3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Un outil rapide et fiable à faire à deux.
Vous êtes peut-être en train de tourner en rond dans une relation qui vous épuise. Vous avez l’impression de donner tout ce que vous avez, et pourtant, l’autre semble toujours à des kilomètres, ou au contraire, vous colle comme une ombre. Vous vous demandez pourquoi les mêmes scénarios se répètent, pourquoi la communication s’enraie, pourquoi la confiance vacille. Et si la clé ne se trouvait pas dans ce que l’autre fait ou ne fait pas, mais dans la manière dont vous avez appris, très tôt, à aimer et à être aimé ?
La théorie de l’attachement, développée par John Bowlby puis enrichie par Mary Ainsworth, n’est pas une mode. C’est une carte fiable, validée par des décennies de recherche, qui explique comment nos premières relations influencent nos schémas amoureux adultes. Mais voilà : lire des définitions, c’est bien. Les ressentir dans sa chair, c’est mieux. C’est pourquoi je vous propose un test concret, à faire à deux, en cinq minutes chrono. Pas un questionnaire à choix multiples, mais une expérience relationnelle simple, qui vous révélera votre style d’attachement dominant – ou du moins, la tendance qui s’active sous stress.
Je m’appelle Thierry Sudan, je suis praticien à Saintes, et depuis 2014, j’accompagne des adultes en souffrance avec l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle. Je travaille aussi avec des sportifs de haut niveau sur la préparation mentale. Dans tous ces contextes, la question de l’attachement revient comme un leitmotiv. Parce que nos blessures relationnelles, qu’on le veuille ou non, influencent notre performance – qu’elle soit professionnelle, sportive ou amoureuse.
Alors, prêt à passer ce test ? Installez-vous avec votre partenaire, ou si vous êtes seul.e, avec un ami proche. Ce test est conçu pour être fait à deux, mais vous pouvez aussi le réaliser seul.e en imaginant la scène. L’important, c’est l’honnêteté.
Ce test s’inspire de la procédure de la “Situation étrangère” de Mary Ainsworth, mais en version douce et accessible. Dans la version originale, un parent et son enfant sont placés dans une pièce avec des jouets, puis l’enfant vit une séparation brève suivie de retrouvailles. Les réactions de l’enfant – recherche de contact, évitement, ambivalence – révèlent son style d’attachement. Ici, nous allons reproduire ce schéma à l’échelle adulte, mais sans laisser personne seul.e dans une pièce inconnue. Promis.
Le protocole :
C’est tout. Cinq minutes, montre en main. Ce n’est pas un test de personnalité, c’est une mise en situation qui active votre système d’attachement. Ce qui compte, ce n’est pas ce que vous dites, mais ce que vous ressentez et faites pendant la pause et au retour.
Le système d’attachement est un programme biologique qui s’active quand on perçoit une menace sur le lien. La menace, ici, c’est la pause de 30 secondes. Ce n’est pas un abandon, bien sûr, mais pour votre cerveau primitif, une interruption soudaine de la connexion peut être vécue comme une micro-rupture. Votre réaction – que vous soyez celui qui parle ou celui qui s’éloigne – est une fenêtre sur votre stratégie d’attachement.
Les styles d’attachement adulte se divisent en quatre grandes catégories, basées sur deux dimensions : l’anxiété (peur de l’abandon) et l’évitement (inconfort avec l’intimité).
Le test des 5 minutes ne remplace pas une évaluation clinique, mais il est étonnamment fiable pour mettre en lumière votre tendance sous stress. Je l’ai testé avec des dizaines de couples en cabinet, et à chaque fois, les gens me disent : “C’est dingue, j’ai ressenti exactement ce que je ressens d’habitude dans mes disputes.” C’est normal. Parce que ce test reproduit, en miniature, le cycle de connexion-rupture-réparation qui est au cœur de toute relation.
Scénario 1 : Vous êtes celui qui parle. Pendant les 30 secondes de pause, vous ressentez
Scénario 2 : Vous êtes celui qui s’éloigne. Pendant les 30 secondes, vous ressentez
Ce test n’est pas un étiquetage définitif. Il révèle votre stratégie par défaut sous stress. Et la bonne nouvelle, c’est que les stratégies peuvent évoluer.
Attention : ce test est un outil, pas un verdict. Si vous vous reconnaissez dans le profil anxieux, ne vous dites pas “Je suis un anxieux, c’est fichu.” Votre style d’attachement n’est pas votre identité. C’est une tendance, souvent héritée de votre histoire, mais qui peut se transformer avec de la conscience et de la pratique.
Beaucoup de personnes, après ce test, viennent me voir en disant : “Je suis évitant, c’est pour ça que je fuis l’intimité.” Oui, mais aussi : “J’ai appris à être autonome très tôt, parce que mes parents n’étaient pas disponibles.” L’évitement est une adaptation. Elle a été utile, à un moment. Maintenant, elle peut devenir une prison.
L’important, c’est de ne pas utiliser ce test pour accuser l’autre. “Toi, tu es anxieux, donc tu me colles.” Non. Ce test, idéalement, se fait à deux, et on partage ses ressentis sans jugement. L’anxieux peut dire : “J’ai eu peur que tu partes.” L’évitant peut dire : “J’ai été soulagé, mais je me suis senti coupable.” Et le sécure peut dire : “J’ai trouvé ça un peu étrange, mais je me suis dit que c’était le jeu.”
Le véritable objectif, ce n’est pas de savoir qui a raison, mais de comprendre le système relationnel que vous formez. Car les styles d’attachement s’influencent mutuellement. Un couple anxieux-évitant, par exemple, est très courant : l’un tire, l’autre fuit. Le test des 5 minutes permet de voir ce mécanisme en action, en temps réel.
Ce test est fiable parce qu’il est expérientiel. Vous ne répondez pas à des questions abstraites du type “Avez-vous peur de l’abandon ?” (à laquelle tout le monde peut répondre “oui” un jour de blues). Vous vivez une micro-expérience qui active votre système nerveux autonome. Votre corps réagit avant votre mental. C’est cette réaction corporelle – accélération cardiaque, tension, soulagement, vide – qui est le vrai signal.
Des études en neurosciences affectives montrent que les patterns d’attachement sont encodés dans le cerveau implicite, pas dans le cortex préfrontal. Autrement dit, vous ne pouvez pas “penser” votre style d’attachement. Vous devez le ressentir. Ce test vous y aide.
Cependant, il a des limites. Il ne diagnostique pas un trouble de l’attachement. Il ne remplace pas une thérapie. Si vous vivez des souffrances relationnelles intenses – peur panique de l’abandon, incapacité totale à vous engager, violences conjugales –, ce test n’est qu’une première piste. Consultez un professionnel.
De plus, le contexte compte. Si vous êtes fatigué, stressé, en conflit, votre réaction peut être amplifiée. Si vous venez de vivre une rupture, votre système d’attachement est hyperactif. Faites le test dans un moment neutre, idéalement le matin ou après un temps calme.
Vous avez fait le test. Vous avez identifié votre tendance. Et celle de votre partenaire. Que faire de cette information ?
D’abord, parlez-en sans accuser. Utilisez le langage du ressenti : “Quand tu es parti, j’ai senti une boule dans mon ventre. Ça m’a rappelé ces moments où je me sens seul.e.” Pas : “Tu vois, tu es évitant, tu t’es enfui.” La différence est subtile mais cruciale.
Ensuite, expérimentez la réparation. Le test a créé une micro-rupture. Maintenant, réparez-la. Celui qui est parti peut dire : “Je suis revenu. Je suis là. Je ne pars pas.” Celui qui est resté peut dire : “Merci d’être revenu. J’ai besoin de toi.” Ces phrases simples, dites avec sincérité, sont des ancrages pour votre système nerveux. Elles lui apprennent que la rupture n’est pas définitive, que le lien peut être rétabli.
Enfin, répétez le test régulièrement. Une fois par mois, pendant cinq minutes. Vous verrez votre réaction évoluer. L’anxieux apprendra à tolérer la pause. L’évitant apprendra à revenir avec plus de chaleur. Le sécure confirmera sa sécurité.
J’ai vu des couples transformer leur relation avec cet outil simple. Un couple, en particulier, m’a marqué. Lui, très évitant, elle, très anxieuse. Au premier test, elle a pleuré pendant la pause, lui est resté dans la cuisine à regarder son téléphone. Au bout de trois mois, il a commencé à revenir en disant “Je suis là” avec un sourire. Elle a arrêté de pleurer. Ils ont appris à se rencontrer, non pas malgré leurs différences, mais grâce à elles.
Ce test est une porte d’entrée. Si vous sentez que vos patterns sont trop rigides, trop douloureux, sachez qu’il existe des approches qui travaillent directement sur le système nerveux et les parties de vous qui ont appris à se protéger.
L’hypnose ericksonienne, par exemple, permet de modifier les réponses automatiques liées à l’attachement. En état de conscience modifiée, vous pouvez revisiter la scène du test – ou une scène plus ancienne – et y ajouter des ressources : une présence calme, une voix rassurante, un geste de réconfort. Le cerveau ne fait pas bien la différence entre une expérience réelle et une expérience imaginée avec intensité. Vous pouvez donc “reprogrammer” votre réaction.
L’IFS (Internal Family Systems) est particulièrement puissant pour l’attachement. Car souvent, votre style anxieux ou évitant n’est pas “vous”. C’est une partie de vous qui a pris le contrôle pour vous protéger. Une partie anxieuse qui dit : “Si je ne m’accroche pas, je vais être abandonné.” Une partie évitante qui dit : “Si je m’approche trop, je vais être submergé.” L’IFS vous apprend à dialoguer avec ces parties, à les comprendre, à les remercier, puis à les libérer de leur rôle. Vous n’êtes pas votre anxiété ou votre évitement. Vous êtes celui ou celle qui peut accueillir ces parties avec compassion.
C’est un travail en profondeur, qui prend du temps. Mais le test des 5 minutes est un excellent point de départ. Il vous donne une photographie de votre système d’attachement aujourd’hui. Et il vous montre que le changement est possible, parce que vous avez déjà expérimenté une micro-réparation.
Ce test des 5 minutes, vous pouvez le faire ce soir, avec votre partenaire, avec un ami, ou même seul en imaginant la scène. Il ne vous demandera pas plus de temps qu’une chanson. Mais il peut ouvrir un espace de dialogue que vous n’aviez pas exploré.
Peut-être découvrirez-vous que vous êtes plus anxieux que vous ne le pensiez. Peut-être que votre partenaire réalisera qu’il ou elle a besoin de plus de sécurité. Peut-être que vous rirez ensemble de la maladresse du test. Peu importe. L’essentiel, c’est d’avoir commencé.
Et si vous sentez que ce test a touché quelque chose de sensible, si vous avez envie d’aller plus loin, sachez que je reçois en cabinet à Saintes, et aussi en visio. Nous pouvons explorer ensemble votre style d’attachement, avec des outils comme l’hypnose ou l’IFS, pour que vos relations cessent d’être un champ de bataille et deviennent un lieu de ressourcement.
Vous n’êtes pas seul.e. Et vous n’êtes pas condamné.e à répéter les mêmes schémas. Le simple fait d’avoir lu cet article, d’avoir envisagé
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des routines anodines qui renforcent l'anxiété sans que vous le réalisiez.
Des micro-actions pour briser la léthargie dès le réveil.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.