3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
La part abandonnique en vous réactive des blessures anciennes en couple.
Je les vois souvent arriver dans mon cabinet avec cette même phrase, presque murmurée : « Je sais qu’il/elle m’aime. Vraiment. Mais j’ai toujours cette peur qu’il/elle parte. » Vous êtes peut-être comme eux. Vous êtes en couple avec quelqu’un de fiable, attentionné, présent. Rien, objectivement, ne justifie cette angoisse. Et pourtant, elle est là, tapie dans l’ombre de vos soirées tranquilles, prête à surgir au moindre silence, au moindre retard de réponse. Vous vous surprenez à vérifier, à demander des assurances, à interpréter un ton de voix comme un signe annonciateur d’abandon. Et vous finissez par vous en vouloir. Pourquoi ne pouvez-vous pas simplement profiter de cet amour ? Pourquoi cette peur persiste-t-elle, même quand tout va bien ?
La réponse, je l’ai découverte en creusant avec des centaines de personnes comme vous, n’est pas dans votre partenaire. Elle est dans une partie de vous que j’appelle la part abandonnique. Ce n’est pas un défaut, ni une faiblesse. C’est un mécanisme de survie qui s’est formé il y a longtemps, souvent dans l’enfance ou lors d’une relation marquante, et qui continue aujourd’hui à tirer la sonnette d’alarme alors que le danger n’existe plus. Le problème, c’est que cette part abandonnique ne fait pas la différence entre un abandon réel et une simple fluctuation émotionnelle normale. Pour elle, un dîner où votre partenaire est fatigué et moins bavard devient la preuve irréfutable qu’il s’apprête à vous quitter. Et c’est là que la souffrance commence.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi cette peur persiste malgré un amour sincère, comment la part abandonnique fonctionne dans votre psychisme, et surtout, comment vous pouvez commencer à l’apaiser sans avoir à changer votre partenaire ni à vous forcer à « faire confiance » comme on vous l’a peut-être déjà conseillé. Je vais être honnête avec vous : ce n’est pas une baguette magique. Mais c’est un chemin que j’emprunte avec mes patients chaque jour à Saintes, et qui donne des résultats concrets.
Commençons par une scène que je connais bien. Un patient, appelons-le Julien, la trentaine, me raconte son week-end. Sa compagne est partie voir sa famille deux jours. Il l’a sentie distante au téléphone le samedi soir. Pas méchante, juste moins enjouée que d’habitude. Julien a passé la nuit à retourner la situation dans sa tête. « Est-ce qu’elle m’aime encore ? Est-ce qu’elle a rencontré quelqu’un ? Est-ce que je l’ai énervée sans m’en rendre compte ? » Le dimanche, il lui a envoyé trois messages, puis s’est excusé d’être « lourd ». Elle lui a répondu simplement qu’elle était fatiguée, qu’elle avait mal dormi. Rien de plus. Mais Julien, lui, a vécu une tempête intérieure.
Quand je lui demande d’où vient cette réaction, il évoque son enfance. Sa mère, monoparentale, souvent débordée, pouvait passer du rire au silence froid en quelques minutes. Parfois, elle disparaissait plusieurs heures sans explication. Julien a appris très tôt que l’amour des adultes était instable, conditionnel, imprévisible. Il a développé une hypervigilance : détecter le moindre signe de retrait pour anticiper l’abandon, le contrôler, ou au moins ne pas être pris au dépourvu.
Cette histoire, je l’entends avec des variantes infinies. Parfois c’est un parent malade, parfois un divorce brutal, parfois un deuil non digéré, parfois une première relation amoureuse toxique à l’adolescence. Le point commun, c’est que votre cerveau a enregistré une leçon : « L’amour peut disparaître sans prévenir. » Et il a créé un système d’alarme ultra-sensible pour vous protéger. Le problème, c’est que cette alarme ne se désactive pas quand vous êtes en sécurité. Elle reste en veille, prête à hurler au premier craquement.
Ce que vous vivez aujourd’hui n’est donc pas une réaction à votre partenaire actuel. C’est la réactivation d’une ancienne blessure qui a trouvé un terrain familier. Votre partenaire, par sa présence aimante, réveille paradoxalement votre besoin de sécurité. Plus vous tenez à lui, plus la peur de le perdre devient vive. C’est ce que j’appelle le paradoxe de l’attachement : l’amour sécurisant active la peur de l’abandon chez ceux qui ont été abandonnés, parce que votre système nerveux n’a pas intégré qu’on peut être aimé durablement.
« Votre peur de l’abandon n’est pas un signe que votre relation est fragile. C’est le signe que votre système de protection est encore réglé sur une menace qui n’existe plus. »
Cette citation, je la répète souvent à mes patients parce qu’elle dédramatise. Vous n’êtes pas « trop sensible » ou « pas assez confiant ». Vous êtes simplement équipé d’un détecteur de fumée qui perçoit de la vapeur d’eau comme un incendie. Et la première étape pour apaiser cette peur, c’est de comprendre qui est cette part abandonnique en vous.
En thérapie IFS (Internal Family Systems), on considère que notre psychisme est composé de multiples « parts » ou sous-personnalités. Chacune a un rôle, une histoire, une intention positive. La part abandonnique, je la rencontre tous les jours. Elle n’est pas méchante. Elle est terrifiée. Son job, c’est de vous protéger de l’abandon en anticipant le pire. Elle scrute les signaux faibles, interprète les silences, et vous pousse à agir pour sécuriser l’attachement.
Concrètement, comment se manifeste-t-elle ? Plusieurs façons, que vous reconnaîtrez peut-être :
Ces comportements ne sont pas des choix conscients. Ils sont pilotés par cette part abandonnique qui croit sincèrement qu’en faisant cela, elle vous protège. Mais en réalité, elle crée ce qu’elle redoute. La vérification épuise votre partenaire. L’évitement crée de la distance. La demande de réassurance devient une pression. Et vous vous retrouvez dans un cercle vicieux : plus vous essayez de contrôler l’abandon, plus vous risquez de le provoquer, ce qui renforce la peur.
Ce qui est crucial à comprendre, c’est que cette part abandonnique n’est pas toute votre identité. Elle est une partie de vous, souvent une partie jeune, qui s’est formée à un moment où vous étiez impuissant. Aujourd’hui, vous êtes adulte, vous avez des ressources, vous pouvez faire des choix. Mais cette part ne le sait pas. Elle fonctionne encore avec les informations de l’époque. Et c’est pour cela que les conseils du type « arrête de stresser » ou « fais confiance » ne marchent pas. Vous ne pouvez pas raisonner une part qui est dans la survie émotionnelle. Vous devez d’abord l’écouter, la comprendre, l’apaiser.
Je vais être direct avec vous. Si vous avez déjà entendu « tu dois apprendre à faire confiance », « lâche prise », « tu es trop dépendant », « travaille ton estime de toi », et que ça n’a pas fonctionné, ce n’est pas de votre faute. Ces conseils sont souvent bien intentionnés, mais ils passent à côté du mécanisme réel.
« Faire confiance » est une injonction cognitive. Or, la peur de l’abandon n’est pas logique. Elle est viscérale, corporelle. Vous pouvez vous répéter cent fois que votre partenaire est fiable, votre ventre se serrera quand même au bout de trois heures sans nouvelle. La confiance ne se décrète pas, elle se construit dans un sentiment de sécurité interne que votre part abandonnique n’a jamais expérimenté.
« Lâcher prise » est impossible quand votre système nerveux est en mode alerte. C’est comme demander à quelqu’un qui a le pied coincé sous une voiture de se détendre. Il faut d’abord libérer le pied. Pour vous, il faut d’abord adresser la source de la peur, pas la combattre.
« Travailler l’estime de soi » est utile, mais insuffisant. Vous pouvez avoir une bonne estime de vous dans votre travail, vos hobbies, vos amitiés, et pourtant trembler dans votre couple. Parce que la peur de l’abandon n’est pas liée à votre valeur personnelle, mais à votre histoire d’attachement. Vous pouvez savoir que vous valez de l’amour et avoir peur qu’on vous le retire quand même.
Ce que je constate dans mon cabinet, c’est que les approches qui fonctionnent sont celles qui accueillent la part abandonnique au lieu de la combattre. L’IFS, par exemple, ne vous demande pas de faire taire cette part. Elle vous invite à entrer en contact avec elle, à comprendre ce qu’elle ressent, ce dont elle a besoin. Et c’est là que la transformation commence.
Un jour, une patiente m’a dit : « J’ai passé des années à essayer de ne plus avoir peur. Maintenant j’apprends à avoir peur, mais à être douce avec cette peur. » C’est tout le changement de paradigme. Au lieu de lutter contre la part abandonnique, vous devenez son allié. Vous lui montrez que vous êtes là, adulte, capable de gérer les situations. Et progressivement, elle lâche son rôle de vigie épuisée.
Voici le cœur de ce que j’enseigne à mes patients à Saintes. Apaiser la part abandonnique ne demande pas de révolutionner votre relation. Cela demande un travail intérieur, que vous pouvez commencer seul, et qui va progressivement changer votre vécu. Je vais vous donner une méthode simple, inspirée de l’IFS, que vous pouvez essayer dès aujourd’hui.
Étape 1 : Identifiez la part abandonnique quand elle se manifeste.
La prochaine fois que vous sentez monter cette angoisse – ce nœud à l’estomac, cette accélération du cœur, cette envie de vérifier – arrêtez-vous une seconde. Dites-vous intérieurement : « Ah, voilà ma part abandonnique qui s’active. » Pas de jugement. Pas de « je suis nul de réagir comme ça ». Juste une reconnaissance. Vous nommez la part, vous la distinguez de vous. Vous êtes celui/celle qui observe, pas la peur elle-même.
Étape 2 : Dialoguez avec elle comme avec un enfant apeuré.
Imaginez cette part comme une petite version de vous, peut-être un enfant de 5, 8 ou 12 ans, selon votre histoire. Demandez-lui doucement : « Qu’est-ce que tu ressens ? Qu’est-ce qui te fait peur ? Qu’est-ce que tu crois qu’il va se passer ? » Écoutez la réponse sans la juger. Souvent, elle dit des choses comme « il va partir », « elle va se lasser de moi », « je vais me retrouver seul ». Validez son ressenti : « Je comprends que tu aies peur. C’est logique avec ce que tu as vécu. » Vous ne dites pas « c’est faux ». Vous dites « c’est compréhensible ».
Étape 3 : Offrez une présence sécurisante.
Maintenant, dites à cette part : « Je suis là maintenant. Je suis adulte. Je peux m’occuper de toi. Tu n’es plus seul(e). » Vous pouvez poser une main sur votre cœur ou votre ventre pour ancrer cette présence. Respirez profondément. Proposez-lui ce dont elle a besoin : de la réassurance, une promesse de ne pas l’abandonner, un peu de distance par rapport à la situation. Parfois, elle a juste besoin d’être entendue.
Étape 4 : Différenciez la peur de la réalité.
Une fois la part apaisée, vous pouvez regarder la situation réelle. « Quels sont les faits objectifs ? Mon partenaire m’a-t-il donné des signes concrets de rejet, ou est-ce mon interprétation ? » Cette étape ne vient qu’après l’apaisement, jamais avant. Si vous essayez de raisonner alors que la part est en pleine activation, vous lui montrez qu’elle n’est pas écoutée, et elle crie plus fort.
« Quand vous accueillez votre peur de l’abandon sans la juger, elle cesse d’être une ennemie et devient une messagère. Elle vous dit : ‘J’ai besoin de sécurité.’ Et vous pouvez enfin lui en donner. »
Ce dialogue, vous pouvez le faire en une minute, dans les toilettes d’un restaurant, ou le soir dans votre lit. Plus vous le pratiquez, plus votre part abandonnique apprend à se tourner vers vous plutôt que vers votre partenaire pour obtenir de la sécurité. Et c’est là que la relation se détend.
Je ne vais pas vous mentir : apaiser la part abandonnique ne signifie pas qu’elle disparaît complètement. Elle peut rester sensible, surtout dans les moments de transition (déménagement, naissance, conflit). Mais elle change de statut. Elle passe d’un pilote automatique qui sabote votre relation à un indicateur précieux.
Parfois, cette peur vous dit quelque chose d’important sur votre couple. Par exemple, si vous sentez une distance réelle, pas seulement interprétée, votre part abandonnique peut être un capteur hypersensible qui perçoit un vrai problème. Dans ce cas, l’apaiser ne signifie pas nier le problème, mais aborder la conversation avec votre partenaire depuis un lieu plus calme, moins réactif.
Un patient m’a raconté qu’après avoir travaillé sur sa part abandonnique, il a pu dire à sa compagne : « J’ai senti une distance ces derniers jours, et ça réveille ma vieille peur. Je ne te demande pas de me rassurer, je voulais juste te partager ce que je ressens. » Elle a répondu : « Je suis stressée par mon travail, je suis moins présente, mais ça n’a rien à voir avec nous. » La conversation a été fluide, sans drame. Avant, il aurait accusé, vérifié, ou se serait renfermé.
Votre peur de l’abandon peut donc devenir un outil de communication authentique dans votre couple, plutôt qu’un poison. Mais cela demande de la pratiquer, de l’apprivoiser, de ne plus en avoir honte.
Je vais vous proposer trois actions concrètes, que vous pouvez mettre en œuvre dès aujourd’hui. Pas de grands bouleversements, juste des petits gestes qui amorcent un mouvement.
1. Tenez un journal de vos parts abandonniques pendant une semaine.
Chaque fois que vous ressentez cette peur ou que vous faites un comportement de vérification, notez-le. Quel déclencheur ? Quelle sensation corporelle ? Quelle pensée automatique ? Quel âge avait la part qui réagissait ? Ce simple relevé vous sort de la fusion avec la peur. Vous devenez observateur, ce qui est déjà un premier pas vers l’
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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