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Témoignage : comment l'IFS a guéri mon insomnie

Une histoire vraie de dialogue intérieur pour retrouver le sommeil.

TSThierry Sudan
25 avril 202613 min de lecture

Je reçois beaucoup de messages de personnes qui n’en peuvent plus de compter les moutons, de regarder le plafond ou de scroller sur leur téléphone à 3 heures du matin. L’insomnie, c’est cette compagne silencieuse qui vous épuise, vous ronge la patience et finit par vous faire douter de tout : de votre capacité à tenir le coup, de votre santé, parfois même de votre santé mentale.

J’ai vu passer des dizaines de personnes avec ce problème dans mon cabinet à Saintes. Certaines ont tout essayé : les tisanes, la mélatonine, les applis de méditation, les séances de sophrologie, les somnifères légers. Et pourtant, le sommeil reste un mystère, une porte qui ne s’ouvre pas. Quand on en arrive là, on se sent souvent seul, incompris, et un peu honteux. On se dit : « Mais pourquoi je n’arrive pas à faire quelque chose d’aussi naturel que dormir ? »

L’histoire que je vais vous raconter aujourd’hui est celle d’un patient que j’appellerai Marc. Il est arrivé dans mon cabinet un mardi matin, l’air lessivé, les yeux cernés jusqu’au menton. Il m’a dit : « Thierry, je n’en peux plus. Ça fait trois ans que je dors deux à trois heures par nuit. Je suis au bord du gouffre. » Et pourtant, Marc n’est pas un cas désespéré. Ce qui l’a aidé, ce n’est pas une technique miracle, mais une manière complètement différente d’écouter ce qui se passait en lui.

Comment j’ai découvert que mon insomnie n’était pas un ennemi à combattre

Marc avait tout essayé, comme beaucoup. Il était passé par des bilans médicaux complets : hormones thyroïdiennes, fer, magnésium, vitamine D, tout était nickel. Il avait consulté un ORL pour un syndrome d’apnées du sommeil – négatif. Il avait fait des séances de relaxation, de cohérence cardiaque, même une cure de CBD. Rien n’y faisait.

Quand il s’est assis en face de moi, il avait cette lueur d’épuisement mêlée d’espoir qu’on voit souvent chez les gens qui ont déjà essayé beaucoup de choses. Il m’a dit : « Je suis prêt à tout, même à de l’hypnose, même si je n’y crois pas trop. »

Je lui ai proposé autre chose. Je lui ai proposé de faire connaissance avec son insomnie. Pas pour la faire taire, pas pour la chasser, mais pour l’écouter.

« Attendez, vous voulez que je parle à mon insomnie ? » m’a-t-il demandé, perplexe.

Oui. Exactement ça.

L’IFS, ou thérapie des systèmes familiaux internes, repose sur une idée simple mais puissante : notre esprit est composé de différentes parties. Ces parties ont chacune leur rôle, leur histoire, leur manière de nous protéger. Et parfois, une partie prend le contrôle de notre vie parce qu’elle est convaincue de faire ce qu’il faut pour notre bien. Le problème, c’est qu’elle le fait souvent avec des méthodes un peu… brutales.

Marc a commencé à comprendre que son insomnie n’était pas une maladie, mais une partie de lui-même. Une partie qui avait pris le pouvoir la nuit. Au lieu de la combattre, il allait devoir entrer en dialogue avec elle.

« Ce que j’ai compris ce jour-là, c’est que mon insomnie n’était pas une ennemie. C’était un gardien un peu zélé qui veillait sur moi, mais qui avait oublié de me laisser dormir. »

Cette métaphore du gardien a été le point de départ. Marc a accepté de ne plus lutter contre son insomnie. Il a accepté de l’écouter.

Pourquoi cette partie de moi veillait-elle chaque nuit ? Le vrai message caché derrière l’éveil

La première séance avec Marc a été intense. Je lui ai proposé de fermer les yeux et de se tourner vers cette partie insomniaque. Pas pour la chasser, mais pour lui poser une question simple : « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? »

Il a fallu un moment. Marc était un homme rationnel, ingénieur de formation, pas du genre à parler à des voix intérieures. Mais à force de douceur et de curiosité, quelque chose a émergé.

La partie insomniaque lui a répondu, non pas avec des mots, mais avec des sensations, des images, des souvenirs. Ce qu’elle voulait, c’était le protéger.

Protéger de quoi ? De l’échec. Marc était un perfectionniste. Il se levait chaque matin avec une liste interminable de choses à faire, et le soir, son cerveau refusait de s’éteindre parce qu’il n’avait pas fini. La partie insomniaque était comme un vigile qui refuse de quitter son poste tant que le bâtiment n’est pas sécurisé.

« Mais je ne peux pas tout finir ! » s’est exclamé Marc.

Exactement. Et c’était là le problème : cette partie croyait qu’en le maintenant éveillé, elle l’aidait à être plus performant, à ne rien oublier, à anticiper tous les problèmes. Elle faisait son boulot de protection, mais avec une méthode complètement contre-productive.

Ce qui est fascinant avec l’IFS, c’est qu’on ne juge jamais ces parties. On ne leur dit pas : « Tais-toi, tu es nuisible. » On leur dit : « Merci de veiller sur moi. Je comprends que tu veux mon bien. Mais peut-être qu’on peut trouver une autre manière de faire ? »

Marc a découvert que sa partie insomniaque était née à une période précise de sa vie : quand il avait été promu manager, il y a trois ans. À ce moment-là, il avait ressenti une pression énorme, une peur de ne pas être à la hauteur. La partie avait pris le relais pour le maintenir en état d’alerte permanent.

Le problème, c’est que cette alerte permanente l’épuisait. Et plus il était fatigué, plus il était anxieux, et plus la partie veillait. C’était un cercle vicieux infernal.

Les 3 étapes qui ont transformé mes nuits (et que vous pouvez essayer dès ce soir)

Marc a suivi un chemin en trois étapes. Ce n’est pas une recette magique, mais un processus qui a fonctionné pour lui, et qui pourrait vous donner des pistes. Attention : je ne vous dis pas que ça marchera exactement pareil pour vous. Chaque insomnie est unique, chaque partie a sa propre histoire. Mais ces étapes sont un cadre qui peut vous aider à changer votre relation au sommeil.

Étape 1 : Accueillir l’éveil sans le combattre

La première chose que Marc a apprise, c’est à ne plus lutter. Avant, quand il se réveillait à 3 heures du matin, il s’énervait. Il regardait l’heure, il calculait combien d’heures il lui restait, il se disait « C’est foutu, je vais être mort demain. » Et plus il s’énervait, plus il était éveillé.

Nous avons travaillé sur une phrase simple à se répéter : « Ah, te voilà. Je sais que tu es là pour me protéger. Merci. Je peux rester un moment avec toi, sans essayer de dormir. »

Marc a commencé à faire ça. Au lieu de s’acharner à vouloir dormir, il s’autorisait à être éveillé. Il posait sa tête sur l’oreiller, respirait calmement, et accueillait la présence de cette partie. Il lui disait mentalement : « Je suis là. Tu peux rester. Je t’écoute. »

Le paradoxe, c’est qu’en arrêtant de lutter, il a commencé à s’apaiser. La partie insomniaque, n’étant plus attaquée, a baissé sa garde. Elle n’avait plus besoin de veiller aussi fort.

Étape 2 : Dialoguer avec la partie qui veille

La deuxième étape, c’est le dialogue. Marc a appris à poser des questions à sa partie, en pleine nuit, dans son lit. Pas pour la faire taire, mais pour la comprendre.

« Qu’est-ce qui te fait si peur si je m’endors ? » « Qu’est-ce que tu crois qu’il va se passer si je lâche prise ? » « Depuis quand tu veilles sur moi comme ça ? »

Les réponses venaient parfois sous forme de pensées, parfois sous forme d’images. Marc a découvert que sa partie avait peur qu’il oublie quelque chose d’important au travail, qu’il fasse une erreur, qu’il soit jugé, qu’il perde son poste. Elle était terrorisée par l’idée qu’il soit « pris en défaut ».

En dialoguant avec elle, Marc a pu lui montrer qu’il était capable de se rappeler des choses sans être en hypervigilance. Il a pu lui dire : « Je te promets que je vais noter mes tâches demain matin. Tu n’as pas besoin de veiller cette nuit. Je prends le relais. »

« Le plus fou, c’est qu’en parlant à cette partie, j’ai réalisé qu’elle était épuisée, elle aussi. Elle veillait depuis trois ans sans relâche. Elle avait juste besoin qu’on lui dise : ‘Tu peux te reposer, je gère.’ »

Étape 3 : Négocier un nouveau contrat

La troisième étape, c’est la négociation. Marc a proposé à sa partie un nouveau contrat. « Voilà, tu veux me protéger de l’échec ? D’accord. Mais on va le faire autrement. Le soir, à 21 heures, je vais écrire tout ce que j’ai à faire le lendemain. Tu pourras vérifier que rien n’est oublié. Ensuite, on range le carnet, et toi, tu te mets en veille jusqu’au matin. »

La partie a accepté, à condition que Marc tienne vraiment sa promesse. Et il l’a tenue. Pendant plusieurs semaines, il a écrit chaque soir sa to-do list. Et chaque soir, il a dit à sa partie : « C’est noté. Tu peux lâcher. »

Le sommeil n’est pas revenu du jour au lendemain. Mais progressivement, les nuits de Marc se sont allongées. Il a recommencé à dormir quatre heures, puis cinq, puis six. Au bout de deux mois, il dormait sept heures par nuit, avec quelques réveils encore, mais sans panique.

Ce que l’IFS a vraiment changé dans ma relation à moi-même

Ce qui est beau dans l’histoire de Marc, ce n’est pas seulement qu’il dort mieux. C’est ce que ça a changé dans sa relation à lui-même.

Avant, il se considérait comme un insomniaque. C’était une identité. « Je suis quelqu’un qui ne dort pas. » Il y avait une honte, une frustration, une impression d’être anormal.

Après l’IFS, il a compris que l’insomnie n’était pas lui. C’était une partie de lui, une partie qui avait une bonne intention, mais une méthode maladroite. Il a pu prendre du recul, se désidentifier de ce trouble.

Et ça, c’est énorme. Parce que quand on n’est plus en fusion avec son problème, on peut agir dessus avec plus de légèreté, plus de clarté.

Marc m’a dit un jour : « Je ne suis plus en guerre contre mon sommeil. Je suis en paix avec lui. Et parfois, je me réveille encore la nuit, mais je ne panique plus. Je me dis : ‘Tiens, voilà ma partie qui veille. Bonsoir à elle.’ Et souvent, je me rendors en quelques minutes. »

Il a aussi découvert d’autres parties de lui-même, grâce à ce travail. Une partie perfectionniste, une partie qui avait peur du regard des autres, une partie qui se sentait responsable de tout. Et en les écoutant, il a commencé à mieux se connaître, à mieux s’accepter.

L’IFS, ce n’est pas seulement une technique pour dormir. C’est une philosophie de vie : apprendre à dialoguer avec soi-même avec bienveillance, au lieu de se combattre.

Pourquoi la solution ne viendra pas d’une pilule (même si elle peut aider sur le moment)

Je ne suis pas contre les somnifères. Dans certains cas, ils sont nécessaires, temporairement. Mais ce que j’observe, c’est que beaucoup de personnes cherchent une solution externe à un problème interne. Elles veulent une pilule, une tisane, une machine, un appareil, qui va « éteindre » le cerveau.

Le problème, c’est que l’insomnie est souvent un message. Elle dit quelque chose. Elle raconte une histoire. Et si on la fait taire avec un somnifère, on n’entend pas le message. Et le message revient, souvent sous une autre forme : anxiété, fatigue chronique, irritabilité, burn-out.

L’IFS propose une autre voie : écouter le message, remercier la partie qui veille, et négocier avec elle. Ce n’est pas plus long. Ce n’est pas plus compliqué. Mais ça demande une chose que beaucoup de gens ont perdue : la curiosité envers soi-même.

Marc m’a raconté qu’au début, il trouvait ça complètement farfelu. Parler à une partie de soi ? Sérieusement ? Mais il était tellement désespéré qu’il était prêt à essayer n’importe quoi. Et il a été surpris de voir à quel point ça fonctionnait.

« J’ai l’impression d’avoir retrouvé une partie de moi que j’avais perdue, m’a-t-il dit lors de notre dernière séance. Une partie plus douce, plus calme. Je ne suis plus en train de me battre contre mon propre cerveau. »

Comment savoir si l’IFS est fait pour vous (et par où commencer)

Vous vous demandez peut-être si l’IFS peut vous aider, vous, avec votre insomnie. Voici quelques signes qui indiquent que cette approche pourrait être pertinente :

Vous avez tout essayé (médical, relaxation, hygiène de sommeil) sans résultat durable. Vous sentez qu’il y a quelque chose de plus profond derrière vos nuits blanches, comme une anxiété, une peur, une pression. Vous êtes prêt à regarder à l’intérieur de vous, avec curiosité, sans jugement. Vous avez l’impression que votre insomnie est liée à une période de stress ou à un événement précis. Vous en avez assez de lutter contre votre sommeil.

Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces points, l’IFS peut être une piste sérieuse.

Par où commencer ? Vous pouvez déjà essayer ce petit exercice, ce soir, avant de vous coucher :

  1. Asseyez-vous confortablement, fermez les yeux, respirez trois fois profondément.
  2. Posez-vous cette question : « Si mon insomnie était une partie de moi, qu’est-ce qu’elle voudrait me dire ? »
  3. Ne cherchez pas une réponse intellectuelle. Laissez venir une image, une sensation, un mot.
  4. Accueillez ce qui vient, sans le juger. Dites simplement : « Je t’écoute. »
  5. Si vous le souhaitez, demandez-lui : « Qu’est-ce que tu veux pour moi ? »

Vous n’aurez peut-être pas de réponse tout de suite. Ce n’est pas grave. L’important, c’est d’ouvrir une porte, de planter une graine de curiosité.

Et si vous sentez que le chemin est trop difficile seul, sachez que je suis là, dans mon cabinet à Saintes, pour vous accompagner pas à pas. Je reçois des adultes en souffrance, avec ou sans insomnie, et je les aide à renouer le dialogue avec eux-mêmes.

Une invitation à faire le premier pas

Marc dort aujourd’hui. Pas parfaitement, pas comme un bébé, mais suffisamment pour avoir retrouvé de l’énergie, de la joie, de la patience avec ses enfants. Il m’a dit : « Je ne pensais pas que guérir une insomnie passerait par une conversation avec moi-même. Mais c’est ce qui a marché. »

Si vous lisez ces lignes et que vous vous reconnaissez, je vous invite à une chose simple : ce soir, au lieu de lutter contre votre insomnie, essayez de l’écouter. Posez-lui une question. Accueillez sa réponse. Vous n’avez rien à perdre, et peut-être tout à gagner.

Et si vous sentez que vous avez besoin d’un guide, d’un espace sécurisé pour explorer ces parties de vous, je suis là. Vous pouvez me contacter pour une séance, en présentiel à Saintes ou en visio. Pas de pression, pas d’engagement

À propos de l'auteur

TS

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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