3 exercices d’hypnose pour sortir de la torpeur
Des techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
L'explication IFS sur les rechutes émotionnelles.
Tu as fait une TCC. Pendant plusieurs semaines, tu as travaillé tes schémas de pensée, tu as noté tes émotions dans un tableau, tu as appris à remettre en cause tes croyances irrationnelles. Et ça a marché. Pendant un temps, tu te sentais mieux. Tu arrivais à relativiser, à ne pas laisser l’anxiété tout envahir. Puis, un jour, sans prévenir, tu as craqué. La même angoisse, la même tristesse, les mêmes pensées qui tournent en boucle. Comme si la TCC n’avait été qu’un pansement sur une plaie qui n’en finit pas de suppurer. Tu te demandes ce qui cloche. Tu n’es pas seul.e. Beaucoup de personnes que je reçois à Saintes me confient ce sentiment d’échec après une thérapie cognitive et comportementale. La TCC est une approche sérieuse, validée scientifiquement. Mais elle a une limite que peu de praticiens t’expliquent : elle s’attaque aux symptômes, pas à la source. L’IFS, la thérapie des parties, propose une autre lecture de ce phénomène. Une lecture qui, peut-être, changera ta manière de voir tes rechutes émotionnelles.
Quand tu fais une TCC, l’idée centrale est simple : tes émotions et tes comportements sont liés à tes pensées. Si tu changes ta manière de penser, tu changes ce que tu ressens. Par exemple, si tu as peur de prendre la parole en réunion, la TCC va t’inviter à identifier la pensée automatique du type « Je vais dire une connerie et tout le monde va se moquer de moi », puis à la confronter avec des preuves du réel. Tu vas apprendre à la remplacer par une pensée plus réaliste comme « J’ai déjà parlé en réunion et ça s’est bien passé, j’ai le droit de dire quelque chose d’imparfait ». C’est logique, structuré, et ça marche. Jusqu’à un certain point.
Le problème, c’est que cette approche considère la pensée ou l’émotion perturbante comme un problème à résoudre, voire une erreur de programmation. Tu passes ton temps à négocier avec un enfant intérieur qui hurle, alors que tu voudrais juste qu’il se taise. La TCC te donne des outils pour faire taire cette partie de toi, mais elle ne t’apprend pas à l’écouter. Alors, quand la pression monte, quand la fatigue s’installe ou quand un événement vient réveiller une vieille blessure, la partie que tu avais réussi à museler reprend le dessus, et avec elle les symptômes.
« J’ai passé six mois à faire des exercices de TCC pour mon anxiété sociale. Je savais parfaitement identifier mes pensées irrationnelles, les noter, les contrer. Mais en soirée, je me retrouvais toujours à transpirer et à chercher un prétexte pour partir. C’était comme si une partie de moi n’avait pas du tout envie de coopérer avec mon cerveau rationnel. »
Ce témoignage d’un patient illustre bien le fossé entre la compréhension intellectuelle et le vécu émotionnel. La TCC travaille avec le cortex préfrontal, la partie la plus récente de notre cerveau, celle qui raisonne, planifie, inhibe. Mais les émotions intenses, les souvenirs traumatiques, les réflexes de survie, eux, sont stockés dans des zones plus anciennes : l’amygdale, l’hippocampe, le tronc cérébral. Ces zones ne comprennent pas le langage des arguments logiques. Elles parlent un langage corporel, sensoriel, instinctif. Quand tu utilises la TCC, tu apprends à ton cortex préfrontal à prendre le contrôle. C’est utile, mais c’est épuisant. Comme tenir une porte fermée avec tes mains alors que quelqu’un pousse de l’autre côté. Tu peux tenir longtemps, mais dès que tu faiblis, la porte s’ouvre.
L’IFS (Internal Family Systems) propose un changement de paradigme radical. Et si, au lieu de considérer tes symptômes – anxiété, dépression, colère, compulsions – comme des ennemis à éliminer, tu les voyais comme des messagers ? En IFS, on ne parle pas de troubles ou de dysfonctionnements. On parle de parties. Chaque émotion, chaque pensée récurrente, chaque comportement automatique est une partie de toi. Et la prémisse centrale de l’IFS, c’est que toutes les parties, même les plus destructrices en apparence, ont une intention positive pour toi. Elles cherchent à te protéger, à t’aider à survivre dans un monde qu’elles perçoivent comme dangereux.
Prenons un exemple concret. Imagine que tu es pris.e de crises d’angoisse à chaque fois que tu dois passer un entretien d’embauche. La TCC va t’apprendre à identifier la pensée « Je ne suis pas à la hauteur » et à la remplacer par « J’ai les compétences requises ». Tu vas peut-être même faire des jeux de rôle pour t’exposer progressivement à la situation. Ça peut réduire l’intensité de l’angoisse. Mais en IFS, on va se demander : quelle partie de toi déclenche cette angoisse ? Et que cherche-t-elle à faire ?
Souvent, la réponse est surprenante. Cette partie angoissée, c’est peut-être un petit toi qui a vécu un échec cuisant à l’école, une humiliation devant la classe. Cette partie a décidé que pour ne plus jamais ressentir cette honte, il fallait être parfait.e, irréprochable. Alors, à chaque entretien, elle envoie une vague d’angoisse pour te forcer à te préparer à fond, pour t’empêcher d’être pris.e au dépourvu. Son intention est noble : te protéger de la honte. Mais elle utilise des méthodes archaïques, qui datent de l’enfance. La TCC essaie de désamorcer cette alarme en la raisonnant. L’IFS, elle, va dialoguer avec le pompier qui actionne l’alarme, comprendre son histoire, le remercier pour son service, et lui proposer une nouvelle mission.
« Quand j’ai compris que ma crise d’angoisse avant chaque exam n’était pas une faiblesse mais une partie de moi qui avait 8 ans et qui avait peur de décevoir mon père, tout a changé. Je n’étais plus en guerre contre moi-même. J’étais en conversation avec une petite fille qui avait besoin qu’on la rassure, pas qu’on la réprime. »
Cette patiente a mis des mots sur un mécanisme que la TCC n’avait jamais touché. Elle n’avait pas besoin de meilleures stratégies d’exposition. Elle avait besoin de rencontrer la partie blessée et de lui redonner confiance. C’est pour ça que les symptômes reviennent avec la TCC : tu as juste appris à mieux contrôler le gardien, mais le blessé à l’intérieur n’a jamais reçu les soins dont il avait besoin.
En IFS, on distingue plusieurs types de parties. Il y a les managers, qui planifient, contrôlent, anticipent pour éviter la douleur. Ce sont elles qui te poussent à faire des listes, à être parfait.e, à anticiper tous les scénarios. Il y a les pompiers, qui agissent en urgence quand le système est submergé : crises de boulimie, addiction à l’écran, crises de colère, dissociation. Leur rôle est d’éteindre le feu émotionnel à tout prix. Et puis il y a les exilés. Ce sont les parties les plus jeunes, qui portent les blessures du passé : honte, peur, abandon, humiliation. Ce sont elles que les managers et les pompiers tentent de maintenir à distance.
Quand tu fais une TCC, tu renforces généralement ton manager. Tu apprends à ton cerveau à mieux contrôler, à mieux raisonner, à mieux inhiber. Le manager adore ça. Il se dit : « Enfin, on a une méthode pour me donner plus de pouvoir. » Mais l’exilé, lui, reste dans sa cellule, toujours aussi blessé, toujours aussi seul. Il n’a pas été libéré, il a juste été mieux enfermé. Le problème, c’est que les exilés ont une énergie émotionnelle immense. Ils ne se contentent pas d’être ignorés. Ils frappent à la porte. Et plus tu les ignores, plus ils frappent fort. C’est pour ça que les rechutes sont souvent plus violentes que les symptômes initiaux. Le manager a été affaibli par l’effort, l’exilé a accumulé de la pression, et le pompier doit intervenir en mode catastrophe.
Je vois régulièrement des sportifs que j’accompagne en préparation mentale vivre ce phénomène. Un coureur de fond, par exemple, a suivi une TCC pour gérer son stress de compétition. Il a appris à visualiser, à respirer, à remplacer « Je vais craquer » par « Je suis prêt ». Pendant deux mois, ses chronos s’améliorent. Puis, lors d’un marathon important, il craque au 30e kilomètre. Il est envahi par une fatigue mentale immense, des pensées d’abandon, des larmes. Il se dit que la TCC ne marche pas. En réalité, la TCC a marché sur le plan cognitif, mais elle n’a pas touché la partie de lui qui, à 12 ans, a été humiliée par un entraîneur devant tout le club. Cette partie, qu’il avait enfouie, s’est réveillée dans l’effort. Elle avait besoin d’être vue, pas d’être contredite. La visualisation positive ne suffit pas quand un petit garçon humilié hurle à l’intérieur.
Comment savoir si tu es en train de renforcer ton manager au lieu de guérir tes exilés ? Il y a des indices assez clairs. Le premier, c’est la fatigue mentale chronique. Si tu passes tes journées à surveiller tes pensées, à les corriger, à faire des exercices, et que tu te sens vidé.e en fin de journée, c’est que tu es en mode contrôle permanent. La guérison véritable ne devrait pas être un sport de combat épuisant. Le deuxième signe, c’est la culpabilité quand tu ne fais pas les exercices. La TCC peut devenir une nouvelle injonction : « Je dois faire mes fiches, je dois pratiquer l’exposition, je dois être un bon patient. » Si tu te sens coupable de ne pas assez travailler ta thérapie, c’est que le manager a pris le pouvoir sur le processus. La thérapie devient une performance de plus.
Le troisième signe, le plus parlant, c’est que tes symptômes changent de forme. Par exemple, tu arrives à gérer ton anxiété sociale grâce à la TCC, mais tu développes soudain des insomnies ou des douleurs chroniques. Ou tu arrêtes de grignoter émotionnellement, mais tu deviens irritable avec tes proches. C’est ce qu’on appelle le déplacement symptomatique. Tu as fermé une porte, mais la pression émotionnelle s’est frayé un chemin par une autre issue. L’IFS ne cherche pas à supprimer les symptômes, mais à accueillir les parties qui les produisent. Quand une partie se sent entendue et déchargée de son fardeau, le symptôme disparaît naturellement, sans être remplacé par un autre.
Reprenons l’exemple du coureur de fond. Après plusieurs séances d’IFS, il a pu rencontrer la partie humiliée par l’entraîneur. Il s’est assis avec elle, en imagination, et il lui a demandé ce dont elle avait besoin. La partie a répondu : « J’ai besoin qu’on me dise que je suis assez bien, même si je ne gagne pas. J’ai besoin qu’on me voie comme un humain, pas comme une machine à performer. » Le coureur a pu lui offrir cette reconnaissance. Il a aussi dialogué avec la partie manager qui le poussait à s’entraîner dix heures par jour, et il a compris qu’elle était épuisée de devoir tout contrôler. Ensemble, ils ont négocié un nouvel équilibre.
Résultat : le coureur n’a plus eu besoin de lutter contre son stress en compétition. Il a ressenti une forme de légèreté, de confiance fluide. Il ne s’est pas transformé en super-héros imperturbable, mais il a cessé de se battre contre lui-même. Quand la fatigue est venue au 30e kilomètre, il a accueilli la partie épuisée, il lui a dit « Je te vois, c’est normal d’être fatigué », et il a continué. Il a terminé son marathon sans crise, sans effondrement. La différence, c’est qu’il n’avait plus un manager en costard qui tentait de faire taire un enfant blessé. Il avait un Self, une présence calme et confiante, capable d’accueillir toutes ses parties.
« Avant, je courais pour prouver que je n’étais pas nul. Maintenant, je cours pour le plaisir de courir. La performance est devenue une conséquence, pas une quête. »
Ce témoignage résume bien l’objectif de l’IFS : passer de la gestion des symptômes à la transformation profonde du rapport à soi. Les symptômes ne sont plus des ennemis à abattre, mais des alliés à comprendre. Et quand tu changes de regard sur tes parties, elles changent de comportement.
Si tu te reconnais dans ce cycle infernal – tu travailles sur toi, tu progresses, tu rechutes, tu te décourages –, tu peux commencer un petit geste concret dès aujourd’hui. Pas un exercice de TCC. Pas une analyse poussée. Juste une pause. La prochaine fois qu’une émotion forte te submerge – angoisse, tristesse, colère –, au lieu de chercher à la contrôler ou à la raisonner, pose-toi une seule question : « Quelle partie de moi ressent cela ? » Et laisse venir une image, une sensation, un âge. Peut-être que c’est une petite fille qui a peur de l’abandon. Peut-être que c’est un adolescent en colère. Peut-être que c’est un bébé qui a faim d’attention. Ne cherche pas à changer cette partie. Contente-toi de la regarder avec curiosité, sans jugement.
Tu peux même lui dire, à voix basse ou dans ta tête : « Je te vois. Je suis là. Tu as le droit d’être là. » C’est tout. Pas de solution, pas de correction, pas de stratégie. Juste une présence. Ce simple geste, répété, commence à désamorcer le cycle de contrôle et de rejet. La partie se sent accueillie, et elle peut commencer à se détendre. Ce n’est pas une solution miracle, mais c’est le début d’un autre rapport à toi-même.
Je veux être clair : je ne suis pas anti-TCC. J’ai moi-même utilisé des outils cognitifs et comportementaux dans ma pratique, notamment en préparation mentale sportive, où l’exposition progressive et la restructuration cognitive ont une place. La TCC est une approche formidable pour certaines situations : les phobies simples, les TOC légers, les troubles du comportement alimentaire à un stade précoce, la gestion d’un stress ponctuel. Elle donne des repères, des outils concrets, une structure. Mais elle a ses limites, et les ignorer, c’est faire du tort aux personnes qui viennent nous voir en croyant qu’elles vont guérir une dépression chronique ou un trauma complexe avec des fiches de pensées alternatives.
L’IFS ne remplace pas la TCC. Elle l’englobe, la dépasse. Elle ajoute une dimension de profondeur, de compassion, de compréhension des parties. Si tu as fait une TCC et que tu te sens coincé.e dans un cycle de rechute, ce n’est pas un échec. C’est une information. Ton système te dit que la surface a été nettoyée, mais les fondations ont besoin d’être visitées. Les parties blessées ont besoin d’être rencontrées, pas rééduquées.
Je te reçois à Saintes depuis 2014, et je vois chaque semaine des adultes qui arr
À propos de l'auteur
Thierry Sudan
Praticien en accompagnement (IFS, hypnose ericksonienne, Intelligence Relationnelle) et préparateur mental sportif. Cabinet à Saintes, séances également à distance.
Prendre contactDes techniques simples pour retrouver calme et clarté mentale.
Des routines anodines qui renforcent l'anxiété sans que vous le réalisiez.
Des micro-actions pour briser la léthargie dès le réveil.
Parlons-en — premier échange, sans engagement.