3 exercices IFS pour désamorcer un pompier en crise
Des outils concrets pour calmer l'urgence intérieure en 5 minutes.
Comparez ces deux outils pour trouver celui qui vous apaise.
Vous avez probablement déjà essayé de faire taire ce bruit dans votre tête. Cette voix qui répète la même critique, qui anticipe le pire, qui vous empêche de dormir. Alors vous avez cherché des solutions. Peut-être que vous avez téléchargé une application de méditation, ou que vous êtes tombé sur une vidéo expliquant l’IFS (Internal Family Systems). Et là, une question s’est installée : laquelle de ces deux approches est faite pour moi ? Laquelle va vraiment m’apaiser ?
Je vois cette interrogation revenir souvent dans mon cabinet à Saintes. Des adultes qui souffrent d’anxiété, de rumination ou de cette fatigue d’avoir le cerveau en mouvement perpétuel. Et ils veulent un outil concret. Pas une promesse vague. Alors je vais vous aider à y voir clair.
L’IFS et la méditation partagent un terrain commun : la conscience de ce qui se joue en vous. Mais elles le font avec des postures très différentes. La première est un travail de dialogue intérieur. La seconde, un entraînement à l’observation. L’une vous demande de parler à vos parts, l’autre de les regarder passer. Chacune a ses forces et ses limites.
Dans cet article, je vais comparer ces deux pratiques avec honnêteté. Pas pour vous dire laquelle est “mieux”, mais pour que vous puissiez choisir celle qui résonne avec votre état du moment. Je vais m’appuyer sur des situations réelles que j’accompagne, des mécanismes expliqués simplement, et vous laisser avec une piste concrète pour avancer dès aujourd’hui.
Prêt ? On commence par regarder ce que chacune fait vraiment.
Commençons par poser les bases. L’IFS (Internal Family Systems) est un modèle thérapeutique développé par Richard Schwartz dans les années 1980. Il part d’une idée simple : notre psyché n’est pas un bloc monolithique. Elle est composée de “parts” – des sous-personnalités qui ont chacune leurs croyances, leurs émotions et leurs rôles. Une part peut être celle qui vous pousse à tout contrôler, une autre celle qui se sent honteuse, une autre encore celle qui cherche à vous protéger en vous faisant éviter les conflits. Au centre de ce système, il y a un “Soi” – une essence calme, curieuse et compatissante. L’IFS ne cherche pas à éliminer les parts, mais à établir une relation avec elles. On entre en dialogue, on les écoute, on découvre ce qu’elles portent de lourd.
La méditation, elle, est un ensemble de pratiques visant à entraîner l’attention et la conscience. Il en existe des dizaines de formes : méditation de pleine conscience (mindfulness), méditation transcendantale, méditation guidée, etc. Dans sa version la plus répandue en Occident, elle consiste à s’asseoir, à observer sa respiration ou ses sensations, et à ramener doucement l’attention quand elle s’égare. Le but n’est pas de vider le mental, mais de devenir témoin de ce qui s’y passe sans s’y identifier. On apprend à regarder ses pensées comme des nuages qui passent.
Alors, qu’est-ce que ces deux approches apportent concrètement ?
L’IFS offre une structure narrative. Vous ne restez pas passif face à votre anxiété. Vous lui donnez une voix. Vous dites : “Ah, voilà la part qui panique parce qu’elle croit que je vais échouer.” Vous explorez son histoire. Vous découvrez souvent qu’elle s’est formée dans l’enfance pour vous protéger. Cela crée une forme de soulagement immédiat : ce n’est pas “vous” qui êtes défaillant, c’est une part qui fait de son mieux. L’IFS est particulièrement efficace pour les personnes qui ont besoin de comprendre le “pourquoi” de leurs réactions.
La méditation apporte un entraînement à la distance. Vous n’avez pas besoin de comprendre d’où vient la pensée. Vous apprenez simplement à ne pas la suivre. Avec la pratique, l’espace entre le stimulus et votre réaction s’agrandit. Vous devenez moins réactif. C’est un outil puissant pour calmer le système nerveux, mais il demande une régularité. Et il ne répond pas à la question : “Pourquoi cette pensée revient-elle sans cesse ?”
Point clé : L’IFS vous invite à dialoguer avec ce qui vous agite. La méditation vous invite à le regarder passer. L’une explore, l’autre observe. Les deux sont valables, mais elles ne travaillent pas la même couche de votre psyché.
Je reçois souvent des personnes qui méditent depuis des mois, voire des années. Elles me disent : “Thierry, je suis plus calme pendant la séance, mais dès que je me lève, les vieux schémas reviennent. Je rumine toujours autant sur mon couple, mon travail, mon passé.”
C’est une expérience fréquente. La méditation de pleine conscience est un formidable outil pour réguler le système nerveux. Des études en neurosciences montrent qu’elle réduit l’activité de l’amygdale (le centre de la peur) et renforce le cortex préfrontal (la régulation émotionnelle). Mais elle a une limite : elle ne transforme pas le contenu de vos parts. Elle vous apprend à tolérer la tempête, pas à désamorcer la bombe.
Prenons un exemple. Un patient, appelons-le Marc, vient me voir pour une anxiété sociale paralysante. Il médite 20 minutes par jour depuis un an. Il arrive à observer sa peur sans la juger pendant la méditation. Mais en soirée, dès qu’il doit prendre la parole, la même part critique surgit : “Tu vas dire une bêtise, tout le monde va te juger.” La méditation lui offre un répit temporaire, mais la part n’a pas été écoutée. Elle continue à crier pour être entendue.
Pour certaines personnes, la méditation devient même une stratégie d’évitement. On se réfugie dans l’observation pour ne pas ressentir l’émotion. On se dit : “Je regarde ma colère, donc je suis spirituellement avancé.” Mais la colère reste là, intacte, à attendre son tour.
L’IFS, en revanche, va directement à la rencontre de cette part. On lui demande : “Qu’est-ce que tu crains si tu ne m’empêches pas de parler en public ?” La réponse est souvent : “Je crains que tu sois rejeté, humilié, seul.” Et en creusant, on découvre que cette part s’est formée à l’école primaire, après une moquerie humiliante. En dialoguant avec elle, en la remerciant d’avoir protégé Marc pendant toutes ces années, quelque chose se libère. La part n’a plus besoin de crier. Elle peut se détendre.
Cela ne veut pas dire que la méditation est inutile. Elle est précieuse. Mais si vous avez l’impression qu’elle vous calme sans vous guérir, l’IFS peut être le chaînon manquant.
L’IFS ne vous demande pas de faire taire votre mental. Il vous demande de tendre l’oreille. Et c’est là que réside sa force : il transforme le rapport de force en rapport de confiance.
Imaginez que vous avez une part qui vous critique sans cesse. Elle vous dit : “Tu es nul, tu aurais dû faire mieux, tu déçois tout le monde.” En méditation, on vous apprend à étiqueter : “Voici une pensée critique, je la regarde, je la laisse partir.” C’est utile, mais cette part ne se sent pas entendue. Elle va revenir, plus fort, jusqu’à ce que vous lui prêtiez attention.
En IFS, on fait l’inverse. On invite cette part à s’asseoir à côté de vous. On lui dit : “Je vois que tu es là. Je ne veux pas te chasser. Peux-tu me dire ce que tu cherches à faire pour moi ?” Et souvent, la réponse est surprenante. La part critique n’est pas un ennemi. Elle est un protecteur maladroit. Elle essaie de vous pousser à la perfection pour éviter l’échec ou le rejet. Elle porte une énorme responsabilité, et elle est épuisée.
Quand vous reconnaissez son intention positive, la part se détend. Elle n’a plus besoin de hurler. Vous pouvez ensuite aller voir la part plus jeune qu’elle protège – souvent une part vulnérable qui porte une blessure ancienne. C’est là que la guérison opère. On ne se contente pas de calmer le symptôme. On va à la racine.
Prenons un autre cas. Sophie, une femme de 38 ans, vient pour des crises d’angoisse. Elle a essayé la méditation, la cohérence cardiaque, la sophrologie. Ça fonctionne sur le moment, mais les crises reviennent. En IFS, on découvre une part qui vit dans une peur constante : celle de perdre le contrôle. En dialoguant avec elle, elle raconte qu’elle s’est formée à l’adolescence, quand sa mère a fait une dépression sévère. Sophie a dû tout gérer à la maison. La part a pris le rôle de “super responsable” pour que la famille ne s’effondre pas. Mais aujourd’hui, à 38 ans, cette part est en alerte permanente. Elle interprète chaque signe de fatigue comme un danger.
Le travail IFS ne consiste pas à supprimer cette part, mais à la libérer de son rôle. À lui dire : “Tu n’as plus à porter ça toute seule. Je suis là maintenant. Je peux gérer.” Petit à petit, les crises d’angoisse s’espacent, non pas parce que Sophie a appris à les ignorer, mais parce que la part qui les déclenchait a trouvé la paix.
Moment clé : L’IFS ne vous demande pas de devenir un observateur détaché. Il vous demande de devenir un leader intérieur bienveillant. Vous passez de “Je suis submergé par mes émotions” à “J’accueille mes émotions et je choisis comment répondre.”
Alors, comment choisir ? La réponse dépend de votre état actuel et de ce que vous cherchez.
Si vous êtes dans une phase où votre système nerveux est en hyperalerte – insomnies, anxiété généralisée, attaques de panique – la méditation peut être un premier pas précieux. Elle vous ancre dans le moment présent, elle calme la physiologie. Mais si vous sentez que vous tournez en rond, que les mêmes schémas reviennent, l’IFS offre une profondeur que la méditation seule n’a pas.
Je compare souvent cela à un jardin. La méditation, c’est arroser régulièrement la terre. C’est essentiel pour que le sol reste fertile. Mais si vous avez des racines de mauvaises herbes qui étouffent tout, arroser ne suffit pas. Il faut déterrer ces racines. L’IFS, c’est ce travail de déterrage.
Beaucoup de personnes combinent les deux avec succès. Elles méditent pour cultiver la présence, puis utilisent l’IFS pour explorer ce qui émerge. Par exemple, vous méditez, une tristesse monte. Au lieu de la laisser passer passivement, vous pouvez lui demander : “D’où viens-tu ? Que veux-tu que je sache ?” La méditation devient alors le terrain d’accueil, et l’IFS le mode d’emploi pour dialoguer.
Il y a une différence fondamentale de posture. En méditation, vous êtes témoin. En IFS, vous êtes partenaire. La méditation vous apprend à dire : “Ce n’est pas moi, c’est une pensée.” L’IFS vous apprend à dire : “C’est une part de moi, et je peux l’écouter.” Ces deux phrases ne sont pas contradictoires, mais elles activent des zones différentes du cerveau.
La méditation renforce le “observateur” – la capacité à prendre du recul. L’IFS renforce le “Soi” – la capacité à incarner une présence compatissante et leader. Le Soi en IFS n’est pas un simple témoin. Il est actif. Il entre en relation. Il guérit.
Voici un tableau simple pour vous aider à voir :
| Méditation | IFS | |---------------|---------| | Observe les pensées | Dialogue avec les parts | | Entraîne la distance | Crée la connexion | | Calme le système nerveux | Transforme les croyances | | Demande de la régularité | Demande de la curiosité | | Peut éviter l’émotion | Va chercher l’émotion |
L’objectif final est le même : apaiser votre mental. Mais le chemin est différent. Et le chemin doit vous correspondre.
Vous vous demandez peut-être : “Est-ce que je suis un bon candidat pour l’IFS ?” Voici quelques signes qui montrent que cette approche pourrait vous aider.
Vous avez déjà une certaine conscience de vous-même. Vous savez que vous avez des “parties” de vous qui réagissent différemment selon les situations. Par exemple, une partie de vous veut tout lâcher, une autre veut tout contrôler. Vous avez déjà eu des conversations intérieures. Vous vous êtes dit : “Il y a un truc en moi qui m’empêche d’avancer.” L’IFS donne un cadre à cette intuition.
Vous êtes fatigué de lutter contre vous-même. Vous avez passé des années à essayer de supprimer votre anxiété, votre colère ou votre tristesse. Vous avez essayé la pensée positive, les affirmations, les techniques de relaxation. Mais vous sentez qu’il y a quelque chose de plus profond. L’IFS ne vous demande pas de lutter. Il vous demande d’accueillir.
Vous êtes prêt à parler à vos émotions comme à des personnes. Cela peut sembler étrange au début. Mais c’est incroyablement puissant. Vous n’avez pas besoin d’y croire pour essayer. Vous pouvez commencer par une simple question : “Si cette anxiété était une part de moi, que voudrait-elle me dire ?”
Par où commencer ? Voici une pratique simple que je donne souvent à mes patients.
Asseyez-vous confortablement. Fermez les yeux. Prenez trois respirations profondes. Puis, portez votre attention sur une émotion ou une pensée qui vous préoccupe en ce moment. Ne cherchez pas à la changer. Dites-lui simplement : “Je te vois. Je suis là.” Ensuite, demandez-lui doucement : “Qu’est-ce que tu veux que je sache ?” Écoutez la réponse qui vient, sans jugement. Elle peut être une phrase, une image, une sensation. Remerciez cette part de s’être montrée. C’est tout.
Cette pratique ne remplace pas un accompagnement professionnel, mais elle vous donne un avant-goût de ce que l’IFS peut offrir. Vous verrez que vos parts sont souvent surprises d’être écoutées. Elles se calment.
À retenir : Si vous avez l’impression de faire du surplace avec la méditation, ou si vous voulez aller plus loin que la simple observation, l’IFS est un outil de transformation puissant. Il ne remplace pas la méditation, mais il peut la compléter magnifiquement.
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse entre IFS et méditation. Il y a votre chemin. Et votre chemin peut changer selon les saisons de votre vie. Peut-être qu’aujourd’hui, vous avez besoin de calme et de distance. La méditation vous tend les bras. Peut-être que vous avez besoin de comprendre et de guérir. L’IFS vous ouvre une porte.
Ce que je vois dans mon cabinet, c’est que les personnes qui avancent le mieux sont celles qui osent essayer, qui osent se tromper, et qui osent ajuster. Elles ne cherchent pas la méthode parfaite. Elles cherchent celle qui leur fait du bien, ici et maintenant.
Si vous sentez que le dialogue avec vos parts vous attire, si vous avez envie d’explorer cette voix intérieure qui vous critique ou vous protège, je vous invite à faire un premier pas. Vous pouvez commencer par la petite pratique que je vous ai donnée. Ou vous pouvez prendre rendez-vous pour une séance découverte.
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes. Je reçois des adultes qui souffrent de ce bruit intérieur, et je les accompagne avec l’IFS, l’hypnose ericksonienne et l’intelligence relationnelle. Je travaille aussi avec des sportifs qui veulent libérer leur mental pour performer.
Mon approche est simple : je ne vous promets pas de faire taire vos parts. Je vous promets de les écouter avec vous, et
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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