3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Reconnectez-vous à cette partie de vous qui n’a jamais souffert.
Vous sentez-vous déconnecté ? Votre Self est là, caché
Vous arrive-t-il de vous sentir comme un acteur dans votre propre vie ? Comme si vous observiez vos journées défiler depuis une vitre embuée, sans parvenir à toucher vraiment ce qui se passe ? Vous n’êtes pas seul. Cette sensation de déconnexion, je la rencontre presque chaque jour dans mon cabinet à Saintes. Un homme me disait récemment : « Je suis là, mais je ne suis pas vraiment là. Je vois ma femme, mes enfants, mon travail, mais c’est comme si je regardais un film dont je ne suis pas le personnage principal. »
Cette impression d’être coupé de soi-même, de ses émotions, de ses désirs profonds, peut durer des années. On s’y habitue. On finit par croire que c’est juste « la vie », que c’est normal d’être fatigué, vide, ou simplement de fonctionner en mode automatique. Pourtant, quelque chose en vous sait que ce n’est pas tout à fait vrai. Quelque chose en vous attend.
Dans cet article, je vais vous parler de cette partie de vous qui n’a jamais été touchée par la souffrance. Une partie que j’appelle le Self, un concept central dans l’approche que j’utilise : l’IFS (Internal Family Systems). Et je vais vous montrer comment, même au cœur de la déconnexion, ce Self est toujours là, caché mais intact.
La déconnexion n’est pas un défaut de fabrication. Ce n’est pas un trou dans votre personnalité. C’est une réponse. Une réponse intelligente que votre système a mise en place pour vous protéger.
Prenons un exemple concret. Imaginez Sophie, 34 ans, cadre dans une entreprise de logistique. Elle vient me voir parce qu’elle se sent « éteinte ». Le matin, elle se lève, prépare ses enfants, les dépose à l’école, va au bureau, enchaîne les réunions, rentre, fait à dîner, couche les enfants, s’effondre devant une série. Le week-end, elle est là, mais sans envie. Ses amis lui disent qu’elle a « changé », qu’elle est « moins présente ». Elle-même se dit qu’elle devrait ressentir plus de joie, plus de gratitude. Mais elle ne ressent rien. Ou plutôt, elle ressent un poids, une lourdeur, comme si elle portait un manteau de plomb.
Cette déconnexion, chez Sophie, c’est une protection. À 12 ans, son père est parti du jour au lendemain. Elle a appris à ne pas ressentir la peine, l’abandon, la colère. Ressentir, c’était trop dangereux. Alors une partie d’elle a pris le relais : « Ne ressens rien, sois forte, occupe-toi des autres, fonctionne. » Cette partie a fait son travail. Elle l’a protégée. Mais aujourd’hui, cette même partie l’empêche de vivre.
La déconnexion, c’est souvent ça : une partie de nous qui a pris le pouvoir pour nous éviter une souffrance passée, mais qui nous coupe de notre vitalité présente. Ce n’est pas un vide. C’est une stratégie de survie devenue obsolète.
« La déconnexion que vous ressentez n’est pas une absence de vous-même. C’est la présence d’une partie qui a appris à se taire pour vous protéger. »
Cette partie peut prendre différentes formes : le critique intérieur qui vous juge sans cesse, le perfectionniste qui vous pousse à en faire toujours plus, le contrôleur qui vérifie tout trois fois, ou le protecteur qui vous dit « ne t’attache pas, tu vas souffrir ». Toutes ces parties, même si elles semblent gênantes, ont une intention positive : vous protéger.
Beaucoup de personnes que je reçois ont déjà essayé des choses. Des livres de développement personnel, de la méditation, des thérapies brèves, parfois même des médicaments. Et souvent, ça soulage un temps. Mais la sensation de déconnexion revient.
Pourquoi ? Parce que la plupart des approches tentent de changer ou de supprimer ce qui ne va pas. On vous dit : « Pensez positif », « Lâchez prise », « Soyez dans l’instant présent ». Mais quand une partie de vous est activée, quand le protecteur est en alerte, ces injonctions ne fonctionnent pas. Elles ajoutent même une couche de culpabilité : « Je devrais être capable de lâcher prise, mais je n’y arrive pas. Je suis nul. »
L’IFS propose une autre voie. Au lieu de combattre vos parties, vous apprenez à les écouter. Au lieu de les juger, vous apprenez à les comprendre. Et surtout, vous découvrez qu’au centre de tout ça, il y a une partie de vous qui n’a jamais été blessée, jamais fragmentée, jamais déconnectée. C’est le Self.
Le Self, dans l’IFS, n’est pas une construction. Ce n’est pas quelque chose que vous devez développer ou atteindre. C’est votre essence. C’est la qualité fondamentale de votre être. Elle possède des qualités naturelles : la curiosité, la compassion, la confiance, le calme, le courage, la clarté, la créativité, la connexion. Vous avez déjà expérimenté ces qualités, ne serait-ce qu’un instant. Un moment où vous étiez pleinement présent, sans jugement, simplement là. C’était le Self.
Je vous entends penser : « C’est beau tout ça, mais moi, je ne ressens rien de tel. Je me sens vide, pas connecté à une essence lumineuse. » C’est normal. Le Self est souvent caché derrière des parties qui font beaucoup de bruit. Mais il est là. Et vous pouvez apprendre à le reconnaître, non pas en cherchant une sensation forte, mais en remarquant son absence relative.
Voici un petit exercice que je propose souvent aux personnes que j’accompagne. Asseyez-vous tranquillement, fermez les yeux une minute. Posez-vous simplement cette question : « Est-ce qu’il y a une partie de moi qui juge ce que je ressens en ce moment ? » Peut-être qu’une voix intérieure dit : « Tu ne fais pas bien l’exercice », ou « Ça ne marchera pas », ou « C’est nul ». Cette voix, c’est une partie. Elle n’est pas le Self.
Maintenant, demandez-vous : « Et derrière cette voix, est-ce qu’il y a une partie de moi qui peut simplement observer cette voix sans la juger ? » Cette capacité à observer, à être témoin de ce qui se passe en vous, sans vouloir le changer, c’est une expression du Self. Elle est minuscule au début. Mais elle est là.
Un patient, Marc, 48 ans, chef d’entreprise, me disait : « Je suis habitué à tout contrôler. Mon entreprise, ma famille, mes émotions. Quand je ferme les yeux, je ne ressens que du vide. » Je lui ai proposé de ne pas chercher à ressentir quelque chose, mais simplement de remarquer le vide. « Observe ce vide. Est-ce qu’il a une texture ? Une couleur ? Une température ? » Il a souri : « C’est con, mais c’est comme un brouillard gris. » Puis je lui ai demandé : « Et qui observe ce brouillard ? » Il a marqué un temps d’arrêt. « C’est bizarre. C’est comme s’il y avait quelqu’un derrière, qui regarde. » Ce « quelqu’un », c’était son Self.
Le Self ne se sent pas toujours comme une présence forte. Parfois, c’est juste un espace silencieux au milieu du bruit. Un espace que vous avez toujours eu, mais que vous n’aviez pas appris à reconnaître.
Le Self ne parle pas fort. Il ne crie pas, ne menace pas, ne force pas. Il chuchote. Et souvent, on confond ses murmures avec les voix de nos parties. Voici quelques situations où le Self est probablement à l’œuvre, même si vous ne le réalisez pas.
1. Quand vous ressentez une curiosité soudaine. Vous voyez un inconnu dans la rue et vous vous demandez : « Quelle est son histoire ? » C’est le Self. La curiosité est une de ses qualités fondamentales. Les parties, elles, jugent : « Il a l’air bizarre », ou « Elle est trop bien habillée, elle doit être prétentieuse ».
2. Quand vous avez un élan de compassion. Vous voyez quelqu’un souffrir, même un personnage de film, et vous ressentez une tendresse, une envie d’aider. C’est le Self. Les parties peuvent dire : « Il l’a cherché », ou « Ne t’implique pas, tu vas souffrir aussi ».
3. Quand vous faites une pause, sans raison. Vous êtes en train de travailler, et soudain, vous levez les yeux, vous regardez par la fenêtre, vous respirez. Ce n’est pas une fuite. C’est un moment de présence. Le Self s’invite.
4. Quand vous riez vraiment, sans filtre. Pas le rire social, celui qui fait du bruit pour combler un silence. Mais le rire qui monte du ventre, surprenant, libérateur. Ce rire-là vient du Self.
5. Quand vous sentez que « quelque chose ne va pas ». Paradoxal, non ? Pourtant, cette insatisfaction diffuse, ce sentiment que la vie pourrait être plus pleine, c’est souvent la voix du Self qui vous appelle. Les parties vous diront : « Contente-toi de ce que tu as », ou « Tu es ingrat ». Mais le Self, lui, sait que vous êtes fait pour plus que la survie. Il vous invite à vous reconnecter.
Ces signes sont discrets. Ils se glissent dans les interstices de votre quotidien. Le problème, c’est que nos parties les recouvrent vite, comme une mauvaise herbe recouvre une fleur. Le travail que je propose, c’est d’apprendre à voir ces fleurs, à les reconnaître, à leur donner de l’espace.
C’est l’affirmation la plus puissante de l’IFS, et la plus difficile à croire quand on souffre. Pourtant, c’est une expérience que j’ai vue se vérifier des centaines de fois.
Votre Self n’a jamais été blessé. Il n’a jamais été humilié, abandonné, trahi. Il n’a jamais eu peur. Il n’a jamais douté. Pourquoi ? Parce que le Self n’est pas une partie. C’est votre essence fondamentale. C’est la conscience qui est présente avant, pendant et après les tempêtes émotionnelles. Les tempêtes touchent les parties. Elles peuvent les submerger, les figer, les fragmenter. Mais le Self reste intact. Il est comme le ciel bleu derrière les nuages. Les nuages passent, le ciel reste.
Quand vous comprenez cela, tout change. Vous n’êtes plus un être brisé qui doit se réparer. Vous êtes un être entier, dont certaines parties sont blessées et ont besoin d’être écoutées. La guérison ne vient pas d’un ajout extérieur, mais d’une reconnexion à ce qui est déjà là.
Prenons l’exemple de Claire, 42 ans, enseignante. Elle venait de vivre une rupture douloureuse. Elle me disait : « Je me sens anéantie. Il y a un vide en moi. Je ne sais plus qui je suis. » Elle était identifiée à sa partie blessée, celle qui pleurait, qui se sentait rejetée. Je lui ai demandé : « Pouvez-vous, pendant un instant, observer cette partie blessée ? Pas la changer, juste la regarder avec curiosité ? » Elle a fermé les yeux, pleuré un peu, puis a dit : « Je la vois. Elle est recroquevillée dans un coin. Elle a 6 ans. Elle attend que quelqu’un vienne la chercher. » Je lui ai demandé : « Et qui voit cette petite fille ? » Elle a répondu, surprise : « C’est moi. Mais une autre partie de moi. Une partie calme, qui n’a pas peur. » Cette partie calme, c’était son Self. Elle n’avait jamais souffert. Elle était juste là, présente, capable d’accueillir la petite fille blessée.
« Votre Self n’est pas une version améliorée de vous-même. C’est vous, débarrassé des histoires que vos parties vous racontent. »
Ce que ça change concrètement ? Vous arrêtez de vous battre contre vous-même. Vous arrêtez de vouloir arracher les mauvaises herbes. Vous apprenez à les connaître, à comprendre pourquoi elles sont là, et à leur montrer qu’il y a un jardinier compétent, calme et aimant, qui peut prendre soin de tout le jardin. Ce jardinier, c’est votre Self.
Je ne vais pas vous promettre que vous allez vivre une expérience transcendante en cinq minutes. La reconnexion au Self est un chemin, pas un claquement de doigts. Mais il y a des gestes simples, que vous pouvez faire dès aujourd’hui, pour ouvrir une porte.
Exercice : Le dialogue intérieur en trois étapes
Identifiez une partie qui vous gêne. Choisissez quelque chose de léger pour commencer. Pas le deuil ou le traumatisme. Prenez une petite contrariété : l’impatience dans les embouteillages, la critique que vous vous faites sur votre poids, l’irritation quand votre conjoint laisse traîner ses chaussures. Prenez celle qui est la plus présente en ce moment.
Tournez-vous vers elle avec curiosité. Au lieu de vous dire « Je suis nul d’être impatient », demandez-vous : « Où est-ce que je sens cette impatience dans mon corps ? Est-ce une tension dans la poitrine ? Une chaleur dans le ventre ? » Puis, adressez-vous à elle comme à une personne. Vous pouvez dire intérieurement : « Bonjour, partie impatiente. Je te vois. Je ne veux pas te chasser. Je veux juste te connaître. Qu’est-ce que tu veux que je sache ? » Ne forcez pas la réponse. Laissez venir. Peut-être qu’elle dit : « Je veux que tu ne perdes pas de temps. » Ou : « Je veux que tu sois en contrôle. » Ou : « J’ai peur qu’on soit en retard. »
Remerciez-la. Quelle que soit sa réponse, remerciez-la. « Merci d’essayer de m’aider. Je comprends que tu veux me protéger. » Ce simple geste de reconnaissance change la relation. Vous n’êtes plus en guerre. Vous êtes en dialogue. Et dans ce dialogue, c’est le Self qui parle. Pas une partie. Le Self est celui qui peut dire « merci » sans attendre de retour.
Faites cet exercice une fois par jour, sur une petite contrariété. Au début, ça peut sembler artificiel. Vous aurez des parties qui diront : « C’est débile », « Tu perds ton temps », « Ça ne marchera pas ». Observez ces parties aussi. Remerciez-les. Et continuez.
Après quelques jours, vous commencerez à sentir un espace. Un espace entre vous et vos réactions. Un espace où il y a plus de choix. Un espace où vous pouvez respirer avant de répondre. Cet espace, c’est la présence du Self.
Je veux être honnête avec vous. L’IFS n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas effacer vos souvenirs douloureux. Elle ne va pas faire disparaître vos parties protectrices du jour au lendemain. Elle ne va pas vous rendre « positif » en permanence.
Ce qu’elle va faire, c’est vous donner une carte. Une carte de votre monde intérieur. Vous allez apprendre à nommer vos parties, à comprendre leurs rôles, à les remercier pour leur service, et à leur montrer qu’elles peuvent se reposer. Vous allez découvrir que vous n’êtes pas vos parties. Vous êtes celui ou celle qui peut les accueillir.
Concrètement, les personnes que j’accompagne rapportent plusieurs changements :
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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