3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Un guide simple pour choisir la bonne approche.
Vous êtes là, devant votre écran, à vous demander par où commencer. Peut-être que vous traversez une période difficile — anxiété qui revient sans prévenir, schémas relationnels qui se répètent, une colère que vous n’arrivez pas à expliquer — et vous cherchez une aide concrète. Mais dès que vous tapez « thérapie » dans un moteur de recherche, c’est le grand bazar. Psychanalyse, TCC, IFS, EMDR, thérapie systémique… Chaque approche promet des résultats, mais laquelle est faite pour vous ?
Je vois souvent des personnes arriver dans mon cabinet à Saintes avec cette confusion. Elles ont lu des articles, demandé des avis, mais se sentent encore perdues. Alors je vais vous aider à y voir clair, sans jargon, en partant de situations réelles. Je vais comparer trois approches que je connais bien : la psychanalyse, les TCC (thérapies cognitivo-comportementales) et l’IFS (Internal Family Systems). Mon objectif n’est pas de vous dire laquelle est « la meilleure » — parce qu’il n’y en a pas — mais de vous donner des repères pour choisir celle qui résonne avec vous.
Commençons par une histoire. Imaginez un patient que j’appellerai Thomas. Il a 38 ans, il est cadre commercial, et il vient me voir parce qu’il se sent épuisé. Il a des insomnies, il s’énerve vite avec ses enfants, et il a l’impression de ne jamais en faire assez. Il a déjà essayé de « positiver », de faire du sport, de mieux s’organiser, mais rien ne tient. Thomas me dit : « Je veux comprendre pourquoi je suis comme ça, mais j’ai aussi besoin que ça change vite. » Vous ressentez peut-être la même chose : un mélange d’urgence et de besoin de sens.
Voyons comment ces trois approches pourraient répondre à la demande de Thomas.
La psychanalyse, c’est un peu la grand-mère des thérapies modernes. Elle a été popularisée par Freud, puis enrichie par Lacan, Jung, et d’autres. L’idée centrale est que notre inconscient — ces parties de nous dont nous n’avons pas conscience — influence nos comportements, nos émotions et nos choix. En remontant dans votre histoire, surtout dans l’enfance, on peut repérer des conflits refoulés qui se rejouent aujourd’hui.
Si Thomas allait voir un psychanalyste, il passerait probablement plusieurs séances à parler librement, sans que le thérapeute l’interrompe beaucoup. On l’inviterait à associer ses idées, à raconter ses rêves, à dire ce qui lui vient à l’esprit. Peu à peu, des schémas émergeraient : peut-être que son père était exigeant et que Thomas a construit une voix intérieure qui lui dit qu’il n’est jamais à la hauteur. Ou que sa mère était absente émotionnellement, ce qui l’a conduit à chercher la reconnaissance par la performance.
Ce qui est puissant dans la psychanalyse, c’est la profondeur. Elle ne se contente pas de traiter un symptôme (l’insomnie, l’irritabilité) : elle cherche à comprendre le sens de ce symptôme dans votre vie. Pourquoi maintenant ? Que dit-il de vous ? Cela peut amener des prises de conscience transformatrices.
Mais il y a des limites. La psychanalyse prend du temps — parfois des années, à raison de deux ou trois séances par semaine. Elle est exigeante financièrement et émotionnellement. Et elle ne donne pas toujours d’outils concrets pour gérer une crise immédiate. Si Thomas est en pleine insomnie et qu’il a besoin de dormir cette semaine, la psychanalyse ne va pas lui donner une technique pour ça.
« La psychanalyse m’a aidée à comprendre pourquoi je tombais toujours amoureuse de personnes indisponibles, mais il m’a fallu deux ans pour que ça change vraiment dans ma vie. » — Une patiente, 42 ans
Pour qui est-ce adapté ? Pour les personnes qui aiment explorer, qui ont du temps devant elles, et qui sentent qu’il y a un « mystère » dans leur fonctionnement qu’elles veulent résoudre. Ce n’est pas le meilleur choix si vous êtes en urgence ou si vous voulez des résultats rapides et mesurables.
Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont nées dans les années 1960-70, en réaction à la lenteur de la psychanalyse. Elles sont très structurées, courtes (souvent 10 à 20 séances), et validées scientifiquement pour des troubles comme l’anxiété, la dépression, les phobies ou les TOC. Le principe est simple : nos pensées influencent nos émotions, qui influencent nos comportements. En modifiant les pensées automatiques négatives et en adoptant de nouveaux comportements, on peut sortir des cercles vicieux.
Avec les TCC, Thomas travaillerait sur son insomnie et son irritabilité de façon très concrète. Le thérapeute lui donnerait un journal de bord pour noter ses pensées avant de s’endormir (« Je vais être fatigué demain, je vais rater ma réunion »). Puis on les challengerait : « Est-ce que c’est vraiment vrai ? Quelles sont les preuves du contraire ? » En parallèle, on mettrait en place des routines : heure de coucher fixe, arrêt des écrans, relaxation progressive. On pourrait aussi faire des exercices de gestion de la colère, comme le time-out ou la respiration contrôlée.
L’avantage des TCC, c’est l’efficacité rapide. En quelques semaines, Thomas pourrait retrouver un sommeil correct et moins s’énerver. C’est très concret, très « manuel ». Et c’est rassurant : on sait où on va, on a des objectifs, on mesure les progrès.
Mais il y a des angles morts. Les TCC travaillent sur le « comment » (comment changer mes pensées, comment modifier mon comportement) mais moins sur le « pourquoi » (pourquoi est-ce que je pense ça en premier lieu ?). Certains patients ressentent un manque de profondeur : ils changent en surface, mais un malaise plus ancien reste. Thomas pourrait arrêter de s’énerver avec ses enfants, mais continuer à se sentir vide ou à douter de sa valeur. Les TCC ne creusent pas forcément ce qui s’est joué dans l’enfance.
« Les TCC m’ont sauvé la mise pour mon anxiété sociale : j’ai pu reprendre le métro et parler en réunion. Mais je n’ai pas compris d’où venait cette peur du regard des autres. » — Un patient, 31 ans
Pour qui est-ce adapté ? Pour les personnes qui veulent des résultats rapides, qui aiment la structure, et qui ont un problème ciblé (phobie, insomnie, attaques de panique). Ce n’est pas idéal si vous cherchez une transformation profonde de votre personnalité ou si vous sentez que votre souffrance est liée à des blessures anciennes non résolues.
L’IFS (Internal Family Systems) a été développé par Richard Schwartz dans les années 1980. C’est plus récent que la psychanalyse et les TCC, mais il gagne en popularité parce qu’il combine le meilleur des deux mondes : il explore en profondeur votre monde intérieur (comme la psychanalyse) tout en offrant des outils concrets pour changer (comme les TCC). L’idée de base est que notre psychisme est composé de nombreuses « parties » — des sous-personnalités qui ont des émotions, des croyances et des rôles différents.
Imaginez Thomas. En IFS, on découvrirait plusieurs parties en lui. Il y a une partie « performeur » qui le pousse à travailler toujours plus, à être parfait. Une partie « critique » qui lui dit qu’il n’est jamais assez bon. Une partie « colérique » qui explose avec ses enfants. Et une partie « enfant vulnérable » qui se sent seule et a besoin d’être rassurée. Mais surtout, il y a un « Self » — votre essence profonde, calme, curieuse, confiante — qui peut dialoguer avec toutes ces parties.
La thérapie IFS ne cherche pas à éliminer les parties (même la colérique ou la critique). Au contraire, on les accueille, on les remercie d’avoir protégé Thomas pendant des années, et on comprend leur histoire. La partie performeur, par exemple, s’est activée à 10 ans quand Thomas a dû être fort après le divorce de ses parents. Elle a fait son job : l’aider à réussir pour ne pas s’effondrer. Mais aujourd’hui, elle est devenue trop rigide et l’épuise. En IFS, on va négocier avec elle, lui donner un nouveau rôle, libérer la partie vulnérable.
Ce qui est frappant en IFS, c’est la douceur. On ne combat pas ses symptômes : on les écoute. Thomas ne se battrait plus contre son insomnie ; il demanderait à la partie insomniaque ce qu’elle essaie de lui dire (« Je t’empêche de dormir parce que je te surveille, pour que tu ne sois pas surpris par l’échec »). Et peu à peu, la confiance s’installe.
L’IFS est efficace pour les schémas répétitifs, les traumatismes, les addictions, les troubles de l’humeur. Il est aussi très respectueux : vous n’êtes pas un « patient malade » mais une personne avec un système interne riche. Et il donne des outils pour continuer seul entre les séances.
« Avec l’IFS, j’ai arrêté de me détester pour ma procrastination. J’ai découvert que la partie qui me faisait remettre les choses au lendemain était en fait terrifiée à l’idée d’échouer. Une fois que je l’ai remerciée, elle s’est calmée. » — Une patiente, 29 ans
Pour qui est-ce adapté ? Pour les personnes qui sentent qu’elles ont des « voix intérieures » contradictoires, qui veulent comprendre leurs schémas sans se sentir jugées, et qui cherchent une transformation durable. C’est particulièrement utile si vous avez l’impression que les approches trop comportementales ne touchent pas le fond du problème, mais que la psychanalyse est trop longue.
Maintenant que vous avez une idée de chaque approche, comment faire votre choix ? Je vous propose un petit guide en trois questions.
1. Quel est votre rapport au temps ? Si vous êtes en crise et que vous avez besoin de résultats visibles en quelques semaines (insomnie sévère, attaques de panique, burn-out imminent), les TCC sont probablement votre meilleure option. Si vous avez du temps et que vous voulez explorer votre histoire en profondeur, la psychanalyse peut être un beau voyage. Si vous êtes entre les deux — vous voulez des changements rapides mais aussi une compréhension en profondeur — l’IFS est un excellent compromis.
2. Comment fonctionnez-vous avec les émotions ? Avez-vous besoin de vous sentir accompagné, contenu, avec un cadre très structuré ? Les TCC offrent ça. Préférez-vous une liberté d’expression totale, où vous parlez de ce qui vous vient ? La psychanalyse. Ou êtes-vous plutôt quelqu’un qui aime dialoguer, explorer son monde intérieur de façon active et créative ? L’IFS, avec ses exercices de visualisation et de dialogue avec les parties, peut vous convenir.
3. Quelle est votre sensibilité à la « cause » de vos problèmes ? Si vous êtes convaincu que tout vient de votre enfance et que vous voulez absolument travailler sur cette origine, la psychanalyse ou l’IFS seront plus satisfaisants. Si vous pensez que le changement est possible en modifiant vos pensées et comportements présents, sans nécessairement remonter à la source, les TCC sont très efficaces. Si vous sentez que les deux sont vrais — que votre passé influence votre présent, mais que vous voulez aussi des outils pour aujourd’hui — l’IFS intègre les deux dimensions.
Un mot d’honnêteté : aucune thérapie n’est magique. Même avec la meilleure approche, le changement demande du temps, de l’engagement et parfois des rechutes. Ce qui fait la différence, c’est souvent la relation avec le thérapeute. Un bon praticien, quelle que soit son école, est quelqu’un avec qui vous vous sentez en sécurité, écouté et respecté.
Dans ma pratique à Saintes, je ne suis pas « puriste ». Je suis formé à l’hypnose ericksonienne, à l’IFS et à l’Intelligence Relationnelle, et j’utilise aussi des outils des TCC quand c’est pertinent. Pourquoi me limiter ? Chaque approche a ses forces, et parfois, la meilleure thérapie est celle qui s’adapte à vous, pas l’inverse.
Par exemple, je pourrais commencer par des séances d’IFS avec Thomas pour comprendre ses parties, puis lui donner un exercice de TCC pour gérer une crise d’insomnie le soir même, et utiliser une induction hypnotique pour l’aider à se détendre profondément. Ce n’est pas un mélange incohérent : c’est une réponse sur mesure.
Si vous êtes en train de lire cet article et que vous hésitez encore, je vous propose un petit exercice. Prenez une feuille et notez trois choses :
Ensuite, regardez ce que vous avez écrit. Est-ce que vous avez besoin d’une solution rapide pour un symptôme précis ? Vous orienterez vers les TCC ou l’hypnose. Est-ce que vous sentez que le problème est plus ancien, plus complexe, lié à votre histoire ? L’IFS ou la psychanalyse seront plus indiqués. Et si vous êtes comme beaucoup de mes patients — vous voulez les deux — l’IFS est un bon point de départ.
Je ne fais pas de psychanalyse pure (je ne suis pas psychanalyste), mais je pratique l’IFS et l’hypnose ericksonienne, avec des apports de l’Intelligence Relationnelle pour les schémas relationnels. Je reçois des adultes en souffrance — anxiété, dépression, burn-out, traumatismes, difficultés relationnelles — et je suis aussi préparateur mental pour des sportifs (coureurs, footballeurs) qui veulent gérer la pression et améliorer leur concentration.
Si vous hésitez encore entre ces approches, je vous invite à prendre rendez-vous pour une séance découverte. On parlera de votre situation, de ce que vous avez essayé, de ce qui vous fait peur. Je ne vous promets pas de miracle — je ne fais pas de promesses que je ne peux pas tenir — mais je vous promets une écoute honnête et un cadre sécurisé.
Parfois, le plus dur n’est pas de choisir une thérapie, mais d’oser faire le premier pas. Si vous lisez ces lignes, c’est peut-être que vous êtes prêt. Alors, écoutez cette partie de vous qui veut aller mieux. Elle mérite d’être entendue.
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
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