3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Le rôle des larmes dans la guérison émotionnelle.
Pourquoi pleurer en thérapie IFS est bon pour votre enfant intérieur
Il y a quelques semaines, un patient que j’accompagne depuis plusieurs séances est arrivé dans mon cabinet avec une mâchoire serrée et un regard fuyant. Il venait de vivre une dispute avec son fils adolescent, une scène banale, presque insignifiante en apparence. Mais en quelques minutes, alors que nous explorions ce qui se jouait pour lui, ses épaules se sont affaissées, sa voix a tremblé, et des larmes ont coulé, d’abord silencieuses, puis plus franches.
Il s’est excusé. « Je ne pleure jamais, d’habitude », a-t-il dit, gêné. « C’est ridicule, c’est juste une histoire de vaisselle. »
Cette gêne, je la vois souvent. Nous avons appris à traiter les larmes comme un signe de faiblesse, un dysfonctionnement, quelque chose à réprimer ou à cacher. Pourtant, dans le cadre de la thérapie IFS (Internal Family Systems ou Système Familial Intérieur), pleurer n’est pas un accident. C’est un signal. Et plus important encore, c’est une porte d’entrée vers une guérison que la plupart d’entre nous n’ont jamais osé franchir.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi vos larmes – surtout celles qui semblent venir de nulle part – sont précisément ce dont votre enfant intérieur a besoin pour guérir.
Pourquoi avons-nous si peur de pleurer ?
Quand vous êtes assis en face de moi, et que vous sentez cette boule dans la gorge, cette chaleur au niveau des yeux, qu’est-ce qui se passe dans votre tête ? Si vous êtes comme la plupart des gens, une petite voix s’active immédiatement : « Arrête. Ressaisis-toi. Ce n’est pas grave. Tu vas te ridiculiser. »
Cette voix, en IFS, on l’appelle un « manager ». C’est une partie de vous qui a été programmée très tôt pour vous protéger. Peut-être que quand vous étiez enfant, pleurer déclenchait une réaction chez vos parents : irritation, indifférence, ou pire, punition. Alors votre système a appris que les larmes étaient dangereuses. Il a créé un manager dont le seul job est de les verrouiller.
Je vois des patients qui ont passé des décennies à verrouiller cette porte. Des hommes surtout, mais aussi des femmes, qui ont intégré l’idée que pleurer, c’est perdre le contrôle. Le problème, c’est que ce verrouillage a un coût. Quand vous empêchez les larmes de sortir, vous empêchez aussi l’émotion de circuler. Elle stagne. Elle s’incarne dans le corps : tensions cervicales, migraines, dos bloqué, digestion difficile. Elle s’infiltre dans les relations : irritabilité, distance, explosions soudaines pour des broutilles.
Un patient coureur de fond me disait un jour : « Je ne pleure jamais, même quand je suis blessé. Je serre les dents et j’avance. » Il était très fier de cette capacité. Mais il venait me voir parce qu’il n’arrivait plus à ressentir de joie en courant. Son système émotionnel était verrouillé des deux côtés : il ne pleurait pas, mais il ne vibrait plus non plus. La vie était devenue grise.
Pleurer en thérapie, ce n’est pas un effondrement. C’est un système de protection qui accepte enfin de lâcher prise, parce qu’il se sent en sécurité. Votre enfant intérieur n’attend que ça.
L’enfant intérieur : cette partie que vous avez abandonnée
L’une des découvertes les plus puissantes de l’IFS, c’est que nous ne sommes pas un seul bloc homogène. Nous sommes constitués de nombreuses « parties », comme une famille intérieure. Il y a le manager qui organise et contrôle. Il y a le pompier qui éteint les urgences émotionnelles avec de la nourriture, de l’alcool, ou des heures de scroll sur Instagram. Et il y a l’exilé.
L’exilé, c’est souvent l’enfant intérieur. Ce n’est pas une métaphore poétique : c’est littéralement la partie de vous qui a vécu une blessure à un moment où vous étiez trop petit pour la comprendre ou la digérer. Peut-être qu’on vous a crié dessus, qu’on vous a ignoré, qu’on vous a comparé à votre frère, qu’on a ri de vous dans la cour d’école. Ces moments, vous les avez « oubliés », mais votre système ne les a pas oubliés. Il a simplement exilé la partie blessée dans une pièce sombre de votre psyché.
Pourquoi exilée ? Parce que cette partie est trop douloureuse. Elle porte des émotions brutes : honte, peur, solitude, sentiment d’être nul. Si elle prenait le contrôle, vous seriez submergé. Alors les managers font tout pour qu’elle reste cachée. Jusqu’au jour où un déclencheur – une remarque de votre conjoint, un regard, un échec professionnel – fait sauter la serrure. Et soudain, vous avez 7 ans, et vous pleurez dans votre voiture sans comprendre pourquoi.
Je me souviens d’une femme qui venait pour des attaques de panique récurrentes. En explorant, nous avons trouvé une scène : elle avait 6 ans, son père était parti sans lui dire au revoir, et elle l’avait attendu à la fenêtre pendant des heures. Personne n’avait validé sa peine. On lui avait dit d’arrêter de faire la tête. Cette petite fille était restée seule, exilée, pendant trente-cinq ans. Ses attaques de panique étaient les cris de cette enfant qui n’avait jamais pu pleurer.
Quand cette patiente a enfin pu pleurer pour cette petite fille, en séance, ce n’était pas une régression. C’était une libération. Les larmes n’étaient pas un symptôme à éliminer. Elles étaient la guérison en train de s’opérer.
Le mécanisme des larmes : ce qui se passe vraiment dans votre cerveau
Vous avez peut-être entendu parler des « larmes réflexes » (pour lubrifier l’œil) et des « larmes émotionnelles ». Ces dernières ont une composition chimique unique : elles contiennent des hormones de stress comme le cortisol, mais aussi des endorphines et de la prolactine. Quand vous pleurez de tristesse ou de soulagement, votre corps évacue littéralement des molécules de stress.
Mais ce n’est pas le plus intéressant. En IFS, on considère que pleurer est un signe qu’une partie exilée est en train de se faire entendre, et que le Self – votre essence profonde, calme, curieuse, confiante – est suffisamment présent pour l’accueillir. Le Self ne panique pas quand les larmes arrivent. Il les accueille comme on accueille un enfant qui revient à la maison après s’être perdu.
Quand vous pleurez en thérapie, plusieurs choses se produisent simultanément :
Le système nerveux se régule : Pleurer active le système parasympathique. C’est le frein de votre voiture émotionnelle. Après une bonne crise de larmes, beaucoup de patients décrivent une sensation de calme profond, comme après une vague qui se retire.
L’émotion se complète : Une émotion bloquée reste en suspens. Pleurer, c’est permettre à cette émotion d’arriver à son terme naturel. C’est comme un fichier qui termine enfin son téléchargement.
La partie exilée se sent vue : Le plus grand besoin d’un enfant blessé, c’est d’être vu et entendu. Quand vous pleurez pour lui, avec lui, vous lui dites : « Je te vois. Tu n’es plus seul. » C’est cela, la guérison en IFS. Ce n’est pas de « comprendre » pourquoi vous avez mal. C’est de faire l’expérience d’être accompagné dans cette douleur.
« La guérison ne vient pas du fait d’arrêter de pleurer, mais du fait de pleurer dans un espace où quelqu’un vous tient la main. »
Pourquoi les larmes en IFS ne sont pas une régression
Une crainte que j’entends souvent : « Si je commence à pleurer, je vais m’effondrer et ne jamais m’arrêter. » C’est compréhensible. Beaucoup de gens ont peur d’ouvrir une vanne qu’ils ne pourront pas refermer.
Mais en IFS, on ne laisse pas la partie exilée prendre le contrôle. On ne vous laisse pas vous noyer. Le travail consiste à rester en contact avec votre Self – cette partie de vous qui est calme et capable – tout en permettant à l’enfant intérieur d’exprimer ce qu’il a retenu pendant des décennies.
Concrètement, voici comment ça se passe dans mon cabinet : Je vous invite à vous tourner vers cette émotion, à lui donner une forme, un âge, une localisation dans le corps. « Où est-ce que tu sens cette tristesse ? Dans la poitrine ? Dans la gorge ? Quelle taille a-t-elle ? Si elle pouvait parler, que dirait-elle ? »
Parfois, la partie ne veut pas pleurer tout de suite. Elle a trop peur. Alors on la rassure. On lui dit qu’on va y aller doucement, qu’on peut s’arrêter à tout moment, que je suis là. C’est une alliance. On ne force jamais une porte qui n’est pas prête à s’ouvrir.
Quand les larmes viennent, je ne dis pas « C’est bon, laisse-toi aller » comme si on se jetait dans le vide. Je dis plutôt : « Reste avec moi. Tu peux pleurer, je suis là. Est-ce que tu peux continuer à respirer ? Est-ce que tu peux rester connecté à cette sensation sans la juger ? »
Et après quelques minutes, presque toujours, les larmes s’apaisent. La partie se sent soulagée. Et le patient dit des choses comme : « Je ne me suis jamais senti aussi léger. »
Ce n’est pas une régression. C’est une intégration. Vous n’êtes pas devenu un enfant. Vous avez permis à une partie de vous, qui était restée figée dans le temps, de reprendre sa place dans votre vie d’adulte.
Les signes que votre enfant intérieur a besoin de pleurer
Comment savoir si c’est votre cas ? Vous n’allez pas forcément arriver en séance en disant « J’ai besoin de pleurer ». Mais certains signes reviennent souvent :
Vous êtes hypersensible à certaines critiques : Un simple commentaire vous traverse comme une flèche. Vous réagissez de façon disproportionnée. Ce n’est pas l’adulte qui réagit, c’est l’enfant qui se rappelle une humiliation ancienne.
Vous vous sentez engourdi : Vous ne pleurez jamais, mais vous ne ressentez plus grand-chose non plus. La vie est plate, sans couleur. Votre système a tellement verrouillé les émotions « négatives » qu’il a verrouillé toutes les émotions.
Vous avez des réactions physiques sans raison apparente : Oppression thoracique, boule dans la gorge, nausées, surtout dans des situations qui touchent à l’abandon ou au rejet. Votre corps pleure à votre place.
Vous êtes très dur avec vous-même : Le manager est hyperactif. Vous vous parlez comme on parle à un enfant qu’on voudrait faire taire : « Arrête de pleurnicher », « Tu exagères », « Les autres ont de vrais problèmes ». Cette voix intérieure est souvent l’internalisation d’un parent qui n’a pas su accueillir vos larmes.
Vous pleurez facilement pour les autres, mais jamais pour vous : Vous êtes ému par un film, par une histoire triste, mais vos propres peines restent sèches. C’est un signe que votre compassion est active, mais qu’elle ne peut pas encore se tourner vers votre propre enfant intérieur.
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, il y a de fortes chances qu’une partie exilée de vous attende depuis longtemps la permission de pleurer.
Comment pleurer peut libérer votre enfant intérieur (sans thérapie tout de suite)
Je ne vais pas vous dire de vous forcer à pleurer devant votre miroir. Ce n’est pas comme ça que ça marche. Les larmes ne se commandent pas. Mais vous pouvez créer les conditions pour que votre système se sente suffisamment en sécurité pour les laisser venir.
Voici ce que vous pouvez essayer chez vous, en douceur :
1. Créez un espace sûr : Asseyez-vous dans un endroit où vous ne serez pas dérangé. Mettez une musique douce, ou au contraire le silence. Posez une main sur votre cœur ou sur votre ventre. Dites à voix haute ou dans votre tête : « Je suis ici. Je suis en sécurité. Je peux ressentir ce qui est là sans que ça soit dangereux. »
2. Posez la question à votre enfant intérieur : Imaginez-vous plus jeune, à un âge où vous avez souffert. Ne cherchez pas à « trouver » le bon souvenir. Laissez une image venir, même floue. Demandez-lui : « Qu’est-ce que tu ressens en ce moment ? Qu’est-ce que tu aimerais que je sache ? » N’attendez pas une réponse verbale. Attendez une sensation, une image, une émotion.
3. Accueillez sans forcer : Si une tristesse monte, ne la repoussez pas. Ne la forcez pas non plus. Dites simplement : « Je te sens. Tu es la bienvenue. » Si les larmes viennent, laissez-les couler sans les juger. Si elles ne viennent pas, ce n’est pas grave. Le simple fait de vous être tourné vers cette partie est déjà un geste immense.
4. Notez ce qui s’est passé : Après ce moment, prenez un carnet. Notez ce que vous avez ressenti, sans analyser, sans interpréter. Juste les faits intérieurs. « J’ai senti une boule dans la gorge. Une image de moi à 8 ans est venue. J’ai eu envie de pleurer mais ça ne sortait pas. » Ce journal est une preuve que vous prenez soin de vous.
Ce que la thérapie IFS peut ajouter
Faire ce travail seul peut déjà être puissant. Mais il y a des limites. Votre système de protection (le manager) est très fort. Il peut vous faire croire que vous allez bien, que ce n’était « rien », que vous avez imaginé. Il peut saboter vos tentatives de connexion avec l’enfant intérieur, parce qu’il a peur de ce qui va arriver.
En thérapie IFS, vous avez un guide. Quelqu’un qui ne panique pas quand vous pleurez. Quelqu’un qui sait reconnaître quand une partie prend le contrôle, et qui peut vous aider à revenir au Self. Quelqu’un qui ne vous laissera pas vous perdre dans l’émotion, mais qui vous aidera à la traverser.
Je ne dis pas que vous avez besoin de moi. Je dis que si vous sentez que vous tournez en rond, que vos larmes sont bloquées ou au contraire que vous pleurez sans cesse sans jamais être soulagé, un accompagnement peut faire la différence.
Un patient m’a dit un jour, après une séance où il avait beaucoup pleuré : « Je pensais que pleurer me viderait. En fait, ça m’a rempli. » C’est exactement ça. Les larmes ne sont pas une perte. Elles sont une reconnexion.
Conclusion : une invitation douce
Si cet article résonne en vous, si vous sentez cette petite vibration dans la poitrine, cette envie de pleurer qui monte, ou au contraire cette sécheresse qui vous serre, sachez que c’est normal. Vous n’êtes pas brisé. Vous êtes simplement un être humain qui porte une histoire.
Votre enfant intérieur n’a pas besoin que vous soyez parfait. Il a besoin que vous le voyiez. Que vous l’écoutiez. Que vous pleuriez avec lui, si c’est ce dont il a besoin.
Vous n’êtes pas obligé de faire ce chemin seul. Si vous êtes à Saintes ou dans les environs, si vous sentez que le moment est venu d’explorer ces parts de vous qui attendent depuis longtemps, je serai honoré de vous accompagner. Pas pour vous « réparer », mais pour vous aider à retrouver ce que vous n’avez jamais vraiment perdu : votre capacité à ressentir, à guérir, à être entier.
Un simple clic sur le formulaire de contact, un mail, un appel. Il n’y a aucun engagement, juste une porte ouverte. Parfois, le plus dur n’est pas de pleurer. C’est d’oser demander à quelqu’un de rest
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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