3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Quand d’autres approches sont plus efficaces.
Je reçois souvent des personnes qui me disent : « J’ai essayé la méditation, la respiration, la pleine conscience… mais ça ne marche pas pour moi. » Et dans leur voix, je perds parfois une forme de culpabilité, comme si elles n’avaient pas été assez appliquées, pas assez zen, pas assez « présentes ».
Alors je leur dis tout de suite : ce n’est pas de votre faute. La pleine conscience n’est pas une baguette magique, et elle n’est pas adaptée à tout le monde, ni à toutes les situations. Je suis Thierry Sudan, praticien à Saintes, et dans mon cabinet, je vois chaque semaine des adultes qui souffrent d’anxiété, de déprime ou de stress chronique. Beaucoup sont passés par la case « mindfulness » avant d’arriver ici. Certains en ont tiré des bénéfices réels. D’autres non. Et c’est normal.
Dans cet article, je vais vous expliquer pourquoi la pleine conscience n’est pas toujours la solution, et quand d’autres approches – comme l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) ou l’Intelligence Relationnelle – peuvent être plus efficaces. Je vais le faire simplement, sans jargon, en partant de situations que vous avez peut-être vécues.
Commençons par un constat : la pleine conscience est devenue un mot-valise. On la retrouve partout, des applis de méditation aux programmes de bien-être en entreprise. L’idée de base est louable : il s’agit de porter attention au moment présent, sans jugement. Cela peut aider à réduire le stress, à calmer l’anxiété légère, à mieux réguler ses émotions.
Mais le problème, c’est que cette approche repose sur un postulat fort : que vous êtes capable de tolérer ce qui émerge lorsque vous vous arrêtez. Et c’est là que le bât blesse.
Prenons l’exemple de Claire, 42 ans, cadre dans une collectivité. Elle vient me voir pour des crises d’angoisse récurrentes. Elle a suivi un programme MBSR (réduction du stress basée sur la pleine conscience) pendant huit semaines. « Au début, ça allait, me dit-elle. Mais à chaque séance de méditation, je sentais mon cœur qui s’emballait. Je me forçais à rester avec la sensation, comme on me l’avait appris. Résultat : j’ai fait une crise d’angoisse en plein milieu d’une séance guidée. »
Ce que Claire a vécu est fréquent. Quand on souffre d’anxiété modérée à sévère, ou d’un trouble panique, le simple fait de poser son attention sur son corps peut déclencher une hypervigilance. La pleine conscience, dans ce cas, ne calme pas : elle amplifie. On se retrouve à scruter chaque battement de cœur, chaque tension musculaire, chaque pensée intrusive, et on les juge en plus parce qu’on « devrait » les accepter. C’est un cercle vicieux.
Point clé : La pleine conscience suppose une capacité minimale à réguler son système nerveux. Si vous êtes en état d’alerte permanent, vous risquez de vous retrouver submergé plutôt qu’apaisé.
En termes plus techniques, la pleine conscience sollicite le cortex préfrontal – la partie du cerveau qui analyse, observe, décide. Mais quand l’amygdale (votre détecteur de danger) est en mode survie, elle prend le dessus. Vous ne pouvez pas « raisonner » une amygdale activée avec de l’attention consciente. Il faut d’abord calmer le feu, pas juste le regarder brûler.
C’est pourquoi, dans mon cabinet, je ne commence jamais par la pleine conscience avec une personne très anxieuse. Je commence par des outils qui apaisent le système nerveux en premier : la respiration cohérente, la visualisation, ou l’hypnose. Et parfois, la pleine conscience viendra plus tard, quand le terrain est plus stable.
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise depuis des années, fonctionne sur un principe radicalement différent de la pleine conscience. Là où la mindfulness vous demande d’être actif, vigilant, de « faire » l’effort d’être présent, l’hypnose vous invite à lâcher prise, à déléguer une partie du travail à votre inconscient.
Je m’explique. En hypnose, on ne cherche pas à contrôler ce qui se passe. On installe un état de relaxation profonde, et on utilise des métaphores, des suggestions indirectes, pour contourner les résistances conscientes. C’est particulièrement efficace quand la pleine conscience échoue, justement parce que vous êtes trop dans le contrôle ou trop dans l’analyse.
Reprenons l’exemple de Claire. Après avoir abandonné la méditation, elle est venue me consulter. Lors de notre première séance, je ne lui ai pas demandé de se concentrer sur son anxiété. Je l’ai invitée à s’installer confortablement, à fermer les yeux, et j’ai commencé à décrire un paysage imaginaire – une plage, le bruit des vagues, la chaleur du sable. Progressivement, sa respiration s’est ralentie. Je lui ai suggéré que son inconscient pouvait prendre le relais, qu’il savait déjà comment apaiser ce tumulte intérieur.
Après trois séances, Claire m’a dit : « Je ne sais pas ce que vous avez fait, mais je n’ai plus eu de crise depuis. Et je n’ai pas eu besoin de me forcer à méditer. »
Ce qui s’est passé ? L’hypnose a permis à son système nerveux de descendre en mode parasympathique (le mode « repos et digestion ») sans qu’elle ait à faire d’effort conscient. Là où la pleine conscience l’avait mise en hypervigilance, l’hypnose a créé un espace de sécurité. Son inconscient a fait le travail tout seul.
Moment fort : L’hypnose ericksonienne ne vous demande pas d’être présent à votre souffrance. Elle vous offre une pause, un répit, et souvent, la solution émerge d’elle-même.
Bien sûr, l’hypnose n’est pas une solution miracle. Elle ne fonctionne pas si vous n’êtes pas prêt à lâcher prise, ou si vous avez des attentes trop rigides. Mais pour les personnes qui se sentent coincées dans une boucle d’anxiété, c’est souvent un chemin plus doux que la pleine conscience.
Un autre angle mort de la pleine conscience, c’est qu’elle vous invite à observer vos pensées et vos émotions sans interagir avec elles. « Observez cette colère comme un nuage qui passe », dit-on. Mais pour certaines personnes, cette colère n’est pas un nuage : c’est une part d’elles-mêmes qui hurle pour être entendue.
C’est là qu’intervient l’IFS, ou Internal Family Systems. Cette approche, que j’utilise régulièrement, part d’une idée simple : notre psyché est composée de multiples « parts » ou sous-personnalités, chacune avec ses propres émotions, croyances et rôles. Il y a la part qui vous pousse à tout contrôler, celle qui vous fait douter de vous, celle qui se replie quand vous êtes blessé, celle qui explose de rage… Et au centre, il y a un Self – une essence calme, confiante, compassionnée.
En pleine conscience, on vous dit : « Observez cette part sans jugement. » En IFS, on vous dit : « Parlez à cette part. Demandez-lui ce qu’elle ressent, ce dont elle a peur, ce qu’elle voudrait que vous sachiez. »
Prenons l’exemple de Marc, 55 ans, ancien commercial. Il souffre d’une dépression chronique, avec des moments d’apathie où il n’arrive plus à rien faire. Il a essayé la pleine conscience pendant des mois. « Je m’asseyais, je regardais ma tristesse, et elle restait là, raconte-t-il. Parfois même elle grandissait. »
Quand j’ai commencé à travailler avec lui en IFS, je lui ai proposé de fermer les yeux et de se connecter à cette tristesse. « Où la sens-tu dans ton corps ? » « Dans la poitrine, comme une boule lourde. » « Et si tu pouvais lui parler, qu’est-ce qu’elle te dirait ? » Marc a hésité, puis a laissé monter une voix intérieure : « Elle me dit que je suis fatigué. Que j’en ai marre de faire semblant d’aller bien. »
En dialoguant avec cette part, Marc a découvert qu’elle portait une loyauté énorme envers son père décédé, qui lui avait toujours dit qu’un homme ne pleure pas. Cette part s’était sacrifiée pour le protéger de la honte. En la remerciant, en l’écoutant vraiment, Marc a senti un relâchement. Il n’a pas essayé de faire disparaître la tristesse ; il a compris son rôle.
Point clé : La pleine conscience observe. L’IFS dialogue. Quand une part intérieure est en souffrance, elle a souvent besoin d’être entendue, pas juste regardée.
L’IFS est particulièrement efficace pour les personnes qui ont un dialogue intérieur très critique, ou qui vivent des conflits internes (une part veut changer, une autre résiste). La pleine conscience peut vous aider à identifier ces parts, mais elle ne vous donne pas d’outil pour interagir avec elles. C’est comme regarder une personne pleurer sans lui demander ce qui ne va pas. L’IFS, elle, tend la main.
Un troisième cas où la pleine conscience montre ses limites, c’est quand la souffrance est liée à des relations dysfonctionnelles. Vous pouvez méditer des heures sur votre anxiété sociale, si vous ne changez pas la manière dont vous interagissez avec les autres, vous risquez de tourner en rond.
L’Intelligence Relationnelle, c’est un ensemble de compétences qui vous permettent de mieux comprendre et gérer vos relations : savoir poser une limite, exprimer un besoin, gérer un conflit sans vous effondrer ni exploser, reconnaître les schémas toxiques dans lesquels vous tombez. Ce n’est pas une pratique introspective comme la pleine conscience ; c’est une pratique interactive.
Je pense à Sophie, 38 ans, infirmière. Elle vient me voir pour un burn-out. Elle a déjà fait de la méditation, de la cohérence cardiaque, tout ce qu’on lui a conseillé. « Le problème, me dit-elle, c’est que je n’arrive pas à dire non. Je prends tout sur moi, et après je craque. »
Sophie a appris en pleine conscience à observer sa culpabilité quand on lui demande un service supplémentaire. Mais elle n’a jamais appris à répondre à cette culpabilité autrement qu’en cédant. En travaillant avec elle sur l’Intelligence Relationnelle, nous avons exploré des scénarios concrets : comment formuler un refus clair sans se justifier, comment gérer la réaction de l’autre, comment tolérer le malaise passager.
Nous avons aussi utilisé l’hypnose pour renforcer sa confiance, et l’IFS pour dialoguer avec la part d’elle qui a peur de décevoir. Mais le cœur du travail a été relationnel : des exercices de rôle, des phrases à répéter, des situations à rejouer.
Moment fort : La pleine conscience peut vous aider à ressentir votre colère. L’Intelligence Relationnelle vous apprend à l’exprimer sans détruire la relation.
La différence est fondamentale. Si vous souffrez de relations toxiques au travail, en couple ou en famille, la pleine conscience seule ne changera pas la dynamique. Elle peut vous aider à mieux supporter l’insupportable, mais ce n’est pas une solution durable. L’Intelligence Relationnelle, elle, vous donne des clés pour agir.
Alors, comment savoir si la pleine conscience est faite pour vous, ou s’il vaut mieux explorer autre chose ? Voici quelques repères simples, basés sur mon expérience de praticien.
La pleine conscience peut être utile si :
La pleine conscience est souvent contre-productive si :
D’autres approches sont alors à considérer :
Je ne dis pas qu’il faut abandonner la pleine conscience définitivement. Pour certaines personnes, c’est un outil précieux. Mais il est important de ne pas en faire une injonction. Si vous avez essayé et que ça n’a pas marché, ne vous accusez pas. Peut-être que ce n’était simplement pas le bon outil pour vous, au moment où vous étiez.
Point clé : Le meilleur outil est celui qui correspond à votre état actuel, pas à un idéal de bien-être.
Si vous lisez cet article et que vous vous reconnaissez dans les situations décrites, voici une proposition concrète.
Prenez un carnet ou une feuille. Notez trois choses :
Quand est-ce que j’ai essayé la pleine conscience, et qu’est-ce qui s’est passé ? Soyez honnête : est-ce que ça vous a apaisé, ou plutôt tendu ? Est-ce que vous avez ressenti plus d’anxiété après ?
Quel est le problème principal aujourd’hui ? Est-ce une anxiété qui vous submerge, une voix intérieure qui vous critique, ou une relation difficile ? Identifiez le cœur de la difficulté.
Qu’est-ce que je suis prêt à essayer d’autre ? L’hypnose, l’IFS, l’Intelligence Relationnelle ? Renseignez-vous. Parlez-en à un professionnel. Vous n’avez pas à trouver la solution tout seul.
Ensuite, si vous le sentez, prenez un rendez-vous avec un praticien qui propose ces approches. Vous pouvez aussi commencer par des ressources en ligne : des livres sur l’IFS (comme ceux de Richard Schwartz), des séances d’hypnose guidée, des formations courtes en Intelligence Relationnelle.
Mais surtout, ne restez pas seul avec votre sentiment d’échec. La pleine conscience n’est pas une obligation. Elle est une option parmi d’autres. Et parfois, la meilleure chose à faire est de reconnaître que ce chemin n’est pas le vôtre, pour en trouver un qui vous correspond vraiment.
Je ne suis pas là pour vous vendre une méthode miracle. Je suis là pour vous dire que si vous avez souffert en essayant d’être « pleinement conscient », vous n’êtes pas un mauvais élève de la vie. Vous êtes simplement une personne avec un fonctionnement unique, qui a besoin d’une approche ajustée.
Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des adultes qui viennent avec leur histoire, leur fatigue, leurs doutes. Je ne leur demande pas de faire des efforts supplémentaires. Je leur propose un espace où ils peuvent lâcher, dialoguer avec leurs parts, apprendre à dire non, à se reconnecter à eux-mêmes autrement.
Si cet article résonne avec vous, si vous avez envie d’explorer ces pistes, je vous invite à me contacter. Pas pour que je vous « guérisse », mais pour que vous trouviez votre propre chemin, avec un guide à vos côtés.
Prenez soin de vous. Et souvenez-vous : parfois, la meilleure chose à faire n’est pas de rester présent, mais de se laisser aller.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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