3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Découvrez la partie protectrice qui vous freine.
Tu as cette voix dans ta tête. Celle qui te dit que ce n’est pas le moment, que tu n’es pas prêt, que tu vas te planter. Celle qui, au moment de franchir une porte, de prendre une décision importante ou de t’engager dans quelque chose qui compte pour toi, te freine net. Parfois, elle est plus subtile : elle te fait oublier ce rendez-vous, elle te pousse à grignoter alors que tu n’as pas faim, elle t’envoie sur ton téléphone au lieu de répondre à ce message qui te stresse.
Et après, il y a cette autre voix. Celle qui te juge. « Mais pourquoi tu fais ça ? Tu sais que c’est nul pour toi. Tu es ton pire ennemi. » Tu passes alors de l’action (ou de l’inaction) à la honte, à la frustration, à la colère contre toi-même. Tu te sens coincé dans un cercle vicieux. Tu voudrais arrêter, mais tu n’y arrives pas. Tu te dis que tu manques de volonté, de discipline, de courage.
Je vois ça tous les jours dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes intelligents, lucides, qui se battent contre une partie d’eux-mêmes qu’ils ne comprennent pas. Ils viennent me voir en disant : « Je me sabote. » Et ils ont raison, sur un point. Quelque chose, en eux, les empêche d’avancer. Mais ce quelque chose n’est pas un défaut de caractère, une faiblesse ou une fatalité.
Dans cet article, je vais t’expliquer pourquoi tu fais ce que tu fais. Pas avec des recettes magiques ou des injonctions à « penser positif ». Mais avec un modèle qui a changé ma pratique : l’IFS, ou Système Familial Intérieur. L’idée est simple, mais puissante : cette voix qui te sabote n’est pas ton ennemie. C’est une partie de toi qui essaie de te protéger. Et quand tu commences à l’écouter, le cercle vicieux se brise.
L’IFS, développé par Richard Schwartz, repose sur une hypothèse radicale : notre esprit n’est pas un bloc monolithique. Il est composé de différentes « parties », comme une famille intérieure. Chaque partie a sa propre perspective, ses émotions, ses croyances et son rôle. Il y a des parties qui veulent réussir, qui sont ambitieuses, qui aiment le risque. Et il y a des parties qui sont prudentes, qui ont peur, qui veulent la sécurité. Le problème, c’est que ces parties ne sont pas toujours d’accord.
Quand tu dis « je me sabote », tu es en réalité en conflit entre deux ou plusieurs parties. L’une veut avancer, l’autre veut freiner. Et celle qui freine, dans l’IFS, on l’appelle une partie protectrice.
Prenons un exemple concret. Je reçois Lucas, un commercial de 42 ans. Il est bon dans son métier, mais il plafonne. Chaque fois qu’il approche d’une promotion ou d’un gros contrat, il trouve un moyen de tout faire capoter : il arrive en retard à une réunion clé, il envoie un mail maladroit, il tombe malade le jour J. Il est désespéré. Il me dit : « Je ne comprends pas. Je sais ce que j’ai à faire, mais je n’y arrive pas. »
En explorant avec l’IFS, Lucas identifie une partie qui, juste avant ces « sabotages », lui envoie une sensation physique : une boule dans le ventre, une respiration courte, et une pensée qui dit : « Si tu réussis, ils vont t’en demander encore plus. Tu vas te brûler les ailes. Souviens-toi de la dernière fois. » Cette partie n’est pas mal intentionnée. Elle se souvient d’un épisode passé où Lucas, après une réussite, avait été submergé de travail et avait craqué. Elle a pris une décision : « Plus jamais ça. La sécurité, c’est de rester dans l’ombre. »
Cette partie a un rôle protecteur. Elle utilise la peur, l’évitement, la procrastination ou l’autosabotage pour t’éviter une souffrance qu’elle anticipe. Le problème, c’est qu’elle est coincée dans le passé. Elle ne voit pas que les conditions ont changé. Elle ne sait pas que tu es plus fort, plus outillé aujourd’hui. Elle applique une stratégie qui avait du sens à un moment donné, mais qui est devenue obsolète.
Ce que l’IFS t’apprend, c’est à ne pas lutter contre cette partie. La lutte est épuisante et renforce le conflit. Au lieu de ça, tu apprends à l’accueillir, à la remercier pour son intention, et à lui montrer qu’il existe d’autres façons de te protéger.
La partie qui te sabote n’est pas un ennemi à abattre. C’est un gardien qui a besoin d’être rassuré. Quand tu le combats, il se durcit. Quand tu l’écoutes, il s’adoucit.
Ces parties protectrices ne naissent pas de nulle part. Elles se forment généralement dans l’enfance ou lors d’expériences difficiles. Leur objectif est de t’éviter de revivre une douleur : rejet, humiliation, abandon, sentiment d’impuissance.
Prenons le cas de Sarah, une entrepreneuse de 35 ans. Elle a un projet qui la passionne, mais elle n’arrive pas à le lancer. Elle passe des semaines à peaufiner son site, à refaire son business plan, à chercher la perfection. Elle ne se sent jamais prête. Quand on creuse, on découvre une partie qui, adolescente, a été très critiquée par son père pour un projet scolaire « bâclé ». Cette partie a retenu la leçon : « Si tu veux être aimée et respectée, tu dois être irréprochable. La moindre faille est inacceptable. »
Aujourd’hui, cette partie la protège en la maintenant dans la préparation infinie. Tant qu’elle ne lance pas, elle ne peut pas échouer, ni être critiquée. C’est une stratégie de protection, mais elle est devenue un piège.
Comment reconnaître ces parties protectrices ? Voici quelques indices concrets :
Si tu te reconnais dans un ou plusieurs de ces signes, ne te juge pas. Ce n’est pas une faiblesse. C’est le signe qu’une partie de toi est en alerte, qu’elle essaie de te protéger d’une menace qu’elle perçoit comme réelle. Le travail n’est pas de la faire taire, mais de comprendre ce qu’elle craint.
L’IFS propose un cadre pour entrer en relation avec ces parties. Ce n’est pas une technique de visualisation abstraite. C’est un dialogue intérieur, guidé par une posture de curiosité bienveillante. Voici comment tu peux commencer, seul ou accompagné.
Étape 1 : Reconnaître la présence d’une partie.
Quand tu sens que tu te sabotes (tu repousses une tâche, tu te critiques, tu évites), fais une pause. Au lieu de t’engouffrer dans la frustration, dis-toi simplement : « Ah, il y a une partie de moi qui est activée en ce moment. » C’est un premier pas immense. Tu sors de l’identification (« je suis un saboteur ») pour entrer dans l’observation (« une partie de moi sabote »).
Étape 2 : Localiser la partie dans le corps.
Ferme les yeux une minute. Où est-ce que tu ressens cette partie ? Dans la poitrine ? Le ventre ? La gorge ? Les épaules ? Est-ce une tension, une boule, un vide, une chaleur ? Ne cherche pas à la changer. Contente-toi de la ressentir.
Étape 3 : Lui poser des questions avec curiosité.
Maintenant, adresse-toi à cette partie comme si elle était une personne en face de toi. Pas avec un ton accusateur (« Pourquoi tu gâches tout ? »), mais avec un ton ouvert et curieux. Tu peux lui poser ces questions :
Étape 4 : Écouter la réponse sans jugement.
La réponse peut venir sous forme de mots, d’images, de sensations ou de souvenirs. Laisse venir. Souvent, la partie va exprimer une peur profonde : « J’ai peur que tu sois rejeté », « J’ai peur que tu souffres comme quand tu avais 10 ans », « J’ai peur de te perdre ».
Étape 5 : Remercier la partie.
Quelle que soit la réponse, remercie-la. Dis-lui : « Merci d’avoir pris soin de moi. Je comprends que tu veux me protéger. » Ce simple acte de reconnaissance désamorce souvent une grande partie de la tension. La partie se sent vue, entendue, respectée.
Ce dialogue n’est pas une formule magique. Il ne va pas faire disparaître la partie du jour au lendemain. Mais il va changer ta relation avec elle. Au lieu d’être en guerre, vous allez commencer une négociation. Et c’est là que tout devient possible.
Je veux être clair : l’IFS n’est pas une méthode pour « arrêter de se saboter » en trois séances. Ce n’est pas un outil de développement personnel qui va museler tes parties récalcitrantes. Si tu cherches une technique pour enfin dompter ta « mauvaise » partie, tu risques d’être déçu.
L’IFS ne fonctionne pas par la force. Il fonctionne par la confiance.
Imagine que tu aies un chien qui a peur des orages. Tu ne vas pas le gronder en lui disant « arrête de trembler, c’est irrationnel ». Tu vas le rassurer, le couvrir, rester près de lui. Petit à petit, il apprendra que l’orage n’est pas une menace mortelle. C’est la même chose avec tes parties. Elles ont besoin d’être rassurées, pas réprimandées.
Ce que l’IFS peut faire :
Ce que l’IFS ne fait pas :
Je te dis ça parce que j’ai vu trop de personnes chercher LA méthode miracle pour enfin se libérer. Et quand ça ne marche pas immédiatement, elles se sentent encore plus nulles. L’IFS n’est pas une baguette magique. C’est un travail de fond, patient, qui demande une forme de douceur envers soi-même. Si tu es prêt à ça, alors c’est un outil incroyable.
Quand tu commences à dialoguer avec ta partie protectrice, quelque chose de subtil se produit. La pression baisse. Tu n’es plus dans l’urgence de « changer ». Tu es dans la compréhension. Et c’est là que le vrai mouvement peut naître.
Reprenons l’exemple de Sarah, l’entrepreneuse perfectionniste. Après avoir dialogué avec sa partie qui exigeait la perfection, elle a compris que cette partie était une ancienne enfant qui cherchait à être aimée. Sarah a pu lui dire : « Je te vois. Tu as eu tellement peur de décevoir papa. Mais aujourd’hui, je suis une adulte. Je peux gérer les critiques. Et surtout, je peux apprendre à avancer même si ce n’est pas parfait. » Cette partie n’a pas disparu. Mais elle a accepté de lâcher un peu la bride.
Sarah a alors pris une décision concrète : elle a fixé une date de lancement pour son projet, et elle s’est autorisée à le faire avec des imperfections. Elle a dit à sa partie : « On y va comme ça. Si ça foire, on s’ajustera, mais on n’attend plus. » La partie a protesté, mais moins fort. Et Sarah a lancé.
Ce n’est pas un happy ending hollywoodien. Il y a eu des bugs, des clients mécontents, des ajustements. Mais Sarah a survécu. Et sa partie a appris, progressivement, que le monde ne s’écroule pas quand on n’est pas parfait. La confiance s’est construite par l’expérience, pas par la seule pensée.
Ce que l’IFS permet, c’est de passer d’un mode « protection = frein » à un mode « protection = vigilance adaptée ». La partie reste présente, mais elle devient une conseillère plutôt qu’une dictatrice. Elle peut dire : « Attention, là il y a un risque. » Mais tu peux répondre : « Je t’entends, je vais y aller doucement, mais j’y vais. »
C’est une libération progressive. Tu n’es plus paralysé. Tu es simplement plus conscient. Et cette conscience te donne le pouvoir de choisir. Choisir d’avancer malgré la peur. Choisir d’écouter ta partie quand elle te signale un vrai danger (et pas une peur imaginaire). Choisir de vivre ta vie, pas celle que ta partie a décidé pour toi.
Tu n’as pas besoin d’attendre une séance pour faire un premier pas. Voici un exercice simple, tiré de l’IFS, que tu peux essayer maintenant. Installe-toi tranquillement, prends un stylo et du papier, ou simplement ton téléphone pour noter.
Ce n’est qu’un début. Mais ce geste change tout. Tu passes de la lutte à la curiosité. Et la curiosité est le terreau de la transformation.
Si tu sens que cette partie est très forte
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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