3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
L'IFS dévoile l'attraction répétitive due à vos parts blessées.
Vous avez déjà eu cette impression désagréable de revivre le même scénario amoureux, comme si une main invisible vous poussait vers les mêmes personnes, les mêmes situations, les mêmes déceptions ? Peut-être que vous reconnaissez ce schéma : vous rencontrez quelqu’un, tout semble magique au début, puis progressivement, les mêmes tensions apparaissent, les mêmes frustrations, les mêmes blessures. Et vous vous demandez : « Pourquoi est-ce que j’attire toujours ce type de partenaire ? » Cette question, je l’entends souvent dans mon cabinet à Saintes. Des hommes et des femmes, intelligents, sensibles, qui ont déjà beaucoup travaillé sur eux, mais qui butent sur cette répétition amoureuse. Aujourd’hui, je vais vous proposer un éclairage différent, issu de l’IFS (Internal Family Systems), ou Système Familial Intérieur. Cette approche, que j’utilise quotidiennement avec mes patients, considère que notre esprit est composé de plusieurs « parts » ou sous-personnalités. Et ces parts, souvent blessées, sont les véritables architectes de nos choix amoureux. Nous allons voir ensemble comment elles fonctionnent, pourquoi elles vous attirent vers des partenaires toxiques, et surtout, comment sortir de ce cercle.
Imaginez que vous êtes dans une soirée. Vous discutez tranquillement, et soudain, une personne attire votre attention. Vous ne savez pas pourquoi, mais elle vous intrigue, vous attire, presque magnétiquement. Vous sentez une connexion immédiate, une familiarité troublante. Quelques semaines plus tard, vous réalisez que cette personne est distante, imprévisible, ou au contraire, trop envahissante. Et vous repensez à cette première impression : comment ai-je pu être attiré(e) par quelqu’un qui me fait tant souffrir aujourd’hui ?
La réponse se trouve dans votre système interne. En IFS, nous appelons cela le « piège de l’attirance ». Ce n’est pas vous, adulte conscient, qui choisissez ce partenaire. C’est une part blessée de vous, souvent très jeune, qui est activée. Cette part a mémorisé un certain type de relation dans votre enfance – peut-être avec un parent imprévisible, exigeant, ou au contraire trop fusionnel. Et elle cherche à reproduire ce schéma, non pas pour vous faire souffrir, mais parce que c’est sa seule façon de se sentir en sécurité ou de tenter de guérir une vieille blessure.
Prenons un exemple. Sophie, une patiente de 34 ans, me racontait qu’elle tombait toujours amoureuse d’hommes « mystérieux », qui la faisaient attendre, qui disparaissaient puis revenaient. Elle se disait : « Je suis attirée par les challenges. » En réalité, une part d’elle, que nous avons appelée « la chercheuse de reconnaissance », avait été formée dans une famille où l’amour était conditionnel. Pour obtenir l’attention de son père, elle devait « mériter » son amour, faire ses preuves. Cette part, aujourd’hui, choisissait des partenaires qui reproduisaient ce manque, pour tenter de gagner enfin cette reconnaissance qui lui avait manqué.
Le problème, c’est que cette part ne voit pas la réalité. Elle ne perçoit pas que le partenaire est toxique. Elle voit juste une opportunité de réparer le passé. Et elle vous pousse à vous engager, à vous investir, à espérer. Pendant ce temps, une autre part, plus rationnelle, peut observer la situation et vous dire : « Mais pourquoi tu restes ? Tu sais que ça va mal finir. » Et vous vous retrouvez déchiré(e) entre ces deux voix intérieures.
« Ce n’est pas vous qui choisissez le partenaire toxique. C’est une part blessée de vous, souvent très jeune, qui cherche à reproduire un schéma familier pour tenter de guérir une vieille blessure. »
Pour sortir de ce piège, il faut d’abord comprendre que cette attirance n’est pas une fatalité. Ce n’est pas un « mauvais karma » ou une malédiction. C’est simplement le résultat d’un système interne qui essaie de faire son travail, mais avec des moyens inadaptés. Et la bonne nouvelle, c’est que vous pouvez apprendre à reconnaître cette part, à la comprendre, et à reprendre le contrôle.
L’IFS distingue plusieurs types de parts. Pour comprendre pourquoi vous attirez toujours le même type de partenaire, il faut en connaître deux catégories : les exilés et les gardiens.
Les exilés sont des parts blessées, souvent très jeunes, qui portent des émotions douloureuses : honte, peur, tristesse, solitude. Elles ont été « exilées » parce que ces émotions étaient trop difficiles à supporter pour le système. Par exemple, un enfant qui a été rejeté par un parent peut créer une part exilée qui porte la honte de ne pas être aimable. Cette part est cachée, souvent dans l’inconscient, car elle est trop douloureuse à ressentir.
Les gardiens, eux, sont des parts protectrices. Leur rôle est d’empêcher que les exilés ne soient exposés ou submergés. Il existe deux grands types de gardiens : les managers et les pompiers.
Les managers sont des parts qui anticipent, contrôlent, planifient. Elles essaient de gérer la vie pour éviter que les exilés ne soient activés. Par exemple, une part manager peut vous pousser à être parfait(e) dans votre relation, à toujours anticiper les besoins de l’autre, pour éviter le rejet (qui activerait l’exilé).
Les pompiers sont plus réactifs. Quand un exilé est activé malgré tout, les pompiers agissent en urgence pour éteindre l’incendie émotionnel. Cela peut passer par la colère, la fuite, la surconsommation, ou encore la séduction compulsive.
Maintenant, imaginez le scénario amoureux. Vous rencontrez quelqu’un. Très vite, une part manager peut entrer en jeu : « Il faut que je sois intéressant(e), que je montre que je vaux le coup. » Ou au contraire : « Il faut que je reste distant(e) pour ne pas être vulnérable. » Ces managers essaient de vous protéger, mais ils vous enferment souvent dans des rôles rigides.
Puis, si la relation active un exilé – par exemple, si votre partenaire se montre distant, ce qui réveille la part exilée qui porte la peur de l’abandon – alors les pompiers peuvent prendre le relais. Vous pouvez devenir collant(e), envoyer des messages en rafale, ou au contraire, vous fermer complètement et partir sans explication.
Le problème, c’est que ces parts agissent sans que vous en ayez conscience. Elles vous font réagir de manière automatique, et elles attirent des partenaires qui correspondent à ce scénario intérieur. Si vous avez un exilé qui porte la peur d’être abandonné(e), vous allez être attiré(e) par des partenaires qui ont une part distante ou fuyante, parce que ce schéma est familier à votre système. C’est ce qu’on appelle la « fidélité à la blessure ».
Parlons maintenant plus concrètement de ces parts protectrices qui vous poussent vers des partenaires toxiques. J’ai identifié trois profils fréquents dans mon cabinet.
Le premier profil : la part « sauveuse ». C’est une part manager qui vous pousse à prendre soin des autres, à les « réparer ». Vous êtes attiré(e) par des partenaires qui semblent avoir besoin de vous, qui sont en difficulté, instables, ou dépendants. Au début, vous vous sentez utile, voire puissant(e). Mais très vite, vous vous épuisez. Vous donnez, donnez, donnez, sans recevoir en retour. Cette part sauveuse est souvent liée à un exilé qui porte la croyance que vous n’avez de valeur que si vous êtes utile. Dans votre enfance, vous avez peut-être dû prendre soin d’un parent fragile pour obtenir de l’amour ou de la reconnaissance.
Le deuxième profil : la part « chercheuse de reconnaissance ». Celle-ci vous pousse à choisir des partenaires qui vous font « gagner » leur amour. Vous êtes attiré(e) par des personnes distantes, imprévisibles, ou même qui vous rabaissent subtilement. Pourquoi ? Parce que votre part croit que si vous parvenez à obtenir l’amour de cette personne, vous guérirez enfin la blessure d’enfance où vous n’étiez pas assez aimé(e). C’est un piège classique : plus le partenaire est inaccessible, plus vous vous investissez, et plus vous souffrez. Mais votre part interprète cette souffrance comme un signe que « ça compte vraiment », que c’est « l’amour vrai ». En réalité, c’est juste la répétition d’un schéma.
Le troisième profil : la part « contrôleuse ». Celle-ci vous pousse à choisir des partenaires que vous pouvez dominer ou contrôler. Vous êtes attiré(e) par des personnes plus fragiles, plus jeunes, ou en situation de dépendance. Cette part vous protège de la peur d’être vulnérable ou de perdre le contrôle. Mais en faisant cela, vous vous privez d’une relation équilibrée, où vous pourriez être vulnérable en toute sécurité. Et vous attirez des partenaires qui, à un moment, vont se rebeller ou s’effondrer, reproduisant ainsi un cycle de conflit.
Dans tous ces cas, ce n’est pas « vous » qui choisissez. C’est une part qui essaie de vous protéger, mais qui utilise des stratégies héritées du passé. Et tant que vous ne prenez pas conscience de cette part, elle continue à tirer les ficelles.
L’IFS ne cherche pas à éliminer ces parts. Au contraire, il propose d’entrer en relation avec elles, avec curiosité et compassion. L’idée, c’est que chaque part a une intention positive, même si ses méthodes sont contre-productives. Votre part sauveuse, par exemple, essaie de vous donner de la valeur et de l’importance. Votre part chercheuse de reconnaissance essaie de vous offrir l’amour que vous n’avez pas eu. Votre part contrôleuse essaie de vous protéger de la vulnérabilité.
Voici comment vous pouvez commencer à reconnaître ces parts dans votre vie amoureuse.
Étape 1 : Observez vos réactions automatiques. Quand vous êtes en relation, quelles sont vos réactions émotionnelles ou comportementales qui reviennent toujours ? Peut-être que vous devenez anxieux(se) quand votre partenaire ne répond pas tout de suite. Ou que vous vous fermez quand il/elle fait une critique. Ou que vous vous sentez obligé(e) de tout donner, même quand on ne vous le demande pas. Ces réactions sont des signaux que des parts sont activées.
Étape 2 : Identifiez la voix de la part. Essayez de mettre des mots sur ce que cette part vous dit. Par exemple : « Si tu ne fais pas tout pour lui/elle, il/elle va te quitter. » Ou : « Ne montre pas que tu es blessé(e), ça le/la fera fuir. » Ou encore : « Tu dois prouver que tu es assez bien. » Ces phrases sont souvent répétitives et viennent d’une part jeune.
Étape 3 : Dialoguez avec elle. Dans un moment calme, fermez les yeux et portez votre attention sur la partie de vous qui dit ces phrases. Demandez-lui : « Qu’est-ce que tu crains qu’il se passe si tu ne fais pas ça ? » Ou : « Quel âge as-tu ? Que veux-tu pour moi ? » Ne jugez pas la réponse. Écoutez simplement. Souvent, vous découvrirez une part très jeune, qui a peur, qui porte une vieille blessure.
Étape 4 : Différenciez-vous de la part. L’objectif n’est pas de vous identifier à cette part, mais de vous en distinguer. Vous n’êtes pas votre part anxieuse ou votre part sauveuse. Vous êtes le « Self », la partie de vous qui peut observer, comprendre, et apporter de la compassion. Quand vous sentez que vous êtes pris(e) dans une réaction, dites-vous : « C’est une part de moi qui est activée. Ce n’est pas tout moi. »
En pratiquant cela régulièrement, vous allez peu à peu dénouer l’emprise de ces parts sur vos choix amoureux. Vous ne serez plus automatiquement attiré(e) par le même type de partenaire, parce que vous ne serez plus en pilotage automatique.
« En IFS, on ne cherche pas à éliminer les parts, mais à entrer en relation avec elles avec curiosité et compassion. Chaque part a une intention positive, même si ses méthodes sont contre-productives. »
Il est parfois difficile de voir que l’on répète un schéma, surtout quand on est dedans. Voici quelques signes qui devraient éveiller votre attention.
Signe n°1 : Vous ressentez une familiarité étrange. Au début de la relation, vous avez l’impression de « connaître » cette personne depuis toujours. Cette connexion rapide, presque trop forte, est souvent un indice que le schéma est activé. Ce n’est pas de l’amour, c’est de la reconnaissance traumatique : votre système reconnaît un terrain familier.
Signe n°2 : Vous justifiez des comportements que vous ne toléreriez pas chez vos amis. Vous vous surprenez à excuser des paroles blessantes, des absences, des manques de respect. Vous vous dites : « Il/elle traverse une période difficile », ou « C’est de ma faute, j’ai été trop exigeant(e) ». Cette tendance à minimiser est typique des parts protectrices qui veulent maintenir la relation coûte que coûte.
Signe n°3 : Vous vous sentez épuisé(e) dès les premiers mois. Une relation saine ne devrait pas vous vider de votre énergie. Si vous vous sentez constamment sur le qui-vive, à essayer de deviner les besoins de l’autre, à anticiper ses humeurs, c’est que des parts sont en surrégime.
Signe n°4 : Vous répétez les mêmes disputes. Si vous constatez que les conflits tournent toujours autour des mêmes thèmes – l’abandon, le contrôle, la reconnaissance – c’est un signe fort que des parts blessées sont en jeu.
Signe n°5 : Vous avez l’impression de « régresser ». Dans vos relations, vous vous comportez parfois comme un enfant : vous boudez, vous faites des crises, vous suppliez. Ce n’est pas un défaut de caractère, c’est le signe qu’une part jeune a pris le contrôle.
Si vous reconnaissez plusieurs de ces signes, ne paniquez pas. C’est une bonne nouvelle : cela signifie que vous commencez à voir le schéma. Et voir, c’est le premier pas pour en sortir.
Sortir du cycle d’attirance pour les partenaires toxiques ne se fait pas en un jour. C’est un processus, qui demande de la patience et de la bienveillance envers vous-même. Voici des étapes concrètes, que je propose à mes patients, pour commencer à changer la donne.
1. Faites une pause relationnelle. Si vous êtes dans une relation toxique, ou si vous enchaînez les relations sans pause, je vous invite à faire un arrêt temporaire. Pas forcément pour toujours, mais pour quelques mois. Ce temps d’arrêt est crucial pour que vos parts protectrices puissent se calmer et que vous puissiez entendre vos propres besoins, sans l’influence d’un partenaire.
2. Identifiez le scénario qui se répète. Prenez un carnet et écrivez l’histoire de vos relations passées. Quels étaient les points communs entre vos partenaires ? Comment débutaient les relations ? Comment finissaient-elles ? Quelles émotions revenaient ? Ce travail d’écriture permet de prendre du recul et de voir le schéma avec plus de clarté.
3. Dialoguez avec la part qui choisit. Quand vous sentez une attirance pour quelqu’un, surtout si elle est très forte et rapide, faites une pause. Demandez à la part de vous qui est attirée : « Qu’est-ce que tu vois en cette personne ? Qu’est-ce que tu espères obtenir ? Quelle émotion essaies-tu d’éviter ou de provoquer ? » Souvent, vous découvrirez que l’attirance est liée à une promesse de guérison d’une vieille blessure.
4. Apprenez à dire non à vos parts. Une fois que vous avez identifié une part qui vous
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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