3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
L'histoire d'une reconnexion intérieure bouleversante.
Je m’appelle Claire, j’ai 42 ans, et pendant longtemps, j’ai cru que ma vie était une réussite. Un bon travail dans la communication, un appartement bien rangé, des amis fiables, et une relation amoureuse stable. Pourtant, chaque soir, en fermant la porte derrière moi, une sensation d’étrangeté m’envahissait. Ce n’était pas de la tristesse, ni de l’anxiété. C’était un vide. Un silence intérieur si profond que je me demandais parfois si je n’étais pas en train de disparaître à l’intérieur de mon propre corps. J’avais l’impression d’être une spectatrice de ma propre vie, regardant un film dont je ne comprenais pas le scénario. Les gens me disaient « tu es forte », « tu gères tout », mais moi, je ne ressentais rien de tout ça. Je me sentais épuisée, déconnectée, et surtout, je ne savais plus qui j’étais vraiment.
Un jour, en pleine crise de larmes dans ma voiture, après une énième réunion où j’avais souri en disant « oui, pas de problème », j’ai réalisé que je ne pouvais plus continuer comme ça. C’est là que j’ai poussé la porte du cabinet de Thierry. Sans le savoir, ce jour-là, j’ai commencé un voyage vers l’intérieur. Un voyage qui allait bouleverser ma relation avec moi-même. Voici mon histoire.
Au début, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je me disais que c’était la fatigue, que j’avais besoin de vacances, ou peut-être que je traversais une « crise de la quarantaine ». Mais Thierry m’a posé une question simple qui a tout changé : « Quand tu te sens vide, est-ce que tu ressens vraiment du vide, ou est-ce que tu sens qu’une partie de toi ne peut pas s’exprimer ? » Sur le moment, cette question m’a déstabilisée. Je n’avais jamais envisagé que je puisse être faite de plusieurs « parties ». Je pensais que la psychologie, c’était soit on est entier, soit on est malade. Mais Thierry m’a expliqué que c’est normal. Que chaque être humain est composé de différentes parties intérieures, comme une famille à l’intérieur de nous. Certaines sont protectrices, d’autres sont blessées, d’autres encore sont des exilées qu’on a cachées depuis l’enfance.
Je me suis mise à observer mes réactions. Par exemple, quand mon conjoint me demandait pourquoi j’étais silencieuse, une voix intérieure disait immédiatement : « Ne montre pas ta faiblesse, ça va l’inquiéter. » Cette voix, je l’ai nommée « la Contrôleuse ». Elle était toujours en alerte, toujours prête à prendre le relais pour que je paraisse forte et compétente. Et en dessous, il y avait une autre voix, plus fragile, que j’appelais « la Petite Fille Sage ». Celle-là, elle voulait juste être aimée et acceptée, mais elle n’osait jamais rien demander. Cette découverte a été un choc. Je réalisais que toute ma vie, j’avais laissé la Contrôleuse gérer mes relations, mon travail, mes choix. Pendant ce temps, la Petite Fille Sage restait enfermée, silencieuse, sans jamais pouvoir dire ce qu’elle ressentait vraiment.
J’ai compris que le vide que je ressentais n’était pas un manque de quelque chose, mais la présence de parties de moi que je n’avais jamais écoutées.
Ce n’était pas un problème à résoudre, mais une famille intérieure à réunir. Et ça, c’était bouleversant. Parce que pour la première fois, je ne me suis pas sentie folle ou brisée. Je me suis sentie… humaine. Et surtout, je me suis sentie curieuse de savoir qui étaient ces parties en moi.
Pendant les premières séances, j’ai appris à dialoguer avec mes parties. Thierry m’a guidée pour que je pose des questions à la Contrôleuse : « Qu’est-ce que tu crains si je laisse la Petite Fille Sage s’exprimer ? » La réponse est venue immédiatement : « Si elle montre sa vulnérabilité, les gens vont l’abandonner. Je la protège depuis l’enfance. » J’ai été stupéfaite. Cette partie que je jugeais comme une tyranne intérieure était en réalité une protectrice dévouée. Elle avait pris ce rôle quand j’avais 8 ans, après le divorce de mes parents. À l’époque, j’avais appris à ne pas pleurer, à ne pas déranger, à être parfaite pour ne pas causer plus de souffrance à ma mère. La Contrôleuse avait construit une armure solide. Mais avec le temps, cette armure était devenue une prison.
Ensuite, je me suis tournée vers la Petite Fille Sage. Elle était assise dans un coin sombre de mon esprit, les genoux contre la poitrine. Je lui ai demandé : « Qu’est-ce que tu ressens ? » Elle a répondu : « Je suis fatiguée de faire semblant. Je veux juste être aimée pour qui je suis, pas pour ce que je fais. » Cette phrase m’a traversée comme une flèche. Depuis combien d’années je courais après la reconnaissance, la performance, la perfection, en croyant que c’était ça, être aimée ? Depuis combien d’années j’avais abandonné cette petite fille à l’intérieur ?
Thierry m’a appris que ces parties ne sont pas des défauts. Elles sont des stratégies de survie qui ont eu leur utilité dans le passé, mais qui aujourd’hui, peuvent devenir des obstacles. L’objectif n’est pas de les éliminer, mais de les comprendre, de les remercier, et de leur montrer que l’adulte que je suis aujourd’hui peut prendre le relais. C’est ce qu’il appelle le « Self » – cette partie de nous qui est calme, confiante, curieuse et compatissante. Et devine quoi ? Elle était là, tout ce temps, juste derrière les parties protectrices. Mais je ne l’avais jamais vue, parce que la Contrôleuse faisait trop de bruit.
La première fois que j’ai ressenti ce que Thierry appelle le « Self », c’était lors d’une séance où j’étais particulièrement angoissée. Je parlais d’un conflit au travail, et soudain, j’ai senti une chaleur dans ma poitrine. Une présence calme, comme si quelqu’un posait une main douce sur mon épaule intérieure. Ce n’était pas une voix, c’était plutôt une sensation de « tout va bien, tu es là, tu es en sécurité ». J’ai commencé à pleurer, mais pas de tristesse. C’étaient des larmes de soulagement. Je venais de rencontrer la partie de moi qui n’avait jamais été blessée, jamais conditionnée, jamais réactive. Cette partie qui sait simplement ce qui est bon pour moi.
Thierry m’a expliqué que le Self a huit qualités principales : la compassion, la curiosité, la confiance, le calme, le courage, la créativité, la clarté et la connexion. Et que toutes les parties, même les plus bruyantes, peuvent se détendre quand elles sentent que le Self est aux commandes. C’est un peu comme un chef d’orchestre qui laisse chaque musicien jouer sa partition, mais qui dirige l’ensemble avec harmonie. Avant, ma vie intérieure était un chaos : la Contrôleuse criait, la Petite Fille Sage pleurait, et une autre partie, que j’ai appelée « la Procrastinatrice », fuyait tout ça en regardant des séries Netflix. Mais quand le Self est présent, ces parties se calment. Elles savent qu’elles peuvent lui faire confiance.
Cette rencontre a changé ma façon d’être au monde. Par exemple, un jour, mon conjoint a fait une remarque qui d’habitude m’aurait fait réagir avec la Contrôleuse : « Tu n’as pas rangé la cuisine, tu es fatiguée ? » Avant, j’aurais immédiatement dit « Non, ça va, je vais le faire », en accumulant de la frustration. Cette fois, j’ai pris une respiration, et j’ai senti le Self répondre : « Oui, je suis un peu fatiguée, et j’aimerais qu’on range ensemble. » Mon conjoint a été surpris, mais il a souri. Ce petit instant a été une révolution silencieuse. Je venais de remplacer la réactivité par la réponse authentique. Je venais de laisser une partie de moi exister sans honte.
Le Self n’est pas une version améliorée de moi-même. C’est la version originelle, celle qui était là avant que les blessures ne la recouvrent.
Et cette version, je l’ai retrouvée petit à petit. Pas en une séance, pas en un mois. Mais chaque fois que je prends le temps de me poser, de respirer et de demander : « Qui est là en ce moment ? », je sens cette présence. Et elle me guide.
Au début, je pensais que l’IFS serait une thérapie comme une autre : on parle de son enfance, on pleure un peu, et on repart avec des conseils. Mais la réalité a été bien différente. L’IFS est entré dans ma vie comme une nouvelle langue. J’ai commencé à l’utiliser partout : au travail, avec mes amis, dans ma relation amoureuse, et surtout, dans les moments où je me sentais submergée.
Prenons un exemple concret. Avant, quand je recevais un mail critique d’un collègue, je passais trois heures à ruminer. « Je suis nulle », « Je vais me faire virer », « Pourquoi j’ai dit ça ? » C’était un tourbillon de parties en colère et effrayées. Maintenant, je fais une petite pause de deux minutes. Je ferme les yeux, je respire, et je demande : « Quelle partie est réveillée ? » Parfois c’est « la Parfaite » qui panique à l’idée de ne pas être irréprochable. Parfois c’est « la Sauveuse » qui veut tout réparer immédiatement. Je lui dis : « Merci de me protéger, je t’entends. Mais pour l’instant, je vais prendre une respiration et répondre demain. » Et devine quoi ? Le lendemain, je réponds avec clarté, sans émotion excessive. Mes collègues ont même remarqué que j’étais plus posée.
Un autre changement majeur a été dans mon rapport à la nourriture et au sommeil. J’avais des insomnies depuis des années. La Contrôleuse refusait de lâcher prise le soir, répétant sans cesse la liste des choses à faire. J’ai appris à dialoguer avec elle : « Je sais que tu veux que tout soit parfait, mais ce soir, on va se reposer. Tu peux prendre ta place demain matin. » Et j’ai senti une détente physique, comme si un nœud se défaisait dans mon ventre. L’insomnie n’a pas disparu du jour au lendemain, mais elle a diminué de 70 % en quelques semaines.
L’IFS ne m’a pas transformée en une personne zen et parfaite. Non. Je suis toujours stressée par moments, je suis toujours impatiente, je fais encore des erreurs. Mais la différence, c’est que maintenant, je ne me bats plus contre ces parties. Je les accueille. Et en les accueillant, elles se calment plus vite. C’est comme si j’avais arrêté de tirer sur la corde raide qui me retenait. La corde est toujours là, mais je marche dessus avec plus d’équilibre.
Je ne vais pas te mentir : certaines séances ont été très dures. Parce que quand on commence à dialoguer avec ses parties, on rencontre aussi des parties blessées qu’on avait enfouies profondément. Pour moi, c’était une partie que j’appelle « la Petite Abandonnée ». Elle est apparue lors d’une séance où je parlais de mon père, parti quand j’avais 6 ans. Je n’avais jamais vraiment pleuré cette perte. Je m’étais dit « c’est la vie, j’ai une mère géniale, je n’ai pas besoin de lui ». Mais la Petite Abandonnée, elle, avait besoin de pleurer. Elle avait besoin qu’on la tienne dans les bras et qu’on lui dise : « Ce n’est pas de ta faute, tu méritais qu’il reste. »
Cette séance m’a vidée. Je suis rentrée chez moi et j’ai dormi 12 heures. Thierry m’avait prévenue : parfois, après avoir libéré une émotion longtemps retenue, on a besoin de repos. Mais ce qui est important, c’est que je ne suis pas restée dans cette tristesse. La Petite Abandonnée a été entendue, et depuis, elle ne hante plus mes relations amoureuses. Avant, j’avais tendance à m’accrocher à mes partenaires par peur de l’abandon. Maintenant, je suis capable de dire « j’ai besoin d’espace » sans paniquer.
Un autre défi a été de ne pas tomber dans le piège inverse : vouloir « guérir » toutes mes parties en une semaine. L’IFS demande de la patience. On ne peut pas forcer une partie à se révéler. On ne peut pas exiger qu’elle lâche son rôle protecteur du jour au lendemain. C’est un processus de confiance. Il faut montrer à chaque partie que le Self est capable de prendre soin d’elle. Et ça prend du temps. Parfois, je me suis sentie frustrée : « Mais pourquoi la Contrôleuse revient-elle encore ? » La réponse était simple : parce qu’elle avait besoin de vérifier que je tenais vraiment les rênes. Chaque retour était une occasion de renforcer ma confiance en moi.
L’IFS ne guérit pas les blessures en les effaçant. Il guérit en donnant une voix à ce qui a été réduit au silence.
Et cette voix, une fois libérée, ne crie plus. Elle chante. Ou parfois, elle pleure, mais c’est une libération, pas une souffrance qui dure.
Maintenant, quand je me réveille le matin, je ne me sens plus vide. Je ressens une présence. Celle de mon Self, qui est là, comme un phare dans le brouillard. Bien sûr, les parties sont toujours là. La Contrôleuse est devenue une conseillère plutôt qu’une directrice. La Petite Fille Sage peut s’exprimer librement, et elle fait même des choses qu’elle n’aurait jamais osées avant : elle danse dans la cuisine, elle dit non à une invitation sans se justifier, elle pleure devant un film sans avoir honte.
Ma relation avec mon conjoint a changé aussi. On se dispute moins, parce que je ne réagis plus à ses paroles avec mes parties blessées. Quand il fait une remarque, je prends le temps de vérifier : est-ce que c’est la Petite Abandonnée qui entend une critique, ou est-ce que c’est mon Self qui évalue la situation ? La plupart du temps, c’est juste une remarque banale. Et je peux répondre calmement.
Au travail, je suis devenue plus créative et plus assertive. Avant, je disais oui à tout par peur de décevoir. Maintenant, je dis non quand une mission ne correspond pas à mes valeurs, et je propose des alternatives. Mes collègues me respectent davantage, et surtout, je me respecte moi-même.
Mais le plus beau cadeau que l’IFS m’a offert, c’est cette sensation de paix intérieure. Pas une paix artificielle, celle qu’on obtient en fuyant dans le travail ou les loisirs. Une paix réelle, qui vient du fait que je sais qui je suis. Je suis la femme qui accueille ses contradictions, qui écoute ses émotions sans se laisser submerger, qui se pardonne ses erreurs. Je suis devenue ma propre meilleure amie.
Je ne vais pas te dire que l’IFS est une solution miracle. Ce n’est pas une baguette magique. C’est un chemin. Un chemin qui demande du courage, parce qu’il faut regarder en face des parties de soi qu
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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