Thierry Sudan
— Psychologie

IFS, psychanalyse ou TCC : quelle thérapie choisir, notamment pour l’anxiété ?

Ce que proposent la psychanalyse, les thérapies cognitives et comportementales et l’IFS, leurs forces et leurs limites, laquelle choisir selon votre situation (en particulier pour l’anxiété), et l’intérêt de les combiner.

IFS, psychanalyse ou TCC : quelle thérapie choisir, notamment pour l’anxiété ?
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Vous avez décidé de vous faire aider. C’est déjà un grand pas. Mais devant la diversité des approches, vous vous sentez perdu : psychanalyse, TCC, IFS, et bien d’autres. Laquelle choisir ? Laquelle est « la meilleure » ?

Il n’existe pas de thérapie meilleure dans l’absolu. Chacune a sa logique, ses forces et ses limites. Le bon choix dépend de ce que vous vivez, de ce que vous cherchez, et aussi de la relation avec le thérapeute, qui est l’un des facteurs les plus déterminants de l’efficacité. Cet article vous aide à comprendre trois grandes approches pour choisir en connaissance de cause.

La psychanalyse : explorer le passé pour éclairer le présent

Fondée par Sigmund Freud, la psychanalyse et les thérapies psychanalytiques (ou psychodynamiques) partent de l’idée qu’une partie de notre vie psychique est inconsciente, et que nos difficultés actuelles sont liées à des conflits et des expériences anciennes.

Comment ça se passe : vous parlez librement de ce qui vous vient (rêves, souvenirs, pensées), et le thérapeute vous aide à repérer des liens, des répétitions, des significations cachées. La relation avec le thérapeute elle-même devient un lieu d’exploration.

Ses forces : une compréhension en profondeur de son histoire et de son fonctionnement ; un espace de parole libre ; un travail sur le sens.

Ses limites : souvent longue (plusieurs années pour une analyse classique, moins pour une psychothérapie d’inspiration analytique) ; peu directive, ce qui peut déconcerter quand on cherche des outils concrets ; son efficacité est plus difficile à évaluer par des études standardisées, même si des recherches existent.

Les TCC : des outils concrets pour changer pensées et comportements

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) se concentrent sur le présent : les pensées, les émotions et les comportements qui entretiennent une difficulté, et les moyens de les modifier.

Comment ça se passe : avec le thérapeute, vous identifiez des objectifs précis, vous repérez vos pensées automatiques et vos évitements, puis vous expérimentez de nouvelles façons de faire, souvent avec des exercices entre les séances. Dans l’anxiété, on pratique notamment l’exposition progressive aux situations redoutées.

Ses forces : une approche structurée, souvent plus courte ; des outils concrets et autonomisants ; une efficacité démontrée par de nombreuses études, en particulier pour les troubles anxieux, les phobies, les troubles obsessionnels et la dépression. Ce sont souvent les thérapies recommandées en première intention pour ces troubles.

Ses limites : certaines personnes la trouvent trop centrée sur les symptômes, ou ont du mal à appliquer les techniques quand une émotion très ancienne est en jeu. Les approches plus récentes de la même famille (thérapie des schémas, ACT, pleine conscience) intègrent davantage l’histoire et les émotions.

L’IFS : dialoguer avec vos parts pour retrouver votre Self

L’IFS (Internal Family Systems), développé par le psychologue Richard Schwartz, considère que notre psychisme est composé de plusieurs parts, chacune avec son rôle et son histoire, et d’un Self, un état de calme, de curiosité et de compassion présent en chacun.

Comment ça se passe : on repère les parts en jeu dans une difficulté (une part anxieuse, une part critique, une part qui évite), on entre en relation avec elles depuis le Self, on comprend ce qu’elles protègent, et on prend soin des parts blessées (les exilés) qu’elles protègent.

Ses forces : une approche douce, non pathologisante (aucune part n’est mauvaise) ; un travail en profondeur sur les blessures, accessible même quand on a déjà beaucoup « compris » ; une grande cohérence avec les connaissances sur l’attachement et le trauma.

Ses limites : l’approche est plus récente, et les études scientifiques, bien qu’encourageantes, sont encore moins nombreuses que pour les TCC ; elle demande une certaine capacité d’introspection ; en cas de trauma sévère, elle doit être pratiquée par un thérapeute formé et expérimenté.

Pour une comparaison avec les approches traditionnelles en général, voyez IFS vs thérapie classique.

TCC ou IFS pour l’anxiété ?

C’est une question fréquente. Les deux approches regardent l’anxiété différemment.

Les TCC voient l’anxiété comme un ensemble de pensées et de comportements à modifier : on apprend à repérer les pensées catastrophes, à les nuancer, à s’exposer progressivement aux situations évitées. Ce chemin est très efficace, en particulier pour les attaques de panique, les phobies et l’anxiété sociale.

L’IFS voit l’anxiété comme une part protectrice qui a une raison d’avoir peur : souvent, elle protège une part plus jeune, blessée. On ne cherche pas à la faire taire, mais à comprendre ce qu’elle protège. Ce chemin est particulièrement utile quand l’anxiété est liée à une histoire ancienne, quand les techniques seules ne suffisent pas, ou quand on se sent en conflit avec soi-même.

Quand choisir les TCC : pour un trouble anxieux bien identifié, quand on veut des résultats rapides sur des symptômes précis, quand on aime une approche structurée.

Quand l’IFS devient intéressant : quand l’anxiété résiste aux techniques, quand elle est mêlée de honte ou de vieilles blessures, quand on sent qu’une partie de soi « refuse » d’aller mieux.

Comment choisir selon votre situation

Quelques questions pour vous orienter :

  • Cherchez-vous surtout des outils concrets pour un problème précis ? Les TCC sont un bon point de départ.
  • Avez-vous besoin de comprendre votre histoire et de donner du sens à ce que vous vivez ? Une approche psychodynamique peut vous convenir.
  • Avez-vous l’impression que des parts de vous se contredisent, ou que vous avez « tout compris » sans que rien ne change ? L’IFS peut être une piste.
  • Combien de temps et de moyens pouvez-vous y consacrer ?
  • Vous sentez-vous en confiance avec le thérapeute ? C’est essentiel, quelle que soit l’approche.

Dans tous les cas, si vous souffrez d’un trouble psychique sévère (dépression importante, idées suicidaires, troubles bipolaires, psychose, addiction), commencez par consulter un médecin ou un psychiatre. En cas d’idées suicidaires, appelez le 3114.

Et si vous combiniez les approches ?

Beaucoup de thérapeutes, aujourd’hui, sont intégratifs : ils associent plusieurs approches selon les besoins. Dans ma pratique, j’utilise l’hypnose ericksonienne, l’IFS et l’Intelligence Relationnelle, et j’intègre volontiers des outils issus des TCC (exposition progressive, travail sur les pensées automatiques) quand ils sont utiles. Pour certaines personnes, un suivi chez un psychologue ou un psychiatre, avec un traitement, est complémentaire.

Ce que les thérapies ne font pas

Aucune ne promet une guérison rapide et définitive. Aucune ne remplace un suivi médical quand il est nécessaire. Et aucune ne fonctionne sans votre engagement : la thérapie est un travail à deux.

Ce que vous pouvez faire maintenant

Notez en quelques lignes ce que vous aimeriez changer, et ce que vous attendez d’un accompagnement. Ces notes vous aideront à choisir, et à en parler lors d’un premier rendez-vous. Si vous êtes à Saintes ou alentours, ou si vous préférez un accompagnement à distance, je vous reçois pour en discuter.

Thierry Sudan

Praticien en accompagnement — IFS, hypnose ericksonienne et Intelligence Relationnelle. Cabinet à Saintes, séances également à distance.

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