3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Histoire vraie d'une guérison après des années de souffrance silencieuse.
Tu as peut-être déjà ressenti cette impression étrange : celle d’être en guerre à l’intérieur de toi-même.
Une partie de toi voudrait avancer, prendre des risques, oser. Une autre te freine, te rappelle à l’ordre, te dit que ce n’est pas pour toi. Parfois, une troisième s’invite, plus discrète, qui juge les deux premières et te fait honte de ne pas être « aligné ».
Pendant des années, j’ai reçu des personnes qui vivaient cela au quotidien. Mais aujourd’hui, je veux te partager l’histoire de quelqu’un qui est passé de l’autre côté. Pas une success story lisse, mais un chemin réel, avec ses doutes, ses rechutes, et une paix retrouvée. Une histoire qui, je l’espère, te parlera.
Appelons-la Céline. C’est une femme de 42 ans, cadre dans une collectivité territoriale. Quand elle a poussé la porte de mon cabinet à Saintes, il y a un peu plus de deux ans, elle était épuisée. Pas seulement physiquement. Épuisée de se battre contre elle-même.
« Thierry, je n’en peux plus, m’a-t-elle dit en s’asseyant. Je suis une bonne mère, une bonne employée, une bonne amie. Mais à l’intérieur, c’est le chaos. Je me réveille la nuit avec des crises d’angoisse, je n’arrive pas à dire non, et je passe mon temps à m’en vouloir de ne pas être à la hauteur. »
Comme beaucoup de personnes que je reçois, Céline était experte dans l’art de masquer sa souffrance. Elle souriait, elle gérait, elle performait. Mais sous la surface, des parties d’elle souffraient en silence.
« Le plus dur n’est pas la souffrance elle-même, c’est de se sentir seul à la porter, sans savoir qu’on peut dialoguer avec ceux qui souffrent en nous. »
Voici comment elle a retrouvé la paix intérieure grâce à l’IFS (Internal Family Systems), ce modèle qui m’accompagne au quotidien dans ma pratique. Et voici ce que cela pourrait t’apprendre sur toi-même.
La première séance avec Céline a été un moment de clarification. Je lui ai proposé de décrire ce qui se passait en elle quand elle se sentait submergée. Elle a fermé les yeux, et les mots sont venus.
« C’est comme si j’avais une voix qui me dit : “Fais tout parfaitement, sinon tu es nulle.” Et une autre qui pleure dans un coin et dit : “Je suis fatiguée, laissez-moi tranquille.” Et puis il y a une troisième, plus froide, qui regarde les deux et dit : “Tu vois, tu es incapable de gérer ta vie.” »
Céline décrivait ce que nous appelons, en IFS, des parties. Ce modèle, développé par Richard Schwartz, part d’une idée simple mais révolutionnaire : notre esprit n’est pas un bloc homogène. Il est composé de multiples « sous-personnalités », chacune avec ses émotions, ses croyances et son rôle.
Tu n’es pas fou. Tu n’es pas instable. Tu es simplement humain.
Ces parties se forment souvent dans l’enfance, comme des stratégies de protection. Face à une situation difficile — un parent exigeant, un rejet, une peur — nous créons des parties pour nous adapter. Le problème, c’est qu’avec le temps, ces rôles deviennent rigides. Ils continuent à fonctionner en pilote automatique, même quand le danger est passé.
Chez Céline, trois parties principales étaient en conflit permanent :
Pendant des années, Céline a cru qu’elle était ces parties. Elle s’identifiait à la performante, pensant que c’était sa « vraie nature » d’être exigeante. Elle méprisait la partie fatiguée, la considérant comme un défaut à éliminer. Et elle croyait dur comme fer à la voix critique, pensant qu’elle disait la vérité.
La clé de l’IFS, c’est de comprendre que tu n’es aucune de ces parties. Tu es le Soi — cette essence calme, curieuse, compatissante qui peut entrer en relation avec elles. Le travail n’est pas de se débarrasser des parties, mais de les comprendre, de les apaiser, et de libérer l’énergie qu’elles retiennent prisonnière.
Céline a commencé à entrevoir que son chaos intérieur n’était pas une fatalité. C’était un système. Et tout système peut être rééquilibré.
L’une des séances les plus marquantes avec Céline a eu lieu au bout de quelques semaines de travail. Nous avions déjà identifié ses parties principales, mais une question restait en suspens : pourquoi la partie performante était-elle si exigeante ?
Souvent, derrière un protecteur — une partie qui pousse, qui contrôle, qui critique — se cache une partie plus vulnérable, que l’on appelle un exilé. Un exilé, c’est une partie qui porte une blessure ancienne : une humiliation, une peur, un chagrin. Le protecteur fait tout pour qu’on ne ressente pas cette douleur, parfois en nous maintenant dans l’hyperactivité, parfois en nous paralysant.
J’ai invité Céline à se tourner vers sa partie performante avec curiosité, sans jugement.
« Qu’est-ce que tu crains qu’il arrive si tu lâchais un peu la pression ? », lui ai-je demandé.
Céline a fermé les yeux. Après un long silence, elle a répondu, d’une voix changée, plus enfantine : « Si je m’arrête… je vais m’effondrer. Je vais me rappeler ce jour où mon père m’a dit que je ne valais rien si je n’étais pas la meilleure. »
C’était la première fois qu’elle faisait le lien entre son perfectionnisme actuel et une scène de son enfance. À 8 ans, elle avait ramené un 17/20 à un contrôle. Au lieu d’être félicitée, son père lui avait demandé pourquoi elle n’avait pas eu 20. Ce jour-là, une partie d’elle avait décidé qu’elle devait être irréprochable pour être aimée. Et une autre partie, plus jeune, s’était cachée, portant la honte et la tristesse de ne pas être « assez bien ».
L’IFS permet de dialoguer avec ces parties, non pas pour les forcer à changer, mais pour les écouter vraiment. Quand Céline a pu dire à cette partie performante : « Je te vois. Je sais que tu fais ça pour me protéger. Merci. Mais tu n’as plus à porter ce fardeau toute seule », quelque chose s’est relâché.
« Quand une partie se sent enfin entendue, sans être jugée ni rejetée, elle peut commencer à lâcher prise. C’est là que la guérison commence. »
Ce n’était pas magique. C’était profondément humain. Et cela a ouvert la porte à une transformation durable.
Après plusieurs mois de travail, Céline avait établi un dialogue régulier avec ses parties. Elle pouvait reconnaître quand la performante prenait le contrôle, et au lieu de la suivre aveuglément ou de la combattre, elle lui disait : « Je t’entends. Mais aujourd’hui, on va choisir autrement. »
Pourtant, une partie restait difficile à approcher : celle qu’elle appelait « la critique », celle qui lui murmurait des phrases comme « Tu es nulle », « Tu ne mérites pas d’être heureuse », « Tout le monde va voir que tu es une imposture ».
Céline avait honte de cette partie. Elle voulait la faire taire, l’éradiquer. « C’est elle qui m’empêche d’avancer, disait-elle. Si elle n’était pas là, je serais libre. »
C’est un piège courant. On veut se débarrasser de nos parties les plus sombres, comme on voudrait arracher une mauvaise herbe. Mais en IFS, on fait le pari inverse : toute partie, même la plus agressive, a une intention positive. Elle essaie de nous protéger, même si sa méthode est maladroite ou douloureuse.
J’ai invité Céline à s’asseoir avec cette partie critique, non pas pour la combattre, mais pour lui demander : « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? »
Après un long moment de résistance, la réponse est venue : « Je veux que tu sois prête. Si tu anticipes le pire, tu ne seras jamais surprise. Si tu te critiques d’avance, personne ne pourra te faire plus de mal que tu ne te fais à toi-même. »
C’était une révélation. Cette partie critique n’était pas une ennemie. C’était une gardienne hypervigilante, qui avait appris très tôt que le monde était dangereux, et que la meilleure défense était l’autocritique préventive. Elle avait 8 ans, elle aussi, et elle était épuisée de monter la garde.
Céline a pu lui dire : « Je comprends que tu aies voulu me protéger. Mais aujourd’hui, je suis une adulte. Je peux gérer les critiques des autres, et je n’ai plus besoin que tu me blesses pour m’endurcir. Tu peux te reposer. »
Cette partie n’a pas disparu du jour au lendemain. Mais elle a commencé à se faire plus discrète. Et quand elle revenait, Céline pouvait l’accueillir avec compassion, au lieu de la rejeter. La paix ne venait pas de l’absence de conflit, mais de la capacité à l’accueillir.
Tu te demandes peut-être comment Céline a appliqué tout cela dans sa vie de tous les jours. Parce que la théorie, c’est bien. Mais ce qui compte, c’est le changement concret.
Voici les outils qu’elle a utilisés, et que tu peux essayer dès aujourd’hui.
Quand Céline sentait monter l’anxiété ou l’autocritique, elle s’arrêtait. Littéralement. Elle posait ce qu’elle avait dans les mains, fermait les yeux, et prenait trois respirations profondes. Puis elle se demandait : « Quelle partie est aux commandes en ce moment ? »
Ce simple geste créait un espace entre le stimulus et la réaction. Au lieu d’être dans la partie, elle pouvait l’observer. Et l’observation est le début de la liberté.
Le soir, Céline tenait un petit carnet. Elle écrivait une phrase d’une partie, puis répondait avec la voix de son Soi. Par exemple :
Ce n’est pas un exercice de « pensée positive » naïve. C’est un acte de reparentage : tu deviens le parent bienveillant que tu n’as peut-être pas eu, pour les parties de toi qui sont restées bloquées dans l’enfance.
Céline imaginait une grande table ronde, où toutes ses parties étaient invitées. Il n’y avait pas de partie « bonne » ou « mauvaise ». Chacune avait le droit de parler, d’être entendue. Et elle, en tant que Soi, présidait cette table avec calme et compassion.
Cette visualisation l’aidait à ne pas s’identifier à une seule partie, et à garder une perspective plus large.
« La paix intérieure ne consiste pas à faire taire le bruit, mais à apprendre à écouter chaque voix sans en devenir esclave. »
Quand Céline se surprenait à se critiquer, elle posait une main sur son cœur et disait : « C’est dur en ce moment. Je suis là pour toi. Tu n’es pas seul.e. »
Cela semble simple, mais c’est un geste qui ancre la bienveillance dans le corps. Les parties vulnérables ont besoin de sentir une présence physique, pas seulement des mots.
Aujourd’hui, Céline ne vient plus en consultation régulière. Elle a appris à dialoguer avec ses parties par elle-même. Quand je la revois pour une séance de « maintenance », elle me dit : « Je ne suis plus la même personne. Mais en réalité, je suis plus moi-même que jamais. »
Ce qu’elle a gagné :
Mais elle a aussi perdu quelque chose. Et c’est important à dire.
Elle a perdu l’illusion du contrôle absolu. Elle a perdu la certitude que si elle était parfaite, elle serait aimée. Elle a perdu la familiarité de la douleur — car, paradoxalement, on peut s’habituer à souffrir, et l’absence de souffrance fait peur.
Elle a perdu son ancienne identité, celle qui était bâtie sur la performance et l’autocritique. Il a fallu en reconstruire une nouvelle, plus fragile au début, mais bien plus vraie.
« Guérir, ce n’est pas devenir quelqu’un d’autre. C’est arrêter de se battre contre ceux qu’on a été, pour enfin être celui qu’on est. »
Céline m’a dit un jour : « Avant, je cherchais la paix en essayant de faire taire les voix. Maintenant, je sais que la paix, c’est de les écouter toutes, sans en suivre aucune aveuglément. »
Je te partage cette histoire parce que je sais qu’elle n’est pas unique. Peut-être que, en la lisant, tu as reconnu des fragments de toi-même. Peut-être que tu te sens, toi aussi, déchiré entre des parties qui tirent dans des directions opposées.
Je ne vais pas te promettre que l’IFS est une baguette magique. Ce n’est pas le cas. C’est un travail. Il demande de la régularité, de la patience, et parfois de l’inconfort. Il y a des moments où tu voudras abandonner, où la vieille habitude de te juger reprendra le dessus.
Mais je peux te dire ceci : les personnes qui s’engagent dans ce chemin, avec un accompagnement adapté, vivent des transformations profondes et durables. Pas parce qu’elles deviennent parfaites, mais parce qu’elles deviennent entières.
Si ce que tu as lu résonne en toi, si tu te reconnais dans cette guerre intérieure, peut-être est-ce le moment de tendre la main. Tu n’es pas obligé de traverser cela seul.
Je reçois à Saintes, et je propose aussi des accompagnements à distance. Je ne suis pas là pour te « réparer » — tu n’es pas cassé. Je suis là pour t’aider à rencontrer les parties de toi qui ont besoin d’être écoutées, pour que tu puisses, toi aussi, retrouver cette paix que Céline a trouvée.
La première étape est simple : prendre rendez-vous pour une séance découverte, sans engagement. Juste pour parler, pour voir si ce modèle peut t’aider.
Et si tu n’es pas prêt pour cela, commence
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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