3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Une technique simple pour gérer une crise d'angoisse.
Tu ouvres les yeux en pleine nuit. Ton cœur bat si fort que tu l’entends dans tes oreilles. Ta poitrine est serrée, comme si quelqu’un s’asseyait dessus. Les pensées s’emballent : « Je vais craquer », « Je n’y arriverai jamais », « C’est trop, je ne contrôle plus rien ». Tu as déjà vécu ça. Et à chaque fois, la même impression : être submergé, pris dans une vague qui te dépasse.
Si tu es là, c’est probablement que tu cherches une solution pour ces moments-là. Pas une solution théorique, mais un truc concret, à faire maintenant, seul, sans matériel, sans attendre une séance. Tu veux pouvoir reprendre les commandes en quelques minutes, quand l’angoisse monte.
J’accompagne des personnes comme toi depuis 2014 à Saintes, et dans mon cabinet, la méthode que je vais te partager est celle qui revient le plus souvent comme une bouée de sauvetage. Elle s’appelle le protocole IFS – Internal Family Systems, ou Système Familial Intérieur – et elle permet d’accueillir une émotion forte en quelques minutes. Pas de la supprimer, pas de la fuir, mais de la transformer en un moment de connexion avec toi-même.
Alors, prends une inspiration. Laisse tomber l’idée de « gérer parfaitement ». On va faire simple, direct, et efficace. Voici comment tu peux désamorcer une crise d’angoisse avec IFS en 5 minutes.
Pourquoi une crise d’angoisse n’est pas une attaque, mais un message
La première chose que tu dois comprendre, c’est que cette panique qui te saisit n’est pas un ennemi. Ce n’est pas une faiblesse, un défaut, ou une preuve que tu es brisé. C’est une partie de toi qui fait son boulot, avec les moyens du bord.
En IFS, on considère que ton esprit est composé de plusieurs parties, comme une famille intérieure. Il y a des parties qui organisent, qui planifient, qui protègent, et qui parfois prennent le contrôle quand elles se sentent menacées. La crise d’angoisse, c’est souvent une partie protectrice qui essaie de te sauver d’un danger qu’elle perçoit – même si objectivement, tu es en sécurité dans ton lit, dans ton bureau, ou dans ta voiture.
Cette partie ne parle pas avec des mots. Elle parle avec des sensations : accélération du cœur, souffle court, sueurs, vertige. Elle utilise le langage du corps parce que c’est le plus rapide. Elle veut que tu fasses quelque chose : fuir, figer, ou combattre. C’est le réflexe ancestral, celui qui a permis à nos ancêtres de survivre face à un prédateur.
Mais aujourd’hui, le prédateur, c’est une pensée, un souvenir, une anticipation. La partie ne fait pas la différence. Elle active le même programme. Résultat : tu te retrouves en état d’urgence sans menace réelle, ce qui crée un sentiment d’impuissance et de confusion.
« Quand tu paniques, ce n’est pas toi qui paniques. C’est une partie de toi qui panique. Et cette partie a besoin de toi, pas de ton jugement. »
Cette distinction est fondamentale. Si tu crois que c’est TOI qui es en panique, tu es coincé dans l’émotion. Si tu comprends que c’est UNE PARTIE de toi qui panique, tu peux prendre du recul. Tu deviens le témoin, pas la tempête. C’est la clé du protocole.
Étape 1 : Reconnaître la partie (30 secondes)
Dès que tu sens les premiers signes – cette chaleur qui monte, cette boule dans le ventre, ce souffle qui se bloque – tu arrêtes tout. Tu ne luttes pas. Tu ne te forces pas à respirer calmement (ça viendra après). Tu fais une chose simple : tu reconnais que quelque chose est là.
Tu peux te dire intérieurement : « Ah, te voilà. Je sens que quelque chose se passe. » Ou : « Il y a une partie qui s’active en ce moment. » Pas de jugement, pas de « pourquoi ça m’arrive encore ». Juste une reconnaissance.
Si tu es dans un lieu où tu peux fermer les yeux, fais-le. Sinon, baisse le regard. Dirige ton attention vers la sensation physique la plus forte. Où est-ce que ça se manifeste ? Poitrine ? Gorge ? Ventre ? Mâchoires ? Observe comme tu observerais un nuage qui passe : sans vouloir le chasser, sans vouloir le retenir.
Cette étape dure quelques secondes. Elle brise déjà le cycle de la panique parce que tu passes de « je suis l’émotion » à « j’observe une émotion ». C’est un changement de position intérieure majeur.
Étape 2 : Localiser et décrire (1 minute)
Maintenant, tu vas entrer en contact avec cette partie, non pas en la combattant, mais en la rencontrant. Demande-lui doucement : « Où es-tu dans mon corps ? » Laisse la réponse venir sans forcer.
Peut-être que c’est une pression dans la poitrine, une boule dans la gorge, un poids sur les épaules, un vide dans le ventre. Peu importe. Donne-lui une forme, une taille, une couleur, une texture. Est-ce que c’est lourd ou léger ? Chaud ou froid ? Immobile ou qui bouge ?
Par exemple : « C’est comme une grosse pierre grise et froide dans mon plexus solaire. Elle est immobile, mais elle pèse. » Ou : « C’est une vibration rapide, comme un essaim d’abeilles dans ma poitrine, chaude et agitée. »
Ce n’est pas un exercice d’imagination. C’est une manière de donner une voix à la sensation. Quand tu la décris, tu l’objectives. Tu n’es plus noyé dedans, tu la regardes de l’extérieur. Et ça réduit immédiatement l’intensité.
Si tu as du mal, respire normalement (ne force pas) et repose la question : « Qu’est-ce que je ressens exactement, là, maintenant ? » La réponse viendra souvent sous forme d’image ou de mot.
Étape 3 : Accueillir avec curiosité (1 minute 30)
C’est le cœur du protocole. Tu vas t’adresser à cette partie comme tu t’adresserais à un enfant effrayé. Pas avec autorité, pas avec impatience. Avec curiosité et bienveillance.
Demande-lui : « Qu’est-ce que tu veux que je sache ? » ou « Qu’est-ce que tu essaies de me dire ? » ou « Qu’est-ce qui te fait si peur ? »
Laisse la réponse émerger, sans la censurer. Ça peut être une phrase, une image, un souvenir, une sensation qui change. Souvent, la partie va révéler une peur plus profonde : « J’ai peur que tu ne t’en sortes pas », « Je veux que tu restes en sécurité », « Je ne veux pas que tu revives cette humiliation ».
Ne cherche pas à analyser ou à raisonner. Contente-toi d’écouter. Tu peux répondre : « Je t’entends. Merci de me protéger. » Ou : « Je comprends que tu aies peur. Je suis là avec toi. »
Si tu sens que la partie s’intensifie, c’est normal. Elle teste peut-être ta sincérité. Reste calme. Dis-lui : « Je ne vais pas te chasser. Je reste avec toi. »
« Les parties les plus bruyantes sont celles qui ont été le moins écoutées. Leur intensité baisse quand tu les accueilles vraiment. »
Étape 4 : Lui offrir une place (1 minute)
Maintenant que tu as écouté, tu vas créer un espace pour cette partie. Tu n’as pas besoin de la guérir, de la réparer, ou de la faire disparaître. Tu as juste besoin de lui faire une place.
Tu peux visualiser un espace dans ton corps – une pièce, un nuage, un coussin – où cette partie peut se poser. Dis-lui : « Tu peux rester là, aussi longtemps que tu veux. Je ne te demande pas de partir. » Ou : « Prends la place dont tu as besoin. Je t’accueille. »
C’est contre-intuitif, parce qu’on a tous tendance à vouloir se débarrasser de l’angoisse. Mais plus tu veux la chasser, plus elle s’accroche. En lui offrant une place, tu lui enlèves son rôle de menace. Elle n’a plus besoin de crier pour se faire entendre.
Tu peux même la remercier : « Merci d’avoir pris soin de moi toutes ces années. Maintenant, je peux prendre le relais. »
Étape 5 : Respirer avec la partie (1 minute)
Pour finir, tu vas synchroniser ta respiration avec la partie. Si elle est dans la poitrine, inspire en dirigeant l’air vers cette zone. Si elle est dans le ventre, pose une main dessus et respire doucement.
Tu n’essaies pas de la dissoudre. Tu respires AVEC elle. Comme si tu l’enveloppais d’air, d’espace, de présence. À chaque inspiration, tu accueilles. À chaque expiration, tu relâches la tension autour.
Souvent, à ce stade, la sensation change : elle devient moins dense, moins pressante, ou elle se déplace. Parfois, elle reste, mais avec une qualité différente – plus calme, plus triste, ou simplement présente sans urgence.
Si tu as le temps, reste encore une minute ou deux. Observe ce qui se passe. Peut-être que d’autres parties vont émerger. Peut-être que tu ressentiras une fatigue ou une douceur. Accueille aussi.
Ce que ce protocole fait vraiment
Tu te demandes peut-être : « Est-ce que ça va faire disparaître mon angoisse pour de bon ? » Non. Et je ne te mentirai pas. Ce n’est pas un bouton OFF définitif. L’angoisse reviendra, parce qu’elle revient toujours dans la vie humaine. Mais ce qui change, c’est ton rapport à elle.
Avant, tu étais en réaction : elle arrivait, tu paniquais, tu cherchais à t’enfuir, tu te sentais impuissant. Maintenant, tu as une procédure. Tu sais quoi faire. Tu passes de victime à témoin, puis à hôte accueillant. Ça change tout.
Ce protocole ne remplace pas un travail thérapeutique plus profond. Si tu vis des crises fréquentes, intenses, ou liées à des traumatismes, il est important de consulter un professionnel. L’IFS est une thérapie complète qui explore l’histoire des parties, leurs blessures, et leur libération. Mais ce protocole d’urgence, tu peux l’utiliser n’importe quand, n’importe où.
Un exemple concret pour que tu voies comment ça se passe
Pauline, 34 ans, vient me voir pour des crises d’angoisse qui surviennent surtout le soir, avant de s’endormir. Elle décrit une boule dans la gorge et une accélération cardiaque, avec des pensées du type « Je vais faire une crise cardiaque », « Je ne vais jamais m’endormir ».
Je lui apprends le protocole. Quelques jours plus tard, elle me raconte :
« Hier soir, ça a commencé. J’ai senti la boule. Au lieu de m’énerver, je me suis dit : “Tiens, te revoilà.” J’ai fermé les yeux. J’ai localisé la sensation dans ma gorge : c’était comme une balle de tennis dure, chaude. Je lui ai demandé ce qu’elle voulait. J’ai entendu “J’ai peur de perdre le contrôle”. Je lui ai dit “Je comprends, tu peux rester là, je suis avec toi”. J’ai posé ma main sur ma gorge et j’ai respiré avec elle. Au bout de deux minutes, la balle s’est ramollie, elle est devenue comme une boule de coton. Je me suis endormie cinq minutes après. »
Pauline n’a pas fait disparaître la partie. Elle l’a accueillie, et la partie s’est apaisée d’elle-même. C’est ce qui se passe quand on arrête de lutter.
Les pièges à éviter
Je vais être honnête avec toi : ce protocole, ça s’apprend. Tu risques de tomber dans quelques pièges les premières fois.
Premier piège : vouloir que ça marche vite. Si tu fais les étapes en pensant « allez, vite, que ça parte », tu es encore dans le contrôle. La partie le sent et résiste. L’accueil sincère, c’est lâcher l’objectif de résultat.
Deuxième piège : analyser au lieu d’accueillir. Tu te dis « Pourquoi j’ai cette partie ? C’est à cause de mon enfance ? ». Stop. L’analyse, c’est pour plus tard. Là, tu es en mode premier secours. Tu écoutes, tu ne dissèques pas.
Troisième piège : oublier de respirer. La respiration est l’ancre qui te ramène dans le corps. Sans elle, tu restes dans la tête. À chaque étape, vérifie que tu respires.
Quatrième piège : juger la partie. « C’est nul d’avoir peur », « Je devrais être plus fort ». Ce jugement est une autre partie qui prend le dessus. Accueille-la aussi, mais ne la laisse pas diriger.
Quand utiliser ce protocole dans ta vie quotidienne
Ce n’est pas réservé aux grosses crises. Tu peux l’utiliser pour des émotions plus légères : une irritation au travail, une tristesse soudaine, une inquiétude diffuse. Plus tu pratiques, plus tu deviens agile.
Je conseille de le faire au moins une fois par jour, même sans émotion forte. Tu choisis une sensation corporelle – une tension dans l’épaule, une gêne dans le dos – et tu appliques le protocole. Tu entraînes ton système à accueillir plutôt qu’à réagir.
Ce que tu peux faire maintenant, tout de suite
Avant de continuer ta journée, je t’invite à faire une micro-expérience. Prends 30 secondes. Ferme les yeux ou baisse le regard. Porte ton attention sur une zone de ton corps qui attire ton attention : une tension, une lourdeur, une petite gêne. Ne cherche pas à la changer. Demande-lui simplement : « Qu’est-ce que tu veux que je sache ? » Laisse la réponse venir, même si elle te paraît étrange. Puis dis : « Merci. Je t’écoute. »
C’est tout. Tu viens de poser la première pierre.
Un mot sur mon travail à Saintes
Je pratique l’IFS depuis plusieurs années, et je vois chaque jour le pouvoir de cette approche. Ce protocole que je t’ai donné, c’est un outil d’urgence. Mais si tu sens que tes parties sont lourdes, anciennes, ou qu’elles te limitent dans ta vie, un accompagnement plus régulier peut t’aider à les libérer durablement.
Je reçois des adultes en souffrance, mais aussi des sportifs – coureurs, footballeurs – pour qui la gestion des émotions est cruciale dans la performance. L’IFS s’adapte à tous les domaines.
Si tu es dans la région de Saintes, ou si tu préfères un suivi en visio, tu peux me contacter. On peut échanger sur ce que tu vis, sans pression, sans engagement. Parfois, une simple conversation suffit à éclaircir le chemin.
Conclusion : l’angoisse peut devenir une alliée
Ce protocole IFS en 5 minutes, c’est une porte. Il ne ferme pas l’angoisse, il l’accueille. Et à travers cet accueil, quelque chose de profond se produit : tu découvres que tu n’es pas seul. Tu as des parties qui t’aiment à leur manière, même maladroite. Et tu as en toi une présence – ce que l’IFS appelle le Self – qui peut les contenir, les écouter, les apaiser.
La prochaine fois que l’angoisse frappera, souviens-toi : ce n’est pas une attaque. C’est une partie de toi qui crie pour être entendue. Et toi, tu peux l’entendre. Tu peux lui offrir une place. Tu peux respirer avec elle.
Alors, si tu veux aller plus loin, si tu sens que c’est le moment de t’occuper de ces parties avec douceur et profondeur, je suis là. Prends contact quand tu te sentiras prêt.
Prends soin de toi.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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