3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Reliez vos douleurs physiques à des souvenirs anciens avec l'IFS.
Vous avez déjà eu cette sensation étrange, cette tension dans les épaules qui ne part pas, même après des étirements, des massages ou des séances de sport ? Ou peut-être cette douleur dans le bas du dos qui revient sans raison apparente, comme un invité indésirable qui s'installe et refuse de partir. Vous avez consulté des médecins, des ostéopathes, des kinésithérapeutes. Les examens sont normaux. On vous dit que c'est « du stress », que vous devez « apprendre à lâcher prise ». Mais personne ne vous explique vraiment pourquoi votre corps garde cette mémoire, ni comment la libérer.
Je reçois régulièrement des personnes comme vous dans mon cabinet à Saintes. Des adultes qui ont tout essayé pour soulager des tensions chroniques, des douleurs qui semblent avoir leur propre vie. Et ce que je constate, encore et toujours, c'est que ces tensions ne sont pas de simples coïncidences ou des défauts mécaniques. Elles sont souvent l'empreinte laissée par des souvenirs difficiles, des événements que votre esprit a tenté d'oublier mais que votre corps, lui, n'a pas pu effacer.
L'IFS, ou Système Familial Intérieur, est une approche que j'utilise quotidiennement pour explorer cette connexion entre ce que vous ressentez dans votre corps et ce que vous avez vécu dans votre histoire. Et ce que je veux partager avec vous aujourd'hui, c'est comment vos tensions musculaires peuvent être la voix silencieuse de parties de vous qui portent encore le poids de traumas anciens.
Parlons d'abord de ce mécanisme fascinant qui lie votre psychisme à votre chair. Votre cerveau, et plus particulièrement votre système nerveux, n'établit pas de distinction nette entre une menace physique réelle et une menace émotionnelle perçue. Quand vous avez vécu un événement difficile – une humiliation, une peur intense, un abandon, une situation où vous vous êtes senti impuissant – votre corps s'est préparé à réagir comme s'il s'agissait d'un danger vital.
Les muscles se contractent pour vous protéger. C'est un réflexe archaïque, hérité de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Si un prédateur vous attaquait, votre corps se tendait pour fuir ou combattre. Mais dans notre monde moderne, le « prédateur » est souvent une remarque blessante, un parent imprévisible, un environnement professionnel toxique, ou un événement traumatique comme un accident ou une agression.
Le problème, c'est que lorsque l'événement est trop intense ou trop répété, votre système nerveux reste bloqué en mode survie. Les muscles restent contractés, même des années après que le danger soit passé. Cette tension devient chronique. Elle n'est plus une réponse à une menace immédiate, mais une habitude corporelle, un réflexe conditionné.
Prenons l'exemple de Claire, une cadre de 42 ans que j'ai accompagnée. Elle souffrait de douleurs cervicales et de migraines depuis son adolescence. Les médecins parlaient de « tension musculaire d'origine cervicale ». Mais quand nous avons exploré ensemble avec l'IFS, elle s'est souvenue d'une scène précise : à 14 ans, son père, alcoolique, hurlait souvent sur elle. Pour se protéger, elle rentrait la tête dans les épaules, comme une tortue dans sa carapace. Cette posture de protection, adoptée des centaines de fois pendant son enfance, était devenue sa position par défaut. Trente ans plus tard, ses trapèzes étaient en permanence contractés, comme si elle attendait encore l'orage.
Votre corps est un livre d'histoire que vous n'avez jamais appris à lire. Chaque tension musculaire peut être la phrase d'un chapitre que vous avez préféré sauter.
Ce que je veux que vous compreniez, c'est que cette mémoire corporelle n'est pas une faiblesse ou un défaut. C'est une stratégie de survie incroyablement intelligente. Votre corps a fait de son mieux pour vous protéger, à un moment où vous n'aviez pas d'autre option. Mais aujourd'hui, cette protection est devenue une prison.
L'IFS, développé par Richard Schwartz, propose une carte de votre psyché qui change radicalement la manière dont on aborde les symptômes physiques. Selon cette approche, votre esprit n'est pas une entité unique et homogène, mais un système composé de nombreuses « parties », chacune avec ses propres émotions, croyances et rôles.
Ces parties ne sont pas des pathologies. Ce sont des aspects de vous qui se sont développés pour vous aider à naviguer dans la vie. Certaines sont protectrices (elles gèrent les situations, contrôlent, planifient), d'autres sont exilées (elles portent la douleur, la honte, la peur que vous avez tenté d'éviter). Et au centre de ce système, il y a votre Self – votre essence fondamentale, calme, curieuse, confiante et compatissante.
Quand vous ressentez une tension musculaire chronique, l'IFS vous invite à vous demander non pas « quel muscle est contracté et comment le relâcher », mais plutôt « quelle partie de moi habite cette tension, et quel est son rôle ? ».
Voici comment cela se manifeste concrètement. Imaginez une tension dans votre mâchoire. Vous serrez les dents, parfois même la nuit, au point d'avoir mal aux tempes ou de vous réveiller avec les mâchoires verrouillées. La médecine classique vous prescrira peut-être une gouttière ou des exercices de relaxation. L'IFS, lui, va dialoguer avec cette tension.
En séance, je pourrais vous inviter à fermer les yeux, à porter votre attention sur votre mâchoire, et à ressentir cette tension sans chercher à la changer. Puis, à lui poser une question simple : « Que veux-tu que je sache ? » Ou : « Que se passerait-il si tu te relâchais ? »
Très souvent, la réponse qui émerge est surprenante. Une personne pourrait dire : « Si je relâche ma mâchoire, je vais dire tout ce que j'ai sur le cœur, et je vais blesser quelqu'un. » Ou : « Si je cesse de serrer, je vais m'effondrer, je ne vais plus tenir. » Ou encore : « Serrer ma mâchoire, c'est la seule façon de garder le contrôle. »
Cette tension n'est donc pas un simple problème mécanique. C'est une partie de vous qui a pris la responsabilité de vous empêcher de parler, de vous protéger d'un effondrement émotionnel, ou de maintenir un sentiment de contrôle dans un monde qui vous semble chaotique. Cette partie a un rôle, une intention positive, même si son expression est devenue douloureuse.
Prenons un autre exemple, celui de Marc, un sportif de 35 ans que j'accompagnais en préparation mentale. Il ressentait une douleur récurrente au niveau des ischio-jambiers, sans lésion identifiée. En explorant avec l'IFS, nous avons découvert que cette tension était liée à une partie de lui qui avait « peur d'aller trop vite ». Cette partie était apparue après un grave accident de vélo quelques années plus tôt. Son rôle était de freiner Marc, de l'empêcher de prendre des risques, de le garder en sécurité. Mais cette protection, autrefois vitale, l'empêchait désormais d'atteindre son plein potentiel.
L'IFS ne cherche pas à forcer cette partie à se relâcher. Il l'écoute, la remercie pour son service, et lui montre que le danger est passé. C'est seulement quand cette partie se sent entendue et comprise qu'elle accepte de lâcher prise.
Maintenant, vous vous demandez peut-être : comment puis-je, dans ma vie quotidienne, commencer à décoder ce que mes tensions musculaires essaient de me dire ? Comment distinguer une simple courbature après le sport d'une mémoire corporelle qui demande à être libérée ?
La première chose à faire est de changer votre relation avec votre douleur. Au lieu de la considérer comme une ennemie à combattre, un symptôme à éliminer, commencez à la voir comme un messager. Une partie de vous communique à travers cette sensation. Votre travail n'est pas de la faire taire, mais de l'écouter.
Voici un exercice simple que je propose souvent à mes patients. Installez-vous confortablement, dans un endroit calme. Portez votre attention sur la zone de tension. Ne cherchez pas à la modifier. Respirez doucement. Puis, posez-vous ces questions, comme si vous dialoguiez avec la tension elle-même :
Ces questions peuvent sembler étranges au début. Mais je vous invite à les prendre au sérieux. Les réponses qui émergent ne sont pas le fruit de votre imagination. Ce sont les voix de vos parties, qui ont attendu peut-être des décennies pour être entendues.
J'ai travaillé avec une femme, Sophie, qui avait une tension constante dans le bas du dos, juste au-dessus du sacrum. Elle disait que c'était comme une « ceinture de fer ». En posant ces questions, elle a réalisé que cette ceinture la protégeait d'une peur terrible : celle de « perdre le contrôle de sa vie ». Cette peur était née d'une enfance chaotique, avec des parents imprévisibles. La tension dans son dos était la partie d'elle qui tentait de tout maintenir en place, de tout contrôler, pour éviter que le chaos ne revienne.
Quand vous écoutez votre corps, vous n'entendez pas des mots, mais des sensations. Apprenez à les traduire, et vous découvrirez l'histoire que vos muscles n'ont jamais osé vous raconter.
Ce qui est fascinant, c'est que souvent, ces tensions ne se situent pas par hasard. La nuque et les épaules sont souvent liées au poids des responsabilités, à la charge mentale, à la peur de ne pas être à la hauteur. Le plexus solaire (la zone entre les côtes et le nombril) est fréquemment associé à la peur, à l'anxiété, à la sensation d'être vulnérable. Les hanches et le bassin portent souvent des mémoires liées à la sexualité, à la créativité, ou à la stabilité fondamentale. Le bas du dos peut être lié au soutien, à la peur de manquer de ressources.
Mais attention : je ne suis pas en train de vous dire qu'il existe une « carte » universelle des émotions dans le corps. Chaque personne est unique. C'est votre propre dialogue avec votre corps qui révélera votre vérité.
C'est une question cruciale, et je veux être très honnête avec vous. Beaucoup de personnes, quand elles comprennent que leurs tensions sont liées à des émotions refoulées, tentent de les relâcher par la force. Elles vont faire du stretching intensif, des séances de massage profond, du yoga dynamique, de la respiration forcée. Et parfois, elles se retrouvent avec une aggravation de leurs symptômes, ou une montée d'angoisse.
Pourquoi ? Parce que ces tensions, rappelez-vous, sont des parties protectrices. Elles ont un rôle. Si vous les forcez à se relâcher sans avoir d'abord établi un dialogue avec elles, sans avoir compris leur fonction, vous les menacez. Elles réagissent alors en se contractant encore plus. C'est comme si vous tentiez de désarmer un gardien sans lui expliquer que le danger est passé. Il va se braquer et devenir plus agressif.
Je vois souvent des sportifs, par exemple, qui viennent me voir parce qu'ils « bloquent » sur un geste technique. Ils ont des contractures qui les empêchent de performer. Ils ont tout essayé : étirements, cryothérapie, anti-inflammatoires. Mais la tension revient. En travaillant avec l'IFS, on découvre que cette tension est une partie qui a peur de se blesser, ou qui a peur d'échouer, ou qui porte la mémoire d'une humiliation passée sur le terrain. Tant que cette partie n'est pas rassurée, aucun étirement ne pourra la libérer durablement.
L'approche que j'utilise est donc radicalement différente. Je ne cherche pas à « faire disparaître » la tension. Je cherche à entrer en relation avec la partie qui la porte. Je la remercie pour son travail. Je lui montre que je suis là, que je peux prendre le relais, que l'adulte d'aujourd'hui est capable de gérer la situation que l'enfant d'hier a dû subir.
C'est un processus de négociation respectueuse. La partie protectrice accepte de se détendre progressivement, à son rythme, quand elle sent qu'elle peut faire confiance. Et c'est à ce moment-là que la libération est profonde, durable, et souvent accompagnée d'une vague d'émotion – des larmes, un soupir, un sentiment de chaleur – qui témoigne de la guérison en cours.
Quand vous commencez à travailler avec l'IFS sur vos tensions musculaires, quelque chose de plus profond se produit. Vous ne vous contentez pas de soulager une douleur. Vous transformez votre relation à votre propre histoire.
Au début, vous voyez peut-être votre corps comme un adversaire, une machine défaillante qui vous cause des problèmes. Petit à petit, vous commencez à le voir comme un allié, un messager, un gardien fidèle de votre histoire. Vous réalisez que chaque tension, chaque douleur, a été une tentative de vous protéger, de vous garder en vie, de vous permettre de traverser des moments difficiles.
Cette prise de conscience est profondément guérissante. Elle remplace la honte et la frustration par de la gratitude et de la compassion. Vous n'êtes plus en guerre contre votre corps. Vous êtes en partenariat avec lui.
Prenons l'exemple de Pierre, un homme de 55 ans, ancien pompier, qui souffrait de douleurs thoraciques chroniques. Les examens cardiaques étaient normaux, mais il ressentait une oppression constante, comme un étau autour de sa poitrine. En travaillant avec l'IFS, nous avons découvert que cette tension était liée à une partie de lui qui portait le poids d'interventions traumatisantes vécues pendant sa carrière. Cette partie avait « avalé » les émotions pour continuer à fonctionner, pour être fort, pour ne pas s'effondrer. Mais ces émotions, refoulées pendant des années, s'étaient logées dans sa cage thoracique.
Quand Pierre a pu, en séance, dialoguer avec cette partie, la remercier pour son courage, et lui permettre enfin de libérer la tristesse et la peur qu'elle retenait, sa respiration s'est ouverte. L'oppression a diminué. Il m'a dit : « Je croyais que j'étais juste une machine à stress. Maintenant, je comprends que c'était mon cœur qui portait tout ça. »
Ce que je veux que vous reteniez, c'est que guérir une tension musculaire liée à un trauma, ce n'est pas seulement détendre un muscle. C'est réintégrer une partie de vous-même que vous aviez exclue, mise de côté, pour survivre. C'est réécrire l'histoire que votre corps raconte, non plus avec des mots de douleur, mais avec des mots de paix.
Vous êtes maintenant à un carrefour. Vous comprenez que vos tensions musculaires ne sont peut-être pas ce que vous pensiez. Vous avez entrevu la possibilité d'un dialogue avec votre corps. Mais concrètement, par où commencer ? Comment faire le premier pas, seul, avant de consulter un praticien ?
Voici un petit rituel que vous pouvez essayer dès ce soir, avant de vous coucher, ou demain matin, quand vous vous réveillez.
Choisissez une tension. Ne prenez pas la plus forte, la plus douloureuse. Choisissez une tension légère à modérée, quelque chose que vous ressentez mais qui ne vous submerge pas. Par exemple, une légère raideur dans la nuque, une mâchoire serrée, ou une sensation de poids sur les épaules.
Accueillez-la sans jugement. Posez votre main doucement sur la zone. Respirez. Dites intérieurement : « Je te vois. Je te sens. Je suis là
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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