3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Comprendre ce mécanisme pour en sortir.
Vous êtes-vous déjà dit, en refermant la porte après une conversation épuisante : « Encore une… Je n’arrive pas à y croire » ?
Je reçois souvent ce constat, presque mot pour mot, en consultation. Un homme ou une femme, parfois les deux, me raconte sa dernière relation professionnelle ou amoureuse. Et invariablement, le même refrain revient : « Je finis toujours par tomber sur des personnes qui me prennent toute mon énergie, qui me critiquent ou qui ne me respectent pas. » Comme si un aimant invisible les attirait vers ces personnalités difficiles, et qu’ils ne pouvaient rien y faire.
Si cela vous parle, sachez que vous n’êtes pas seul·e. Et surtout, que ce n’est ni une fatalité, ni un hasard. Ce motif répétitif, aussi frustrant soit-il, repose sur des mécanismes psychologiques bien précis. Le comprendre, c’est déjà commencer à en sortir.
Je m’appelle Thierry Sudan, praticien à Saintes depuis 2014. Dans mon cabinet, j’accompagne des adultes qui se sentent piégés dans ces boucles relationnelles. Avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle, nous explorons ces schémas. Et je peux vous dire une chose : ce n’est pas une question de « mauvaise chance » ou de « personnes toxiques qui vous tombent dessus ». C’est une question de ce qui, en vous, est en train de chercher quelque chose — souvent à votre insu.
Alors, pourquoi attirez-vous toujours les mêmes personnes difficiles ? Et surtout, comment faire pour que ça cesse ?
Commençons par une évidence qui dérange : notre cerveau n’est pas programmé pour chercher le bonheur ou l’épanouissement. Il est programmé pour chercher la sécurité. Or, la sécurité, ce n’est pas ce qui est agréable. C’est ce qui est prévisible.
Si vous avez grandi dans un environnement où l’amour était conditionnel — « Je t’aime si tu es sage, si tu réussis, si tu ne fais pas de vagues » — votre cerveau a appris une équation : amour = performance + silence + adaptation. Plus tard, dans vos relations adultes, vous allez inconsciemment recréer ce cadre. Vous allez être attiré·e par des personnes qui vous demandent de vous plier, de vous justifier, de vous oublier. Non pas parce que vous le voulez, mais parce que cela vous semble normal.
C’est ce que j’appelle le piège de la familiarité.
Prenons un exemple concret. Une cliente, appelons-la Sophie, me disait : « Tous mes collègues finissent par me prendre pour leur assistante personnelle. Pourtant, je dis non au début. Et puis, ils insistent, et je cède. » En explorant son histoire, elle s’est rappelée que, petite, elle devait s’occuper de sa mère dépressive. Pour être aimée, elle devait être utile, disponible, sans jamais se plaindre. Aujourd’hui, quand un collègue insiste, son corps ne réagit pas comme à un danger. Il réagit comme à une opportunité de redevenir aimable. C’est tordu, non ? Et pourtant, c’est mécanique.
Blockquote
« Ce qui nous semble naturel dans une relation n’est souvent que ce que nous avons appris à tolérer dans l’enfance. La familiarité n’est pas la sécurité, c’est juste une habitude émotionnelle. »
Votre cerveau préfère un enfer prévisible qu’un paradis inconnu. Alors, tant que vous n’aurez pas repéré ce que vous appelez « normal » dans une relation, vous continuerez à attirer des personnes qui incarnent ce normal-là — même s’il est toxique pour vous.
L’IFS (Internal Family Systems), que j’utilise régulièrement, propose une idée révolutionnaire : notre psyché est composée de multiples « parts » ou sous-personnalités. Certaines sont protectrices, d’autres sont blessées. Et ce sont souvent ces parts blessées qui tirent les ficelles de nos choix relationnels.
Imaginez une part en vous qui porte une vieille blessure : « Je ne suis pas assez bien », « Je dois mériter l’amour », « Si je montre mes besoins, on va me rejeter ». Cette part, elle est comme un petit enfant qui a eu très peur autrefois. Pour éviter de revivre cette peur, elle va mettre en place des stratégies. Par exemple : se faire toute petite, plaire à tout prix, ou au contraire, se montrer hyper-indépendante pour ne jamais avoir besoin des autres.
Maintenant, observez ce qui se passe quand vous rencontrez une personne difficile. Un manager qui vous critique constamment, un ami qui vous rabaisse subtilement, un partenaire qui vous ignore. Votre part blessée reconnaît cette dynamique. Elle se dit : « Ah, voilà, c’est comme ça que ça marche. Je sais quoi faire ici : me taire, m’adapter, essayer d’être parfait·e. » Cette reconnaissance, même douloureuse, est rassurante pour votre système nerveux. Elle confirme ce que vous croyez sur vous-même.
Et devinez quoi ? Vous allez inconsciemment sélectionner des personnes qui confirment cette croyance. Pas par masochisme, mais par fidélité à votre histoire. Vous êtes loyal·e à votre part blessée.
Un patient, footballeur de bon niveau, venait me voir parce qu’il attirait toujours des entraîneurs autoritaires et humiliants. « Pourtant, je fuis ce genre de personnes, disait-il. Mais à chaque nouveau club, ça recommence. » En travaillant avec l’IFS, nous avons découvert une part adolescente, celle du gamin qui avait été humilié par son père. Cette part croyait que pour être performant, il fallait être écrasé. Elle cherchait donc des figures autoritaires pour recréer la seule forme de motivation qu’elle connaissait. Une fois cette part reconnue et rassurée, il a pu choisir un club avec un entraîneur bienveillant sans avoir peur de « perdre son niveau ».
Si vous vous reconnaissez dans cette boucle, posez-vous cette question : Quelle vieille blessure est en train d’être confirmée par la personne difficile que je fréquente ? La réponse est souvent la clé.
Quand on répète un schéma, ce n’est jamais pour souffrir gratuitement. Il y a toujours un besoin non satisfait qui essaie de se faire entendre. Mais il le fait de travers, comme un enfant qui tape du pied pour attirer l’attention.
Attirer toujours les mêmes personnes difficiles peut cacher plusieurs besoins profonds :
Le besoin de réparation : inconsciemment, vous espérez qu’une personne similaire à celle qui vous a blessé·e finira par changer, par vous aimer enfin. Vous rejouez le scénario pour le réécrire. Mais l’autre personne ne joue pas le rôle que vous avez écrit. Elle joue le sien.
Le besoin de contrôle : en fréquentant des personnes imprévisibles ou exigeantes, vous restez dans une hypervigilance. Vous essayez d’anticiper leurs réactions, de les apaiser. Cela vous donne l’illusion de maîtriser la relation. Mais en réalité, c’est vous qui êtes contrôlé·e.
Le besoin d’identité : parfois, être la personne « qui encaisse », « qui comprend tout », « qui sauve les autres », devient votre carte d’identité. Sans ces relations difficiles, vous ne sauriez plus qui vous êtes. Une part de vous a peur de devenir invisible si vous n’êtes plus utile ou résilient·e.
Un exemple marquant : un homme venait me voir, épuisé par sa relation avec une compagne très critique et instable. Il disait : « Je sais que je devrais partir, mais je ne peux pas. J’ai l’impression de l’abandonner. » En creusant, nous avons découvert que sa mère était dépressive et qu’il avait passé son enfance à la « sauver » émotionnellement. Quitter sa compagne, c’était pour lui quitter sa mère — une trahison intolérable. Son besoin caché n’était pas de rester avec une personne difficile. C’était de rester fidèle à un ancien serment d’enfant : « Je ne dois jamais abandonner ceux qui souffrent. »
Ce besoin, en soi, est noble. Mais il était mal placé. Il le poussait à rester dans une relation qui le détruisait, au lieu d’être présent pour lui-même.
Blockquote
« Le besoin qui vous pousse à rester dans une relation difficile n’est pas un défaut. C’est une partie de vous qui essaie de résoudre un problème ancien avec des moyens d’aujourd’hui. Mais elle se trompe d’époque. »
Je vais vous dire quelque chose qui peut être inconfortable, mais que j’observe tous les jours dans mon cabinet : vous n’êtes pas une victime passive de ces rencontres. Vous êtes un acteur, même inconscient, de la pièce qui se joue.
Notre corps parle. Notre posture, notre regard, le ton de notre voix, la façon dont nous occupons l’espace. Tout cela envoie des signaux à l’autre. Et les personnes « difficiles » — qu’on appelle souvent des personnalités dominantes, manipulatrices ou narcissiques — sont des lecteurs très habiles de ces signaux. Elles détectent en une fraction de seconde qui est susceptible de se laisser faire, de s’adapter, de douter de lui-même.
Je ne dis pas que vous êtes responsable du comportement des autres. Mais vous pouvez regarder honnêtement ce que vous montrez.
Par exemple, une cliente avocate, brillante dans son métier, se faisait systématiquement marcher sur les pieds par son conjoint. En séance, je lui ai demandé de se remémorer une scène typique de conflit. Elle s’est alors rendu compte qu’elle baissait les yeux, qu’elle croisait les bras, que sa voix devenait aiguë et hésitante. Elle devenait une petite fille face à un adulte en colère. Son corps envoyait le message : « Je suis vulnérable, tu peux insister. »
Ce n’est pas une faiblesse morale. C’est une réponse conditionnée. Mais une fois que vous la repérez, vous pouvez commencer à la modifier.
Je travaille beaucoup avec l’hypnose et l’Intelligence Relationnelle pour aider mes patients à incarner une nouvelle présence. Pas pour devenir agressif ou dominateur — ce serait l’inverse du problème — mais pour habiter votre espace avec plus de consistance. Pour que votre « non » soit entendu avant même que vous le prononciez.
Essayez ce petit exercice maintenant : Asseyez-vous bien droit·e, les pieds à plat sur le sol. Imaginez que votre colonne vertébrale est un fil qui vous relie au centre de la terre. Prenez une respiration lente. Maintenant, dites intérieurement : « Je suis ici. J’ai le droit d’être ici. » Sentez la différence dans votre thorax, dans vos épaules. Ce n’est pas une posture de combat. C’est une posture de présence.
Les personnes difficiles cherchent souvent des proies faciles. Quand vous incarnez une présence stable, vous devenez moins « intéressant·e » pour elles. Elles passent leur chemin. Et vous attirez naturellement des relations plus équilibrées.
Un schéma que je vois très souvent chez les personnes qui attirent des relations difficiles, c’est celui du réparateur ou du sauveur. Vous avez un don pour repérer la fragilité chez l’autre. Vous voulez aider, comprendre, guérir. C’est une qualité précieuse — dans le bon cadre. Mais quand elle devient votre mode relationnel par défaut, elle vous attire vers des personnes qui ne veulent pas être sauvées, mais qui veulent juste prendre.
Le problème, c’est que votre identité de « sauveur » est souvent construite sur une blessure inverse : vous avez peut-être appris que votre valeur dépendait de votre capacité à vous occuper des autres. Que vos besoins à vous n’étaient pas importants. Alors, vous cherchez des personnes « difficiles » parce qu’elles vous offrent un terrain de jeu familier : celui où vous vous oubliez pour exister à travers l’autre.
Mais voici la vérité que j’enseigne en préparation mentale sportive comme en cabinet : vous ne pouvez pas remplir la tasse de quelqu’un d’autre si la vôtre est vide. Et pire, certaines personnes n’ont pas de fond à leur tasse. Elles prendront tout, et vous laisseront sec.
Pour sortir de ce rôle, commencez par une question simple : Est-ce que je veux aider cette personne, ou est-ce que j’ai besoin qu’elle ait besoin de moi ? La réponse est parfois inconfortable, mais elle libère.
Un patient, coureur de fond, me racontait qu’il attirait toujours des amis en crise qui l’appelaient à 2h du matin. Il se sentait flatté d’être « celui sur qui on peut compter ». Mais il était épuisé. Nous avons travaillé à reconnaître la part en lui qui avait besoin d’être indispensable pour se sentir aimé. Une fois cette part apaisée, il a pu poser une limite simple : « Je suis là pour toi, mais pas à n’importe quelle heure. On en parle demain. » Certains amis sont restés. D’autres sont partis. Et devinez quoi ? Les nouveaux amis qu’il attire aujourd’hui sont plus équilibrés.
Nous arrivons au cœur pratique de cet article. Comment faire, concrètement, pour cesser d’attirer les mêmes personnes difficiles ?
La réponse tient en un mot : discernement. Et le discernement se cultive.
Voici quelques étapes que je propose à mes patients, que vous pouvez commencer dès aujourd’hui :
Faites l’inventaire de vos trois dernières relations significatives (amicales, amoureuses, professionnelles). Notez sur une feuille les traits communs de ces personnes. Sont-elles critiques ? Imprévisibles ? Besogneuses ? Distantes ? Ce n’est pas un hasard. C’est votre signature relationnelle.
Identifiez votre « déclencheur d’attirance ». Quand vous rencontrez quelqu’un de nouveau, qu’est-ce qui vous attire en premier ? Si c’est son besoin apparent de vous, son côté « sauvable », ou au contraire son assurance écrasante, posez-vous la question : est-ce que je suis attiré·e par la personne, ou par le rôle qu’elle me propose de jouer ?
Testez la relation avant de vous engager. Les personnes difficiles sont souvent charmantes au début. Elles vous donnent l’impression d’être spécial·e. Prenez le temps d’observer comment elles réagissent quand vous dites non, quand vous avez un besoin, quand vous êtes fatigué·e. Leur vrai visage apparaît dans les petites contrariétés.
Écoutez votre corps avant votre mental. Votre tête peut vous dire : « C’est une bonne personne, arrête de douter. » Mais votre corps, lui, ressent peut-être une tension dans le ventre, une oppression dans la poitrine. Apprenez à faire confiance à ces signaux. Ils sont plus fiables que vos justifications mentales.
Blockquote
« Le discernement ne consiste pas à devenir méfiant·e envers tout le monde. Il s’agit de devenir fidèle à vos propres signaux intérieurs. Votre intuition n’est pas un luxe, c’est un radar de survie relationnelle. »
Enfin, rappelez-vous ceci : vous n’êtes pas obligé·e de plaire à tout le monde. Vous n’êtes pas obligé·e d’être la personne la plus compréhensive, la plus adaptable, la plus gentille. Vous avez le droit d’être exigeant·e sur la qualité des relations que vous acceptez dans votre vie.
Si vous lisez ces lignes, c’est probablement parce que vous en avez assez. Assez de vous sentir vidé·e, assez de vous demander ce que vous faites de travers, assez de recommencer le même film avec des acteurs différents.
Je vais être honnête avec vous : sortir de ce schéma demande du travail. Cela demande de regarder en face des parts de vous que vous avez peut-être ignorées. Cela demande de faire le deuil de certaines relations, et d’accep
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des routines anodines qui renforcent l'anxiété sans que vous le réalisiez.
Des micro-actions pour briser la léthargie dès le réveil.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.