3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des outils concrets pour commencer à vous sentir mieux.
Vous avez probablement déjà essayé de "penser positif". On vous a dit qu'il fallait "remplacer les pensées négatives par des pensées positives", et vous avez tenté le coup. Sauf que ça n'a pas marché. Parce que votre cerveau n'est pas dupe. Il sait très bien que vous êtes en train de vous mentir, ou du moins, de vous forcer.
Alors, on fait quoi ? On abandonne ? Non. On change de méthode.
Je reçois régulièrement des personnes qui arrivent avec un bagage : elles ont déjà tenté la TCC (Thérapie Cognitivo-Comportementale), parfois avec un psychologue, parfois en autodidacte via des applis ou des livres. Et souvent, elles me disent la même chose : "Ça m'a aidé un temps, mais au bout d'un moment, je suis retombé(e)." Ce n'est pas un échec. C'est juste que la TCC, comme un bon outil de jardinage, fonctionne pour certaines tâches, mais pas pour toutes.
Dans cet article, je vais vous donner trois exercices concrets de TCC qui ont fait leurs preuves, que vous pouvez tester dès aujourd'hui. Et ensuite, je vous expliquerai pourquoi, pour certains blocages profonds, il faut aller voir ailleurs – par exemple du côté de l'IFS (Internal Family Systems). Parce que parfois, ce n'est pas la pensée qu'il faut changer, c'est la partie de vous qui pense cette pensée.
La TCC a mauvaise presse dans certains cercles. On l'accuse d'être "superficielle", de ne s'attaquer qu'aux symptômes. C'est vrai et faux à la fois.
C'est vrai si on l'utilise comme une baguette magique. "Je vais faire trois exercices et mon anxiété va disparaître." Non. L'anxiété, la dépression, les comportements compulsifs sont souvent des signaux. Ils disent quelque chose. La TCC, bien utilisée, permet de calmer le signal pour pouvoir entendre le message.
C'est faux parce que les exercices de TCC, quand ils sont pratiqués régulièrement, modifient littéralement la structure de votre cerveau. On appelle ça la neuroplasticité. Vous créez de nouveaux chemins neuronaux. Vous apprenez à votre cerveau à ne plus réagir de manière automatique à un stimulus qui, objectivement, n'est pas dangereux.
Je compare souvent ça à un kiné. Si vous vous êtes blessé au genou, le kiné vous donne des exercices. Vous les faites, vous renforcez les muscles, la douleur diminue. Mais si la douleur revient parce que vous avez une vieille blessure émotionnelle non résolue, le kiné ne pourra pas y faire grand-chose. Il vous aura remis en mouvement, ce qui est indispensable, mais il faudra peut-être creuser plus loin.
Alors oui, la TCC est un excellent premier pas. Elle vous donne des outils pour reprendre le contrôle. Elle vous sort de l'impuissance. Mais elle n'est pas toujours la réponse à tout.
Voici trois exercices que j'utilise régulièrement avec les personnes que je reçois, et que vous pouvez tester chez vous.
L'une des grandes forces de la TCC, c'est d'identifier les distorsions cognitives. Ce sont des schémas de pensée automatiques, souvent irrationnels, qui colorent notre réalité. Le plus courant ? La catastrophisation. Vous imaginez le pire scénario possible, et votre corps réagit comme si ce scénario était déjà en train de se produire.
Prenons un exemple concret. Je reçois Paul, 42 ans, commercial. Il doit faire une présentation devant ses collègues demain. Il me dit : "Je vais me planter. Ils vont voir que je ne maîtrise pas mon sujet. Je vais perdre ma crédibilité."
C'est une pensée automatique. Son cerveau a immédiatement sauté sur la menace. Le recadrage contextuel, c'est une technique simple pour remettre cette pensée dans son contexte.
Comment faire ?
Ce n'est pas du "positivisme" à la "tout va bien". C'est une réévaluation objective. Vous passez d'une lecture émotionnelle ("danger") à une lecture factuelle ("défi").
Le piège à éviter : Ne cherchez pas à vous convaincre que vous allez réussir brillamment. Vous n'en savez rien. Le but est juste de sortir de la certitude de l'échec. Vous passez de "100% échec" à "50% de chances que ça se passe bien, 50% que ce soit moyen, et même si c'est moyen, ce n'est pas la fin du monde."
Faites-le une fois par jour sur une pensée qui vous tracasse. Vous verrez, au bout d'une semaine, votre cerveau commencera à le faire automatiquement.
C'est l'exercice le plus simple sur le papier, et le plus difficile à mettre en œuvre. Il est pourtant redoutablement efficace, surtout si vous êtes dans une période de "mou" ou de déprime légère.
Le principe est contre-intuitif. Quand on se sent mal, on a envie de rester au lit, de regarder des séries, de se couper du monde. On attend de "se sentir mieux" pour agir. C'est un piège. L'émotion négative ne part pas toute seule. Elle s'installe, et plus vous restez inactif, plus elle s'installe.
L'activation comportementale, c'est l'inverse. Vous agissez d'abord, et l'émotion suit.
Comment faire ?
Je me souviens de Claire, 35 ans, qui venait de traverser une rupture. Elle passait ses journées au lit, à ressasser. Je lui ai proposé cet exercice. Elle a choisi "marcher jusqu'à la boulangerie". Le premier jour, elle a mis 20 minutes à sortir de son lit. Le deuxième, 15. Le troisième, elle est allée jusqu'au parc, sans même acheter de pain. Elle ne se sentait pas "guérie", mais elle avait repris le contrôle sur son corps. Le mouvement est un antidépresseur naturel puissant. Il libère des endorphines, de la dopamine, de la sérotonine. Mais il faut bouger pour en bénéficier.
Celui-ci est un peu plus avancé. Il permet de descendre dans les couches de votre anxiété. La TCC classique s'arrête souvent à la surface : "J'ai peur de prendre l'avion." La flèche descendante, c'est le marteau-piqueur. Elle va creuser jusqu'à trouver la peur fondamentale.
Comment faire ?
Vous arrivez souvent à une peur fondamentale : la peur du rejet, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur d'être abandonné, la peur de mourir.
L'intérêt de cet exercice, c'est qu'il révèle le vrai problème. Ce n'est pas l'appel au banquier le problème. C'est la peur d'être un imposteur. Et ça, la TCC peut le traiter, mais pas avec un simple recadrage. Il faudra un travail plus long sur les croyances profondes.
Attention : Cet exercice peut être émotionnellement intense. Si vous sentez que vous tombez dans un trou, arrêtez-vous. Prenez une grande respiration. Revenez-y plus tard, ou faites-le avec un professionnel. Il ne s'agit pas de vous traumatiser davantage, mais de comprendre la structure de votre anxiété.
Vous avez fait ces exercices. Sincèrement. Pendant plusieurs semaines. Et vous ressentez un mieux. L'anxiété est moins forte. Vous arrivez à recadrer. Vous sortez plus souvent. Mais il reste quelque chose. Un fond. Une petite voix qui revient, toujours la même, dans les moments de calme. Ou alors, vous avez l'impression de "gérer", mais vous êtes épuisé. Comme si vous passiez votre temps à éteindre des incendies.
C'est là que la TCC montre ses limites. Elle est géniale pour gérer les symptômes, mais elle ne s'attaque pas toujours à la source. Et la source, ce n'est pas toujours une "mauvaise pensée". Parfois, c'est une partie de vous.
Imaginez votre esprit comme une maison. La TCC, c'est le coup de peinture sur les murs, le réagencement des meubles. C'est utile, ça rend la pièce plus agréable. Mais si la plomberie est défectueuse et qu'il y a une fuite dans le mur, la peinture va cloquer. Vous pouvez repeindre cent fois, la fuite reviendra.
L'IFS (Internal Family Systems) s'intéresse à cette fuite. Elle considère que notre psyché est composée de plusieurs "parties" ou "sous-personnalités". Il n'y a pas un "vous" unique, mais une famille intérieure. Et parfois, certaines parties sont en conflit.
Un exemple concret. Vous avez une partie qui veut absolument que vous soyez parfait au travail. Elle vous pousse, vous critique, vous empêche de dormir. C'est une partie "manager" ou "protectrice". Elle a un bon objectif : vous protéger de l'échec et du rejet. Mais sa méthode est épuisante.
En TCC, on va essayer de calmer cette partie en lui disant "ce n'est pas grave si tu n'es pas parfait". Mais la partie ne vous écoute pas. Parce qu'elle a une bonne raison d'être là. Elle a été créée à un moment de votre vie où la perfection était une question de survie (peut-être un parent exigeant, un environnement scolaire compétitif).
L'IFS va dialoguer avec cette partie. Va lui demander : "Qu'est-ce que tu crains si tu arrêtes de pousser ?" Et la partie va répondre : "Si j'arrête, il va se faire virer et se retrouver seul." C'est une peur légitime, pour cette partie. L'IFS ne cherche pas à la faire taire, mais à la rassurer, à lui montrer qu'il y a d'autres ressources en vous, et à libérer la partie blessée qu'elle protège (souvent une partie "exilée" qui porte la honte, la peur de l'abandon).
Il n'y a pas de test diagnostic officiel, mais voici des indicateurs que je vois souvent chez les personnes qui viennent me voir après avoir "fait le tour" de la TCC :
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces points, l'IFS peut être une piste très intéressante. Ce n'est pas une thérapie "mieux" que la TCC. C'est une thérapie différente, qui travaille à un autre niveau. Beaucoup de personnes combinent les deux : la TCC pour gérer le quotidien, et l'IFS pour aller creuser la source.
En préparateur mental, je vois souvent des sportifs qui sont en "mode TCC" : ils visualisent, ils recadrent, ils se fixent des objectifs. Mais quand ils arrivent à un certain niveau, ils bloquent. Ils ont une partie d'eux qui "sabote" leur performance. L'IFS permet de dialoguer avec ce saboteur, de comprendre ce qu'il essaie de protéger (la peur de la réussite, la peur du changement d'identité, la peur de décevoir). Et là, le blocage se lève.
Alors, par quoi commencer ? Par les exercices de TCC. Ils sont gratuits, ils sont faciles à tester, et ils vous donneront des résultats visibles en quelques jours ou semaines. Ils vous remettront en mouvement, et c'est essentiel.
Mais soyez honnête avec vous-même. Si vous sentez que vous tournez en rond, que vous "gérez" mais que vous ne vous sentez pas vivant, ou que des schémas se répètent inlassablement, posez-vous la question : est-ce que je suis en train de vouloir repeindre sur un mur qui fuit ?
L'IFS demande plus de temps, plus de vulnérabilité. Ce n'est pas une technique rapide. C'est un voyage à l'intérieur de vous-même, pour rencontrer les parties qui ont été laissées de côté. Mais
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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