3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Comprendre l'origine et les outils pour s'apaiser.
Tu as peut-être déjà ressenti cette angoisse sourde quand ton partenaire tarde à répondre à un message. Cette boule au ventre qui se forme quand un ami annule un rendez-vous à la dernière minute. Cette sensation de vide qui te submerge quand tu te retrouves seul(e) le soir, même entouré(e) de monde dans la journée. Si ces situations te parlent, il est possible que la peur de l'abandon t'accompagne depuis longtemps, bien plus longtemps que tu ne le penses.
Je reçois régulièrement des personnes qui vivent avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Elles décrivent toutes la même chose : une hypersensibilité aux signes de rejet, une tendance à tout interpréter comme un abandon potentiel, et une fatigue immense à force de surveiller les relations comme on surveillerait un feu qui menace de s'éteindre. Pourtant, ces personnes sont souvent des adultes accomplis, compétents, aimés. Alors pourquoi cette peur persiste-t-elle ?
La réponse se trouve dans une partie de toi que tu as probablement appris à ignorer ou à réprimer : ton enfant intérieur. Et pour la première fois peut-être, je vais te proposer une manière de l'écouter sans te laisser submerger par lui.
La peur de l'abandon n'est pas une faiblesse de caractère, ni un défaut de fabrication. C'est une réponse adaptative que ton système nerveux a mise en place à un moment où tu en avais besoin pour survivre émotionnellement.
Prenons l'exemple de Claire, une femme de 34 ans que j'accompagne actuellement. Elle est cadre dans une grande entreprise, reconnue pour son sang-froid et sa capacité à gérer les crises. Pourtant, dès qu'elle entame une relation amoureuse, elle devient méconnaissable. Elle analyse chaque mot, chaque silence, chaque changement de ton. Quand son compagnon dit "je suis fatigué ce soir", elle entend "je ne veux plus te voir". Quand il met trois heures à répondre à un SMS, elle est déjà en train de préparer la rupture.
Claire n'est pas folle. Elle est simplement gouvernée par une partie d'elle-même qui s'est formée quand elle avait 6 ans. À cet âge, son père est parti du jour au lendemain, sans explication. Sa mère, dévastée, n'a pas pu être présente pour elle pendant plusieurs mois. Claire a appris très jeune que l'amour pouvait disparaître sans prévenir.
Ce que tu vis aujourd'hui n'est pas une réaction à la situation présente, mais la réactivation d'une vieille blessure qui cherche désespérément à être entendue.
Le mécanisme est toujours le même : un événement actuel (même minime) vient toucher une mémoire émotionnelle non résolue. Cette mémoire est stockée dans ton corps, dans tes sensations, pas dans ton cerveau rationnel. C'est pour ça que tu peux "savoir" que tu es en sécurité, et pourtant "ressentir" une terreur panique. La peur de l'abandon n'est pas logique. Elle est émotionnelle. Et tant que tu essaies de la raisonner, elle résiste.
Les origines sont multiples. Parfois c'est un parent qui était physiquement présent mais émotionnellement absent. Parfois une séparation traumatique dans l'enfance, comme un déménagement forcé ou la perte d'un être cher. Parfois même une adoption ou une hospitalisation précoce. Ce qui compte, ce n'est pas l'événement en lui-même, mais la manière dont ton petit être l'a vécu à ce moment-là.
Tu as probablement tout essayé. La pensée positive. La rationalisation. Les listes de "preuves" que tu es aimé(e). Les mantras du matin. Et pourtant, au premier signe d'éloignement, tout s'effondre.
Il y a une raison à cela. La peur de l'abandon n'est pas logée dans ton cortex préfrontal, la partie rationnelle de ton cerveau. Elle est encodée dans ton système limbique, dans ton corps, dans tes neurones miroirs. C'est une mémoire implicite, une mémoire qui ne passe pas par les mots.
Quand tu essaies de calmer cette peur avec des arguments rationnels, c'est comme si tu parlais anglais à quelqu'un qui ne comprend que le mandarin. Tu peux être brillant(e), éloquent(e), convaincant(e), la partie de toi qui a peur ne t'entend pas. Elle ne parle pas ce langage.
C'est là que l'IFS (Internal Family Systems) fait toute la différence. Cette approche, développée par Richard Schwartz dans les années 1980, part d'un constat simple : notre psychisme n'est pas monolithique. Nous sommes composés de multiples parties, chacune avec sa propre perspective, ses émotions, ses croyances. Et parmi ces parties, il y en a une qui porte la blessure de l'abandon.
L'IFS ne cherche pas à éliminer cette partie, à la réprimer ou à la raisonner. Elle cherche à entrer en relation avec elle. Parce que cette partie, aussi bruyante et envahissante soit-elle, a une intention positive. Elle essaie de te protéger. Elle essaie d'empêcher que la douleur de l'abandon ne se reproduise.
Le problème, c'est qu'elle utilise des stratégies d'enfant. Elle s'accroche, elle exige des preuves d'amour constantes, elle interprète tout comme une menace. Et plus tu luttes contre elle, plus elle s'agite. Plus tu la rejettes, plus elle crie fort.
Parlons de cet enfant. Il n'est pas une métaphore, ni un concept flou. Dans l'IFS, l'enfant intérieur est une partie réelle de toi, une partie qui s'est figée à un moment précis de ton développement.
Imagine un enfant de 4 ou 5 ans. Pour lui, le monde est simple : si ses parents l'aiment, il est en sécurité. Si ses parents s'éloignent, il est en danger de mort. Littéralement. Un enfant ne peut pas survivre seul. La peur de l'abandon est donc, à l'origine, une peur de mort.
Quand cet enfant a vécu une situation d'abandon, réelle ou perçue, il a fait ce qu'il pouvait avec les outils dont il disposait. Il s'est dit : "Si je suis parfait, on ne me quittera pas." Ou : "Si je ne demande rien, on ne se lassera pas de moi." Ou encore : "Si je contrôle tout, je ne serai pas surpris par le départ."
Ces stratégies ont peut-être fonctionné à l'époque. Elles ont permis à cet enfant de survivre émotionnellement. Le problème, c'est qu'il est resté coincé là. Il n'a pas grandi. Il n'a pas appris d'autres manières d'être en relation. Et aujourd'hui, alors que tu es un(e) adulte capable de survivre seul(e), cette partie continue de fonctionner comme si tu avais toujours 5 ans.
La partie abandonnée en toi ne sait pas que tu as grandi. Elle croit encore que son existence dépend de l'amour inconditionnel et constant de l'autre. Et c'est pour ça qu'elle panique.
Quand tu reconnais cette partie, tu arrêtes de la combattre. Tu arrêtes de te dire "je suis trop sensible", "je suis dépendant(e)", "je suis pathétique". Tu commences à comprendre que cette partie a juste besoin d'être vue, entendue, rassurée. Pas par ton partenaire ou tes amis. Par toi.
L'IFS propose un chemin très concret pour apaiser cette peur. Il ne s'agit pas de méditation vague ou de visualisation forcée. Il s'agit d'un protocole précis que tu peux apprendre à appliquer, d'abord avec un thérapeute, puis progressivement par toi-même.
La première étape est ce qu'on appelle le "défusion". Tu apprends à distinguer la partie qui a peur de toi, le Self. Le Self n'est pas une construction, c'est ta nature profonde. Dans l'IFS, on dit que le Self possède 8 qualités : compassion, curiosité, calme, confiance, courage, créativité, connexion et clarté. Quand tu es dans ton Self, tu peux observer ta peur sans être submergé(e) par elle.
Prenons un exemple concret. Marc, 42 ans, vient me voir après une énième dispute avec sa compagne. Il a pété les plombs parce qu'elle est rentrée une heure plus tard que prévu sans le prévenir. "Je me suis senti humilié, dit-il. Je me suis dit qu'elle se foutait de moi, qu'elle me manquait de respect."
En travaillant avec l'IFS, Marc a identifié une partie de lui qui avait 7 ans. À cet âge, sa mère partait souvent sans dire où elle allait, le laissant des heures chez sa grand-mère sans explication. Cette partie de Marc ne supporte pas l'incertitude. Elle interprète tout retard comme un abandon délibéré.
Quand Marc a appris à accueillir cette partie au lieu de la combattre, quelque chose a changé. Il ne s'est pas débarrassé de sa sensibilité. Mais il a cessé de réagir immédiatement. Il a commencé à pouvoir dire à sa compagne : "J'ai ressenti une grosse vague d'angoisse quand tu n'es pas rentrée à l'heure. Ce n'est pas ta faute, c'est une vieille blessure qui s'est réveillée. Je vais prendre un moment pour m'en occuper."
Cette simple phrase est révolutionnaire. Elle ne blâme pas l'autre. Elle ne fait pas porter la responsabilité de la guérison à l'extérieur. Elle assume la blessure tout en laissant la porte ouverte au dialogue.
Je vais te donner ici un aperçu de ce que tu peux commencer à mettre en place seul(e), en attendant de consulter un praticien formé à l'IFS. Ces étapes sont simples en théorie, mais demandent de la pratique pour être efficaces.
Étape 1 : Identifier la partie qui réagit
Quand tu sens monter l'angoisse de l'abandon, arrête-toi. Ne réagis pas immédiatement. Ne texte pas, n'appelle pas, ne confronte pas. Pose-toi la question : "Quelle partie de moi est en train de s'agiter en ce moment ?"
Observe les sensations dans ton corps. Est-ce une boule dans la gorge ? Une oppression dans la poitrine ? Des mains moites ? Un vide dans le ventre ? Ces sensations sont la signature de cette partie.
Donne-lui un nom si ça t'aide. "C'est ma partie panique." "C'est ma partie qui a peur d'être seule." "C'est ma petite Claire de 6 ans." La nommer, c'est commencer à la distinguer de toi.
Étape 2 : Entrer en relation avec curiosité
Une fois que tu as identifié la partie, approche-toi d'elle avec curiosité. Pas avec jugement. Pas avec la volonté de la faire taire. Avec une vraie curiosité, comme tu t'approcherais d'un enfant perdu dans un supermarché.
Demande-lui : "Qu'est-ce que tu ressens ? Qu'est-ce qui te fait si peur ? De quoi as-tu besoin ?"
Écoute la réponse sans l'interpréter. Peut-être que la partie te dit : "J'ai peur qu'il/elle ne revienne jamais." Peut-être : "Je suis sûr(e) que je ne mérite pas d'être aimé(e)." Peut-être : "Je dois tout contrôler sinon le monde s'effondre."
Ne discute pas avec elle. Ne lui dis pas "mais tu sais bien que ce n'est pas vrai". Elle ne peut pas entendre ça. Contente-toi d'accueillir ce qu'elle exprime.
Étape 3 : Offrir ce dont elle a besoin
Demande à cette partie : "Qu'est-ce que tu aimerais que je fasse pour toi, maintenant ?"
Souvent, la réponse est simple : "J'ai besoin que tu restes avec moi." "J'ai besoin que tu me dises que je vais m'en sortir." "J'ai besoin que tu me promettes de ne pas m'abandonner, toi."
Et c'est là que la magie opère. Toi, en tant qu'adulte, dans ton Self, tu peux offrir cela à cette partie. Tu peux lui dire : "Je suis là. Je ne te quitte pas. Je vais m'occuper de toi. Tu n'es plus seul(e)."
La guérison de la peur de l'abandon ne passe pas par la recherche d'un partenaire qui ne partira jamais. Elle passe par la capacité à devenir toi-même le parent que ton enfant intérieur n'a pas eu.
Je ne te promets pas que cette peur disparaîtra complètement. Les blessures d'attachement laissent des cicatrices. Mais je te promets que tu peux apprendre à vivre avec sans qu'elle gouverne tes relations. Sans qu'elle sabote tes amours. Sans qu'elle te fasse fuir ce que tu désires le plus au monde.
Je veux être honnête avec toi. L'IFS n'est pas une baguette magique. Ce n'est pas une technique de "guérison rapide" qui effacerait ta peur en trois séances.
L'IFS ne te rendra pas insensible à la séparation. Tu continueras à ressentir de la tristesse quand une relation se termine, de l'inquiétude quand quelqu'un s'éloigne, de la déception quand tes attentes ne sont pas comblées. C'est normal. C'est humain.
Ce que l'IFS change, c'est ta relation à ces émotions. Tu ne les vis plus comme des catastrophes. Tu les vis comme des signaux. Des messages de ton système interne qui t'informent de l'état de tes blessures.
L'IFS ne te promet pas non plus que tu n'auras plus besoin des autres. Nous sommes des êtres relationnels. Nous avons besoin d'attachement pour vivre. C'est biologique. La différence, c'est que tu n'auras plus besoin de l'autre comme d'une bouée de sauvetage. Tu pourras le/la choisir, pas le/la nécessiter.
Enfin, l'IFS ne remplace pas une thérapie quand la peur de l'abandon est liée à des traumatismes complexes ou à des troubles de la personnalité. Si tu sens que ta peur te paralyse, t'empêche de travailler, de sortir, de vivre, consulte un professionnel formé. Il n'y a aucune honte à demander de l'aide. C'est même le contraire.
Ce qui fait la force de l'IFS, c'est qu'elle ne te rend pas dépendant(e) du thérapeute. Elle te donne des outils que tu peux utiliser seul(e), dans ta vie quotidienne.
Au fil des mois, tu develops une nouvelle compétence : celle de repérer quand une partie ancienne s'active, de l'accueillir, de la rassurer. Tu passes d'un mode réactif (je panique, j'agis, je regrette) à un mode responsif (je sens, j'accueille, je choisis).
Les personnes que j'accompagne avec cette approche me disent souvent la même chose : "Je ne suis plus la même personne dans mes relations." Elles ne sont pas devenues des robots sans émotions. Elles sont devenues des êtres humains qui peuvent ressentir leur peur sans être contrôlés par elle.
Elles peuvent dire à leur partenaire : "J'ai eu peur tout à l'heure, mais c'est passé. Je suis revenue." Elles peuvent vivre des moments de silence sans angoisse. Elles peuvent accepter que l'autre ait besoin d'espace sans interpréter cela comme un rejet.
Et surtout, elles commencent à développer une relation différente avec elles-mêmes. Une relation faite de douceur, de patience, de compréhension. Elles deviennent le parent qu'elles auraient aimé avoir.
Quand tu guéris ton enfant intérieur abandonné, tu ne changes pas ton passé. Mais tu changes complètement la manière dont il influence ton présent.
Si tu te reconnais dans ce que je viens de décrire, sache que tu n'es pas seul(e). Cette peur que tu portes, cette sensibilité qui te fait souffrir, c'est la preuve que tu as un cœur qui aime profondément, qui s'attache intensément, qui craint de perdre ce qui compte.
Le travail avec l'IFS n'est pas un travail de destruction. C'est un travail de réconciliation. Tu ne tueras pas cette partie de toi qui a peur. Tu l'accueilleras. Tu la soigneras. Tu l'intégreras.
Et progressivement, tu découvriras que cette partie, celle qui semblait être ton pire ennemi dans tes relations, peut devenir ta plus grande alliée. Parce qu'elle te connecte à ta sensibilité, à
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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