3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
L'explication IFS des répétitions traumatiques et comment en sortir.
Vous êtes peut-être en train de lire cet article parce que vous avez l’impression de revivre toujours la même scène, encore et encore. Peut-être que c’est une dispute avec votre conjoint qui se termine toujours de la même façon, une situation au travail où vous vous sentez impuissant, ou une peur qui vous paralyse alors que vous savez rationnellement qu’elle est infondée. Vous vous êtes probablement dit : « Mais pourquoi est-ce que je fais toujours la même erreur ? » ou « Pourquoi est-ce que ça m’arrive encore ? » Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul, et il existe une explication simple, humaine, qui n’a rien à voir avec une faiblesse de caractère. C’est ce que nous allons voir ensemble aujourd’hui, à travers le prisme de l’IFS (Internal Family Systems) ou Système Familial Intérieur, une approche que j’utilise quotidiennement dans mon cabinet à Saintes.
L’idée de base de l’IFS est que notre esprit est composé de plusieurs « parties » ou sous-personnalités. Chacune d’entre elles a une intention positive, même si ses actions peuvent sembler destructrices. Imaginez un orchestre : il y a le violon qui joue fort, la batterie qui s’emballe, et parfois, le chef d’orchestre est absent. Dans les répétitions traumatiques, c’est comme si un même disque rayé passait en boucle, et une partie de vous essaie désespérément de vous protéger, mais avec des moyens qui datent d’une autre époque. Aujourd’hui, je vais vous emmener dans les coulisses de ce mécanisme, pour comprendre pourquoi il se répète et, surtout, comment en sortir.
Commençons par une histoire. Il y a quelques mois, j’ai reçu dans mon cabinet un homme d’une quarantaine d’années, que j’appellerai Marc. Marc était un cadre compétent, apprécié de ses collègues, mais il vivait une situation paradoxale : à chaque fois qu’il devait prendre la parole en réunion, il sentait une boule dans son ventre, sa voix devenait tremblante, et il finissait par bafouiller. Résultat : il passait pour un incompétent, alors qu’il maîtrisait parfaitement son sujet. En creusant, Marc s’est souvenu d’un épisode à l’école primaire, où un professeur l’avait humilié devant toute la classe pour une réponse qu’il avait donnée. À ce moment-là, une partie de lui avait pris une décision : « Pour être en sécurité, il ne faut plus jamais se faire remarquer. »
Cette partie, dans l’IFS, on l’appelle un « pompier ». Son rôle est d’éteindre le feu de la détresse à tout prix. Mais attention : elle le fait avec les outils du passé. Pour Marc, le pompier activait la peur et le bafouillage en réunion pour le protéger de l’humiliation publique. Le problème, c’est que cette protection date d’une époque où Marc était un enfant sans défense. Aujourd’hui, adulte, compétent, cette stratégie n’est plus adaptée. Pourtant, la partie continue à appliquer la même recette, comme un vieux logiciel qui tournerait en boucle sur un ordinateur moderne. Elle ne sait pas que le danger a disparu. Elle ne sait pas que vous avez grandi.
Ce mécanisme de répétition traumatique est fascinant et déroutant. Il repose sur une croyance profonde : « Si je revis cette situation, je vais enfin pouvoir la maîtriser. » C’est un peu comme si votre esprit essayait de réécrire l’histoire, de trouver une fin heureuse à un scénario douloureux. Mais en réalité, vous ne faites que rejouer le même film, avec les mêmes acteurs, et la même fin. Vous espérez inconsciemment que cette fois, ce sera différent, mais la partie qui dirige la scène n’a pas accès à vos ressources actuelles. Elle est figée dans le temps, coincée dans l’instant où la blessure s’est produite.
Le piège des répétitions traumatiques, c’est qu’elles nous font croire que nous sommes encore l’enfant vulnérable d’autrefois, alors que nous avons déjà les clés pour nous libérer.
Prenons un autre exemple. Une femme que j’ai accompagnée, appelons-la Sophie, se retrouvait toujours dans des relations amoureuses où son partenaire finissait par la rabaisser ou l’ignorer. À chaque rupture, elle se promettait : « Plus jamais ça. » Et pourtant, elle tombait amoureuse du même type d’homme, distant et critique. En explorant son histoire, elle s’est souvenue de son père, qui était affectueux par moments, mais souvent imprévisible et dur. Une partie d’elle avait décidé que l’amour était conditionnel, qu’il fallait « mériter » l’attention. Alors, dans ses relations, elle cherchait à prouver sa valeur, mais attirait des partenaires qui confirmaient sa croyance : « Je ne suis pas assez bien. » La répétition n’était pas une malédiction, c’était la tentative désespérée d’une partie de guérir une ancienne blessure en la rejouant.
Maintenant, il faut descendre d’un cran. Sous les pompiers, il y a ce qu’on appelle les « exilés » dans l’IFS. Ce sont des parties qui portent les émotions brutes de la blessure originelle : la honte, la peur, la tristesse, la solitude. Elles sont exilées parce qu’elles sont trop douloureuses à ressentir. Alors, on les enferme dans une pièce sombre de notre psyché, et on jette la clé. Mais ces exilés ne restent pas silencieux. Ils envoient des signaux de détresse, comme un enfant qui pleure dans une cave. Les pompiers, eux, sont les gardiens qui frappent à la porte en criant « Chut ! Ne fais pas de bruit ! » pour que personne n’entende la souffrance.
Prenons l’exemple de Marc. L’exilé, c’est la partie de lui qui a ressenti une honte brûlante quand le professeur l’a humilié. C’est une sensation de petitesse, d’impuissance, de « je ne vaux rien ». Le pompier, lui, active la peur et le bafouillage pour éviter que Marc ne se retrouve à nouveau exposé. Mais voici le paradoxe : plus le pompier essaie de contrôler, plus il attire l’attention sur l’exilé. La répétition traumatique est en fait un dialogue muet entre ces deux parties. L’exilé veut être vu, entendu, guéri. Le pompier veut le faire taire. Et vous, vous êtes pris au milieu, à revivre la même scène sans comprendre pourquoi.
Ce mécanisme est particulièrement visible dans les relations. Vous avez peut-être remarqué que vous réagissez de manière disproportionnée à une remarque anodine de votre conjoint. Une simple phrase comme « Tu as encore oublié le pain » peut déclencher une colère ou une tristesse immense. Ce n’est pas la phrase en elle-même qui est blessante, c’est l’exilé qu’elle réveille. Peut-être que cette phrase fait écho à une voix parentale qui vous disait « Tu n’es pas fiable » ou « Tu es un poids ». Le pompier, lui, peut réagir en vous poussant à vous défendre agressivement, ou au contraire à vous effacer complètement. Dans les deux cas, vous reproduisez un schéma qui vient de loin.
Alors, comment fait-on pour arrêter ce disque rayé ? L’IFS propose une voie étonnamment douce. Le but n’est pas de combattre les parties qui répètent le scénario, mais de les comprendre et de les libérer de leur rôle. Imaginez que vous soyez le chef d’orchestre. Actuellement, une partie joue la même partition en boucle, et vous ne pouvez pas l’arrêter en criant dessus. Vous devez d’abord l’écouter, reconnaître son intention positive, puis lui montrer qu’aujourd’hui, vous avez d’autres ressources.
La première étape est ce qu’on appelle la « séparation » ou le « déblending ». C’est le moment où vous prenez du recul par rapport à la partie qui vous submerge. Par exemple, si vous sentez la panique monter avant une réunion, au lieu de vous identifier à cette panique, vous pouvez vous dire : « Je remarque qu’une partie de moi est paniquée. » Ce simple changement de langage crée un espace. Vous n’êtes plus la panique, vous êtes celui ou celle qui l’observe. Dans l’IFS, on appelle cet état le « Self ». Le Self est votre essence, votre centre calme, confiant, curieux. Il est toujours là, même si les parties le recouvrent parfois.
Ensuite, on va dialoguer avec la partie pompier. On va lui demander : « Qu’est-ce que tu essaies de faire pour moi ? » La réponse est souvent surprenante. La partie panique de Marc, par exemple, lui a répondu : « Je veux t’empêcher de ressentir la honte. » C’est une intention profondément bienveillante. Une fois que la partie se sent entendue, elle peut se détendre un peu. Puis, on va doucement se tourner vers l’exilé. On va entrer en contact avec la honte ou la tristesse qui est enfermée. Mais attention, on ne le fait pas seul. On le fait avec la présence du Self, qui peut accueillir cette émotion sans être submergé.
Quand une partie se sent vraiment écoutée, elle n’a plus besoin de crier. Elle peut enfin déposer son fardeau.
J’ai vu des personnes fondre en larmes en connectant avec un exilé, non pas de douleur, mais de soulagement. Comme si une partie d’elles disait enfin : « Enfin, quelqu’un me voit. » C’est là que la guérison commence. L’exilé peut raconter son histoire, et le Self peut lui apporter ce qui lui a manqué à l’époque : la reconnaissance, la sécurité, la compassion. Petit à petit, la charge émotionnelle de la mémoire s’allège. Le scénario n’a plus le même pouvoir.
Un point crucial dans l’IFS est de ne pas diaboliser les pompiers. Ce sont eux qui vous ont protégé pendant des années. Sans eux, vous auriez peut-être été submergé par la souffrance. Alors, au lieu de les combattre, on les remercie. On leur dit : « Merci d’avoir fait ce que tu as fait. Tu as sauvé la mise à un moment où j’étais vulnérable. Mais aujourd’hui, je suis plus fort, et je peux prendre le relais. »
Prenons un exemple concret. Un sportif que j’accompagne en préparation mentale, un footballeur, avait une partie qui le poussait à se dévaloriser après chaque erreur. Il se disait : « Je suis nul, je ne mérite pas d’être sur le terrain. » Cette partie pompier utilisait l’autocritique pour le motiver à faire mieux. Mais en réalité, elle le paralysait. En IFS, nous avons découvert que cette partie avait été créée à l’adolescence, après une défaite humiliante. Elle était convaincue que si elle le critiquait durement, il ne reproduirait pas la même erreur. Le problème, c’est que la critique tuait sa confiance. En dialoguant avec elle, nous avons pu la rassurer : « Je suis capable d’apprendre de mes erreurs sans me détruire. Tu peux te reposer. » Aujourd’hui, ce footballeur utilise une auto-évaluation constructive, et son jeu s’est libéré.
Les pompiers peuvent prendre des formes variées : l’évitement, la colère, la procrastination, l’hypercontrôle, l’addiction. Chacune de ces stratégies a une intention positive : vous protéger d’une douleur que vous avez déjà vécue. Mais comme elles sont aveugles, elles vous enferment dans la répétition. En IFS, on ne cherche pas à les éliminer, mais à les transformer en alliés. On leur donne un nouveau rôle, plus adapté à votre vie d’adulte.
Je veux être honnête avec vous. L’IFS n’est pas une baguette magique. Ce n’est pas une technique qui efface les souvenirs ou qui vous rend invulnérable. Les répétitions traumatiques ne disparaissent pas du jour au lendemain. Parfois, vous aurez l’impression de revenir en arrière, de retomber dans le même piège. C’est normal. Le chemin de la guérison est sinueux, pas linéaire.
Ce que l’IFS fait, c’est vous redonner le choix. Là où avant vous étiez automatiquement projeté dans un scénario, vous pouvez maintenant faire une pause. Vous pouvez reconnaître : « Ah, c’est encore cette partie qui s’active. » Et vous pouvez choisir une réponse différente. Parfois, vous réussirez. Parfois, non. Mais à chaque fois, vous apprendrez à mieux connaître vos parties. Et progressivement, la boucle s’affaiblit.
J’ai eu une cliente, Anne, qui vivait une répétition relationnelle avec sa mère. Chaque appel téléphonique se terminait par une dispute, et Anne se sentait vidée. En IFS, elle a découvert une partie d’elle qui attendait encore l’approbation de sa mère, comme quand elle était enfant. Cette partie pompier la poussait à se justifier, à s’expliquer, à espérer que cette fois, sa mère comprendrait. Mais ça n’arrivait jamais. Anne a appris à reconnaître cette partie, à la remercier pour sa persévérance, puis à lui dire : « Je n’ai plus besoin de son approbation pour être en paix. » Aujourd’hui, elle peut parler à sa mère sans s’effondrer. Parfois, une vieille dispute resurgit, mais elle le voit venir et peut dire : « Je choisis de ne pas entrer dans ce jeu. »
Vous n’avez pas besoin d’être en thérapie pour commencer à observer vos répétitions. Voici quelques pistes que vous pouvez explorer dès maintenant, chez vous. La première est de devenir un détective de vos propres schémas. Prenez un carnet et notez les situations qui reviennent : un conflit avec votre partenaire, une peur au travail, une tristesse qui vous submerge sans raison apparente. Demandez-vous : « Quand est-ce que j’ai ressenti cette émotion pour la première fois ? » Souvent, une mémoire d’enfance remonte.
Ensuite, essayez de dialoguer avec la partie qui s’active. Vous pouvez le faire en écrivant, en méditant, ou simplement en vous posant dans un endroit calme. Posez-lui des questions avec curiosité : « Qu’est-ce que tu essaies de faire pour moi ? De quoi as-tu peur ? Que se passerait-il si tu ne faisais pas ton travail ? » Ne jugez pas les réponses. Laissez venir les images, les sensations, les mots. Vous pourriez être surpris par la sagesse de vos parties.
Enfin, pratiquez l’auto-compassion. Quand vous vous surprenez à reproduire un schéma, ne vous critiquez pas. Dites-vous : « Une partie de moi est en train de faire de son mieux pour me protéger. » C’est un changement de posture radical. Au lieu de vous sentir impuissant ou coupable, vous devenez le témoin bienveillant de votre propre psyché. Et c’est de cet espace que la transformation peut émerger.
La guérison ne consiste pas à se débarrasser de ses parties, mais à leur offrir une place à la table, sans les laisser diriger le repas.
Si vous sentez que vos répétitions sont trop lourdes ou trop ancrées, sachez qu’il est possible de se faire accompagner. L’IFS est une approche qui se pratique avec un thérapeute formé, et elle peut être profondément libératrice. Dans mon cabinet à Saintes, je vois régulièrement des personnes qui arrivent avec le même scénario depuis des années, et qui repartent avec une nouvelle liberté. Pas une liberté parfaite, mais une liberté réelle. Celle de pouvoir dire : « Je ne suis pas obligé de revivre ça encore. »
Alors, si vous lisez ces lignes et que vous reconnaissez vos propres boucles, je vous invite à faire un premier pas. Peut-être est
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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