3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Découvrez comment l'hypnose a évolué pour devenir un outil de libération.
Quand je reçois une nouvelle personne dans mon cabinet à Saintes, il m’arrive souvent d’entendre une petite phrase en début de séance : « L’hypnose, pour moi, c’est un peu comme un spectacle, non ? » Je souris à chaque fois, parce que cette image est tenace. Elle vient de loin, des foires et des salons du XIXe siècle, où des magnétiseurs faisaient tourner des têtes et lever des bras sans que personne ne comprenne vraiment comment. Mais l’hypnose que je pratique, celle de Milton Erickson, n’a rien à voir avec un numéro de cirque.
Pourtant, pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut accepter de faire un petit voyage dans le temps. Un voyage qui commence avec un médecin viennois au regard magnétique, Franz Anton Mesmer, et qui se termine dans la boue des tranchées de la Première Guerre mondiale, puis dans le désert de l’Arizona où un homme poliomyélite réinventa tout. Ce n’est pas une histoire de pouvoir ou de manipulation. C’est l’histoire d’une redécouverte : celle de notre capacité à nous libérer de nos propres blocages.
Alors, attachez votre ceinture. On remonte le fil.
Tout commence à Vienne, puis à Paris, dans les années 1770. Franz Anton Mesmer est un médecin formé à la dure, mais il a une obsession : il croit que les corps sont traversés par un fluide invisible, une sorte d’électricité universelle. Pour lui, la maladie vient d’un déséquilibre de ce fluide. Et pour le rééquilibrer, il utilise des aimants. Oui, des aimants. Il pose des barres métalliques sur ses patients, il fait des passes avec les mains, et il obtient des résultats spectaculaires : des gens tombent en transe, des paralysies disparaissent, des douleurs s’évanouissent.
Mesmer appelle ça le « magnétisme animal ». Il devient la coqueluche de la haute société parisienne. Marie-Antoinette elle-même s’y intéresse. Mais les académies de médecine, elles, ne rigolent pas. En 1784, une commission royale (avec Benjamin Franklin, entre autres) examine ses travaux et conclut : « Il n’y a pas de fluide. Tout est dans l’imagination. » Mesmer est discrédité, traité de charlatan. Il finira sa vie en exil, oublié.
Mais la commission avait raison sur un point crucial : ce n’était pas le fluide qui agissait, c’était la relation, la suggestion, l’état de conscience modifié. Mesmer avait découvert l’hypnose sans le savoir. Il avait ouvert une porte qu’il ne comprenait pas. Et cette porte, d’autres allaient l’emprunter.
Ce que Mesmer nous a laissé, ce n’est pas une théorie. C’est la preuve que l’esprit humain peut provoquer des changements physiques profonds, simplement parce qu’il croit que c’est possible.
Après Mesmer, l’hypnose tombe dans les mains des chirurgiens et des dentistes. Dans les années 1840, un médecin anglais, James Braid, invente le mot « hypnose » (du grec hypnos, sommeil) et tente de lui donner une base scientifique. Il comprend que ce n’est pas un sommeil, mais un état de concentration intense. Puis vient le Français Ambroise-Auguste Liébeault, un médecin de campagne qui soigne gratuitement les pauvres avec des suggestions verbales. Il fonde l’École de Nancy, avec Hippolyte Bernheim, et ils affirment une idée révolutionnaire : l’hypnose n’est qu’une forme de suggestion, tout le monde peut y accéder.
En face, à Paris, Jean-Martin Charcot (le célèbre neurologue de la Salpêtrière) voit les choses différemment. Pour lui, l’hypnose est un état pathologique, réservé aux hystériques. Il fait des démonstrations publiques où ses patientes, souvent préparées, entrent en transe sur commande. C’est spectaculaire, mais faux. Charcot confond l’hypnose avec les symptômes de l’hystérie.
Pendant des décennies, les deux écoles s’affrontent. Mais au début du XXe siècle, l’hypnose tombe en disgrâce. Pourquoi ? Parce que la psychanalyse de Freud prend toute la place. Freud, qui avait assisté aux démonstrations de Bernheim et Charcot, avait tenté d’utiliser l’hypnose. Mais il n’était pas doué pour ça. Il préférait la parole libre, l’association d’idées. Alors il a rangé l’hypnose au placard, la qualifiant de méthode trop directe, trop suggestive.
Résultat : pendant près de cinquante ans, l’hypnose est devenue une pratique marginale, presque folklorique. On la voit dans les spectacles de music-hall, où des hypnotiseurs de foire font aboyer des volontaires. L’image est définitivement toxique.
Et pourtant, au même moment, quelque chose se prépare dans l’ombre.
Milton Erickson naît en 1901 dans une ferme du Nevada. À 17 ans, il est frappé par une poliomyélite foudroyante. Les médecins disent qu’il ne marchera plus jamais. Erickson, lui, ne les écoute pas. Il passe des heures à observer son corps, à sentir les micro-mouvements qu’il peut encore faire. Il apprend à marcher différemment, à compenser. Il devient même capable de marcher avec une canne, et plus tard, il parcourra des kilomètres à pied dans le désert.
Cette expérience le marque à jamais. Il comprend que le changement ne vient pas de la volonté consciente, mais de l’exploration patiente des ressources inconscientes. Il ne s’agit pas de forcer, mais de permettre.
Dans les années 1930, Erickson devient psychiatre. Il travaille avec des patients que personne ne veut voir : des schizophrènes, des dépressifs sévères, des gens « incurables ». Il ne les confronte pas. Il ne leur dit pas ce qu’ils doivent faire. Il utilise leurs propres métaphores, leurs propres résistances. Si un patient dit « je ne peux pas », Erickson ne le contredit pas. Il dit : « Alors, pouvez-vous essayer de ne même pas penser à bouger votre main gauche pendant que vous écoutez ma voix ? » Et le patient, en résistant à la demande, bouge sa main. Le changement arrive par la bande.
Erickson invente une approche qu’on appellera plus tard l’hypnose ericksonienne. Elle est indirecte, permissive, centrée sur l’individu. Il n’y a pas de rituel, pas de pendule, pas de « vous êtes endormi ». Il y a une conversation, une histoire, une image. Erickson savait qu’un patient en transe n’est pas passif : il est actif, il explore, il trouve ses propres solutions.
Erickson disait souvent : « La résistance n’existe pas. Il n’y a que des communications que je n’ai pas encore su entendre. »
Aujourd’hui, quand je reçois un sportif de haut niveau qui bloque sur une performance, ou un adulte qui souffre d’une phobie depuis vingt ans, je pense à Erickson. Je ne cherche pas à le « guérir » de l’extérieur. Je cherche à lui montrer qu’il a déjà, quelque part en lui, la clé. Mon travail, c’est juste de l’aider à la retrouver.
On parle rarement de ce chapitre, mais il est crucial. Pendant la Première Guerre mondiale, les hôpitaux militaires sont submergés de soldats souffrant de « choc des obus » – ce qu’on appellerait aujourd’hui un état de stress post-traumatique. Les médecins n’ont rien. La psychanalyse est trop lente. Alors certains reviennent à l’hypnose, faute de mieux. Et ça marche.
Ils utilisent des techniques très directes : « Quand je compterai jusqu’à trois, vous ne sentirez plus votre jambe. » Pas de fioritures. Les résultats sont rapides. L’hypnose redevient un outil médical, pragmatique, presque chirurgical. Après la guerre, des médecins comme John Milne Bramwell en Angleterre continuent de l’utiliser. Mais le vrai tournant, c’est la Seconde Guerre mondiale.
Aux États-Unis, l’armée forme des dentistes et des médecins à l’hypnose pour opérer sans anesthésie, parce qu’il n’y a pas assez de morphine. C’est là que Milton Erickson, qui est alors un jeune psychiatre, fait ses premières expériences. Il hypnotise des soldats pour les aider à supporter la douleur, pour débloquer des paralysies hystériques, pour retrouver des souvenirs enfouis.
Ces expériences le confortent dans une idée : l’hypnose n’est pas un état de sommeil, mais un état de conscience hyper-éveillée, où l’attention est focalisée, où le corps et l’esprit peuvent communiquer différemment. Et surtout, que cet état peut être induit par la parole, sans aucun rituel imposant.
Après la guerre, Erickson devient une figure incontournable. Il forme des centaines de thérapeutes. Il publie des articles qui deviendront des classiques. Et surtout, il filme ses séances. On peut encore voir aujourd’hui des vidéos où il hypnotise une patiente en lui parlant de la couleur du tapis, ou en lui racontant l’histoire d’un cactus dans le désert. C’est d’une simplicité déconcertante. Et pourtant, ça marche.
Revenons à cette image que j’évoquais en introduction : l’hypnose de spectacle. Elle existe toujours, et elle repose sur un principe simple : le volontaire accepte de jouer le jeu. Il monte sur scène, il veut être le centre de l’attention, et l’hypnotiseur utilise des suggestions directes et autoritaires. C’est un divertissement, pas une thérapie.
L’hypnose ericksonienne, celle que je pratique, est tout le contraire. Je ne cherche pas à vous faire faire des choses ridicules. Je cherche à vous aider à dénouer quelque chose qui vous bloque. Et pour ça, je n’ai pas besoin de vous faire « dormir » ou de vous mettre en transe profonde. La plupart du temps, vous êtes simplement assis dans un fauteuil, les yeux ouverts, et vous écoutez ma voix.
La transe, dans l’approche ericksonienne, c’est un état d’attention focalisée. Vous l’avez déjà vécu des centaines de fois : quand vous lisez un livre captivant et que vous n’entendez plus rien autour de vous, quand vous conduisez sur une route familière et que vous vous rendez compte que vous avez « oublié » les dix derniers kilomètres. C’est ça, la transe légère. Rien de mystérieux.
Ce qui change, c’est que dans cet état, votre esprit critique est moins actif. Vous êtes plus réceptif à de nouvelles associations, à de nouvelles perspectives. Votre inconscient peut travailler sur un problème sans que votre conscient vienne mettre son grain de sel avec ses peurs et ses jugements.
L’hypnose ericksonienne ne vous enlève pas le contrôle. Elle vous donne accès à des ressources que vous ne saviez pas avoir.
Concrètement, ça donne quoi ? Un exemple : un patient vient me voir pour une phobie des araignées. Il a 40 ans, il ne peut plus entrer dans une cave, il vérifie les coins des pièces. Avec l’hypnose ericksonienne, on ne va pas le confronter à une araignée. On va lui raconter une histoire. Une histoire où quelqu’un apprend à regarder quelque chose de petit, de loin, puis de plus près. On va utiliser des métaphores. Et son cerveau, en écoutant, va faire le travail tout seul. Après quelques séances, la phobie diminue, puis disparaît. Pas de trauma, pas de forcing.
Je suis honnête avec les personnes que je reçois. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne peut pas vous faire arrêter de fumer en une séance si vous n’êtes pas prêt. Elle ne peut pas effacer un traumatisme en claquant des doigts. Mais elle peut vous aider à :
Ce qu’elle ne fait pas, c’est vous forcer à révéler des secrets ou à faire quelque chose contre votre volonté. Vous restez maître de vous-même. Si une suggestion ne vous convient pas, votre inconscient la rejette automatiquement. J’insiste toujours là-dessus : l’hypnose ericksonienne est un outil de libération, pas de contrôle.
Aujourd’hui, l’hypnose est reconnue comme thérapie complémentaire par de nombreuses institutions médicales. Elle est utilisée en anesthésie, en obstétrique, en odontologie, en oncologie, en psychiatrie. Et elle continue d’évoluer, intégrant des apports des neurosciences, de la psychologie cognitive, et même de l’imagerie cérébrale.
Vous lisez cet article peut-être parce que vous cherchez une solution à un problème qui dure. Peut-être que vous avez tout essayé : les livres de développement personnel, les thérapies classiques, la volonté à toute épreuve. Et pourtant, quelque chose résiste. Un blocage. Une peur. Une habitude qui revient.
Ce que l’histoire de l’hypnose nous apprend, c’est que le changement ne passe pas toujours par la force. Parfois, il passe par la détente, par l’attention indirecte, par la confiance en une partie de nous que nous ne contrôlons pas consciemment. C’est ce qu’ont compris Mesmer (malgré ses erreurs), Braid, Liébeault, et surtout Erickson.
Vous avez en vous des ressources que vous n’utilisez pas. L’hypnose n’est rien d’autre qu’un moyen de les rendre accessibles. Ce n’est pas un pouvoir extérieur. C’est une porte intérieure.
Alors, si vous êtes à Saintes ou dans les environs, et que vous sentez que le moment est venu d’essayer autre chose, je vous invite à prendre contact. Pas pour que je vous « hypnotise » comme on le voit à la télévision. Mais pour qu’on parle, qu’on explore ensemble, et que vous puissiez, à votre rythme, trouver votre propre chemin.
Je vous reçois dans mon cabinet, rue de l’Échevinage, ou en visio si vous êtes plus loin. Un premier échange ne vous engage à rien. C’est juste une conversation. Et parfois, une conversation bien menée est le début d’un vrai changement.
À bientôt, peut-être.
Thierry Sudan
Praticien en hypnose ericksonienne, IFS et Intelligence Relationnelle
Saintes (17)
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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