3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Comprendre le processus de transformation intérieure.
Tu as peut-être déjà entendu cette phrase : « Ce qui ne tue pas rend plus fort. » Elle est souvent prononcée avec une bonne intention, mais je la trouve parfois un peu creuse, voire brutale. Quand on est en pleine tempête intérieure, quand on traverse une dépression, un deuil, une rupture ou un épuisement professionnel, cette idée d’une « force » à trouver peut sembler une injonction de plus. Comme si on devait absolument tirer quelque chose de positif de notre douleur, sous peine d’être faible.
Je préfère une autre approche. La souffrance, en elle-même, n’a rien de constructif. Elle est une expérience humaine difficile, parfois dévastatrice. Pourtant, ce qui peut devenir une force, ce n’est pas la blessure, mais la manière dont on apprend à la traverser, à l’écouter, à la comprendre, et à en extraire un sens qui nous est propre. C’est un processus de transformation intérieure, et il ne suit pas une ligne droite. Il est fait de détours, de rechutes, de découragements, et de petites victoires silencieuses.
Dans cet article, je vais t’expliquer comment ce processus fonctionne concrètement, en m’appuyant sur ce que j’observe dans mon cabinet, auprès de personnes qui, comme toi peut-être, cherchent à faire la paix avec leur histoire. Je vais te parler de mécanismes psychologiques, de l’importance du lien à soi et aux autres, et de la place de l’hypnose et de l’IFS dans cette transformation. Et surtout, je te laisserai une piste concrète à explorer dès aujourd’hui.
Avant de parler de transformation, il faut comprendre pourquoi, souvent, on reste coincé dans la douleur. J’ai reçu il y a quelques mois un homme d’une quarantaine d’années, appelons-le Marc. Il était cadre commercial, performant, reconnu. Mais depuis deux ans, il vivait avec une boule dans le ventre, des insomnies, et une irritabilité constante. Il venait me voir parce qu’il avait « tout pour être heureux » et qu’il ne comprenait pas pourquoi il se sentait si mal.
En l’écoutant, j’ai repéré un schéma classique : Marc avait appris très tôt à ne pas ressentir. Enfant, il avait dû être fort pour sa mère dépressive. Adolescent, il avait enfoui ses émotions sous des heures de sport et de travail. Adulte, il avait construit une vie où la performance était son seul repère affectif. Mais son corps, lui, n’avait pas oublié. La souffrance n’était pas un défaut de caractère chez Marc. C’était un signal. Un message que son système nerveux lui envoyait depuis des années, mais qu’il n’avait jamais appris à décoder.
La souffrance devient chronique quand on la combat, quand on l’évite, quand on la juge. On se dit : « Je ne devrais pas ressentir ça », « C’est de ma faute », « Les autres vivent des choses bien pires ». Ces pensées ne font qu’ajouter une couche de douleur par-dessus la douleur initiale. On entre dans ce que les psychologues appellent la « souffrance secondaire » : la honte d’avoir mal, la colère contre soi-même, la peur de ne jamais s’en sortir. C’est cette couche supplémentaire qui empêche la transformation.
« La souffrance est inévitable, mais la souffrance secondaire – celle que l’on s’inflige en jugeant notre propre douleur –, elle, peut être apaisée. »
Le premier pas vers une transformation, ce n’est pas de chercher à être fort. C’est d’arrêter de lutter contre ce qui est. C’est d’accueillir la souffrance comme une partie de notre expérience, sans en faire une ennemie. Cela ne veut pas dire s’y complaire. Cela veut dire reconnaître : « Oui, là, je souffre. Et c’est humain. »
L’hypnose ericksonienne, que j’utilise depuis des années, est un outil précieux pour ce travail d’accueil. Beaucoup de personnes imaginent l’hypnose comme un état où l’on perd le contrôle, où l’on serait manipulé. C’est tout le contraire. L’hypnose est un état de conscience modifié, naturel, que tu expérimentes déjà plusieurs fois par jour : quand tu es absorbé par un film, quand tu conduis sur une route familière sans te souvenir du trajet, quand tu rêvasses. Dans cet état, ton esprit critique est moins actif, et tu peux contacter des ressources intérieures que tu n’utilises pas en temps normal.
Concrètement, dans mon cabinet, je ne fais pas « dormir » les gens. Je les guide vers un état de relaxation profonde, où ils restent pleinement conscients, mais où leur attention se tourne vers l’intérieur. C’est là que la magie opère. Une patiente, Sarah, souffrait de crises d’angoisse depuis son adolescence. Elle avait tout essayé : thérapies classiques, médicaments, méditation. Rien ne semblait calmer cette peur viscérale qui la saisissait sans prévenir. En hypnose, nous avons pu contacter non pas « la peur », mais la partie d’elle qui avait eu peur, un jour, il y a longtemps.
L’hypnose permet de revisiter une mémoire émotionnelle sans la revivre complètement. C’est ce qu’on appelle la « dissociation thérapeutique » : on peut observer une scène douloureuse depuis un point de vue plus sûr, comme si on regardait un film. On peut même, en séance, modifier certains éléments de ce film pour apaiser la charge émotionnelle. Sarah, par exemple, a pu, en état d’hypnose, s’approcher de la petite fille qu’elle avait été, et lui dire les mots de réconfort qu’elle n’avait jamais reçus. Ce n’est pas un « mensonge » au cerveau. C’est une expérience corrective, qui permet au système nerveux d’enregistrer une nouvelle information : « Aujourd’hui, je suis en sécurité. Cette peur appartient au passé. »
L’hypnose ne fait pas disparaître la souffrance comme par magie. Mais elle permet d’y accéder avec une distance bienveillante. Et c’est dans cette distance que la transformation peut commencer. On n’est plus identifié à sa douleur. On peut la regarder, l’écouter, et lui donner un sens.
L’hypnose ouvre la porte. Mais pour avancer durablement, j’utilise souvent un modèle complémentaire : l’IFS, ou Système Familial Intérieur. Créé par Richard Schwartz, ce modèle part d’une idée simple et puissante : notre esprit n’est pas une entité monolithique. Il est composé de plusieurs « parts » ou « sous-personnalités », chacune avec ses émotions, ses croyances, ses stratégies de survie.
Tu as peut-être déjà ressenti cette impression d’être partagé : une partie de toi veut changer, une autre résiste. Une partie veut pleurer, une autre te dit de serrer les dents. Une partie veut s’isoler, une autre a besoin de lien. Ces conflits intérieurs sont normaux. En IFS, on ne cherche pas à éliminer une part de nous parce qu’elle nous dérange. On cherche à comprendre sa fonction, à la remercier pour ce qu’elle a fait pour nous, et à lui permettre de se détendre.
Prenons un exemple concret. Un sportif que j’accompagnais, footballeur de bon niveau, venait consulter pour une perte de confiance. À chaque match important, il se sentait paralysé, comme si une voix intérieure lui répétait : « Tu vas échouer, tu n’es pas à ta place. » En travaillant avec l’IFS, nous avons découvert qu’il y avait une part de lui, très jeune, qui avait été humiliée par un entraîneur. Cette part s’était donné pour mission de le protéger en le « freinant » : si tu ne donnes pas tout, tu ne risques pas d’être humilié à nouveau. C’était une stratégie de survie, devenue inadaptée.
« Chaque part de nous, même la plus bruyante ou la plus gênante, a une intention positive. Notre travail est de l’écouter, pas de la combattre. »
En IFS, on ne dialogue pas avec cette part comme avec un symptôme à éradiquer. On entre en contact avec elle avec curiosité et compassion. On lui demande : « Qu’est-ce que tu crains qu’il arrive si tu te détends ? » Et souvent, la réponse est bouleversante : « J’ai peur qu’il soit anéanti. » La transformation arrive quand on rassure cette part, quand on lui montre que l’adulte d’aujourd’hui peut prendre le relais. Ce n’est pas un combat. C’est une négociation intérieure, un rééquilibrage.
L’IFS m’a appris que la souffrance devient une force non pas quand on la dompte, mais quand on intègre toutes les parties de soi, même les plus fragiles, dans une famille intérieure unifiée. On devient alors plus entier, moins divisé. Et cette intégration est la source d’une résilience authentique.
On ne peut pas parler de transformation sans évoquer le lien aux autres. L’intelligence relationnelle, c’est la capacité à être en lien avec soi-même et avec l’autre de manière authentique, sans se perdre ni se couper. Elle est centrale dans le processus de guérison.
Beaucoup de personnes qui souffrent ont appris à se débrouiller seules. « Je ne veux pas embêter les autres avec mes problèmes », « Personne ne peut comprendre », « Montrer mes faiblesses, c’est dangereux ». Ces croyances sont compréhensibles. Elles sont souvent nées dans des environnements où la vulnérabilité n’était pas accueillie. Mais elles nous isolent. Et l’isolement est un terreau fertile pour la souffrance chronique.
J’ai vu des patients transformer leur vie simplement parce qu’ils avaient osé, pour la première fois, dire à un proche : « Je ne vais pas bien. » Pas pour une solution, pas pour une réponse. Juste pour être entendu. Ce simple acte de vulnérabilité partagée crée une connexion qui apaise le système nerveux. On n’est plus seul face à la tempête.
L’intelligence relationnelle, c’est aussi apprendre à poser des limites. C’est savoir dire non sans culpabilité, c’est exprimer un besoin sans agressivité. C’est reconnaître que l’on a le droit de prendre soin de soi, même si cela déçoit les autres. C’est un apprentissage, et il passe souvent par des allers-retours, des maladresses. Mais c’est un muscle qui se renforce.
Dans mon accompagnement, je travaille beaucoup sur la relation que la personne entretient avec elle-même. Car c’est le socle de toutes les autres relations. Si tu te parles avec dureté, si tu te juges sans cesse, tu auras du mal à recevoir de la douceur de l’extérieur. L’intelligence relationnelle commence par une conversation intérieure plus aimante.
Je travaille aussi avec des sportifs, coureurs et footballeurs. Et j’ai remarqué que les mécanismes de transformation sont les mêmes, que l’on soit sur un terrain ou dans un bureau. La préparation mentale, ce n’est pas « positiver à tout prix ». C’est apprendre à gérer l’incertitude, la pression, l’échec. C’est développer une flexibilité psychologique.
Un coureur que j’accompagnais s’était blessé à quelques semaines d’un marathon. Son monde s’est effondré. Il avait construit toute son identité autour de cette performance. La blessure, c’était la honte, la peur de décevoir, la colère. Nous avons travaillé non pas sur « comment guérir plus vite », mais sur « comment vivre cette période sans te détruire ». Il a dû faire le deuil de son objectif initial, et en construire un nouveau : revenir progressivement, écouter son corps, redéfinir ce qui compte vraiment pour lui. À sa façon, il a vécu une transformation intérieure similaire à celle de mes patients en souffrance psychologique.
La préparation mentale sportive m’a appris que la force ne réside pas dans l’absence de fragilité, mais dans la capacité à s’adapter. À rebondir. À accepter que le chemin ne soit pas linéaire. Et cette leçon est universelle.
« La résilience, ce n’est pas l’invulnérabilité. C’est la capacité à tomber, à se relever, et à apprendre quelque chose de la chute. »
Tu l’auras compris, la transformation ne vient pas de la souffrance elle-même, mais de la relation que l’on entretient avec elle. C’est un processus qui demande du temps, de la patience, et souvent un accompagnement. Mais il y a des étapes concrètes.
Voici ce que j’observe chez les personnes qui réussissent cette transformation :
La force qui émerge de ce processus n’est pas une force de « dur ». C’est une force douce, ancrée, connectée. C’est la force de celui qui sait qu’il peut traverser des tempêtes, parce qu’il a appris à danser sous la pluie, pas à l’éviter.
Je ne vais pas te laisser avec des concepts abstraits. Voici une pratique simple, que tu peux essayer dès aujourd’hui, seul chez toi. Elle s’inspire de l’IFS et de l’hypnose.
Installe-toi dans un endroit calme. Ferme les yeux. Prends trois respirations profondes. Porte ton attention sur la partie de toi qui souffre en ce moment – que ce soit une émotion, une sensation physique, une pensée. Ne cherche pas à la changer. Observe-la simplement. Comme si tu regardais un nuage passer.
Puis, pose-lui une question, intérieurement, avec une voix douce : « Qu’est-ce que tu as besoin que je sache ? » Écoute la réponse qui monte, sans la juger. Elle peut être une image, un mot, une sensation. Reste avec elle quelques instants. Remercie cette partie d’avoir parlé. Puis, reviens doucement à ton souffle, et ouvre les yeux.
Ce n’est pas une solution miracle. C’est un premier pas. Un geste de paix envers toi-même. Si tu le répètes régulièrement, tu commenceras à tisser une nouvelle relation avec ta souffrance. Une relation d’écoute, pas de combat.
Je sais que cet article peut résonner en toi de manière particulière. Peut-être que tu te reconnais dans certains de ces exemples. Peut-être que tu portes une souffrance depuis longtemps, et que tu as besoin d’un espace pour l’explorer en toute sécurité.
Je ne prétends pas avoir de recette magique. Je ne te promets pas une vie sans douleur. Mais je peux t’accompagner pour que cette douleur trouve sa juste place, pour qu’elle ne soit plus un poids qui t’empêche d’avancer, mais une boussole qui te guide vers ce qui compte vraiment pour toi.
Si tu sens que le moment est venu de franchir un pas, je t’invite à me contacter. Nous pouvons échanger par
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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