3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Comparez ces deux approches pour mieux les choisir.
Je reçois souvent cette question dans mon cabinet à Saintes. Un patient me dit : « Thierry, j’ai essayé la méditation, mais je me sens encore submergé par mes émotions. Un ami m’a parlé de l’IFS. Est-ce que c’est mieux ? » Ou l’inverse : quelqu’un qui pratique l’IFS depuis quelques mois se demande s’il ne devrait pas « lâcher prise » avec une pratique méditative quotidienne.
Ces deux approches sont puissantes. Elles ne sont pas ennemies, mais elles ne font pas la même chose. Et surtout, elles ne conviennent pas aux mêmes moments de votre vie. Dans cet article, je vais vous aider à y voir clair, sans parti pris, avec des exemples concrets. Mon objectif est simple : que vous sachiez laquelle choisir (ou comment les combiner) pour retrouver un vrai confort avec vos émotions.
Commençons par la méditation. Je parle ici des pratiques de pleine conscience (mindfulness) ou de méditation d’observation des pensées. L’idée est simple : vous asseoir, observer votre souffle, vos sensations, et laisser passer les pensées sans vous y attacher.
Quand ça marche, c’est magnifique. Vous ressentez un apaisement, une distance avec le tumulte intérieur. Votre système nerveux se régule. Vous devenez moins réactif. C’est un outil de régulation émotionnelle excellent, validé par des centaines d’études.
Mais il y a un piège. Un piège dans lequel beaucoup de mes patients tombent. La méditation peut devenir une forme de contournement émotionnel. Vous observez votre colère, mais vous ne lui parlez pas. Vous regardez votre tristesse de loin, mais vous ne l’écoutez pas vraiment. Vous créez un espace, certes, mais cet espace peut être utilisé pour éviter d’entrer en relation avec ce qui vit en vous.
Je pense à Stéphane, 42 ans, cadre commercial. Il méditait 20 minutes chaque matin depuis deux ans. Il me disait : « Je suis plus calme, mais cette angoisse de l’échec, elle revient toujours. Je la vois arriver, je respire, elle repart… puis elle revient le lendemain. » Stéphane utilisait la méditation comme un antidouleur. Ça calmait le symptôme, mais ça ne guérissait pas la blessure. Sa part anxieuse (celle qui avait peur de décevoir son père) n’avait jamais été entendue. Juste observée.
La méditation vous apprend à être avec l’émotion, mais pas à dialoguer avec elle. C’est une différence fondamentale. Si vous avez une émotion qui revient en boucle, l’observer sans agir peut la maintenir en vie. Vous devenez un témoin passif d’une souffrance qui demande à être rencontrée activement.
Ce que la méditation fait bien :
Ce qu’elle ne fait pas :
Si vous méditez depuis des mois et que vous sentez que certaines émotions « tournent en rond » sans se résoudre, il est possible que votre pratique soit devenue un mécanisme de défense. Et ce n’est pas grave. C’est même très humain. Mais il est temps d’envisager autre chose.
L’IFS (Internal Family Systems), c’est une autre histoire. Là où la méditation vous invite à observer, l’IFS vous invite à dialoguer. Le principe de base ? Vous n’êtes pas une seule personnalité. Vous êtes composé de « parts » ou « parties » psychologiques. Chaque émotion forte (colère, tristesse, peur, honte) est portée par une part de vous. Et chaque part a une intention positive pour vous, même si son comportement vous fait souffrir.
Prenons un exemple concret. Dans mon cabinet, j’ai accompagné Claire, 35 ans, enseignante. Elle vivait des crises d’angoisse avant chaque conseil de classe. Elle avait essayé la méditation. Ça l’aidait un peu sur le moment, mais la peur revenait. Avec l’IFS, nous avons rencontré sa part « panique ». Voici ce que nous avons découvert : cette part avait 8 ans. Elle s’était formée le jour où son père avait crié sur elle devant toute la famille pour une mauvaise note. La part avait pris le job de « protéger Claire d’être humiliée ». Alors, avant chaque conseil, elle déclenchait une alerte maximale.
La méditation aurait dit à Claire : « Observe cette peur, elle va passer. » L’IFS lui a permis de dire à sa part : « Je te vois, merci d’avoir essayé de me protéger. Tu n’es plus seule, je suis là maintenant. » La différence est immense. La peur n’a pas été juste calmée. Elle a été comprise, accueillie et libérée de sa mission.
En IFS, vous ne cherchez pas à faire taire vos émotions. Vous cherchez à devenir le leader de votre système intérieur. Vous incarnez ce que l’IFS appelle le Self : une présence calme, curieuse, confiante, créative, connectée, courageuse, claire et compatissante. Depuis cet état, vous pouvez écouter chaque part, comprendre son histoire, et la décharger de son fardeau.
Ce que l’IFS fait bien :
Ce que l’IFS ne fait pas :
L’IFS, c’est comme entrer dans une maison où vivent plusieurs colocataires bruyants. Au lieu de mettre un casque (méditation), vous allez frapper à chaque porte, vous asseoir avec chacun, et comprendre ce dont il a besoin pour se sentir en sécurité.
Si je devais résumer la différence en une phrase, je dirais ceci : La méditation vous apprend à ne pas réagir à vos émotions. L’IFS vous apprend à dialoguer avec elles.
La méditation est une pratique de régulation descendante. Vous utilisez votre attention pour calmer votre système nerveux. C’est efficace, mais ça agit surtout sur le cortex préfrontal et le système parasympathique. Vous devenez plus résilient, mais vous ne changez pas le contenu de votre monde intérieur.
L’IFS est une pratique de transformation ascendante. Vous partez de l’émotion, vous l’accueillez, vous entrez en relation avec la part qui la porte, et vous découvrez son histoire. Ce faisant, vous libérez l’énergie bloquée dans cette part. Le changement est plus profond, plus durable, mais il demande plus de courage et d’engagement.
Prenons une métaphore simple. Imaginez que vous ayez un enfant qui pleure dans une pièce.
Les deux sont valables. Mais selon votre situation, l’un peut être plus approprié que l’autre.
« La méditation m’a appris à ne plus avoir peur de mes émotions. L’IFS m’a appris à les aimer. » — un patient après 18 mois de thérapie
Voici un guide pratique pour vous aider à décider, en fonction de votre situation actuelle.
Choisissez la méditation (ou la pleine conscience) si :
Choisissez l’IFS si :
Vous pouvez aussi combiner les deux. C’est même ce que je recommande à beaucoup de mes patients à Saintes. La méditation le matin pour réguler le système nerveux et préparer le terrain. L’IFS dans la journée (ou en séance) pour travailler sur une émotion précise. Par exemple :
Un patient, Ludovic, 29 ans, coureur de fond, utilisait la méditation pour gérer son stress avant les compétitions. Il stagnait sur ses temps. En travaillant avec lui, nous avons découvert une part « perfectionniste » qui le poussait à l’épuisement. La méditation ne l’aidait pas avec cette part. En IFS, il a dialogué avec elle. Il a découvert qu’elle s’était formée après une humiliation en cours de sport à 12 ans. Une fois libérée, sa performance a décollé, non pas parce qu’il courait plus, mais parce qu’il courait libre.
Voici une vérité que j’ai apprise en accompagnant des centaines de personnes. La méditation, dans sa version la plus répandue, vous vend l’idée que vous êtes vos émotions, et qu’il suffit de les observer pour qu’elles se dissolvent. C’est une vision partielle.
En IFS, on découvre quelque chose de bien plus beau : vous n’êtes pas vos émotions. Vous êtes celui ou celle qui peut les accueillir. Et chaque émotion, même la plus sombre, porte un message vital. La colère dit qu’une limite a été franchie. La tristesse dit qu’un attachement a été perdu. La peur dit qu’un danger est perçu. L’honte dit qu’une connexion est menacée.
Quand vous méditez, vous pouvez observer la colère sans agir. C’est utile. Mais si vous ne descendez pas à son niveau, si vous ne lui demandez pas « Que veux-tu me dire ? », elle reviendra. Encore et encore. Parce qu’elle n’aura pas été entendue.
Je vois souvent des personnes qui méditent depuis des années et qui disent : « Je suis plus calme, mais je ne me sens pas guéri. » Et elles ont raison. La méditation est un excellent outil de gestion. L’IFS est un outil de guérison.
Prenons l’exemple de la honte. La honte est l’émotion la plus difficile à traiter par la méditation. Observer sa honte, c’est souvent la renforcer. « Je vois ma honte, je suis honteux de ma honte. » C’est un cercle vicieux. En IFS, on va rencontrer la part qui porte la honte. On va découvrir qu’elle a été créée pour vous protéger d’un rejet. Et on va la décharger de cette mission. Le soulagement est alors profond, souvent accompagné de larmes de libération.
« J’ai médité 10 ans. Je pensais avoir fait le tour de mes blessures. L’IFS m’a montré que je n’avais fait que les regarder de loin, sans jamais leur serrer la main. » — une patiente, 52 ans, après 6 séances
Vous êtes maintenant face à un choix. Mais pas besoin de tout décider aujourd’hui. Voici comment avancer, étape par étape.
Si vous voulez explorer la méditation en lien avec vos émotions :
Si vous voulez explorer l’IFS :
Une règle simple pour choisir aujourd’hui :
Je ne vais pas vous dire que l’IFS est meilleur que la méditation, ou l’inverse. Ce serait mentir et vous enfermer dans une nouvelle croyance. Ce que je sais, après avoir accompagné des dizaines de personnes à Saintes, c’est que la pratique qui vous convient est celle que vous allez vraiment pratiquer.
Mais si vous lisez ces lignes et que vous sentez une petite voix intérieure dire : « Oui, mais je veux aller plus loin, je veux comprendre pourquoi cette tristesse ne part pas », alors écoutez-la. Cette voix, c’est peut-être une part de vous qui veut être vue.
La méditation vous aidera à l’observer. L’IFS vous aidera à l’accueillir.
Si vous êtes dans la région de Saintes, ou si vous travaillez à distance, je vous propose un premier échange gratuit de 20 minutes. Pas pour vous vendre quoi que ce soit. Juste pour écouter ce que vos parts ont à dire. Parfois, le simple fait d’être écouté par un autre humain, formé à ces approches, ouvre une porte que vous cherchiez depuis longtemps.
Prenez soin de vous. Et de toutes vos parts.
Thierry Sudan Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle Saintes — Consultations en cabinet et à distance
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des routines anodines qui renforcent l'anxiété sans que vous le réalisiez.
Des micro-actions pour briser la léthargie dès le réveil.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.