3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Le lien entre jugement sévère et stress, et la solution IFS.
Tu reprends ta respiration après une journée où tout te semblait mal fait. Cette voix intérieure, tu la connais bien : « T’aurais dû dire ça autrement. », « Encore une erreur stupide. », « Les autres, ils gèrent, toi non. » Elle est là, tenace, précise, impitoyable. Et plus tu essaies de la faire taire, plus elle s’amplifie. L’anxiété monte, le sommeil se dérobe, et tu te retrouves piégé dans une boucle dont tu ne vois pas l’issue.
Ce que tu vis n’est pas un manque de volonté ou une faiblesse. C’est un mécanisme que des années de pratique m’ont appris à reconnaître : l’auto-critique n’est pas une alliée, c’est une partie de toi qui a pris le contrôle pour te protéger, mais qui aujourd’hui te coûte cher. Et si je te disais que la solution n’est pas de la combattre, mais de comprendre ce qu’elle cache ?
Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes depuis 2014. Dans mon cabinet, je vois chaque semaine des adultes épuisés par cette guerre intérieure. L’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle m’ont appris une chose simple : apaiser l’anxiété passe d’abord par un cessez-le-feu avec soi-même. Pas par plus d’efforts, de listes ou d’auto-discipline.
Tu as probablement remarqué que l’auto-critique surgit surtout dans les moments d’incertitude ou de vulnérabilité. Avant un rendez-vous important, après une conversation qui s’est mal passée, ou le soir dans ton lit quand tout est calme. Ce n’est pas un hasard.
Notre cerveau a une priorité absolue : nous maintenir en vie et en sécurité, au sens large. Quand tu te critiques, tu actives un circuit ancien, hérité de nos ancêtres. Imagine un chasseur-cueilleur qui rate une proie : s’il ne s’auto-critique pas, il risque de reproduire la même erreur et de se retrouver affamé. La critique interne était donc un outil de survie. Le problème, c’est que ton cerveau utilise encore ce même outil… pour des situations qui ne mettent pas ta vie en danger.
Prenons un exemple concret. Un patient, appelons-le Marc, cadre commercial, venait me voir parce qu’il passait ses soirées à ressasser ses échanges de la journée. « J’aurais dû être plus incisif sur ce point. », « Mon client m’a senti hésitant. » Il interprétait cette auto-critique comme une preuve de sa rigueur professionnelle. En réalité, son cerveau tentait de le « préparer » à ne pas reproduire d’erreur, mais cette préparation était devenue une source permanente de stress.
Le piège, c’est que tu peux croire que te critiquer durement te rend plus performant. Tu te dis : « Si je suis gentil avec moi-même, je vais me relâcher, je vais échouer. » C’est une croyance tenace, mais fausse. Les études en neurosciences montrent que l’auto-critique chronique active les mêmes zones cérébrales que la douleur physique. Tu n’apprends pas mieux sous la menace, tu te crispes, tu te fermes, et tu perds en créativité et en adaptabilité.
Alors pourquoi continues-tu ? Parce que cette voix te donne l’illusion du contrôle. Tant que tu te critique, tu as l’impression de « faire quelque chose » face à l’incertitude. En réalité, tu nourris l’anxiété sans résoudre le problème sous-jacent.
L’auto-critique n’est pas une preuve de lucidité, c’est un réflexe de survie devenu toxique.
C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) change radicalement la donne. Cette approche, développée par Richard Schwartz, propose une idée qui peut te sembler contre-intuitive : la voix critique en toi n’est pas un défaut à éliminer, mais une « partie » de toi qui a une intention positive.
Je sais, ça peut être difficile à entendre quand tu vis cette critique comme une oppression. Mais reste avec moi un instant. Imagine un pompier qui arrose un immeuble en feu. Il cause des dégâts : de l’eau partout, des meubles abîmés. Pourtant, son intention est de sauver ce qui peut l’être. La partie critique en toi agit de la même manière. Elle utilise la sévérité pour t’éviter des situations qu’elle perçoit comme dangereuses : le rejet, l’échec, le ridicule.
Prenons l’exemple d’une patiente, Sophie, enseignante. Sa partie critique se manifestait avant chaque conseil de classe : « Tu n’es pas assez préparée, tu vas te faire ridiculiser devant les parents. » En explorant cette partie avec elle, nous avons découvert qu’elle s’était formée à l’adolescence, quand Sophie avait été humiliée en public par un professeur. La partie critique était née pour la protéger de revivre cette honte. Son intention profonde ? La sécurité. Mais sa méthode – la critique – la maintenait dans un état d’alerte permanent.
Quand tu commences à voir cette partie non comme un tyran, mais comme un protecteur maladroit, quelque chose change. Tu n’es plus en guerre contre toi-même. Tu deviens curieux. Tu peux lui demander : « Qu’est-ce que tu crains qu’il m’arrive si je ne t’écoute pas ? » La réponse est souvent surprenante : « Que tu sois rejeté. », « Que tu perdes tout. », « Que tu ne mérites pas d’être aimé. »
Cette découverte est le premier pas vers l’apaisement. Parce qu’une fois que tu comprends l’intention, tu peux commencer à dialoguer avec cette partie, plutôt que de la subir ou de la combattre.
Pour comprendre pourquoi l’auto-critique et l’anxiété forment un couple si toxique, décomposons le processus. Il se déroule généralement en trois étapes, si rapides que tu ne les remarques même plus.
Étape 1 : Le déclencheur. Quelque chose se produit : une remarque d’un collègue, une erreur dans un email, un silence gênant. Rien de grave en soi, mais ton cerveau l’interprète comme un signal de danger potentiel.
Étape 2 : L’activation du critique. Ta partie critique s’active immédiatement pour « t’aider ». Elle lance un commentaire acerbe : « Tu vois, t’es nul. », « Encore une preuve que tu n’es pas à la hauteur. » Sur le moment, cette voix te donne l’impression de reprendre le contrôle : tu as identifié l’erreur, tu peux la corriger.
Étape 3 : La boucle anxiogène. Mais voilà le problème : l’auto-critique ne résout rien. Elle ne fait que confirmer la menace. Ton cerveau reçoit le message : « Il y a un danger, et je ne suis pas équipé pour y faire face. » Le système nerveux s’active : montée de cortisol, accélération du rythme cardiaque, tension musculaire. L’anxiété s’installe. Et plus tu te critiques, plus tu renforces l’idée que tu es en insécurité. C’est un cercle vicieux.
J’ai vu ce schéma des centaines de fois. Un patient, Thomas, graphiste indépendant, passait des heures à peaufiner ses présentations. Sa critique interne lui disait : « Si tu ne fais pas parfait, tu perdras tes clients. » Résultat : il travaillait le soir, le week-end, épuisé, et plus il était fatigué, plus il faisait d’erreurs, plus il se critiquait. L’anxiété devenait son quotidien.
La clé, c’est de reconnaître cette boucle quand elle se produit. Pas pour la juger, mais pour la nommer. Simplement te dire : « Ah, je suis en train de me critiquer, et ça me rend anxieux. » Ce simple acte de conscience crée un espace entre toi et la critique. Tu n’es plus complètement identifié à elle.
Alors, comment sortir de cette boucle ? L’IFS propose une approche radicale : au lieu de vouloir supprimer la partie critique, tu l’accueilles. Tu deviens un négociateur curieux, pas un juge.
Concrètement, voici comment je guide mes patients dans cette exploration. Installe-toi dans un endroit calme, ferme les yeux, et ramène ton attention sur une situation récente où l’auto-critique s’est manifestée fortement. Ne cherche pas à la changer. Observe-la comme si tu regardais un personnage dans un film. Pose-toi ces questions, intérieurement :
Souvent, les patients découvrent que leur critique interne a l’âge de leur enfance ou adolescence. C’est une partie qui s’est formée dans un contexte où elle était nécessaire pour survivre émotionnellement. Peut-être un parent exigeant, un environnement scolaire compétitif, ou une situation de rejet.
Une fois que tu as identifié cette partie, tu peux commencer un dialogue. Tu lui parles avec douceur : « Je sais que tu essaies de m’aider. Je te remercie d’être là. Mais j’aimerais comprendre ce que tu crains vraiment. » Ne force pas la réponse. Parfois, la partie a besoin de temps pour se sentir en sécurité avant de parler.
Un patient, Antoine, a découvert que sa partie critique s’était formée à 12 ans, quand son père lui avait dit : « Tu n’arriveras à rien si tu continues comme ça. » Cette partie avait pris la relève pour le pousser à réussir, mais elle était devenue tyrannique. En la remerciant pour sa protection, Antoine a senti une détente immédiate dans ses épaules. La partie n’a pas disparu, mais elle a arrêté de hurler. Elle a pu prendre un peu de recul.
Accueillir la critique ne signifie pas être d’accord avec elle. C’est juste cesser de lui faire la guerre.
Tu te demandes peut-être : « Suis-je concerné par cette approche ? » Il y a deux signaux qui indiquent que l’IFS pourrait t’aider à apaiser ton anxiété.
Signal 1 : Tu passes plus de temps à te juger qu’à agir. Si tu remarques que tu analyses sans cesse tes failles, tes erreurs, tes imperfections, mais que cela ne te mène nulle part (ou te bloque même dans tes actions), c’est un signe clair. L’auto-critique est devenue une activité en soi, pas un outil d’amélioration.
Signal 2 : Tu ressens une fatigue émotionnelle profonde. L’anxiété chronique épuise. Si tu te sens vidé en fin de journée, si tu as du mal à trouver de la joie dans les petites choses, c’est que ton système nerveux est en surchauffe. L’auto-critique est un des combustibles principaux de cette surchauffe.
Dans mon cabinet, je vois des personnes qui ont tout essayé : thérapies cognitives, méditation, sport, alimentation. Et elles continuent de souffrir parce qu’elles n’ont pas adressé la racine : la relation avec cette partie interne. L’IFS ne promet pas une vie sans critique ni anxiété – ce serait illusoire. Mais il offre une réduction significative de la souffrance, en changeant ton rapport à ces voix intérieures.
Une patiente, Claire, m’a dit un jour : « Avant, je pensais que me critiquer était la seule façon de m’améliorer. Maintenant, je sais que c’était la seule façon de me détruire. » Elle ne s’est pas transformée du jour au lendemain, mais elle a appris à reconnaître la critique comme une invitation à explorer, pas comme une condamnation.
Je ne veux pas te laisser avec de la théorie sans un outil concret. Voici une pratique que tu peux expérimenter ce soir, avant de dormir ou dans un moment calme.
Identifie une critique récente. Choisis une phrase que tu t’es dite aujourd’hui, même banale. Par exemple : « J’aurais dû répondre plus vite à ce message. »
Localise-la dans ton corps. Ferme les yeux et sens où cette critique résonne physiquement. Peut-être une tension dans la mâchoire, une boule dans la gorge, un poids sur la poitrine. Reste avec cette sensation 30 secondes, sans vouloir la changer.
Adresse-toi à la critique avec curiosité. Dans ta tête, dis-lui : « Je vois que tu es là. Je comprends que tu veux m’aider. Merci d’essayer de me protéger. » Pas de sarcasme, pas de forcing. Juste une reconnaissance.
Demande-lui ce dont elle a besoin. Pose la question : « Qu’est-ce que tu aimerais que je sache ? » ou « De quoi as-tu peur ? » Écoute la réponse sans jugement. Parfois, une image, un souvenir ou une émotion émerge. Accueille-la.
Remercie et respire. Termine en prenant trois respirations profondes. Tu peux noter ce que tu as ressenti dans un carnet, ou simplement laisser l’expérience infuser.
Cette pratique ne va pas faire disparaître l’auto-critique en une fois. Mais elle va commencer à créer une distance, un espace de choix. Tu ne seras plus complètement identifié à cette voix. Tu pourras dire : « C’est une partie de moi qui parle, pas toute la vérité. »
Au fil des séances, tu apprendras à distinguer entre la critique utile et la critique toxique. Oui, il existe une forme d’auto-évaluation constructive : celle qui te permet d’ajuster ton comportement sans te détruire. Mais elle est douce, précise, et orientée vers l’action, pas vers le jugement global.
La différence est simple : la critique toxique attaque ta personne (« Tu es nul »), tandis que la critique constructive s’adresse à une action (« Ce que j’ai fait là n’est pas optimal, je peux essayer autrement »). L’IFS t’aide à faire cette transition, en apaisant d’abord la partie qui hurle, pour que la partie sage puisse parler.
Un patient, Julien, coureur amateur, utilisait l’auto-critique pour se motiver à l’entraînement : « Tu es lent, tu n’auras jamais ton record. » Cela marchait sur le court terme, mais il finissait épuisé et anxieux avant chaque course. En travaillant avec son critique intérieur, il a découvert une partie plus profonde, passionnée par la course, mais étouffée par la pression. Aujourd’hui, il court avec plus de plaisir et de fluidité, et ses performances ont paradoxalement augmenté.
L’auto-critique n’est pas une fatalité. C’est un signal que quelque chose, en toi, a besoin d’attention et de sécurité. Quand tu lui offres cela, l’anxiété diminue, non pas parce que les problèmes disparaissent, mais parce que tu n’es plus en guerre contre toi-même pour les affronter.
Si tu te reconnais dans ces lignes, je t’invite à une première action simple : ce soir, avant de fermer les yeux, prends trois minutes pour essayer la pratique que je t’ai donnée. Observe ce qui se passe. Peut-être que rien ne changera immédiatement, mais tu auras planté une graine.
Et si tu sens que cette boucle d’auto-critique et d’anxiété te pourrit la vie depuis trop longtemps, sache qu’il est possible d’aller plus loin. L’accompagnement en IFS, en hypnose ou en Intelligence Relationnelle que je propose peut t’aider à explorer ces parties avec douceur, à ton rythme. Pas de baguette magique, mais un chemin concret vers plus de paix intérieure.
Tu
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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