3 phrases à répéter (avec l'hypnose) pour gagner en confiance
Des affirmations qui changent vraiment votre dialogue intérieur.
Solutions pour les sportifs qui doutent de leur capacité à lâcher prise.
Tu es assis en face de moi dans mon cabinet à Saintes, et tu me dis : « Thierry, j’ai essayé l’hypnose une fois pour mon sport, mais ça n’a pas marché. Je n’arrive pas à lâcher prise. Je crois que je ne suis pas fait pour ça. »
Je l’entends souvent. Très souvent. Chez des coureurs, des footballeurs, des sportifs amateurs ou compétiteurs. Parfois, c’est un autre professionnel qui t’a dit : « Toi, t’es pas suggestible. » Ou alors tu as regardé des vidéos d’hypnose de spectacle et tu te dis : « Jamais je pourrais faire ça. Je contrôle tout, je suis trop rationnel. »
Alors la question qui te trotte : est-ce que ma suggestibilité faible va m’empêcher de progresser en préparation mentale ? Est-ce que je perds mon temps ?
Je vais être honnête avec toi : oui, il y a des personnes qui entrent moins facilement dans un état modifié de conscience. Mais non, ce n’est pas un obstacle. C’est juste une porte qui s’ouvre différemment. Et dans cet article, je vais te montrer pourquoi et comment.
Commençons par poser les bases. La suggestibilité, c’est ta capacité à répondre à des suggestions, à accepter une idée ou une expérience sans la filtrer par ton jugement critique. En hypnose, on parle souvent de « réceptivité hypnotique ». Certaines personnes entrent rapidement dans un état de transe profonde, d’autres non. Mais attention : ce n’est pas une qualité fixe. Ce n’est pas un trait de caractère immuable.
Quand je reçois un sportif qui me dit « je ne suis pas suggestible », je pose toujours la même question : « Qu’est-ce qui te fait dire ça ? » La réponse est presque toujours liée à une expérience précédente où la personne n’a pas ressenti ce qu’elle imaginait : ne pas avoir perdu le contrôle, ne pas avoir eu de sensations physiques fortes, ne pas avoir eu d’amnésie. En clair, elle compare son expérience à un cliché de l’hypnose de spectacle.
Mais la suggestibilité, ce n’est pas ça. C’est simplement ta manière d’entrer en relation avec ton propre monde intérieur. Et cette capacité, elle se travaille, elle s’affine, elle se cultive. Comme un muscle.
Un point important : la suggestibilité mesurée en laboratoire avec des échelles standardisées (comme l’échelle de Stanford ou de Harvard) n’a qu’un lien modéré avec ce qui se passe en séance individuelle. Pourquoi ? Parce que ces tests sont froids, décontextualisés. En séance, je m’adapte à toi, à ton histoire, à ton sport, à ton état du moment. La relation fait la différence.
> La suggestibilité n’est pas une prison. C’est un point de départ. Et un point de départ, ça se déplace.
Je vais te donner un exemple anonymisé, mais très réel. J’ai reçu un coureur de fond, appelons-le Marc. Marc était ingénieur, ultra-rationnel, habitué à tout anticiper. Il venait pour améliorer sa gestion de l’effort sur marathon. Dès les premières minutes, il m’a prévenu : « Je suis cartésien, je vais avoir du mal à lâcher prise. »
Marc avait raison sur un point : son mode par défaut était l’analyse. Pendant la séance, il commentait intérieurement ce que je disais. Il vérifiait, il jugeait. Mais ce n’est pas un problème. C’est une information. Son cerveau avait besoin de sécuriser l’expérience avant de pouvoir la vivre.
Ce que j’ai fait avec Marc, c’est que je n’ai pas essayé de le « faire lâcher prise » de force. Je l’ai invité à observer. À noter ce qui se passait. À utiliser sa rationalité comme un point d’appui plutôt qu’un obstacle. Et progressivement, son mental a accepté de laisser de l’espace.
Les sportifs qui se sentent résistants ont souvent en commun :
Mais voici le paradoxe : ces mêmes traits, qui semblent bloquer l’hypnose, sont souvent ceux qui font d’excellents sportifs. La capacité à se concentrer, à analyser, à s’ajuster. Il ne s’agit pas de supprimer ces qualités. Il s’agit de les utiliser différemment.
Quand je travaille avec un sportif qui doute de sa capacité à lâcher prise, je ne commence pas par l’hypnose classique. Je commence par poser des questions. Pas des questions de diagnostic, mais des questions qui ouvrent.
Tu sais ce qui se passe quand on force quelqu’un à « se détendre » ? Ça produit l’inverse. Plus on exige le lâcher-prise, plus la résistance monte. C’est comme dire à quelqu’un : « Surtout, ne pense pas à un ours blanc. » Devine ce qui arrive ?
C’est là que l’IFS (Internal Family Systems) devient précieux. L’IFS, c’est un modèle qui considère que notre esprit est composé de différentes « parties ». Certaines sont protectrices, d’autres vulnérables, d’autres encore sont des managers qui veulent tout contrôler. Chez un sportif qui se dit « non suggestible », il y a souvent une partie très active qui veut garder la main. Cette partie n’est pas ton ennemie. Elle essaie de te protéger.
Je vais prendre un autre exemple. Une footballeuse amateur, appelons-la Sophie. Sophie jouait en club et avait des difficultés à gérer la pression avant les penalties. Elle était venue pour de l’hypnose, mais dès la première séance, elle m’a dit : « Je n’y arriverai pas, je suis trop dans ma tête. » En IFS, j’ai invité Sophie à dialoguer avec cette partie « dans la tête ». Pas pour la faire taire, mais pour comprendre ce qu’elle craignait. La réponse était surprenante : cette partie avait peur que si elle lâchait prise, elle perde son jugement sur le terrain, qu’elle devienne moins efficace. C’était une protectrice maladroite, mais bien intentionnée.
En reconnaissant son rôle, Sophie a pu négocier : « D’accord, tu restes là, mais tu me laisses un espace pour expérimenter autre chose pendant 10 minutes. » Et là, l’hypnose a pu s’installer naturellement.
L’Intelligence Relationnelle, elle, m’aide à ajuster ma communication en séance. Je parle à la partie rationnelle du sportif, je valide son besoin de clarté, je crée un cadre sécurisé. Plus le sportif se sent compris dans sa singularité, moins il a besoin de résister.
> La résistance n’est pas un échec. C’est une information précieuse sur ce qui doit être respecté et intégré.
Je vais maintenant te donner trois approches que j’utilise régulièrement avec les sportifs qui se perçoivent comme « peu suggestibles ». Ce sont des outils que tu peux expérimenter seul, avant même de consulter, ou que je vais intégrer en séance.
1. L’hypnose conversationnelle et les métaphores indirectes
Au lieu de te demander de fermer les yeux et de « te détendre », je vais parler de ton sport. Je vais utiliser des métaphores qui viennent de ton univers. Par exemple, pour un coureur : « Imagine que tu es sur une piste, et que ta respiration devient comme le rythme de tes foulées. Pas besoin de la contrôler, elle s’ajuste toute seule. » Le cerveau n’est pas en alerte parce qu’il n’y a pas d’injonction directe. La suggestion passe en dessous des radars de la partie critique.
2. La technique du « oui, et… »
C’est une approche issue de l’improvisation théâtrale, mais je l’adapte. Le principe : au lieu de lutter contre ta résistance, tu l’acceptes et tu l’intègres. Exemple : si tu sens que tu veux bouger pendant la séance, je vais te dire : « Oui, et tu peux bouger, et en bougeant, tu peux remarquer comment ton corps trouve une position qui te convient. » La résistance devient une porte d’entrée.
3. La dissociation contrôlée
Pour les sportifs très rationnels, j’utilise parfois une technique qui s’appelle la dissociation. Je leur demande de s’imaginer comme un observateur de leur propre corps ou de leur propre mental. Par exemple : « Tu regardes ton esprit comme un écran de contrôle. Tu vois les pensées passer, sans t’y accrocher. » Cette distance permet d’entrer en transe légère sans le sentiment de perdre le contrôle. C’est une approche très efficace pour les profils analytiques.
J’ai utilisé cette technique avec un joueur de foot qui avait du mal à gérer la pression des tirs au but. Il était tellement dans l’analyse qu’il paralysait. En séance, on a travaillé sur le fait de « regarder » son stress comme une jauge, sans chercher à l’éteindre. Et progressivement, il a appris à jouer avec, plutôt que contre.
Je veux être clair. L’hypnose n’est pas une baguette magique. Elle ne va pas transformer un débutant en champion olympique en trois séances. Et elle ne va pas supprimer la nécessité de t’entraîner. Ce qu’elle peut faire, c’est optimiser ce que tu fais déjà.
Pour les sportifs qui doutent de leur suggestibilité, l’hypnose peut :
Ce qu’elle ne fera pas :
Un point crucial : la suggestibilité n’est pas corrélée à l’efficacité. Des études montrent que même des personnes avec une suggestibilité faible peuvent bénéficier significativement de l’hypnose, à condition que l’approche soit adaptée. Le facteur clé, c’est la relation entre le praticien et le sportif, et la capacité à personnaliser le travail.
Je te propose un petit test, simple. Pas un test de suggestibilité, mais un test de curiosité. Pose-toi ces questions :
Si tu réponds oui à au moins deux de ces questions, tu es prêt. Peu importe ton niveau de suggestibilité perçu.
Je reçois régulièrement des sportifs qui arrivent avec leurs doutes. Et souvent, après quelques séances, ils me disent : « Je ne pensais pas que ça pourrait marcher sur moi. » Ce n’est pas de la magie. C’est simplement qu’ils ont trouvé une porte d’entrée adaptée à leur fonctionnement.
Si tu consultes un praticien en hypnose pour ta préparation sportive, il y a un point non négociable : il doit s’adapter à toi, pas l’inverse. Un bon praticien ne va pas t’imposer un protocole standard. Il va écouter ton langage, observer tes résistances, et ajuster sa communication.
Je me souviens d’un coureur, très technique, qui avait besoin de comprendre chaque étape. Je lui ai expliqué que l’hypnose n’était pas un état irréversible, mais un apprentissage. Je lui ai proposé de commencer par des exercices de respiration et de visualisation très concrets, sans même parler de « transe ». Au bout de trois séances, il m’a dit : « En fait, je crois que j’étais déjà en hypnose sans le savoir. »
C’est souvent ça, le déclic. Quand le sportif réalise que l’hypnose, ce n’est pas un état étranger, mais une version amplifiée de ce qu’il vit déjà : la concentration intense, la sensation de flow, l’oubli de l’environnement pendant un effort.
> L’hypnose, c’est comme un language. Certains le parlent couramment dès le début, d’autres apprennent à le parler progressivement. Les deux peuvent communiquer profondément.
Si tu es sportif et que tu doutes de ta capacité à lâcher prise, sache que ce doute n’est pas une faiblesse. C’est une partie de toi qui veut bien faire, qui veut garder le contrôle pour te protéger. Et c’est tout à fait compréhensible.
La suggestibilité faible n’est pas un obstacle. C’est une invitation à explorer autrement. À utiliser ta rationalité comme un tremplin, pas comme un frein. À apprendre à dialoguer avec tes propres parties. À découvrir que le lâcher-prise n’est pas une perte de contrôle, mais un autre type de contrôle, plus fluide, plus adapté.
Je travaille à Saintes depuis 2014. J’accompagne des adultes en souffrance, mais aussi des sportifs comme toi, qui veulent aller plus loin. Je n’ai pas de baguette magique. Mais j’ai une écoute, des outils (hypnose ericksonienne, IFS, Intelligence Relationnelle) et une conviction : chacun peut trouver sa voie.
Si tu te reconnais dans cet article, si tu as envie d’explorer ce que l’hypnose peut t’apporter dans ta pratique sportive, je t’invite à me contacter. On peut en discuter sans engagement, juste pour voir si une collaboration est possible. Parfois, un premier échange suffit à lever des doutes.
Prends soin de toi et de ton sport. Et souviens-toi : la seule vraie limite, c’est celle que tu décides de ne pas franchir.
Thierry Sudan – Saintes
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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