3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Redécouvrez votre potentiel insoupçonné de rebond.
Vous êtes peut-être en train de lire ce titre en vous disant : « Non, vraiment, je ne suis pas résilient. J’ai traversé des épreuves, j’ai essayé de me relever, mais je reste au sol. » Je comprends cette impression. Dans mon cabinet à Saintes, je reçois des hommes et des femmes qui me disent exactement cela. Ils ont vécu un licenciement brutal, une séparation qui a tout cassé, un deuil qui n’en finit pas, ou parfois un traumatisme plus ancien, enfoui, qui continue de peser sur leurs épaules. Leur conclusion est la même : « Je suis faible. Je n’ai pas la force de rebondir. »
Pourtant, après des années à pratiquer l’hypnose ericksonienne, l’IFS (Internal Family Systems) et l’Intelligence Relationnelle, je peux vous affirmer une chose avec certitude : vous avez déjà été résilient. Peut-être sans le savoir. Peut-être sans le reconnaître. Et si vous avez tort sur vous-même ? Si ce que vous appelez « ne pas rebondir » n’était en réalité qu’une stratégie invisible de survie, un mécanisme que vous avez déployé pour tenir, mais que vous n’avez pas encore appris à lire ?
Dans cet article, je vais vous montrer comment la résilience n’est pas un trait de caractère que l’on possède ou non, mais une capacité que vous exercez déjà, souvent à votre insu. Et surtout, je vous donnerai des pistes concrètes pour la reconnaître, l’activer et la renforcer.
Quand je demande à mes patients ce qui leur fait dire qu’ils ne sont pas résilients, les réponses se ressemblent. « Je n’ai pas réussi à me reconstruire aussi vite que mon collègue après son divorce. » « Je continue à faire des crises d’angoisse alors que mon frère, lui, a tout surmonté. » « Je n’arrive pas à me lever le matin avec le sourire comme cette amie qui a perdu son père. »
Nous avons une tendance naturelle à nous comparer aux autres. Mais dans le domaine du trauma et de la résilience, cette comparaison est un piège mortel. Pourquoi ? Parce qu’elle repose sur une illusion : celle que nous voyons la réalité complète de l’autre. Vous ne voyez pas les nuits sans sommeil de votre collègue, les larmes qu’il cache sous ses lunettes de soleil, ou les séances de thérapie qu’il suit en secret. Vous ne voyez que la façade, le résultat final, la version « réussie » du rebond.
Prenons un exemple anonymisé. Paul, 42 ans, coureur amateur et dirigeant d’une petite entreprise, est venu me voir après un burn-out. Il me disait : « Je suis nul. Mon associé a repris le travail au bout de trois mois, moi ça fait un an que je suis en arrêt. » En explorant son histoire, j’ai découvert que Paul avait grandi dans une famille où exprimer ses émotions était interdit. Son burn-out n’était pas un simple épuisement : c’était l’effondrement d’un système de défense construit depuis l’enfance. Son associé, lui, avait grandi dans un environnement plus soutenant. Comparer leurs trajectoires était non seulement injuste, mais cruel.
La résilience n’est pas une course. C’est une marche unique, avec votre propre rythme, votre propre paysage intérieur.
Le deuxième piège, c’est l’auto-jugement. Vous vous dites : « Si j’étais résilient, je ne ressentirais plus de douleur. » Faux. La résilience ne signifie pas l’absence de souffrance. Elle signifie la capacité à continuer d’avancer avec la souffrance, à lui trouver une place, à ne pas la laisser définir toute votre existence. Une personne résiliente n’est pas une personne qui ne tombe jamais. C’est une personne qui sait comment se relever, même si elle a besoin d’aide, même si cela prend du temps.
Alors, avant d’aller plus loin, je vous propose un petit exercice. Prenez un carnet ou une note sur votre téléphone. Notez la première chose qui vous vient à l’esprit quand vous entendez le mot « résilience ». Une image, une sensation, une personne. Puis demandez-vous : « Est-ce que je suis en train de me comparer à un standard irréaliste ? » Vous serez peut-être surpris de constater à quel point votre définition de la résilience est exigeante, presque inhumaine.
Voici une vérité que j’observe chaque jour dans mon cabinet : les personnes qui se disent « non résilientes » ont souvent déployé une résilience extraordinaire, mais elles ne la reconnaissent pas. Pourquoi ? Parce qu’elles attendent un rebond spectaculaire, une transformation totale, un « avant/après » digne d’un film. Or la résilience se niche souvent dans l’invisible, dans le minuscule, dans ce qui semble banal.
Prenons l’exemple de Sarah, 35 ans, une patiente qui consultait pour des attaques de panique récurrentes après un accident de voiture. Elle était persuadée d’être « brisée », incapable de se reconstruire. Pourtant, en fouillant son quotidien, nous avons découvert qu’elle avait mis en place des stratégies de survie remarquables : elle avait réaménagé son trajet pour éviter l’intersection de l’accident, elle avait appris à repérer les signes avant-coureurs d’une crise, elle s’était créé une playlist d’urgence pour se calmer. « Mais c’est juste bricoler, ce n’est pas de la résilience », disait-elle. Si. C’en est. Absolument.
La résilience, c’est aussi :
Chacun de ces gestes est un acte de résilience. Vous avez adapté votre comportement pour survivre à une situation intolérable. Vous avez utilisé vos ressources, même limitées, pour tenir. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est une forme de sagesse corporelle et émotionnelle que vous avez développée.
En hypnose ericksonienne, nous appelons cela « l’utilisation de ce qui est déjà là ». Milton Erickson, le père de cette approche, avait un principe simple : ne jamais essayer de remplacer ce que le patient fait, mais plutôt reconnaître et amplifier ses stratégies existantes. Si vous avez développé une stratégie – même imparfaite – pour survivre, c’est le signe que votre esprit et votre corps travaillent déjà pour vous. Le problème, c’est que vous n’avez pas encore appris à les écouter.
Je vous propose un second exercice. Pendant les prochains jours, tenez un « journal des micro-résiliences ». Chaque soir, notez trois choses que vous avez faites – même toutes petites – pour prendre soin de vous ou pour faire face à une difficulté. Vous avez bu un verre d’eau quand vous étiez submergé ? Vous avez pris une profonde inspiration avant de répondre à un message stressant ? Vous avez décidé de ne pas répondre du tout ? Notez-le. À la fin de la semaine, relisez ces notes. Vous verrez : vous êtes déjà en mouvement.
Si vous êtes arrivé jusqu’ici, vous commencez peut-être à entrevoir que vous avez déjà des ressources. Mais alors, pourquoi ne les utilisez-vous pas pleinement ? Pourquoi restez-vous bloqué dans des schémas de souffrance ? C’est là que les approches que j’utilise – l’hypnose ericksonienne et l’IFS – entrent en jeu.
L’hypnose ericksonienne, contrairement à ce que l’on croit souvent, n’est pas un état de sommeil ou de perte de contrôle. C’est un état de conscience modifié où votre esprit critique se met en retrait, permettant à votre inconscient de devenir plus réceptif et créatif. Pourquoi est-ce utile pour la résilience ? Parce que vos blocages – ces croyances du type « je ne suis pas capable », « je suis trop fragile » – sont souvent ancrés dans des parties de vous qui ont été figées à un moment de votre histoire. L’hypnose permet de contourner la résistance de l’esprit conscient et d’accéder à ces parties pour les libérer.
Prenons un exemple concret. J’ai accompagné un footballeur amateur, Marc, qui avait perdu confiance après une grave blessure au genou. Physiquement, il était remis. Mentalement, il se bloquait à chaque accélération. En séance d’hypnose, nous sommes allés explorer cette peur. Nous avons découvert qu’elle n’était pas liée à la blessure elle-même, mais à une croyance plus ancienne : « Si je force, je vais tout casser. » Cette croyance venait de son enfance, où son père exigeait toujours plus, jusqu’à l’épuisement. L’hypnose a permis de réassocier cette peur à son contexte d’origine et de la dissocier du terrain de foot. Marc a pu retrouver une confiance neuve, non pas en « oubliant » sa peur, mais en lui donnant une place juste.
L’IFS (Internal Family Systems), ou Système Familial Intérieur, est une autre approche puissante. Elle considère que notre psyché est composée de différentes « parties » – des sous-personnalités qui ont des rôles, des émotions et des croyances distinctes. Par exemple, vous avez peut-être une partie « perfectionniste » qui vous pousse à tout contrôler, une partie « critique » qui vous juge sévèrement, et une partie « enfant blessée » qui vit encore la douleur d’un traumatisme passé. Le problème, c’est que ces parties peuvent prendre le contrôle de votre vie, surtout quand vous êtes en crise.
L’IFS ne cherche pas à se débarrasser de ces parties, mais à entrer en dialogue avec elles. La résilience, dans ce cadre, c’est la capacité à contacter votre « Self » – ce noyau de compassion, de calme et de clarté qui est en vous – pour devenir le leader de votre système intérieur. Quand vous êtes en Self, vous pouvez écouter votre partie anxieuse sans être submergé par elle. Vous pouvez comprendre pourquoi votre partie critique est si dure (elle essaie souvent de vous protéger d’une humiliation future). Et progressivement, vous pouvez libérer les énergies bloquées.
Ce n’est pas la douleur qui vous définit, c’est la relation que vous entretenez avec elle. Et cette relation, vous pouvez la transformer.
Concrètement, comment cela se passe ? En séance, je vous guide pour identifier une partie qui vous pose problème – par exemple, cette voix intérieure qui vous répète « tu n’y arriveras jamais ». Au lieu de la combattre, nous l’invitons à s’exprimer. Nous lui demandons : « Que veux-tu pour moi ? », « De quoi as-tu peur ? », « Quel âge as-tu ? ». Souvent, cette partie se révèle être un jeune protecteur, un enfant qui a dû se durcir pour survivre. En le remerciant pour son service, en lui montrant que vous êtes désormais adulte et capable, vous pouvez alléger son fardeau. C’est un travail profond, émotionnel, mais incroyablement libérateur.
Dans le parcours de reconstruction, il y a un obstacle que je vois revenir sans cesse : les injonctions de l’entourage. « Il faut tourner la page. » « Cela fait assez longtemps, maintenant. » « Tu devrais être guéri. » Ces phrases, souvent dites avec bienveillance, sont en réalité toxiques pour la résilience.
Pourquoi ? Parce qu’elles reposent sur un modèle linéaire du deuil et du trauma. Ce modèle, popularisé par Elisabeth Kübler-Ross (déni, colère, marchandage, tristesse, acceptation), a été détourné. On en a fait une injonction à « passer par les étapes dans l’ordre » et à « arriver à l’acceptation » le plus vite possible. Or, le travail de terrain et les neurosciences modernes montrent que le trauma ne se guérit pas en suivant une ligne droite. Il se guérit en spirale. Vous pouvez penser avoir accepté une perte, puis un anniversaire, une odeur, une chanson vous replonge dans une tristesse brute. Et cela n’a rien d’un échec.
L’Intelligence Relationnelle, que j’enseigne à mes patients, nous apprend à distinguer les relations qui soutiennent de celles qui enferment. Une relation soutenante est une relation qui tolère l’ambivalence, qui accepte que vous puissiez être à la fois triste et joyeux, avancé et reculé. Une relation toxique, même involontairement, est celle qui vous demande d’être cohérent, rapide, « guéri » selon un calendrier extérieur.
J’ai vu des patients passer des années à essayer de « passer à autre chose » pour faire plaisir à leur conjoint ou à leurs parents. Résultat ? Ils se sont coupés de leur douleur, mais aussi de leur vitalité. Ils ont construit une façade de résilience, mais à l’intérieur, tout restait figé. La véritable résilience, celle que j’accompagne, ne passe pas par le déni ou l’oubli. Elle passe par l’intégration. Vous n’oubliez pas ce qui vous est arrivé. Vous apprenez à vivre avec, à lui donner une place dans votre histoire, sans qu’elle définisse votre identité entière.
Alors, que faire face à ces injonctions ? D’abord, les reconnaître. Ensuite, apprendre à poser des limites. Vous pouvez dire à un proche : « Je sais que tu veux m’aider, et je t’en remercie. Mais j’ai besoin que tu acceptes que mon chemin soit plus long que ce que tu imagines. Est-ce que tu peux juste être là, sans me pousser ? » Cette phrase est un acte de résilience en soi. Elle montre que vous prenez soin de votre processus, que vous ne vous laissez pas déposséder de votre guérison.
Si vous êtes dans une période où tout semble vide, où l’énergie manque, où la perspective de « rebondir » paraît une montagne infranchissable, voici trois piliers concrets, issus de ma pratique, pour commencer à activer votre résilience. Ce ne sont pas des solutions miracles, mais des ancrages progressifs.
Pilier 1 : Le corps d’abord. La résilience ne commence pas dans la tête, mais dans le corps. Après un trauma, votre système nerveux est souvent en état d’alerte permanent (hypervigilance) ou au contraire en état de sidération (effondrement). Avant de vouloir « penser positif » ou « faire des projets », il faut ramener le corps à un état de sécurité relative. Comment ? Par des techniques simples de régulation : la respiration en cohérence cardiaque (5 secondes d’inspiration, 5 secondes d’expiration, pendant 5 minutes), le balayage corporel (porter son attention sur les zones de tension et les relâcher), ou encore le simple fait de poser ses pieds à plat sur le sol et de sentir le contact. En hypnose, je guide souvent des exercices de « lieu sûr » ou de « ressourcement corporel ». L’idée est de montrer à votre système nerveux qu’ici, maintenant, vous n’êtes pas en danger. Ce n’est qu’à partir de cette base que la reconstruction cognitive peut avoir lieu.
Pilier 2 : Trouver une partie de vous qui veut encore. Quand on est déprimé ou traumatisé, la motivation globale est absente. Mais il existe presque toujours une petite partie de vous qui, quelque part, veut autre chose. Elle peut être minuscule. Elle peut être cynique. « Je veux juste que la douleur s’arrête. » C’est déjà une volonté. En IFS, on appelle cela une « partie qui porte le fardeau », mais elle contient aussi une énergie de vie. Connect
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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