3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Un récit authentique de guérison relationnelle grâce à l'IFS.
Je ne l’ai pas vu venir. Pendant des années, j’ai cru que notre couple tenait parce qu’on s’aimait, parce qu’on était solides, parce qu’on savait encaisser les tempêtes. Et puis un soir, après une énième dispute pour une histoire de placard mal rangé — oui, un placard — ma femme m’a regardé avec des yeux que je ne lui avais jamais vus. Pas de la colère. Pas de la tristesse. Quelque chose de pire : de la fatigue. Une fatigue résignée. Celle qui précède le départ.
Je m’appelle Julien, j’ai 42 ans, je suis cadre commercial, et je suis venu voir Thierry il y a huit mois parce que mon couple était en train de couler. Pas par manque d’amour. Par manque de compréhension de ce qui se jouait vraiment entre nous. Aujourd’hui, je revis avec la même femme, mais dans une relation que je ne reconnais pas — dans le bon sens du terme. Et tout a changé le jour où j’ai arrêté de vouloir dialoguer avec elle pour commencer à dialoguer avec mes parts.
Ce témoignage, je le livre ici parce que je sais combien de couples vivent ce que nous avons vécu : des disputes qui semblent dérisoires, des silences qui pèsent des tonnes, et l’impression terrible de ne plus se comprendre. Je ne suis pas thérapeute, je ne fais pas de psychologie de comptoir. Je suis juste un type qui a sauvé son mariage en apprenant à écouter les voix à l’intérieur de lui. Celles que personne n’entend, mais qui mènent la danse.
Au début, on se disputait comme tout le monde. Des sujets bateau : l’argent, les enfants, les tâches ménagères. Mais avec le temps, chaque désaccord prenait une ampleur démesurée. Je me souviens d’une soirée où on s’est affrontés pendant deux heures parce que j’avais oublié de sortir les poubelles. Deux heures. Sur un sac-poubelle.
Ce que je ne comprenais pas à l’époque, c’est que le sujet n’était jamais le sujet. Quand ma femme disait « tu n’as pas sorti les poubelles », elle disait en réalité « je ne me sens pas soutenue ». Et quand je répondais « tu pourrais le faire toi-même », je disais « je me sens attaqué et je dois me défendre ». On jouait une pièce de théâtre dont on ne connaissait pas le script, mais on connaissait par cœur nos rôles respectifs : elle, celle qui en demande trop ; moi, celui qui se sent injustement accusé.
Les disputes devenaient des boucles infernales. Plus elle insistait, plus je me fermais. Plus je me fermais, plus elle haussait le ton. Et au bout du compte, on se retrouvait chacun dans notre coin, blessés et incompris, sans savoir comment en sortir. Le pire, c’est qu’on s’aimait. Vraiment. Mais l’amour ne suffit pas quand des mécanismes inconscients prennent le volant.
C’est là que j’ai consulté Thierry. Pas pour sauver mon couple, honnêtement. Pour sauver ma peau. Je craquais, je ne dormais plus, j’avais des nœuds dans le ventre dès que j’entendais la clé tourner dans la serrure le soir. Je suis venu pour moi, sans imaginer que le chemin passerait par une exploration de ce que j’appellerais plus tard mes « parts ».
« Ce que j’ai découvert, c’est que je ne réagissais pas à ma femme. Je réagissais à une partie de moi-même que je n’avais jamais écoutée. »
Thierry m’a expliqué quelque chose qui m’a d’abord semblé étrange, presque ésotérique. Il m’a dit que nous ne sommes pas un « moi » unique et cohérent, mais que nous sommes constitués de multiples parties, ou « parts », comme il les appelle. Chacune avec sa propre perspective, ses émotions, ses croyances, et même son âge. Certaines sont très jeunes, d’autres plus matures. Certaines sont protectrices, d’autres sont blessées. Et la plupart du temps, on ne les distingue pas : on les vit simplement comme « qui on est ».
J’ai tout de suite pensé à ces moments où je me surprenais à réagir de façon disproportionnée. Par exemple, quand ma femme me faisait une remarque sur mon ton, je pouvais exploser en une fraction de seconde. Après, je culpabilisais. Je me disais « je suis trop sensible », « je suis impulsif », « je suis nul ». Mais Thierry m’a appris à reformuler : ce n’était pas « moi » qui explosais. C’était une part de moi. Une part qui avait été activée par quelque chose dans la situation présente.
Cette simple distinction a été une révélation. Avant, je me vivais comme un bloc. Si je me fâchais, c’était « moi le colérique ». Si j’avais peur, c’était « moi le peureux ». Maintenant, je pouvais dire : « une part de moi est en colère », « une part de moi a peur ». Ça change tout. Parce que ça permet de prendre du recul. Ça permet de ne pas s’identifier totalement à l’émotion qui nous submerge. Et surtout, ça ouvre la porte au dialogue intérieur.
J’ai commencé à reconnaître plusieurs parts qui jouaient un rôle clé dans mes disputes conjugales :
Chacune de ces parts avait une bonne intention. Le Garde voulait me protéger. Le Justicier voulait rétablir l’équilibre. Le Petit voulait être entendu. Mais elles agissaent sans coordination, comme des chevaux sauvages tirant chacun dans une direction différente. Résultat : je réagissais de façon incohérente, et ma femme ne comprenait pas pourquoi je passais du calme à l’orage en trois secondes.
Thierry m’a guidé pas à pas. Il ne m’a pas donné de formule magique, mais une méthode : l’approche IFS (Internal Family Systems), développée par Richard Schwartz. Le principe est simple en théorie, exigeant en pratique : au lieu de réprimer ou de combattre mes parts, je devais apprendre à les accueillir, les écouter, comprendre leurs peurs et leurs besoins.
Au début, ça m’a semblé contre-intuitif. J’avais passé des années à vouloir contrôler mes émotions, à les juger, à les étouffer. « Arrête de t’énerver pour rien », « ne sois pas si susceptible », « prends sur toi ». Résultat ? Ça ne marchait pas. Les émotions refaisaient surface de façon encore plus explosive, comme une cocotte-minute dont on aurait bloqué la soupape.
L’IFS propose l’inverse : accueillir ce qui est là, sans le juger, sans vouloir le changer immédiatement. Et surtout, entrer en relation avec la part qui se manifeste. Pas pour l’éliminer, mais pour comprendre ce qu’elle essaie de faire pour nous.
Je me souviens d’un exercice que Thierry m’a fait faire. Il m’a demandé de me remémorer une dispute récente avec ma femme, puis de fermer les yeux et de porter mon attention sur la sensation dans mon corps. J’ai senti une tension dans ma poitrine, comme un poing serré. Il m’a dit : « C’est une part. Demande-lui ce qu’elle ressent. » J’ai eu un blanc. Parler à une tension dans ma poitrine ? Mais j’ai joué le jeu. Intérieurement, j’ai posé la question. Et j’ai ressenti une réponse : « J’ai peur. Peur qu’elle me quitte. »
Là, j’ai eu un choc. Sous la colère, sous la défense, il y avait de la peur. Une peur ancienne, viscérale, que je n’avais jamais nommée. La peur de l’abandon. Cette peur, elle venait de loin. Elle s’était formée quand j’étais enfant, après le divorce de mes parents. Je m’étais promis que jamais, au grand jamais, je ne serais vulnérable au point de dépendre de quelqu’un. Et voilà que cette promesse inconsciente pilotait mes réactions avec ma femme.
J’ai compris pourquoi je me fermais dès qu’elle exprimait un besoin : parce que mon Garde interprétait ça comme une menace. « Si tu cèdes, tu perds ton pouvoir. Si tu montres ta faiblesse, elle va en profiter. » C’était une stratégie de survie, mais elle était devenue toxique dans mon couple.
Une fois que j’ai commencé à identifier mes parts, j’ai pu entrer en dialogue avec elles. Pas un dialogue de fou, hein. Un dialogue conscient, posé, bienveillant. Voilà à quoi ça ressemblait dans ma tête :
Moi (depuis mon Self) : « Bonjour, Garde. Je sens que tu es là. Qu’est-ce qui se passe ? »
Garde : « Elle va encore te critiquer. Il faut que tu te défenses. Si tu montres que ça te touche, elle va en profiter. »
Moi : « Je comprends que tu veuilles me protéger. Merci. Mais est-ce que tu peux me faire un peu de place ? J’aimerais rester présent, sans réagir tout de suite. »
Garde : « … Je n’aime pas ça. Mais d’accord. Je reste à côté. »
Ce simple échange désamorçait l’urgence. Au lieu d’agir sous l’impulsion du Garde, je pouvais respirer, prendre du recul, et choisir ma réponse. Et devinez quoi ? Ma femme le sentait. Elle ne voyait plus le même mari. Elle voyait quelqu’un qui restait calme, qui l’écoutait sans se braquer, qui disait « je t’entends » au lieu de « tu exagères ».
Le changement a été progressif, mais réel. Un soir, elle m’a dit : « Tu es différent. Je ne sais pas ce que tu fais, mais tu es plus présent. » J’ai souri. Je n’ai pas tout expliqué — elle n’était pas prête à entendre parler de mes parts — mais j’ai su que ça marchait.
Ce qui est fascinant, c’est que plus j’apprenais à dialoguer avec mes parts, plus je devenais capable de dialoguer avec elle. Parce que je n’étais plus en mode survie. Je pouvais l’écouter vraiment, sans filtre. Et elle, en retour, se sentait entendue. La boucle infernale s’est inversée : au lieu de s’alimenter mutuellement, nos réactions ont commencé à s’apaiser.
Je ne vais pas vous vendre un conte de fées. Le chemin a été sinueux, avec des rechutes et des moments de doute. Voici les pièges que j’ai rencontrés, au cas où ça vous parlerait.
Piège n°1 : Vouloir changer ma femme. Au début, j’étais tellement enthousiaste que j’ai voulu lui faire découvrir l’IFS. Je lui disais : « Tu devrais écouter tes parts, toi aussi ! » Résultat : elle s’est sentie jugée, comme si je lui disais qu’elle avait un problème. J’ai vite compris que l’IFS, c’est d’abord pour soi. On ne peut pas forcer l’autre à changer. On change soi-même, et la relation s’en trouve transformée.
Piège n°2 : Me croire guéri. Pendant quelques semaines, j’ai eu l’impression d’avoir trouvé la solution miracle. Plus de disputes, plus de tensions. J’étais en pleine lune de miel avec mes parts. Mais un jour, une vieille dispute a ressurgi, et je me suis senti retomber. J’ai compris que c’est un processus, pas un état. Les parts ne disparaissent pas. Elles apprennent à être moins réactives, mais elles restent. L’important, c’est de cultiver une relation continue avec elles.
Piège n°3 : Confondre accueil et complaisance. Accueillir une part ne signifie pas lui obéir. J’ai eu des moments où mon Garde disait : « Laisse tomber, ne t’excuse pas, elle ne le mérite pas. » Et j’ai failli céder. Mais accueillir, c’est entendre, pas suivre aveuglément. C’est dire : « Je t’entends, je comprends ta peur, mais je choisis autre chose. » C’est un équilibre subtil entre bienveillance et fermeté intérieure.
« Le plus grand piège, c’est de croire qu’on peut sauver son couple tout seul. L’IFS m’a appris qu’on sauve d’abord sa relation avec soi-même. Le reste suit. »
Aujourd’hui, huit mois plus tard, notre couple respire. Pas parce qu’on ne se dispute plus — on le fait encore, mais différemment. Voilà ce qui a changé concrètement :
La durée des disputes a fondu. Avant, on pouvait rester fâchés deux jours. Maintenant, une dispute dure rarement plus de vingt minutes. Parce qu’au lieu de s’enfoncer dans des répétitions, je sais reconnaître quand une part prend le contrôle. Je dis : « Là, je sens que je me ferme. J’ai besoin d’une pause. » Et on respire.
Je n’ai plus besoin d’avoir raison. Le Justicier est toujours là, mais il a appris à lâcher prise. Je peux dire « tu as peut-être raison » sans que ça me coûte. Parce que mon identité n’est plus liée au fait d’avoir le dernier mot.
Je suis plus présent. Avant, j’étais souvent dans ma tête, à anticiper la prochaine attaque ou à ruminer la dernière dispute. Maintenant, je peux être là, avec elle, sans agenda caché. Je la regarde, je l’écoute, je la touche. C’est simple, mais c’est immense.
Elle me fait plus confiance. Parce qu’elle voit que je ne suis plus le même. Elle sait que je ne vais plus exploser pour un rien. Elle ose dire ce qu’elle ressent, sans peur de ma réaction. Et ça, ça crée une intimité qu’on n’avait jamais eue.
Je ne dis pas que tout est parfait. On a encore des moments difficiles, des sujets sensibles. Mais la fondation a changé. Avant, on construisait sur du sable. Maintenant, on a des bases solides. Et ça change tout.
Si vous lisez ces lignes et que vous reconnaissez votre propre couple dans ce que j’ai décrit, je veux vous dire une chose : vous n’êtes pas seuls. Et il n’y a pas de honte à avoir besoin d’aide. Moi, j’ai mis des années à consulter, par orgueil, par peur, par flemme. Et j’ai perdu du temps.
Vous pouvez commencer par une petite chose, ce soir, avant même de prendre rendez-vous. Prenez un moment calme, fermez les yeux, et repensez à la dernière dispute que vous avez eue. Au lieu de vous juger, demandez-vous : « Quelle part de moi a réagi ? Qu’est-ce qu’elle essayait de me dire ? » Ne cherchez pas à avoir une réponse immédiate. Juste posez la question, avec curiosité. Vous serez surpris de ce que vous découvrirez.
Et si vous sentez que le chemin est trop escarpé pour le faire seul, sachez qu’il existe des professionnels formés à l’IFS
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des routines anodines qui renforcent l'anxiété sans que vous le réalisiez.
Des micro-actions pour briser la léthargie dès le réveil.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.