœur.
Vous venez de terminer une réunion importante. Dans la voiture, alors que vous repensez à ce que vous avez dit, une voix s’élève : « Tu aurais dû répondre autrement. Là, tu as passé pour un imbécile. » Quelques minutes plus tard, une autre sensation, plus discrète, pointe : « Au fond, tu sais que ta contribution était juste. Pourquoi te laisses-tu déstabiliser ? » Deux voix. Deux ressentis. L’un vous juge, l’autre vous éclaire. L’un vous paralyse, l’autre vous guide.
Cette scène, je l’entends presque chaque jour dans mon cabinet à Saintes. Des adultes brillants, compétents, qui confondent la critique intérieure – ce juge impitoyable – avec l’intuition – cette boussole silencieuse. Et cette confusion coûte cher : des décisions prises par peur, des opportunités laissées de côté, une fatigue émotionnelle constante.
Pourtant, il existe des moyens simples et puissants de les distinguer. En hypnose ericksonienne, en thérapie IFS (Internal Family Systems) et en Intelligence Relationnelle, nous apprenons à reconnaître ces voix intérieures. Non pas pour les faire taire, mais pour savoir laquelle écouter au moment où cela compte. Dans cet article, je vais vous montrer comment faire la différence, avec des exemples concrets et des pistes pratiques que vous pouvez appliquer dès aujourd’hui.
La critique intérieure, ce n’est pas « vous ». C’est une partie de vous. Une partie qui a été formée tôt, souvent pour vous protéger. Imaginez un enfant qui dessine un bonhomme tout tordu. Un parent, bien intentionné, dit : « Oh, tu peux faire mieux que ça, non ? » L’enfant entend : « Je ne suis pas assez bon. » Pour éviter la déception des autres et la sienne, il crée un personnage intérieur qui, avant même que quiconque ne parle, lui souffle : « Fais attention, ce n’est pas assez bien. Ressaisis-toi. »
En thérapie IFS, nous appelons cette partie un « manager ». Son job : anticiper les critiques extérieures pour que vous ne souffriez pas. Le problème ? Elle ne connaît qu’un seul mode d’emploi : la pression, la comparaison, le jugement. Elle ne vous dit jamais « bravo ». Elle vous dit « encore un effort, et peut-être que tu mériteras d’être aimé ».
Voici comment la reconnaître dans votre vie quotidienne :
J’ai accompagné Paul, un cadre de 42 ans, qui se réveillait chaque matin avec cette petite phrase : « Tu n’as pas assez dormi, tu vas être nul aujourd’hui. » Il avait passé dix ans à essayer de la contredire par la performance. Résultat : burn-out. Ce n’est pas en se battant contre cette voix qu’il a guéri, mais en apprenant à la reconnaître comme une partie anxieuse, pas comme la vérité.
À l’opposé, l’intuition est une sensation qui vient du corps et du cœur. Elle ne juge pas. Elle informe. C’est la petite voix qui, sans raison logique, vous dit que ce choix est le bon, ou que cette personne n’est pas fiable. Elle est souvent silencieuse, discrète, et n’a pas besoin de preuves.
En Intelligence Relationnelle, nous apprenons que l’intuition est liée à notre capacité à être connecté à soi-même. Quand vous êtes centré, vos ressentis sont clairs. Quand vous êtes stressé, l’intuition est noyée par le bruit de la critique intérieure.
Caractéristiques de l’intuition :
Prenons un exemple concret. Sophie, une entrepreneure, devait choisir entre deux associés. Le premier avait un CV parfait, des chiffres ronflants. Le second était plus discret, mais elle ressentait une chaleur agréable dans la poitrine en parlant avec lui. Sa critique intérieure hurlait : « Tu es folle, prends le premier, c’est plus sûr ! » Son intuition murmurait : « Va vers le second, tu te sens vivante. » Elle a choisi l’intuition. Résultat : trois ans plus tard, le premier associé a fait faillite ; elle a construit une entreprise solide avec le second.
Le point clé : La critique intérieure vous parle de peur. L’intuition vous parle de vérité. L’une vous tire vers le passé (les échecs évités), l’autre vous ouvre vers le futur (les possibles alignés).
Si la distinction est si simple sur le papier, pourquoi est-ce si difficile dans la réalité ? Parce que la critique intérieure est une experte en déguisement. Elle peut prendre la voix de la raison, de la prudence, voire de la sagesse. Elle vous dit : « Je te protège, c’est pour ton bien. » Et souvent, vous la croyez.
En hypnose ericksonienne, nous observons que notre cerveau associe la familiarité à la sécurité. Si vous avez grandi dans un environnement où l’on vous critiquait, la critique devient votre langage intérieur par défaut. Elle est confortable, même si elle fait mal. L’intuition, elle, est étrange. Elle n’a pas de preuves. Elle vous demande de faire confiance à quelque chose d’invisible. Et ça, c’est terrifiant pour le mental qui veut tout contrôler.
Autre raison : la société valorise la performance, pas la sensation. On vous apprend à écouter votre chef, vos parents, votre conjoint, votre banquier. On ne vous apprend pas à écouter votre ventre. Alors, quand l’intuition parle, vous la prenez pour une lubie, une faiblesse, une naïveté.
J’ai vu ce phénomène avec Marc, un sportif de haut niveau. Avant chaque course, une voix lui disait : « Tu n’es pas assez entraîné, les autres sont plus forts. » Il pensait que c’était de l’intuition – une alerte honnête. En réalité, c’était sa critique intérieure déguisée en prudence. Quand il a appris à distinguer, il a réalisé que son intuition, elle, lui disait : « Respire, tu as fait le travail, concentre-toi sur ton souffle. » Depuis, ses performances ont grimpé, et surtout, il a retrouvé du plaisir.
Alors, comment faire le tri dans ce brouhaha intérieur ? Voici une méthode simple, issue de l’IFS et de l’Intelligence Relationnelle, que j’utilise avec mes clients à Saintes. Elle repose sur l’observation, le corps et le dialogue.
Quand une pensée surgit, demandez-vous : cette voix est-elle pressante, anxieuse, impatiente ? Ou est-elle calme, patiente, neutre ? La critique intérieure a toujours une urgence. Elle veut que vous agissiez maintenant, que vous changiez tout de suite. L’intuition, elle, peut attendre. Elle ne s’énerve pas si vous ne l’écoutez pas.
Posez-vous cette question : « Si je ne fais rien, est-ce que cette voix devient plus forte ou plus faible ? » Si elle devient plus forte, c’est probablement la critique. Si elle reste stable ou s’éloigne, c’est l’intuition.
Votre corps ne ment pas. La critique intérieure se manifeste souvent par des tensions : mâchoire serrée, épaules remontées, estomac noué. L’intuition, elle, se ressent comme une ouverture : une détente, un souffle plus profond, une légèreté.
Essayez ceci : fermez les yeux, prenez une inspiration. Pensez à une décision que vous devez prendre. Laissez venir la voix intérieure. Où la sentez-vous dans le corps ? Si c’est une pression, une boule, un poids, c’est probablement une partie critique. Si c’est une vague, un élargissement, une chaleur, écoutez-la.
En IFS, nous ne chassons pas les parties critiques. Nous les accueillons. Vous pouvez dire intérieurement : « Merci de vouloir me protéger. J’entends ton inquiétude. Mais pour l’instant, j’ai besoin de savoir ce que mon cœur ressent vraiment. » Ce simple geste crée un espace. La critique se calme, et l’intuition peut émerger.
Attention : ne forcez pas. Si la critique est très bruyante, elle va peut-être crier plus fort au début. C’est normal. Tenez bon. Avec de la pratique, elle apprendra à faire confiance.
Point clé : Vous n’êtes pas votre critique intérieure. Vous êtes celui ou celle qui l’écoute. Et cette écoute, c’est la porte vers l’intuition.
L’hypnose ericksonienne et l’IFS ne sont pas des baguettes magiques. Elles ne font pas disparaître la critique intérieure. Elles vous apprennent à l’entendre sans lui obéir. Et surtout, elles vous reconnectent à votre intuition, souvent enfouie sous des années de conditionnements.
En hypnose, je guide mes clients vers un état de conscience modifié – un état de rêverie éveillée. Dans cet état, le mental critique ralentit. Les défenses tombent. Et l’intuition, qui parle le langage des images, des sensations, des métaphores, peut émerger. Une cliente m’a dit un jour : « Pendant la séance, j’ai vu une petite fille assise dans un coin, qui me disait : “Tu sais quoi faire, tu l’as toujours su.” » Cette petite fille, c’était son intuition. Elle avait été étouffée par la critique intérieure pendant trente ans.
L’IFS, lui, propose une carte précise de votre monde intérieur. Vous apprenez à identifier vos « parties » – celles qui critiquent, celles qui protègent, celles qui sont blessées. Et vous découvrez votre « Self », cette essence calme, curieuse, confiante. L’intuition, en IFS, est souvent la voix du Self. Elle est claire, compatissante, jamais dure.
Pour les sportifs que j’accompagne – coureurs, footballeurs – cette distinction est vitale. La critique intérieure leur dit : « Tu dois gagner, sinon tu es un loser. » L’intuition leur dit : « Lâche la tête, sens ton corps, laisse le mouvement venir. » Quand ils apprennent à basculer de l’une à l’autre, leurs performances s’améliorent, mais surtout, ils retrouvent le plaisir du jeu.
Assez de théorie. Voici un exercice que vous pouvez faire maintenant, chez vous, en cinq minutes. Il s’appelle « Le dialogue des deux voix ».
Faites cet exercice ce soir, avant de dormir. Pas pour prendre une décision, juste pour observer. La semaine prochaine, recommencez. Vous verrez : avec la pratique, la voix intuitive deviendra plus claire, plus accessible. Et la critique intérieure, elle, deviendra moins envahissante. Elle sera toujours là – c’est son rôle – mais elle ne sera plus aux commandes.
La critique intérieure et l’intuition sont deux voix qui habitent chacun de nous. L’une est un juge sévère qui parle avec les mots du passé ; l’autre est un guide discret qui murmure les possibles du futur. Les confondre, c’est vivre dans la peur et l’épuisement. Les distinguer, c’est retrouver une liberté intérieure.
Ce que je vous propose aujourd’hui, ce n’est pas de faire taire votre critique. Elle a sa raison d’être. Mais de lui faire une place, sans lui donner tout le pouvoir. Et de tendre l’oreille vers cette autre voix, celle qui sait, sans avoir à prouver. Celle qui vous a déjà sauvé la mise, parfois sans que vous le sachiez.
Si cet article résonne avec ce que vous vivez, si vous sentez que ces voix intérieures vous épuisent ou vous bloquent, sachez que vous n’avez pas à traverser cela seul. Je reçois à Saintes, en séances individuelles, pour explorer ces mécanismes avec l’hypnose, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle. Parfois, il suffit d’un espace sécurisé, d’un regard extérieur, pour que la distinction devienne évidente.
Prenez soin de vous. Et si le cœur vous en dit, contactez-moi. Je serai heureux de vous accueillir.
Avec toute ma considération,
Thierry Sudan
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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