3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Découvrir les ressources cachées dans vos émotions difficiles.
Vous arrive-t-il de vous dire, en pleine crise émotionnelle : « Pourquoi est-ce que je réagis toujours comme ça ? Pourquoi cette colère me submerge, pourquoi cette tristesse revient sans prévenir ? » Imaginez un instant que ces réactions ne soient pas des faiblesses, mais des messagers venues de parties de vous-même que vous avez appris à ignorer ou à réprimer. Depuis mon cabinet à Saintes, je vois régulièrement des adultes épuisés par ce qu’ils appellent leurs « émotions négatives » — colère, honte, peur, tristesse. Pourtant, l’IFS (Internal Family Systems) nous enseigne quelque chose de radical : ces parties blessées ne sont pas vos ennemies. Elles cachent une force insoupçonnée, une ressource que vous n’avez peut-être jamais explorée. Dans cet article, je vais vous montrer comment écouter ces parties peut transformer votre rapport à vous-même et libérer une puissance intérieure que vous croyez perdue.
Qu’est-ce que l’IFS et pourquoi vos parties ne sont pas vos ennemis ?
L’IFS, ou Système Familial Intérieur, est un modèle thérapeutique développé par Richard Schwartz dans les années 1980. Il repose sur une idée simple mais révolutionnaire : votre esprit n’est pas un bloc monolithique. Il est composé de multiples « parties », chacune avec ses propres émotions, croyances et rôles. Imaginez une famille intérieure : il y a la partie qui vous pousse à être parfait, celle qui vous critique sans cesse, celle qui se replie dans la peur, et même celle qui explose de rage. Ces parties ne sont pas des défauts ; elles se sont formées pour vous protéger, souvent dans l’enfance, face à des situations difficiles.
Prenons un exemple concret. Je reçois Lucas, 38 ans, cadre commercial. Il vient me voir parce qu’il se sent « bloqué » dans sa carrière : il a des crises d’angoisse avant chaque réunion importante. En séance, nous explorons une partie qu’il appelle « le contrôleur ». Cette partie lui dit : « Si tu ne prépares pas tout parfaitement, tu vas échouer, et tout le monde verra que tu n’es pas à la hauteur. » Lucas déteste cette partie. Il la voit comme un tyran intérieur. Mais en l’écoutant avec curiosité, nous découvrons qu’elle est apparue à 12 ans, quand ses parents traversaient un divorce difficile. À l’époque, Lucas avait dû gérer ses émotions seul, et cette partie avait pris le relais pour éviter qu’il ne s’effondre. Aujourd’hui, elle fait toujours son travail : elle le protège de l’échec et du jugement. Mais elle le fait avec une rigidité qui l’épuise.
Ce que l’IFS nous apprend, c’est qu’aucune partie n’est mauvaise en soi. Même celle qui vous pousse à boire pour calmer l’anxiété, ou celle qui vous isole pour éviter la souffrance, a une intention positive. Le problème, c’est qu’elle s’est figée dans un rôle extrême. La clé n’est pas de la combattre, mais de la comprendre. Quand vous cessez de voir vos émotions comme des ennemis, vous ouvrez la porte à une force insoupçonnée : celle de votre « Self », la partie centrale de vous-même, calme, curieuse et compatissante. L’IFS n’est pas une guerre intérieure, c’est une diplomatie.
Pourquoi vos parties blessées sont-elles devenues extrêmes ?
Pour comprendre la force cachée dans vos parties blessées, il faut d’abord comprendre comment elles se sont formées. Imaginez un enfant de 5 ans qui se fait gronder sévèrement par un parent. Pour survivre émotionnellement, cet enfant va créer une partie qui prend le relais : peut-être une partie « parfaite » qui fait tout pour éviter la critique, ou une partie « rebelle » qui se déconnecte pour ne pas ressentir la honte. Ces parties ne sont pas des choix conscients ; ce sont des stratégies de survie qui se cristallisent dans votre psyché.
Avec le temps, ces stratégies deviennent automatiques. Vous n’êtes plus l’enfant, mais la partie blessée continue de réagir comme si le danger était toujours présent. Je pense à Claire, une enseignante de 45 ans, qui venait me voir pour une dépression latente. Elle avait une partie qu’elle appelait « la petite fille triste ». Chaque fois qu’elle se sentait rejetée par ses collègues, cette partie prenait le dessus, la plongeant dans une mélancolie profonde. En explorant cette partie, nous avons découvert qu’elle s’était formée à 7 ans, quand sa mère était hospitalisée. À l’époque, Claire avait appris à se taire et à ne pas déranger. Aujourd’hui, cette partie la protégeait encore de l’abandon en la rendant invisible. Mais elle la rendait aussi incapable de s’affirmer.
Ce qui est fascinant, c’est que ces parties extrêmes portent en elles une énergie inversée. La tristesse de Claire n’était pas juste une douleur ; elle contenait une profonde capacité d’empathie et de connexion. Sa colère refoulée, si elle avait été écoutée, aurait pu devenir une force pour poser des limites. L’IFS nous invite à ne pas rejeter ces parties, mais à les accueillir comme des enfants qui ont besoin de notre attention. Quand vous comprenez pourquoi une partie est devenue extrême, vous réalisez qu’elle n’est pas votre identité. Elle est juste un rôle, et vous pouvez l’aider à se détendre.
« Chaque partie blessée est un gardien qui a oublié que le danger est passé. En l’écoutant, vous ne la guérissez pas seulement, vous libérez la force qu’elle protège. »
Comment l’IFS révèle les ressources cachées dans vos émotions ?
L’une des découvertes les plus puissantes de l’IFS est que chaque partie extrême cache une qualité précieuse. Prenons la colère. Beaucoup de mes clients la voient comme une émotion destructrice. Pourtant, la colère est souvent une manifestation de votre besoin de justice ou de protection. Quand vous explorez une partie en colère avec curiosité, vous trouvez souvent en dessous une vulnérabilité — de la tristesse, de la peur — et, plus profondément, une ressource comme l’assertivité ou la clarté.
Je me souviens de Marc, un sportif amateur que j’accompagne en préparation mentale. Il venait pour des crises de rage pendant ses matchs de football. Il se sentait honteux après coup. En séance, nous avons rencontré sa partie « le guerrier ». Cette partie lui disait : « Tu dois dominer, sinon tu es faible. » En l’écoutant, nous avons compris qu’elle s’était formée à 16 ans, après un échec scolaire cuisant. Le guerrier l’avait protégé en le poussant à la compétition. Mais aujourd’hui, cette partie le coupait de sa connexion avec ses coéquipiers. En la remerciant pour son service passé, Marc a pu lui demander de se détendre. Ce qu’il a découvert ensuite était stupéfiant : sous la rage se cachait une immense capacité de leadership et de calme. Aujourd’hui, il utilise cette force pour motiver son équipe, non plus pour l’écraser.
De même, l’anxiété cache souvent une hypervigilance qui peut devenir une intuition fine. La honte cache une sensibilité aux relations qui peut devenir une profonde authenticité. L’IFS ne consiste pas à « éliminer » les émotions difficiles, mais à les apprivoiser pour en révéler le cadeau. Ce processus demande de la patience. Vous ne forcez pas une partie à changer ; vous l’écoutez, vous la remerciez, et vous lui montrez qu’il existe d’autres façons de vous protéger. C’est un peu comme désamorcer une bombe : la partie croit qu’elle doit rester en alerte, mais vous pouvez lui prouver qu’elle peut se reposer.
Les étapes pratiques pour accueillir vos parties blessées
Vous vous demandez peut-être : comment faire concrètement ? L’IFS n’est pas une théorie abstraite ; c’est une pratique que vous pouvez commencer dès aujourd’hui. Voici les étapes que j’enseigne à mes clients, adaptées à un usage quotidien. Attention : ces étapes ne remplacent pas un accompagnement professionnel si vos souffrances sont profondes, mais elles sont un excellent point de départ.
Identifiez une émotion ou une réaction qui vous dérange. Par exemple, la prochaine fois que vous sentez une bouffée d’anxiété avant une conversation difficile, ou une colère qui monte dans un embouteillage, arrêtez-vous. Ne jugez pas. Dites-vous : « Il y a une partie de moi qui réagit. » C’est déjà un premier pas de recul.
Placez votre attention sur cette partie. Fermez les yeux une minute. Où est-elle dans votre corps ? Dans la poitrine, la gorge, le ventre ? Quelle forme a-t-elle ? Une boule, une épaisseur, une vibration ? Ne cherchez pas à la changer, juste à la sentir.
Demandez-lui ce qu’elle veut. Avec une curiosité sincère, posez-lui la question : « Qu’est-ce que tu essaies de me dire ? » ou « Pourquoi es-tu là ? » La réponse peut venir sous forme de mots, d’images ou de sensations. Souvent, elle dira quelque chose comme : « Je te protège », « Je veux que tu sois en sécurité », ou « Je ne veux pas qu’on te fasse du mal. »
Remerciez-la. Dites-lui : « Merci de veiller sur moi. Je comprends que tu fais de ton mieux. » Cela peut sembler étrange, mais cette reconnaissance apaise la partie. Elle n’a plus besoin de crier pour être entendue.
Demandez-lui ce dont elle a besoin maintenant. Parfois, elle a besoin que vous preniez une profonde respiration. Parfois, que vous lui disiez que l’adulte que vous êtes aujourd’hui peut gérer la situation. Vous pouvez lui proposer : « Laisse-moi prendre le relais maintenant. Tu peux te reposer. »
Un client, Pierre, 50 ans, utilisait cette technique pour gérer sa peur du jugement en réunion. Il a découvert une partie qui le poussait à se taire pour éviter la critique. En la remerciant, il a senti une détente dans sa poitrine. Puis il a demandé à cette partie ce dont elle avait besoin. Elle a répondu : « J’ai besoin que tu saches que tu es compétent. » Pierre a alors pris une respiration et s’est rappelé ses réussites. La réunion suivante, il a osé prendre la parole. Ce n’était pas parfait, mais c’était un début.
Les pièges à éviter : ne forcez pas le dialogue intérieur
L’IFS est puissant, mais il a ses limites. J’observe souvent deux pièges chez mes clients. Le premier est de vouloir « guérir » une partie trop vite. Vous pourriez dire : « Bon, maintenant que j’ai écouté ma partie anxieuse, elle devrait disparaître. » Mais les parties blessées ne se laissent pas bousculer. Si vous les forcez, elles se crispent. L’IFS est un processus de relation, pas de réparation. Vous apprenez à cohabiter, pas à effacer.
Le deuxième piège est de confondre les parties avec votre identité. Quand vous dites « Je suis anxieux », vous fusionnez avec la partie. L’IFS vous invite à dire : « Une partie de moi est anxieuse. » Ce léger décalage crée un espace de liberté. Vous n’êtes pas votre colère, vous êtes celui qui observe la colère. C’est ce que nous appelons le « Self » : une présence calme et bienveillante qui peut accueillir toutes les parties sans être submergée.
Si vous sentez que vos parties sont extrêmement réactives — par exemple, des crises de panique, des pensées suicidaires, ou des comportements addictifs — ne faites pas ce travail seul. L’IFS peut déstabiliser quand il touche à des traumatismes profonds. Dans mon cabinet, je guide les personnes avec des outils de stabilisation avant d’explorer ces parties. La force insoupçonnée dont je parle n’est pas une course ; c’est un chemin qui se fait à votre rythme.
Comment l’IFS transforme votre relation à vous-même et aux autres
Quand vous commencez à accueillir vos parties blessées, quelque chose de subtil mais de puissant se produit. Vous cessez de vous battre contre vous-même. Cette lutte intérieure — ce critique intérieur, cette honte, cette peur — consomme une énergie immense. Libérer cette énergie, c’est comme enlever un poids que vous portez depuis des années. Soudain, vous avez plus de clarté, plus de créativité, plus de présence.
Je vois cela chez mes clients. Sophie, une maman de 35 ans, venait pour un épuisement parental. Elle avait une partie « la parfaite » qui exigeait qu’elle soit une mère irréprochable. Cette partie l’épuisait. En l’écoutant, Sophie a découvert qu’elle protégeait une petite fille qui avait peur de ne pas être aimée. En apaisant cette partie, Sophie a pu se reconnecter à une force de douceur et de lâcher-prise. Elle a commencé à dire non à certaines tâches, à jouer davantage avec ses enfants. Sa relation avec eux s’est allégée.
L’IFS transforme aussi vos relations avec les autres. Quand vous n’êtes plus en guerre avec vos propres parties, vous projetez moins sur les autres. Vous comprenez que la personne qui vous énerve a aussi ses propres parties blessées. Cette compréhension n’est pas une excuse, mais une clé pour plus de compassion et de fermeté juste. Vous pouvez poser des limites sans colère, et exprimer vos besoins sans honte.
« La force insoupçonnée de vos parties blessées, c’est qu’elles vous apprennent à devenir votre propre parent, votre propre guérisseur. Et cette force, une fois libérée, rayonne dans tous les aspects de votre vie. »
Conclusion : un pas vers votre propre force
Vous l’avez compris : vos émotions difficiles ne sont pas des ennemis à abattre. Elles sont des messagères, des gardiennes qui ont pris un rôle trop lourd. L’IFS vous offre une carte pour les rencontrer avec douceur, pour découvrir la force qu’elles protègent en vous. Ce n’est pas une solution miracle. Cela demande du temps, de la patience, et parfois un accompagnement. Mais chaque petit pas — une respiration, une question posée à une partie — est une victoire sur l’automatisme.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, si vous sentez que vous portez des parties blessées qui vous épuisent, je vous invite à faire un premier geste. Pas un grand geste, juste un petit : prenez cinq minutes ce soir pour vous asseoir en silence. Posez la main sur votre cœur et demandez à une partie qui vous dérange : « Qu’est-ce que tu veux que je sache ? » Écoutez sans jugement. Peut-être qu’elle vous surprendra.
Et si vous sentez que ce chemin est trop difficile à faire seul, sachez que mon cabinet à Saintes est ouvert. Je reçois des adultes pour des séances d’hypnose ericksonienne, d’IFS et d’Intelligence Relationnelle. Nous pouvons explorer ensemble ces parties, à votre rythme. Vous n’avez pas à traverser cela dans l’isolement. Prenez contact si vous voulez un espace pour déposer ce poids. La force est déjà en vous ; il s’agit juste de lui laisser un peu d’espace pour respirer.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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