3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Comprenez les régions clés qui changent pendant une séance.
Vous êtes allongé dans mon fauteuil, les yeux fermés. Vous entendez ma voix, mais vos pensées vagabondent déjà ailleurs — dans un souvenir d’enfance, une sensation de chaleur dans le ventre, ou peut-être cette image floue de vous-même en train de réussir ce qui vous semblait impossible la veille. Pendant ce temps, dans votre crâne, quelque chose se passe. Pas une magie, pas un état second mystérieux : une activité cérébrale mesurable.
Depuis une quinzaine d’années, les neurosciences cognitives ont mis l’hypnose sous IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle). Les résultats sont nets : l’état hypnotique n’est pas un simple « relâchement » ou une « relaxation profonde ». C’est un état d’attention modifiée, avec des activations et désactivations spécifiques dans le cerveau. Connaître ces zones, c’est comprendre pourquoi l’hypnose fonctionne — et surtout, ce qu’elle peut changer concrètement dans votre quotidien.
Je ne vais pas vous noyer sous des termes techniques. Je veux que vous repartiez avec trois images mentales claires, trois régions que vous pourrez visualiser quand vous fermerez les yeux la prochaine fois. Et peut-être, en les reconnaissant, vous sentirez que ce qui se joue dans votre tête est plus concret que vous ne l’imaginiez.
Commençons par une zone que j’appelle souvent le « contrôleur aérien » de votre cerveau. Le cortex cingulaire antérieur (CCA) est situé au milieu du cerveau, juste au-dessus du corps calleux. Son rôle principal ? Détecter les conflits, évaluer les options, et décider où porter votre attention. C’est lui qui vous fait hésiter entre répondre à un mail urgent ou finir votre café. C’est lui qui vous signale : « Attention, là tu es en train de ruminer, ça ne sert à rien. »
Sous hypnose, que montre l’IRM ? Une baisse d’activité significative de cette zone. Pas un effondrement, mais une mise au repos. Le contrôleur aérien lâche les commandes.
Pourquoi est-ce important ? Parce que beaucoup de vos difficultés — anxiété, phobies, douleurs chroniques, addictions — sont maintenues par une hypervigilance de cette région. Vous passez votre temps à anticiper, à évaluer, à vous dire « et si… ». Le CCA tourne en boucle. En hypnose, il ralentit. Vous n’êtes plus en train de juger chaque pensée qui émerge. Vous la laissez passer.
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « Je n’arrive pas à lâcher prise, mon mental est trop fort. » Ce qu’elles vivent, c’est un CCA en surrégime. L’hypnose ne supprime pas le mental — elle lui donne une pause. Et dans cette pause, quelque chose d’autre peut advenir.
Prenons un exemple concret. Paul, 42 ans, cadre commercial, vient pour une phobie de l’avion. En séance, quand je l’emmène en hypnose, son cerveau commence à associer le bruit du moteur à une sensation de danger. Le CCA s’affole : « Danger ? Pas danger ? Vérifie encore. » Sous hypnose, cette zone se calme. Paul peut alors entendre le bruit sans déclencher l’alarme. Il ne s’agit pas de nier le bruit, mais de ne plus le traiter comme une menace.
« Quand le cortex cingulaire antérieur se tait, ce n’est pas le vide qui s’installe. C’est l’espace pour autre chose. »
Cette baisse d’activité explique aussi pourquoi l’hypnose est efficace contre la douleur. La douleur n’est pas supprimée dans le corps — elle arrive toujours au cerveau. Mais sans l’évaluation constante du CCA (« cette douleur est insupportable », « elle va durer », « je vais craquer »), la sensation perd son caractère angoissant. Elle devient une information parmi d’autres.
Si vous voulez expérimenter un aperçu de ce calme, asseyez-vous tranquillement, fermez les yeux, et portez votre attention sur votre respiration. Sans essayer de la modifier. À chaque fois qu’une pensée surgit — « je dois penser à ça », « ça marche pas » — dites-vous simplement : « Pas maintenant. » Vous venez de donner un congé temporaire à votre CCA.
La deuxième zone est plus diffuse. On l’appelle le réseau du mode par défaut (Default Mode Network, DMN). Il s’active quand vous ne faites rien de spécifique : quand vous rêvassez, quand vous vous remémorez le passé, quand vous imaginez le futur. C’est le réseau de votre identité narrative. Celui qui raconte l’histoire de votre vie.
Sous hypnose, l’IRM montre une augmentation de la connectivité au sein de ce réseau. Les différentes régions qui le composent — le cortex préfrontal médian, le précuneus, le cortex cingulaire postérieur — commencent à dialoguer plus intensément.
Cela peut paraître contre-intuitif. On pourrait penser que l’hypnose « endort » le mental. En réalité, elle le rend plus fluide. Le vagabondage mental n’est pas stoppé, il est canalisé. Les souvenirs, les images, les sensations remontent plus librement. Et surtout, ils se reconnectent entre eux.
C’est ce qui permet les fameuses « prises de conscience » en hypnose. Vous n’apprenez pas quelque chose de totalement nouveau. Vous reliez des points qui étaient déjà là, mais déconnectés. La personne qui réalise : « Ah, c’est pour ça que je réagis toujours comme ça avec mon chef… » — c’est son DMN qui vient de tisser un nouveau lien.
J’ai accompagné une jeune femme, Sophie, 29 ans, pour une anxiété sociale. Elle évitait les repas de famille parce qu’elle se sentait jugée. En séance, sous hypnose, elle a revu une scène de son enfance : son père, fatigué, qui lui disait « arrête de faire l’intéressante ». Son DMN a connecté ce souvenir à sa peur actuelle. Elle n’a pas « guéri » sur le moment, mais elle a compris. Et la compréhension, quand elle est vécue corporellement, change quelque chose.
Ce réseau est aussi celui qui permet l’intégration des ressources. Quand je vous guide vers un souvenir de compétence, de calme, ou de réussite, c’est le DMN qui active ces circuits. Vous ne vous contentez pas de « penser » à un moment agréable — vous le revivez partiellement. Les mêmes zones s’allument.
C’est pour ça que je dis souvent : en hypnose, vous n’allez pas chercher quelque chose que vous n’avez pas. Vous allez réactiver ce qui est déjà là, mais inaccessible à cause du bruit mental. Le DMN est votre bibliothèque intérieure. L’hypnose vous donne la clé.
Troisième zone, et non des moindres : le cortex préfrontal dorsolatéral (CPFDL). C’est le siège de vos fonctions exécutives : planification, inhibition, prise de décision, auto-évaluation. C’est lui qui vous dit « non, ne mange pas ce gâteau », « arrête de regarder ton téléphone », « concentre-toi sur ce rapport ». C’est le parent intérieur, le superviseur, le juge.
Sous hypnose, l’IRM révèle une baisse d’activité de cette région. Pas une extinction, mais une diminution marquée.
Pourquoi ? Parce que l’hypnose repose sur une suspension temporaire du jugement critique. Vous acceptez une suggestion non pas parce que vous y croyez aveuglément, mais parce que vous cessez de l’évaluer constamment. Vous laissez la porte entrouverte.
C’est cette baisse qui permet, par exemple, de modifier la perception de la douleur ou de l’anxiété. Normalement, votre CPFDL analyse : « Cette sensation est dangereuse, il faut agir. » Sous hypnose, il se tait assez longtemps pour que vous puissiez expérimenter une autre réponse : « Cette sensation est là, mais je peux la regarder sans paniquer. »
Attention : cela ne signifie pas que vous perdez tout contrôle. Vous restez conscient, vous pouvez ouvrir les yeux à tout moment. Mais votre cerveau accepte temporairement de ne pas tout vérifier. C’est un peu comme quand vous êtes absorbé par un film : vous savez que ce n’est pas réel, mais vous suspendez votre incrédulité pour vivre l’émotion.
Cette zone est aussi celle qui maintient les schémas rigides. Les croyances limitantes — « je ne suis pas capable », « les autres sont meilleurs que moi », « je vais échouer » — sont des programmes exécutifs répétés. Le CPFDL les fait tourner en boucle. En hypnose, ce programme ralentit. La croyance est toujours là, mais elle perd son pouvoir d’injonction.
« Le cortex préfrontal dorsolatéral ne disparaît pas. Il accepte juste de ne pas avoir le dernier mot. »
Je pense à Marc, 55 ans, ancien sportif de haut niveau, venu pour une dépression masquée. Son CPFDL était en surrégime : performance, contrôle, auto-exigence. En hypnose, j’ai vu son visage se détendre progressivement. Il m’a dit après : « Je n’ai pas arrêté de penser, mais mes pensées étaient moins lourdes. » C’est exactement ça : les pensées restent, mais le poids disparaît.
Concrètement, cette baisse d’activité du CPFDL est ce qui permet les changements rapides. Vous n’avez pas besoin de « comprendre » intellectuellement pourquoi vous faites une crise d’angoisse. Vous pouvez, en séance, expérimenter une autre façon d’être en sécurité. Et votre cerveau, ayant vécu l’expérience, commence à créer de nouveaux chemins.
Maintenant, prenons un peu de hauteur. Ces trois régions — cortex cingulaire antérieur, réseau du mode par défaut, cortex préfrontal dorsolatéral — ne fonctionnent pas isolément. Elles forment un système. En hypnose, ce système se reconfigue.
Le CCA lâche l’évaluation constante. Le DMN devient plus fluide et connecte des souvenirs. Le CPFDL suspend son jugement. Ensemble, ils créent un état d’attention interne ouverte.
C’est cet état qui permet le changement. Pas parce que vous êtes « plus suggestible », mais parce que votre cerveau est plus plastique. Il peut essayer de nouvelles combinaisons sans être bloqué par les routines habituelles.
Les IRM le montrent : les personnes qui répondent bien à l’hypnose ne sont pas celles qui « se laissent aller » passivement. Ce sont celles qui maintiennent une attention focalisée tout en restant flexibles. C’est un équilibre subtil entre concentration et lâcher-prise.
Et vous, où en êtes-vous avec ces trois zones ? Peut-être que votre CCA tourne en boucle sur une inquiétude. Peut-être que votre DMN est coincé dans une histoire négative que vous vous racontez. Peut-être que votre CPFDL vous empêche d’essayer quelque chose de nouveau.
L’hypnose ne va pas « réparer » ces zones une par une. Elle va créer les conditions pour qu’elles travaillent ensemble différemment. C’est une forme de réorganisation, pas de réparation.
Je ne vais pas vous laisser sans rien. Voici un petit exercice que vous pouvez tester chez vous, pour ressentir ces trois zones en action. Il ne remplace pas une séance, mais il vous donne un aperçu.
Ce que vous venez de faire : vous avez donné une pause à votre CCA (l’évaluation), activé votre DMN (le vagabondage accepté), et suspendu le jugement de votre CPFDL (ne pas analyser chaque son). Ce n’est pas l’hypnose, mais c’en est une porte d’entrée.
Je ne suis pas chercheur en neurosciences. Je suis praticien, installé à Saintes depuis 2014. Ce que je vois dans mon cabinet, c’est que ces connaissances rassurent. Quand une personne comprend que son cerveau n’est pas « cassé », mais simplement pris dans des boucles, elle respire mieux. La honte diminue. La curiosité prend le relais.
L’hypnose que je pratique — ericksonienne, intégrant l’IFS et l’Intelligence Relationnelle — s’appuie sur cette plasticité. Je ne vous promets pas que tout va disparaître en une séance. Mais je vous promets que vous pouvez expérimenter un état différent, et que cet état peut ouvrir des portes.
Si vous lisez ces lignes et que vous reconnaissez en vous un CCA en surchauffe, un DMN coincé, ou un CPFDL trop sévère, sachez que vous n’êtes pas seul. Beaucoup de personnes viennent pour ça. Et beaucoup repartent avec un rapport plus doux à leur propre mental.
Si vous avez envie d’explorer cela ensemble, je suis là. Pas pour vous « réparer » — vous n’êtes pas cassé. Mais pour vous accompagner à réorganiser ce qui est déjà là, d’une façon qui vous serve mieux.
Prenez soin de vous.
Thierry Sudan
Praticien en hypnose, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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